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3.5/5 (sur 17 notes)

Nationalité : Allemagne
Né(e) à : Trèves , le 04/12/1947
Biographie :

Écrivain allemande

Elle étudie l’allemand, le théâtre et l'histoire de l’art à l'Université de Cologne. Elle obtient son diplôme en 1972 avec un doctorat et écrit des critiques pour la radio ouest-allemande et le Kölner Stadt-Anzeiger.

De 1969 à 1972, elle travaille comme auteur dramatique au théâtre de la ville de Dortmund et dirige des projets théâtraux avec de jeunes prisonniers. À partir de 1972, elle vit comme pigiste à Francfort-sur-le-Main.

Le lyrisme, d’abord celui du mouvement féministe et de la Nouvelle Subjectivité (de), puis plus tard, souvent influencé par le surréalisme, constitue le cœur de son œuvre.

Elle publie de la prose, du théâtre et du théâtre radiophonique.

En 2012, son roman "Landgericht" (Tribunal de grande instance) reçoit le Prix du livre allemand en 2012. Cet ouvrage met en scène un juge juif revenant en 1947 en Allemagne de son exil à La Havane et sa famille dispersée, qui se brise quand il perd la lutte pour la restauration de sa dignité dans l’Allemagne étriquée de l’après-guerre.

Ursula Krechel vit à Berlin. Elle est membre du PEN club allemand.

2012 "Landgericht", en français "Terminus Allemagne"
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Source : wikipedia
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Citations et extraits (9) Ajouter une citation
Par la suite, il lut dans un journal que le célèbre groupe de pression littéraire, le Groupe 47, s’opposait aussi à l’adhésion d’émigrés selon un argument transparent : ceux-ci parlaient et écrivaient un allemand démodé, en tout cas pas celui qui avait été endurci par les expériences de la guerre, qu’il s’agisse de la participation ou de la captivité. […]
Les efforts d’adaptation que les émigrés durent fournir en silence, en s’inclinant devant le sort des personnes bombardées et décimées ne comptaient pas. Et la destruction de leur existence ne comptait pas non plus. Ils étaient marginalisés de manière silencieusement consternante.
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Les retrouvailles d’un homme et d’une femme qui ne se sont pas vus depuis si longtemps, qui avaient dû se croire perdus. Stupéfaits, le souffle coupé, sans voix, les yeux qui cherchent le regard de l’autre, qui se cramponnent au regard, les yeux qui s’agrandissent, boivent, plongent puis se détournent, comme soulagés, fatigués par le travail de la reconnaissance, oui, c’est toi, c’est toujours toi.
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Il était arrivé. Arrivé, mais où. La gare était une gare terminus, les quais sans intérêt, une dizaine de voies, il entra alors dans le hall. C'était un grandiose artefact, une cathédrale en guise de gare, coiffée d'une voûte en berceau à caissons; par les fenêtres se déversait une lumière bleue, fluide et claire, comme une renaissance après un si long voyage. Les hauts murs du hall étaient revêtus de marbre sombre, "couleur chancellerie du Reich", aurait-il ironiquement qualifié cette teinte avant son exil, maintenant il la trouvait juste somptueuse et élégante, intimidante même. Le marbre n'avait pas été posé comme un simple revêtement, mais disposé en redents, ce qui donnait aux murs une structure rythmique. Un sol brillant, des hommes en uniforme impeccable, derrière les guichets, qui regardaient par une petite fenêtre rond, et des files de gens qui n'étaient pas si mal habillés que ça. (Pour les perdants de la guerre, pour les vaincus, songeait-il, ils gardaient la tête étonnamment haute.
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On boit une théière de tisane blonde à base de différentes herbes, on réfléchit, on s’absorbe, et partout où l'on s'absorbe, se guide, on trouve un noyau de vérité, de beauté, de bonté, et quand on a écouté à l'intérieur de soi comme dans une grotte où serait caché un trésor, même le pain sec a bien meilleur goût. C'est un don. C'est un moyen de connaissance, un moyen pour structurer sa faculté de savourer, et où serions-nous si la révélation ne s'imposait pas, fut-elle chèrement acquise dans un bel endroit où l'on jeûne et où les privations sont couronnés de fleurs.
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Parce que tu as tant de chagrin à cause de moi, dit-il en passant. Les saphirs luisent d'un éclat bleu intense et les yeux de Claire étincellent d'un éclat vert émeraude. Tu n'aurais pas dû dépenser d'argent pour moi. Nous en avons besoin pour d'autres postes, dit-elle finalement. Nous avons besoin de quelque chose dont nous n'avons pas besoin, répond spontanément Kornitzer, s'étonnant lui-même de sa réponse imprévisible, inimaginable.
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Beaucoup de gens étaient restés sur le pont à regarder en silence le spectacle de la ville voisine qui brûlait — avec horreur mais aussi avec une satisfaction secrète parce que leurs propres toits, pignons et vitres n'avaient pas été touchés, ni leur tête, qui n'avait pas fini de s'étonner. Les avions des Alliés attaquèrent trois heures durant tandis que les projectiles de l'artillerie lourde pleuvaient sans interruption. Bregenz tomba le lundi 1er mai, l'énorme flot des troupes de combat poursuivit son chemin, l'électricité fut coupée, et il n'y avait plus de journaux. Il régnait un silence sépulcral, tapissé de la lumière radieuse du printemps. Dieu dormait, Dieu se reposait après avoir autorisé tant de chaos.
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Sa dénaturalisation était survenue alors qu'il était à Cuba et sur le moment il n'en avait rien su. Son passeport allemand avait perdu sa validité et il ne s'en était même pas rendu compte; impossible alors d'atteindre une terre d'exil plus prometteuse. Navires torpillés entre l'Angleterre et l'Amérique, relations compliquées entre les États-Unis et Cuba, largement corrompues par l'argent. Les enfants en Angleterre, Claire loin et inaccessible, obligée, en tant qu'otage aryenne en Allemagne, de nier, de cacher ses obligations non aryennes.
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Kornitzer ne savait pas grand-chose de l'évolution de ses collègues au sein du tribunal, c'était mieux ainsi, ou peut-être pas. Il ne convenait pas de poser des questions sur le passé. Une discrétion généralisée semblait être le moyen d'apaiser le passé et de l'effacer de la conscience. Même son passé à lui était tabou, personne ne posait de questions. Maintenant était maintenant, on était pressé par le quotidien. Ainsi avait-il la bouche cousue"
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Il est allemand et juif, et vit en Allemagne dans
les années 30. Après avoir perdu son emploi de
juge puis sa nationalité, il a dû fuir l'Allemagne nazie pour se réfugier à Cuba. Dix ans plus tard, il revient
dans son pays où il se bat pour retrouver sa dignité, sa nationalité, sa profession et reconstruire son couple. Un beau roman plein d'humanité, extrêmement fouillé, basé sur une histoire vraie.
Une analyse très fine, à la fois psychologique et historique qui pose la question de l'appartenance.
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