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Note moyenne 3.63 /5 (sur 100 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : château de Saint-Maury, près de Pons , le 08/02/1552
Mort(e) à : Genève , le 09/05/1630
Biographie :

Théodore Agrippa d’Aubigné est un écrivain et poète baroque français protestant. Il fut aussi l’un des favoris d’Henri IV.

Âgé de neuf ans seulement, Agrippa d'Aubigné parle déjà le grec, le latin, l'hébreu. Très jeune, il est témoin du martyre des suppliciés d'Amboise et, après des études à Genève et Lyon, entre à quinze ans dans les troupes protestantes. Écuyer d'Henri de Navarre, avec qui il entretient une amitié tumultueuse, il sert le futur roi Henri IV jusqu'à ce que celui-ci abjure le calvinisme. D'Aubigné se retire ensuite sur ses terres, puis se réfugie à Genève à cause de la conspiration contre Luynes (1620).

L'homme de guerre débute en poésie influencé par la poétique de la Pléiade et compose "Le Printemps", qui lui est inspiré par Diane Salvati, nièce de la Cassandre de Ronsard. Mais ce recueil imprégné de pétrarquisme et d'une certaine violence ne sera édité qu'au XIXe siècle. Sur le champ de bataille de Casteljaloux, en 1577, il commence la rédaction des "Tragiques", son chef-d'oeuvre, violent réquisitoire contre les persécutions subies par les protestants. Grand prosateur, d'Aubigné a publié une ample "Histoire universelle" (1619-1620) et de nombreux pamphlets, notamment "Les Aventures du baron de Faeneste".

Son oeuvre, débordante, est à l'image de sa vie, s'élançant dans toutes les directions et avec à son service une érudition prodigieuse. Elle offre une des meilleures images du brûlant XVIe siècle.

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Agrippa d'AUBIGNÉ — Le cœur épique de la Renaissance (France Culture, 1964) Un extrait de l'émission "Heure de Culture française", par Madeleine Bariatinsky, diffusée le 5 juin 1964. Lecture : Jean Martin.


Citations et extraits (75) Voir plus Ajouter une citation
Théodore Agrippa d' Aubigné
Wyoming   14 janvier 2021
Théodore Agrippa d' Aubigné
Au tribunal d’amour, après mon dernier jour



Au tribunal d’amour, après mon dernier jour,

Mon coeur sera porté diffamé de brûlures,

Il sera exposé, on verra ses blessures,

Pour connaître qui fit un si étrange tour,



A la face et aux yeux de la Céleste Cour

Où se prennent les mains innocentes ou pures ;

Il saignera sur toi, et complaignant d’injures

Il demandera justice au juge aveugle Amour :



Tu diras : C’est Vénus qui l’a fait par ses ruses,

Ou bien Amour, son fils : en vain telles excuses !

N’accuse point Vénus de ses mortels brandons,



Car tu les as fournis de mèches et flammèches,

Et pour les coups de trait qu’on donne aux Cupidons

Tes yeux en sont les arcs, et tes regards les flèches.
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Sodapop_Curtis   07 mai 2010
Les Tragiques de Théodore Agrippa d' Aubigné
On dit qu'il faut couler les exécrables choses

Dans le puits de l'oubli et au sépulcre encloses,

Et que par les écrits le mal ressuscité

Infectera les moeurs de la postérité ;

Mais le vice n'a point pour mère la science,

Et la vertu n'est pas fille de l'ignorance.
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LydiaB   29 novembre 2010
Les Tragiques de Théodore Agrippa d' Aubigné
Le secret plus obscur en l’obscur des esprits,

Puis que de ton amour mon ame est eschauffée,

Jalouze de ton nom, ma poictrine, embrazée

De ton feu pur, repurge aussy de mêmes feux

Le vice naturel de mon cœur vitieux ;

De ce zele tres-sainct rebrusle-moy encore,

Si que (tout consommé au feu qui me devore,

N’estant serf de ton ire, en ire transporté

Sans passion) je sois propre à ta vérité.

Ailleurs qu’à te loüer ne soit abandonnée

La plume que je tiens, puis que tu l’as donnée.



Je n’escry plus les feux d’un amour inconneu ;



Mais, par l’affliction plus sage devenu,

J’entreprens bien plus haut, car j’apprens à ma plume

Un autre feu, auquel la France se consume.

Ces ruisselets d’argent que les Grecs nous feignoient,

Où leurs poëtes vains beuvoient et se baignoient,

Ne courent plus icy ; mais les ondes si claires,

Qui eurent les saphyrs et les perles contraires,

Sont rouges de nos morts ; le doux bruit de leurs flots,

Leur murmure plaisant, hurte contre des os.

Telle est, en escrivant, non ma commune image ;

Autre fureur qu’amour reluit en mon visage.
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Jcequejelis   05 juin 2014
Les Tragiques de Théodore Agrippa d' Aubigné
Va Livre, tu n’es que trop beau

Pour être né dans le tombeau

Duquel mon exil te délivre;

Seul pour nous deux je veux périr :

Commence, mon enfant, à vivre,

Quand ton père s’en va mourir.



Encore vivrai-je par toi,

Mon fils, comme tu vis par moi,



1795 - [p. 35, L'auteur à son livre]
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Théodore Agrippa d' Aubigné
Beasaaa   26 octobre 2012
Théodore Agrippa d' Aubigné
Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise.
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coco4649   06 janvier 2015
Le Printemps, l'Hécatombe à Diane et les Stances de Théodore Agrippa d' Aubigné
Le Printemps





Déjà la terre avait avorté la verdure

Par les sillons courbés, lors qu’un fâcheux hiver

Dissipe les beautés, et à son arriver

S’accorde en s’opposant au vouloir de nature,



Car le froid ennuyeux que le blé vert endure,

Et le neige qui veut en son sein le couver,

S’oppose à son plaisir afin de le sauver,

Et pour, en le sauvant, lui donner nourriture.



Les espoirs de l’amour sont les blés verdissants,

Le dédain, les courroux sont frimas blanchissants.

Comme du temps fâcheux s’éclôt un plus beau jour,



Sous l’ombre du refus la grâce se réserve,

La beauté du printemps sous le froid se conserve,

L’ire des amoureux est reprise d’amour.



(Hécatombe à Diane)

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imadbelghit   21 mai 2010
Les Tragiques de Théodore Agrippa d' Aubigné
« Quand la plaie noircit, et sans mesure croist,



Quand premier à noz yeux la gangrene paroist :



Ne vaut il pas bien mieux d’un membre se desfaire »

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AMR_La_Pirate   14 août 2017
Les Tragiques de Théodore Agrippa d' Aubigné
Je veux peindre la France une mère affligée

Qui est entre ses bras de deux enfants chargée,

Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts

Des tétins nourriciers ; puis, à force de coups

D'ongles, de poings, de pieds, il brise le partage

Dont nature donnait à son besson l'usage;

Ce voleur acharné, cet Esau malheureux

Fait dégât du doux lait qui doit nourrir les deux,

Si que, pour arracher à son frère la vie,

Il méprise la sienne et n'en a plus d'envie.

Mais son Jacob, pressé d'avoir jeûné meshui,

Ayant dompté longtemps en son coeur son ennui,

À la fin se défend, et sa juste colère

Rend à l'autre un combat dont le champ est la mère.,

Ni les soupirs ardents, les pitoyables cris,

Ni les pleurs réchauffés ne calment leurs esprits

Mais leur rage les guide et leur poison les trouble,

Si bien que leur courroux par leurs coups se redouble

Leur conflit se rallume et fait si furieux

Que d'un gauche malheur ils se crèvent les yeux.

Cette femme éplorée, en sa douleur plus forte,

Succombe à la douleur, mi-vivante, mi-morte;

Elle voit les mutins tout déchirés, sanglants,

Qui, ainsi que du coeur, des mains se vont cherchant.

Quand, pressant à son sein d'une amour maternelle

Celui qui a le droit et la juste querelle,

Elle veut le sauver, l'autre qui n'est pas las

Viole en poursuivant l'asile de ses bras.

Adonc se perd le lait, le suc de sa poitrine;

Puis, aux derniers abois de sa proche ruine,

Elle dit : « Vous avez, félons, ensanglanté

Le sein qui vous nourrit et qui vous a porté;

Or vivez de venin, sanglante géniture,

Je n'ai plus que du sang pour votre nourriture. »

(Misères, v. 97 et suiv.)



Si quelqu’un me reprend que mes vers échauffés



Ne sont rien que de meurtre et de sang étoffés,



Qu’on n’y lit que fureur, que massacre, que rage,



Qu’horreur, malheur, poison, trahison et carnage,



Je lui réponds : ami, ces mots que tu reprends



Sont les vocables d’art de ce que j’entreprends »

(Princes, v. 59 et suiv.).





Ne chante que de Dieu, n’oubliant que lui-même

T’a retiré : voilà ton corps sanglant et blême

Recueilli à Talcy, sur une table, seul,



A qui on a donné pour suaire un linceul. [...]

Ta main m’a délivré, je te sacre la mienne

(Fers, v. 1425 et suiv.)



Mais quoi ! c'est trop chanté, il faut tourner les yeux 

Éblouis de rayons dans le chemin des cieux. 

C'est fait, Dieu vient régner, de toute prophétie 

Se voit la période à ce point accomplie. 

La terre ouvre son sein, du ventre des tombeaux 

Naissent des enterrés les visages nouveaux : 

Du pré, du bois, du champ, presque de toutes places 

Sortent les corps nouveaux et les nouvelles faces. 

Ici les fondements des châteaux rehaussés 

Par les ressuscitants promptement sont percés ; 

Ici un arbre sent des bras de sa racine 

Grouiller un chef vivant, sortir une poitrine ; 

Là l'eau trouble bouillonne, et puis s'éparpillant 

Sent en soi des cheveux et un chef s'éveillant. 

Comme un nageur venant du profond de son plonge, 

Tous sortent de la mort comme l'on sort d'un songe. 

Les corps par les tyrans autrefois déchirés 

Se sont en un moment en leurs corps asserrés, 

Bien qu'un bras ait vogué par la mer écumeuse 

De l'Afrique brûlée en Tylé froiduleuse. 

Les cendres des brûlés volent de toutes parts ; 

Les brins plus tôt unis qu'ils ne furent épars 

Viennent à leur poteau, en cette heureuse place 

Riants au ciel riant d'une agréable audace.

(Jugement, v. 661 et suiv.)



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coco4649   18 novembre 2015
Vers funèbres de Th. A. d'Aubigné, gentilhomme xantongois, sur la mort d'Estienne Jodelle, parisien, prince des poètes tragiques de Théodore Agrippa d' Aubigné
Quand Jodelle arriva soufflant encor sa peine,

Le front plein de sueur des restes de la mort,

Quand dis-je, il eut atteint l’Achérontide bord,

Attendant le bateau, il reprit son haleine.



Il trouva l’Achéron plus plaisant que la Seine,

L’Enfer plus que Paris : aussi l’air de ce port,

Quoiqu’il fût plus obscur, ne lui puait si fort

Que lui faisait çà-haut une vie incertaine.



Le Passager le prend au creux de son bateau,

Et Jodelle étonné disait en passant l’eau :

Pourrais-je me noyer, qu’encor un coup je meure.



Pour profiter autant à mon second trépas

Que j’ai fait au premier ; mais il ne pouvait pas

Augmenter son bonheur pour changer de demeure.

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Lali   26 novembre 2015
L'hécatombe à Diane de Théodore Agrippa d' Aubigné




Sous un œil languissant et pleurant à demi,

Sous un humble maintien, sous une douce face,

Tu cache un faux regard, un éclair de menace,

Un port enorgueilli, un visage ennemi.



Tu as de la douceur, mais il y a parmi

Les six parts de poison ; dessous ta bonne grâce,

Un dédain outrageux à tous coups trouve place.

Tu aimes l’adversaire et tu hais ton ami,



Tu fais de l’assurée et tu vis d’inconstance,

Ton ris sent le dépit. Somme, ta contenance

Est semblable à la mer qui cache tout ainsi



Sous un marbre riant les écueils, le désastre,

Les vents, les flots, les morts. Ainsi fait la marâtre

Qui déguise de miel l’aconite noirci.
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