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Note moyenne 3.36 /5 (sur 45 notes)

Nationalité : Autriche
Né(e) à : Vienne , le 21/06/1954
Biographie :

Robert Menasse est un écrivain, traducteur et essayiste autrichien.

En 1980, il termine des études de lettres et de philosophie par une thèse de doctorat sur "Hermann Schürrer : le type du marginal littéraire".

Il part ensuite au Brésil où il séjourne de 1981 à 1988, comme assistant à l’université de São Paulo.

Menasse se consacre exclusivement à l’écriture depuis 1988. Son œuvre est essentiellement constituée de romans et d’essais sur la culture autrichienne.

Depuis 1997, il écrit également avec sa fille et sa femme des livres pour enfants. Très concerné par les développements politiques et culturels de son pays, il publie régulièrement ses points de vue dans la presse autrichienne et allemande.

Honoré du prix national autrichien de l’essai en 1998, il en a reversé la dotation pour refonder un prix indépendant « Jean Améry » qui a été remis à l’essayiste autrichien Franz Schuh. Menasse a séjourné en 1999 trois mois en résidence à Amsterdam, ville où se déroule une partie de son prochain roman.
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Source : www.editions-verdier.fr/
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Robert Menasse: "Die Europäische Union - Das Ende des Nationalstaats?"
Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
pleasantf   10 février 2019
La Capitale de Robert Menasse
...cet échelon du pouvoir (...) était dominé par les "énarques", les diplômés des usines à cadres du type de l'Ecole Nationale d'Administration, des hommes très minces portant des costumes discrets et pas trop chers, ascétiques en tous points et capables de négocier pendant des heures et des nuits entières. Ils semblaient n'avoir pratiquement pas besoin de nourriture ni de sommeil, ils étaient avares de leurs mots et de leurs gestes, ils évitaient d'entretenir l'hyperglycémie de leur âme avec le sucre de l'empathie, ils n'avaient pas besoin de public, le métabolisme de l'intérieur du pouvoir leur suffisait, ils avaient renoncé aux pompes de l'apparence.
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Enroute   30 mars 2019
La Capitale de Robert Menasse
Tu sais lire l'avenir ?

Non.

Tu ne vois rien ?

Non.

Moi non plus. Je ne vois plus rien.
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Enroute   16 mai 2018
Don Juan de la Manche ou L'éducation au désir de Robert Menasse
lorsque j'étais jeune, le bonheur était vieux [...] Lorsqu'enfin je me suis approché de la possibilité d'être associé au bonheur, tous les gens heureux qui en faisaient la publicité avaient trente ans de moins que moi.
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cathpier   24 décembre 2016
Don Juan de la Manche ou L'éducation au désir de Robert Menasse
La Knochenfabrik se trouvait en bordure de la commune de Gross-Schweinkreutz, où j'avais ma maison de campagne. On m'a raconté (je ne sais pas si c'est vrai, je n'ai jamais vérifié) que cette usine avait été construite en 1944 pour y traiter les ossements des juifs, forçats et résistants tués, mais non brûlés. Pour les transformer en engrais, en nourriture pour animaux, en bouillon cubes ou autre, je ne sais pas, on a raconté diverses histoires. Mais ça a été le chaos, puis la fin de la guerre, avant même que l'usine puisse entrer en activité, c'est pourquoi après 1945, une fois terminée, elle n'a fait que se délabrer. Les décennies passaient et on ne la rasait pas, on ne la faisait pas disparaître, elle était là, neuve, inutilisée, vieille enfin, une ruine qu'on appelait dans le langage populaire "l'usine d'ossements". Sur le plan esthétique, c'était quelque chose d'intermédiaire entre l'architecture industrielle de la fin du XIXème siècle, le pathos d'Albert Speer et les châteaux hantés d’Écosse - et c'était assez inquiétant. Dans les années quatre-vingt-dix, à l'époque où j'ai acheté une maison ici, on a installé une discothèque sur le terrain de l'usine. J'y suis allé un vendredi soir. J'avais encore l'ambition d'explorer les environs de l'endroit où je vivais. Non seulement je ne me sentais pas trop vieux, mais je ne me sentais pas encore vieux du tout. C'était ennuyeux. L'éternel Voom-Voom. Je suis sorti prendre l'air. Je voyais plein de petits couples sortir de la discothèque et se balader vers "l'usine d'ossements", s'y faufiler à travers le portail délabré. J'étais curieux et suis entré à mon tour, les couples se bécotaient et se tripotaient avec une fougue un peu forcée, c'était touchant. Séance de pelotages à la chaîne dans l'usine. J'étais tout seul, je n'avais plus dix-sept ans, je déparais désagréablement. C'est qui ce papy? Qu’est-ce qu'il veut? Casse-toi, papy! J'étais jaloux de leur innocence. Aucune femme ne m'avait jamais rendu aussi jaloux. Il y a deux ans, lorsqu'il a été question de raser l'usine d'ossements, la section locale des Jeunesse socialistes a protesté. Elle a réuni des signatures. J'ai signé. Un petit bâtiment appartenant à l'usine, mais séparé, a été aménagé pour moitié en Maison des Jeunes et pour l'autre moitié un Centre de réflexion sur l'usine des ossements. A l'emplacement de l'usine, on a construit un centre commercial qui s'appelle le "Paradis shopping". (p. 185)
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Enroute   07 juin 2018
Die Hauptstadt de Robert Menasse
Sie stand auf [Beamtin in der Generaldirektion Kultur der Europäischen Kommission], sie hatte einen schwarzen Rock an, mit einem diagonal verlaufenden, rot eingefassten Reissverschluss. Martin dachte: als wäre ihr Schoss durchgestrichen! Und doch mit einem Mechanismus versehen, um ihn blitzschnell öffnen zu können!
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Enroute   30 mars 2019
La Capitale de Robert Menasse
Il n'était que le pantin d'une expérience qui confirmait que les gens s'organisent quand ils ont des intérêts communs et qu'une fois réunis, ils se battent pour défendre leurs intérêts personnels jusqu'à ce qu'ils n'aient plus rien en commun.
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sbarendson   03 février 2017
Machine arrière de Robert Menasse
Faitout, dit la mère, le fils ne veut pas entendre, il ne peut plus supporter d’entendre sa mère prononcer faitout, avec cette emphase qui sonne faux, qui sent le fabriqué. Pourquoi ne dit-elle pas tout simplement « casserole » comme avant ? Elle se travestit derrière ce mot et tous ceux du même acabit, comme elle se déguise avec son pantalon en velours à grosses côtes bleues et ses cheveux teints au henné. Elle avait déjà les cheveux gris avant, ou je me trompe ? Ils sont roux maintenant, coupés court et en brosse. Qu’est-ce qu’elle a encore préparé ? Il y en a toujours trop, comme d’habitude. Et puis cette table en bois néo-rustique, dessinée par un designer suédois ! Elle est bien trop solide pour s’écrouler, au sens littéral du terme, sous ce qu’on lui a servi ! Et ça fume et ça dégouline de partout, dans les cocottes, les plats, la casserole, le faitout. Vas-y, mais sers-toi ! Le fils ne veut même pas regarder, il ne voit que la vapeur, et à travers elle le visage luisant de sa mère dont il ne supporte plus d’entendre ce qu’elle dit. L’entendre dire par exemple que l’animal, celui qui est à présent découpé dans le faitout, a été un animal heureux, tout ça parce qu’on l’a élevé conformément à ses besoins, avec une nourriture exclusivement naturelle. C’est comme les légumes et la salade : tout vient de notre propre récolte, tout est naturel, sans engrais chimiques, non traité, biologique. Le fils gonfle ses joues à bloc, comme un trompettiste. Il se voit : il voit son visage, ses deux joues gonflées comme deux ballons de baudruche. Il n’est plus si jeune que ça, en tout cas pas autant qu’il aimerait. Il a quelque chose de bouffi, de spongieux, d’usé ; il donne l’impression d’être déguisé, lui aussi.
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cornelia-online   28 mai 2019
La Capitale de Robert Menasse
Il avait tout de même des souvenirs. Ils s’imposaient à lui. Dans sa mémoire, des noms brillaient, il voyait des visages, il entendait des intonations, il voyait des yeux sombres, des gestes et des mouvements, et il sentait la faim, ce hache-paille de la vie, qui dévore la graisse du corps, puis broie les muscles, puis l’âme que l’on découvre seulement, pour peu qu’on la découvre, au moment où la faim est devenue une métaphore : la faim de vivre. Il la sentait, cette faim, à présent, plus aussi forte, mais il la sentait, et il voulait établir cette liste, noter avec qui il avait partagé cette faim et…
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xst   24 janvier 2020
La Capitale de Robert Menasse
Le XXème siècle aurait dû être la transformation de l'économie nationale du XIXème siècle en économie de l'humanité du XXIème siècle. Ce mouvement a été empêché de manière tellement atroce et criminelle que la nostalgie de ce processus a ressuscitée, encore plus pressante. Mais elle ne l’a fait que dans la conscience d'une petite élite politique dont les successeurs ont vite oublié deux éléments: l'énergie criminelle du nationalisme et les conséquences que l'on avait déjà tirées de cette expérience. (p.290)
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cornelia-online   28 mai 2019
La Capitale de Robert Menasse
Voilà, et maintenant imaginez un organisme, les poumons sévèrement atteints par le tabagisme, le foie par les excès d’alcool, l’estomac par la chimie alimentaire, et votre rôle est de désintoxiquer tout cela – et d’écrire les discours dans lesquels la bouche annonce que tout va pour le mieux dans la mesure où l’on produit les plus grands efforts pour assurer un meilleur fonctionnement de l’organisme, par exemple en amputant tous les doigts pour éviter qu’on se ronge les doigts.
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