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Note moyenne 3.74 /5 (sur 68 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 08/09/1947
Biographie :

Rémi Brague est un écrivain, philosophe, universitaire, spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive, et connaisseur de la philosophie grecque.

Il enseigne la philosophie grecque, romaine et arabe à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne et à la Ludwig-Maximilian Universität de Munich. Il est membre de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques).

Il est connu depuis son ouvrage Europe, la voie romaine ainsi que pour ses essais sur la religion chrétienne. Ses recherches actuelles relèvent de l'histoire des idées à très long terme et de la comparaison entre christianisme, judaïsme et islam.

En 2009, Rémi Brague devient un membre de l'Académie catholique de France.

En 2011, il débat avec le philosophe et anthropologue des religions Malek Chebel lors d'une conférence-débat organisée à l'Institut d'études politiques de Paris par le Centre Saint Guillaume sur l'histoire du dialogue entre christianisme et islam.

Il est fait Chevalier de la Légion d'honneur dans la promotion du 1er janvier 2013.
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Rémi Brague est venu à la librairie La Procure Paris VIe pour présenter son dernier livre "Des vérités devenues folles" paru aux éditions Salvator. Rendant hommage à Chesterton, Rémi Brague dénonce à travers neufs conférences les maux du monde moderne. La laïcité, la famille, la recherche du Bien, la liberté, la culture? chaque promesse du progrès et de la technique est passée à travers l?exigent tamis des penseurs médiévaux. Et si le philosophe peut y sembler pessimiste ce n?est que pour mieux voir les choses telles qu?elles sont. https://www.laprocure.com/verites-devenues-folles-sagesse-moyen-age-secours-temps-modernes-remi-brague/9782706718427.html
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Enroute   28 avril 2016
Europe, la voie romaine de Rémi Brague
Nous avons l'habitude de dire que l'Europe doit à Athènes pour la philosophie grecque et à Jérusalem pour le christianisme et rien à ces frustes romains qui n'ont fait que transmettre : le christanisme, la cultue hellénique, mais encore l'architecture (étrusque), le droit (moyen-Orient), etc. Faux répond Rémi Brague, les romains ont transmis deux choses essentielles qui ont excité l'esprit européen sans lesquelles ils ne serait pas ce qu'il est : le sentiment d'infériorité (ils avaient conscience de la supériorité de la culture et de la langue grecque) et celui de devoir apporter ces connaissances aux autres populations. Comme les romains, les européens ont hérité d'un savoir qu'ils n'ont pas produit et qui les a rendus humbles, mais désireux de s'élever à la hateur du prestige grec. En somme, de devenir des grecs. Cette impulsion les a incités à conserver les textes anciens, pour les admirer, mais surtout pour les redécouvrir. De là les nombreuses Renaissances (carolingiennes, xii-xiiième siècle, humaniste, des Lumières, etc). Le drame, c'est que les européens ont fini par devenir des grecs... En créant leur propre science et leur propre culture, mais surtout en la tenant pour supérieure et comme leur appartenant en propre, ils ont éliminé à la fois le sentiment d'infériorité et la volonté de communiquer le savoir qu'ils jugeaient prestigieux... Comme pour les grecs, et au contraire des romains, les européens considèrent que leur civilisation leur appartient et la défendent bec et ongles, pour eux-mêmes... Le risque ? Le repli, l'atrophie. On sait ce qui est arrivé aux grecs. La raison de ce changement ? Peut-être l'abandon des humanités qui ne permet plus la prise de distance par rapport au monde quotidien. Les méthodes pour changer ? Un peu d'humilité, un peu plus d'humanité dans l'instruction, un peu plus d'universalisme...
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AntoinePetit   23 octobre 2018
Au moyen du Moyen Age : Philosophies médiévales en chrétienté, judaïsme et islam de Rémi Brague
Il est bon aussi de rappeler d'où l'Europe a tiré les sucs nourriciers dont elle s'est engraissée. La réponse est simple : elle les a pris en dehors d'elle. Elle les a empruntés au monde gréco-romain qui l'a précédée, puis au monde de culture arabe qui s'est développé en parallèle avec elle, enfin au monde byzantin. C'est du monde arabe, en particulier, que sont venus les textes arabes d'Aristote, de Galien, et de bien d'autres, qui, traduits en latin, ont nourri la Renaissance du XIIe siècle. C'est du monde byzantin que vinrent les originaux de ces mêmes textes, qui en permirent une étude plus précise et alimentèrent la floraison scholastique du XIIIe siècle. Que serait Thomas d'Aquin s'il n'avait trouvé en Averroès un adversaire à sa mesure ? Que serait Duns Scott s'il n'avait trouvé en Avicenne, pour reprendre la formule de Gilson, un "point de départ" ? Et bien des textes dont l'Europe s'est nourrie lui sont venues par l'intermédiaire des traducteurs juifs. L'Europe doit ainsi prendre conscience de l'immensité de la dette culturelle qu'elle a envers ces truchements (c'est d'ailleurs un mot arabe...) : envers les Juifs, en dehors d'elle comme en son intérieur, ainsi qu'envers le monde de culture arabe, chrétiens comme musulmans.
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AntoinePetit   23 octobre 2018
Europe, la voie romaine de Rémi Brague
J'ai dit que les Arabes avaient traduit, et beaucoup traduit. Cela veut dire d'une part qu'ils ont transmis l'héritage grec à l'Occident, dans tous les domaines : médecine, mathématiques, philosophie, à tel point que celui-ci a contracté envers le monde arabe une dette culturelle énorme ... Cette dette était encore reconnue (à tous les sens du mot « reconnaissance ») par le Moyen Age de Gerbert d'Aurillac, de Roger Bacon, de Frédéric II de Sicile... L'admiration pour le trésor de réflexion et de savoir venu des Arabes n'empêchait d'ailleurs pas une polémique ferme sur la doctrine... Quoi qu'il en soit, rappeler l'importance des traductions arabes ne veut en aucun cas dire que les Arabes se seraient contentés de transmettre passivement des livres dont le contenu leur serait demeuré scellé. Tout au contraire, ils on également été des créateurs. Ils ont prolongé, parfois très loin, le savoir qu'ils recevaient ...La reprise d'un contact direct avec l'héllénisme byzantin entraina un court-circuit culturel : on pouvait sauter par dessus les intermédiaires arabes ...Tout est en place pour que se développe une dénégation systématique et globale de l'héritage arabe ... La conscience d'une dette resta cependant encore claire pour les grands orientalistes de la Renaissance et du XVII, Postel, Pococke, ou Fontialis. Mais elle a été refoulée des mémoires à l'époque des Lumières, puis au XIXe siècle ... Pour le dire en passant, l'Occident n'a de la sorte que la monnaie de sa pièce quand on veut lui faire accroire, par une exagération inverse, que les Arabes ont tout inventé.
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DLN   01 février 2018
Sur la religion de Rémi Brague
Le vrai problème n'est pas celui du monothéisme exclusif dans son opposition au culte d'autres dieux rabaissés au rang d'idoles. Il est celui du rapport idolâtrique au divin, tel qu'il fait de celui-ci le miroir du désir humain et, le cas échéant, de ses perversions.
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Leg12   22 janvier 2020
Des vérités devenues folles de Rémi Brague
Maintenant, ce qu'il faut sauver, ce n'est plus un système politique particulier, ni même une civilisation déterminée. C'est l'humanité toute entière, l'animal qui parle, l'animal qui entretient une conversation, qui doute de sa propre légitimité et qui a besoin de raisons pour vouloir mener plus loin l'aventure humaine.
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kevinlefrancois   11 août 2020
Modérément moderne de Rémi Brague
Depuis lors, le terme "séculier" est devenu un de ses mots qui expriment la (bonne) conscience de soi de la Modernité éclairée, satisfaite d'avoir laissé derrière elle tout ce pour quoi elle trouve divers noms, parmi lesquels le terme de " Moyen-âge", qui suffit à déconsidérer tout ce qui en relève. Pourtant, le terme est d'origine chrétienne, et il s'enracine plus précisément dans le droit canonique où il désigne celui qui, au sein de l'Église, vit dans le "siècle", à la différence de celui qui est soumis à une règle monastique. Cette révolution sémantique n'est pas sans parallèle. Ainsi, l'adjectif "laïc", qui a pris le sens de "extérieur à l'Église", désignait à l'origine un statut précis à l'intérieur de l'Église, celui du baptisé qui n'a pas de fonction cléricales.



P. 131
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Rémi Brague
AntoinePetit   07 novembre 2018
Rémi Brague
Le fait que l'Europe ait été chrétienne n'implique pas qu'elle doive continuer à l'être. Je souhaite personnellement qu'elle continue de l'être mais « Notre histoire n’est pas notre code » pour reprendre une formule célèbre de Rabaut Saint-Étienne. Notre passé ne nous impose pas notre avenir. Mais ceci dit, nier son passé c'est cela qui pourrait nous empêcher d'avoir un avenir. ("Regards de Philosophes : Peter Sloterdijk et Rémi Brague", écrit par Anne-Christine Founier et Gérard Vince, coproduction ACF Films et KTO, 2011)
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Rémi Brague
AntoinePetit   26 mars 2022
Rémi Brague
Le christianisme est la religion qui n’est qu’une religion, et rien d’autre. Le judaïsme est une religion et un peuple ; le bouddhisme une religion et une sagesse ; l’islam est une religion et une loi. (Religion et politique en islam, Académie des sciences morales et politiques, Séance du lundi 21 septembre 2015)
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Wendat69   29 janvier 2018
Modérément moderne de Rémi Brague
Nous avons de la sorte envers le passé une attitude ambivalente, tout à fait comparable à celle que démasquait Saint-Augustin envers la vérité: "Ils aiment la vérité quand elle brille et éclaire (Lucens); ils la haïssent quand elle fait retour sur eux, les réfute et les convainc (redarguens)."
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fklevesque   02 mai 2018
Du Dieu des chrétiens et d'un ou deux autres de Rémi Brague
Que Dieu ait choisi de ne pas parachuter une parole , mais de commencer par s’exprimer dans l’histoire , et dans une histoire libératrice , est déjà une préparation de l’Incarnation . Par celle - ci , le Verbe se fait chair , c’est - à - dire s’enfouit dans ce qui est par définition silencieux . Avec la mort du Christ , Dieu a dit tout ce qu’il avait à dire . De la sorte , la façon dont parle le Dieu des chrétiens n’aboutit en rien à faire taire l’homme . La parole divine ne remplace pas la parole humaine , elle ne la couvre pas , elle ne lui dicte pas à l’avance ce qu’il lui faudrait ressasser . Au contraire , elle la suscite comme la réponse qu’elle attend .
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