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delphlabibliovore
  27 janvier 2021
La garçonne de Margueritte Victor
« La garçonne » date de 1922, date à laquelle il a fait scandale. Son auteur Victor Margueritte en a même été radié de la Légion d'honneur. J'avais donc hâte de découvrir ce fameux roman. Je me demandais pourquoi son auteur avait été qualifié de pornographe et de féministe.



Tout d’abord, au niveau de la qualité littéraire, rien à redire ; c'est bien écrit et le style est plein de finesse. L'écriture est très sensuelle. J'ai eu l'impression de ressentir des relents de poudre de riz et de rouge à lèvres ! Le contexte festif et dépravé des années folles est bien rendu avec des références à peine voilées à de vraies célébrités de l'époque comme Mistinguette. Le vocabulaire désuet pour nous lecteurs du XXIème siècle est amusant, j'ai découvert des mots que je ne connaissais pas ; horions, grabouiller par exemple.



Et puis qu'en est-il de la pornographie ? Pour notre époque bien évidemment, il n'y a plus rien de choquant et même « Cinquante nuances de Grey » paraît torride à côté de cette pauvre « Garçonne ». On peut comprendre bien sûr que les scènes osées pour les années 20 et des allusions aux drogues aient fait bondir le lectorat. Quant au féminisme, c'est autre chose ! L'auteur estime que la femme peut se comporter comme un garçon, d'où l'emploi du féminin dans son titre, et c'est très bien ! Mais il fait de Monique, son héroïne, une pauvre chose qui ne parvient à trouver le bonheur que dans l'amour d'un homme fort et dans la maternité. Il y a bien quelques passages qui prévoient que le destin des féministes va s'améliorer mais c'est très limité.

« C'était une de ces maigres quadragénaires, sans âge et presque sans sexe, qui n'ayant jamais été mères se vouent, de tout l'élan féminin insatisfait, au trompe-cœur de l'éducation. »

Enfin, l'histoire reste banale, sans rebondissements romanesques. Monique Lerbier est une jeune fille de la grande bourgeoisie trahie par son fiancé et sa famille. Et malgré sa beauté et sa richesse, elle ne cesse de se plaindre, je n'ai pas su apprécier ce personnage agaçant et maniéré. L'auteur dénonce quelques hypocrisies de cette classe sociale mais maladroitement. Cela n'apporte rien à l'intrigue.



Et pourtant, je trouve intéressant de lire « La garçonne » ! Il témoigne des préjugés d'une époque pas si lointaine, d'une atmosphère, d'une mode marquante. Je conseille de lire la préface de Bruno Fuligni qui éclaire sur l'auteur qui mérite finalement sa disgrâce mais pas forcément pour les raisons que l'on pourrait imaginer.
Lien : https://delphlabibliovore.bl..
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Voirac
  10 janvier 2021
Le Petit Chose de Alphonse Daudet
Enfance de l𠆚uteur. Cette autobiographie est relativement fidèle dans la première partie, plus romancée par la suite. D𠆚illeurs les notes de Daudet précisent bien que les 2 parties ont été écrites en 2 temps : la première, relativement fidèle, rédigée à 25 ans dans le midi, la seconde, plus romancée, un an plus tard, après son mariage « à Villeneuve Saint Georges où je me remis à mon interminable roman »

Daniel (de faible constitution : le Petit Chose) raconte et fait raconter par le narrateur son enfance dans l𠆞ntreprise familiale à Lyon, puis l’éclatement de la famille après la faillite. Après un épisode épique de pion dans un collège cévenol, son petit frère Jacques l�ueille à Paris et l𠆞ntretien pendant qu’il prépare sa carrière d’écrivain. Alors que la ville de Lyon est peu décrite, on se régale de la peinture impressionniste de la vie à Paris des années 1860 : après 48 heures de train pour aller de Lyon à la capitale, on y découvre les fiacres hippomobiles, les coquettes, les nombreux théâtres de boulevard et de banlieue, à Sèvre, Sceaux, Saint-Cloud... (le cinéma n𠆚 pas encore été inventé), les cafés-absinthe, la mode (le caoutchouc est lancé par Macintosh à Glasgow en 1823), les difficultés de logement pour les travailleurs, les 5 francs par mois de charbon pour se chauffer, les signatures de billets d𠆞ndettement etc...

Un beau livre, surtout dans la première partie, dans un style imagé admirable.
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Bookworm8672
  02 janvier 2021
Le Petit Chose de Alphonse Daudet
Le petit chose...ou les malheurs d'Alphonse Daudet jeune, puisque le roman est en partie autobiographique. L'entreprise familiale ruinée, un foyer parental tôt dispersé, et voilà le pauvre Daniel Eyssette (Le Petit Chose) livré à lui-même et n'ayant pas d'autre choix que d'affronter un avenir incertain.

Dans une première partie est évoqué le dur apprentissage comme pion puis maître d'études dans un collège de Lyon qui a tout d'une maison de redressement, avant que A. Daudet ne situe l'action à Paris, où Daniel Eyssette chapeauté par Jacques, son frère aimant et bienveillant, connaîtra encore bien d'autres mésaventures.

Autant j'ai trouvé la première moitié du roman plaisante à lire, sans commisération excessive grâce à un humour léger et un peu de fantaisie, autant la seconde moitié m'a paru larmoyante avec un mélange d'apitoiement et d'immaturité qui finit par rendre le Petit Chose agaçant, même si on ne tombe jamais dans le sordide.

Parmi les détails qui pourront choquer voire faire bondir certaines personnes, la façon dont A. Daudet parle du personnage de Coucou-Blanc, la jeune femme noire dont il est question dans le livre...

Une demi-déception par conséquent, en ce qui me concerne, mais malgré tout un roman très bien écrit dans le style fluide et agréable

que l'on affectionne chez A. Daudet.













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