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ISBN : 2075130647
Éditeur : Gallimard (15/08/2019)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 2143 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture : Et le divin Ulysse émergea des broussailles. Sa forte main cassa dans la dense verdure un rameau bien feuillu qu'il donnerait pour voile à sa virilité. Puis il sortit du bois. Tel un lion des monts, qui compte sur sa force, s'en va, les yeux en feu, par la pluie et le vent, se jeter sur les boeufs et les moutons, ou court forcer les daims sauvages ; c'est le ventre qui parle. Tel, en sa nudité, Ulysse s'avançait vers ces filles bouclées : l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (174) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  19 février 2014
Le vrai problème que j'ai avec la mythologie grecque, c'est que depuis toujours je ne parviens pas à retenir les noms ; je les mélange tous.
De ce handicap naît rapidement un ennui latent qui plombe ma lecture. La longue "Odyssée" d'Ulysse pour rentrer dans sa patrie et rejoindre (enfin) sa chère épouse Pénélope (qui pelotonne depuis vingt ans en essayant de ne pas se faire peloter par ses prétendants) n'échappe pas à cette règle, hélas.
Hormis le plaisir de découvrir les détails de certains épisodes que je connaissais jusque là trop superficiellement (le chant des sirènes, la nymphe Calypso, l'ensorcellement de Circé, la duperie du Cyclope, etc.), je n'ai pas particulièrement adhéré à cette épopée.
Pour ma part, je l'ai lu parce qu'on le tient légitimement pour un classique fondateur de notre civilisation et pour enrichir ma culture générale ; c'est d'ailleurs très utile, notamment pour visiter les expositions d'art avec un oeil éclairé (en tout cas plus éclairé que celui de Cyclope une fois qu'Ulysse lui a fait son affaire).
Le seul hic, c'est que j'en ai déjà oublié les 3/4.
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dourvach
  08 mai 2014
Amorce de petit débat et clin d'oeil à Gwen21 qui est restée imperméable à "L'Odyssée" : la lecture enchanteresse (Circé... Nausicaa... Calypso...) de "L'Odyssée" d'HOMERE traduite par ce bon Victor Bérard m'apportera toujours cent-mille fois plus de bonheur qu'un ennième bouquin de Foenkinos, Nothomb, Angot, Legardinier, Khadra, etc. etc.... (sans présager de ce que nous lisons tous...) .
J'assume donc ici mon statut de Béotien définitif (ou d'insulaire de l'île d'Ithaque).
J'écouterais donc sagement à mon tour le "couseur de mots", ce "dérouleur de chants", l' "achik" ("amoureux") ou "rhapsode" ("interprête") immémorial - Cf. les beaux romans du kurdo-turc Yachar KEMAL : l'être aujourd'hui mystérieux que fut Homère, rhapsode ou aède...
M'assierai donc parmi la foule autour du type à la cithare, qui psalmodie ses chants épiques, sans discontinuer... Trois jours et trois nuit, s'il le faut ! On alimente le feu de brindilles pour tenir chaud à l'Aède.
"Aède" : celui qui savait faire chanter la langue.
Circé et ses "charmes", Nausicaa "aux bras blancs", Calypso "la bouclée" ne quittant plus sa grotte... où elle retient "prisonnier Ulysse" ("prison océane" d'avant la "prison aérienne" de la fée Viviane pour Merlin l'enchanteur...)
Je ne crois d'ailleurs pas à la notion (trop pratique et potentiellement mystificatrice) d' "auteur" mais bien plutôt à celle d'artiste. Artiste, oui, pratiquant un ART littéraire qui "devrait" être effectivement "pure exigence esthétique"...
"Ecrire beau" : pas à la portée du premier venu... et les étals de nos libraires et des grandes surfaces débordent actuellement "plutôt" de paralittérature que de belle et plaisante Littérature... La forêt de pacotille de la paralittérature (si extensive et toujours plus envahissante...) pourra un jour finir par cacher à nos sens anesthésiés et fatigués l'Arbre immémorial de la Littérature... A nous de veiller affectueusement sur ce bel Arbre : notre héritage d'humanité, bien sûr !
Amicalement à tous.
Lien : http://fleuvlitterature.cana..
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Guylaine
  28 novembre 2017
Je me suis lancée dans la lecture de L'Odyssée parce que mes deux enfants, dans leurs cursus respectifs, sont en train de l'étudier et que j'avais envie de participer à leurs conversations !
Et alors que je ne m'y attendais pas, j'ai été vraiment surprise et amusée.
Surprise par la construction narrative, Homère est terriblement moderne, il a su enchâsser des récits dans les récits, faire des retours en arrière, il y a des reprises, des anticipations. Quand je pense à la façon dont Chrétien de Troyes écrira quatre siècles plus tard… je suis scotchée…
Et amusée par l'absence de sagesse, le côté enfantin de ces hommes et ces Dieux. Calypso qui joue les vierges outragée parce qu'on lui vole son joujou, Ulysse, alors qu'elle l'emprisonne sans vergogne depuis sept années, Ulysse qui par orgueil (ou préjugé 😉) révèle au cyclope qu'il vient d'éborgner… euh… comme il n'y avait qu'un oeil, qu'il vient d'aveugler, son nom, ce qui évidemment lui vaudra la colère de Poséidon (c'est le papa du cyclope), les prétendants qui ont inventé le loft avant l'heure, un endroit où on ne paie rien, ou on vit à l'oeil en fainéantant dans la joie et l'allégresse et où on s'étonne ensuite d'être massacré par le légitime propriétaire des lieux… Parfois, je crois que certains élèves de grande section pourraient leur en apprendre à tous !
L'histoire commence alors qu'Ulysse a déjà vécu toutes ses périlleuses aventures, il est prisonnier chez la déesse Calypso. Il se morfond sur la plage, parce que seul et sans bateau il ne peut pas rentrer chez lui… enfin il se morfond, tout est relatif, le fait d'être prisonnier de Calypso ne l'empêche pas d'honorer la déesse, le soir, dans son lit !
Puis Homère nous entraîne sur l'île d'Ithaque, on découvre le désespoir de Télémaque, le fils d'Ulysse, face à la horde de prétendants qui vit nonchalamment chez lui, en pillant toutes ses richesses et ses réserves.
Il va prendre la mer, pour tenter d'avoir des nouvelles de son père. N'oublions pas que personne ne sait s'il est mort ou vivant. Il reviendra sur son ile natale après l'arrivée d'Ulysse.
Pendant ce temps Athéna fait les doux yeux à papa Zeus et obtient de lui la libération d'Ulysse. Calypso de mauvaise grâce lui indique comment il peut construire un radeau. Et le voilà sur les flots. Il arrive chez les Phaéciens et après leur avoir caché son identité (c'est un gars prudent Ulysse qui aime bien tester avant de se dévoiler), il dit qui il est et raconte ses péripéties : les Cicones, les Lotophages, les Cyclopes, Eole et la bourse pleine de vents, les géants cannibales, Circé, les enfers, les sirènes, Charybde et Scylla, l'île d'Héllios où la totalité des compagnons d'Ulysse mourront, de nouveau Charybde et Scylla et le naufrage d'Ulysse sur l'île de Calypso.
Puis les Phaéciens décident d'aider Ulysse, ils le couvrent de présents et le raccompagnent sur Ithaque. Là il commence par se cacher de tous sous les traits d'un vieux mendiant en haillons, il veut vérifier l'état d'esprit de ceux qu'il a quitté vingt ans plus tôt. Enfin (j'ai cru que ça n'arriverait jamais, tellement le teasing est intense à la fin), aidé de son fils Télémaque, du porcher et du bouvier, il massacre la totalité des prétendants. Et Athéna interviendra pour que les familles de ces hommes ne se vengent pas.
Pour terminer ce petit billet, je dirai que j'ai beaucoup aimé cette lecture, je craignais qu'elle soit difficile, ça n'a pas du tout été le cas, et je l'ai vraiment trouvée divertissante.
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olivberne
  08 mai 2013
Le roman fondateur de la littérature, celui qui va inspirer toutes les narrations futures.
On connait l'histoire d'Ulysse, on a lu quelques épisodes, vu un film mais lire l'ensemble de l'oeuvre, avec ces longs chapitres, les épithètes homériques et les longues descriptions du monde marin avec ses monstres et ses démons.
On a l'impression d'assister à un huis-clos sur la mer et pourtant, Ulysse ne fait qu'accoster pour mieux reprendre la mer, comme si la terre ferme lui était non seulement interdite mais aussi néfaste, comme si sa condamnation à errer sur la mer était plus bénéfique sur l'eau que sur terre.
Et puis il y a les épisodes dignes d'un roman d'aventures, les Sirènes, symboles du chant littéraire, de la voix de l'auteur qui nous emmène où on veut et peut nous détruire (tiens, Bovary...), les monstres comme Charybde et Sylla...
Enfin, et cela surprend, on parle plus des autres, de Télémaque son fils qui le cherche, de Pénélope qui l'attend que de lui qui veut revenir.
C'est le roman qui a presque tout : la recherche de l'autre, la quête, le chant des mots, le plaisir du retour chez soi. Il est aussi plaisant de l'étudier et le comprendre, tellement il regorge de symboles, que le lire.
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majero
  13 mars 2018
Tèlémakhos averti par la déesse Athènè aux yeux clairs que son père est peut-être vivant part à sa recherche, abandonnant sa mère Pènélopéia aux voraces prétendants, et pendant que les anciens compagnons d'arme de son père lui racontent ses hauts faits lors de la guerre de Troie, celui-ci, captif de la divine Kalypsô la convainc de le laisser quitter son île sur un radeau mais Poseidaôn qui ébranle la terre se fâche et il échoue chez la vierge Nausikaa où il raconte comment furent décimés ses camarades chez le kyklôps dont l'éborgnement fâcha si fort son frère Poseidaôn, les géants, l'empoisonneuse Kirkè ne le laissant partir qu'à condition qu'il aie consulter l'âme du Thébain Teirésias dans l'Aidès auprès de l'implacable Perséphonéia, le chant des divines Seirènes, le monstre Skyllè aux six cous puis la fureur d'Hélios dont les boeufs avaient été sacrifiés.
Reste au retour à reprendre l'île d'Ithaque aux insolents prétendants .
Une construction moderne 'à tiroirs' du récit le rendant plus vivant, beaucoup de poésie dans la belle traduction de Charles-René-Marie Leconte de L'Isle par exemple pour décrire un lever de soleil:'Hèlios, quittant son beau lac, monta dans l'Ouranos d'airain, afin de porter la lumière aux immortels et aux hommes mortels sur la terre féconde.'
Mais ce qui m'a le plus profondément touché en pénétrant un mode de vie datant de 3000 ans, c'est la poignante fragilité de ce peuple soumis aux caprices des dieux, crainte ou confiance, espoirs, abandon.
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critiques presse (1)
Sceneario   17 novembre 2014
Les trois artistes, à travers de somptueux tableaux, font à leur manière revivre la légende d'Ulysse. C'est ainsi que nous voyons le Cyclope, Calypso, les sirènes, Circé et bien d'autres passages célèbres de cette Odyssée. Chaque illustration mérite de s'y attarder de longues minutes tant c'est fabuleux !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (121) Voir plus Ajouter une citation
5edefidesheros5edefidesheros   14 février 2020
《 C'est autre chose que tu as en tête, déesse, pas mon retour, en voulant me faire traverser sur un radeau le grand gouffre de la mer ! Non je ne m'y embarquerai pas si tu ne me jures pas le grand serment des dieux que tu ne médites pas un mauvais coup contre moi. 》Cette citation prouve bien qu'Ulysse et prudent et qu'il n'a pas confiance en Calypso car il sait que pour rien au monde la déesse voudrait à nouveau rester seule sur cette île. Cette citation prouve aussi que Calypso se sent seule et abandonné car si Hermès ne lui avait pas dit que les dieux voulait son retour Calypso n'aurait jamais relâché Ulysse.
Émilie D. 5e2 livre2
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GrapheusGrapheus   23 mars 2010




κτείνῃς ἠὲ δόλῳ ἢ ἀμφαδὸν ὀξέι χαλκῷ,
ἔρχεσθαι δὴ ἔπειτα λαβὼν ἐυῆρες ἐρετμόν,
εἰς ὅ κε τοὺς ἀφίκηαι οἳ οὐκ ἴσασι θάλασσαν
ἀνέρες, οὐδέ θ᾽ ἅλεσσι μεμιγμένον εἶδαρ ἔδουσιν·
οὐδ᾽ ἄρα τοί γ᾽ ἴσασι νέας φοινικοπαρῄους
oὐδ᾽ ἐυήρε᾽ ἐρετμά, τά τε πτερὰ νηυσὶ πέλονται.
σῆμα δέ τοι ἐρέω μάλ᾽ ἀριφραδές, οὐδέ σε λήσει·
ὁππότε κεν δή τοι συμβλήμενος ἄλλος ὁδίτης
φήῃ ἀθηρηλοιγὸν ἔχειν ἀνὰ φαιδίμῳ ὤμῳ,
καὶ τότε δὴ γαίῃ πήξας ἐυῆρες ἐρετμόν,
ῥέξας ἱερὰ καλὰ Ποσειδάωνι ἄνακτι,
ἀρνειὸν ταῦρόν τε συῶν τ᾽ ἐπιβήτορα κάπρον,
οἴκαδ᾽ ἀποστείχειν ἔρδειν θ᾽ ἱερᾶς ἑκατόμβας
ἀθανάτοισι θεοῖσι, τοὶ οὐρανὸν εὐρὺν ἔχουσι,
πᾶσι μάλ᾽ ἑξείης. θάνατος δέ τοι ἐξ ἁλὸς αὐτῷ
ἀβληχρὸς μάλα τοῖος ἐλεύσεται, ὅς κέ σε πέφνῃ
γήραι ὕπο λιπαρῷ ἀρημένον· ἀμφὶ δὲ λαοὶ
ὄλβιοι ἔσσονται. τὰ δέ τοι νημερτέα εἴρω.

alors prends une rame bien faite et va,
jusqu'à ce que tu arrives chez des hommes
qui ignorent la mer et mangent leur pitance sans sel;
ils ne connaissent donc point les vaisseaux aux flancs rouges,
ni les rames bien faites, qui sont les ailes des vaisseaux.
Je vais t'en dire une preuve bien convaincante, qui ne t'échappera pas.
Quand, te rencontrant, un autre voyageur
dira que tu portes un battoir à vanner sur ta robuste épaule,
alors, plante en terre ta rame bien faite,
offre un beau sacrifice à Poseidon,
un bélier, un taureau, un porc en état de saillir les truies;
puis reviens à ta maison sacrifier des hécatombes sacrées
aux dieux immortels qui habitent le ciel immense,
à tous, sans en omettre aucun.
Pour toi, la mort te viendra hors de la mer, très douce :
elle te prendra quand tu seras affaibli par une vieillesse opulente;
autour de toi, tes peuples seront prospères.
Voilà ce que je te prédis en toute vérité. »

Homère, Odyssée, Chant XI
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GrapheusGrapheus   04 février 2009


Ἄνδρα μοι ἔννεπε, Μοῦσα, πολύτροπον, ὃς μάλα πολλὰ
πλάγχθη, ἐπεὶ Τροΐης ἱερὸν πτολίεθρον ἔπερσε·
πολλῶν δ’ ἀνθρώπων ἴδεν ἄστεα καὶ νόον ἔγνω,
πολλὰ δ’ ὅ γ’ ἐν πόντῳ πάθεν ἄλγεα ὃν κατὰ θυμόν,
ἀρνύμενος ἥν τε ψυχὴν καὶ νόστον ἑταίρων.

Ô Muse, conte-moi l’aventure de l’Inventif :
celui qui pilla Troie, qui pendant des années erra,
voyant beaucoup de villes, découvrant beaucoup d’usages,
souffrant beaucoup d’angoisses dans son âme sur la mer
pour défendre sa vie et le retour de ses marins
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JcequejelisJcequejelis   26 mars 2012
Ulysse alors, courant au fils de Damastor, le tue à bout de pique ; Télémaque, en plein ventre, atteint Liocritos, un des fils d'Evénor, et la pointe s'en va ressortir dans le dos.

Il s'abat sur la face et son front bat le sol... Et voici qu'Athéna, déployant du plafond son égide qui tue, terrasse leurs courages. A travers la grand'salle, ils fuient épouvantés : tel, un troupeau de bœufs qu'au retour du printemps, lorsque les jours allongent, tourmente un taon agile. Mais Ulysse et les siens, on eût dit des vautours qui, du haut des montagnes, fondent, le bec en croc et les griffes crochues, sur les petits oiseaux qui tombent dans la plaine en fuyant les nuages ; les vautours les massacrent ; rien ne peut les sauver, ni bataille ni fuite, et les hommes aussi ont leur part du gibier... C'est ainsi qu'en la salle, assaillis de partout, tombaient les prétendants, avec un bruit affreux de crânes fracassés, dans les ruisseaux du sang qui courait sur le sol.

347 - [Folio n° 254, p. 428]
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vagualamevagualame   27 juin 2019
''Bois donc ce vin, Cyclope, pour mieux digérer toutes ces chairs humaines. Tu sauras ainsi quelle boisson renfermait notre navire. Je te l'aurais offert en libation, si tu avais eu pitié de moi et favorisé mon retour. Mais ta folie dépasse les bornes, malheureux ! Qui pourra désormais venir chez toi, quand on saura comment tu t'es conduit ?''
A ces mots, il prit la coupe de vin et la vida d'un trait. Le doux breuvage lui plut tellement qu'il en réclama :
''Sois gentil, donne-m'en encore, et puis dis-moi ton nom : je te ferai plaisir en t'offrant un cadeau d'hospitalité. La vigne qui pousse sur la terre à blé des Cyclopes produit de belles grappes de raisin, grossies par la pluie de Zeus ; mais ça, c'est un extrait d'ambroisie, un pur nectar !''
A ces mots, je lui versai une nouvelle rasade de mon vin couleur-de-feu ! Mais dès que le vin eut troublé son esprit, je lui tins ce discours enrobé de miel :
''Cyclope, puisque tu veux savoir mon nom illustre, je vais te le dire ; mais toi, donne-moi un cadeau d'hospitalité, comme tu me l'as promis. Personne, oui, c'est ainsi que m'appellent ma mère, mon père ainsi que tous mes amis.''
Je dis ; et ce cœur impitoyable me répondit :
''Eh bien, je mangerai Personne en dernier, après tous ses compagnons : les autres passeront avant toi, voilà ce que j'ai à t'offrir.''
Puis il chancela et tomba à la renverse ; son cou énorme s'inclina, et le sommeil le terrassa.
[...] Quand le pieu d'olivier fut sur le point de brûler -le bois, quoique vert, lançait déjà des flammes-, je le retirai du feu. Mes compagnons firent cercle autour de moi ; une divinité leur avait insufflé un grand courage, si bien qu'ils saisirent le pieu aiguisé par le bout et l'enfoncèrent dans l’œil du Cyclope.
[...] Il hurla comme une bête fauve : les roches alentour retentirent. Épouvantés, nous avions reculé au fond de la caverne, tandis qu'il arrachait de son œil le pieu trempé de sang et qu'il le rejetait au loin, d'un geste affolé.
A grands cris il appela les Cyclopes qui habitaient dans les grottes des alentours, sur les cimes battues des vents. Ameutés par ces cris, ceux-ci accoururent de tous côtés et, restés à l'extérieur de la caverne, lui demandèrent quel était son mal :
''Pourquoi donc, Polyphème, pousses-tu ces hurlements de douleur dans la nuit divine ? Pourquoi troubles-tu ainsi notre sommeil ? Chercherait-on à voler ton troupeau ? Chercherait-on à porter atteinte à ta personne par la force ou la ruse ?''
Du fond de son antre, le puissant Polyphème leur répondit :
''C'est par la ruse, et non par la force, qu'on veut me tuer, mes amis, et c'est l’œuvre de Personne.''
Ceux-ci lui adressèrent alors ces mots ailés :
''Si tu es seul et que personne ne te fait violence, nous ne pouvons rien contre la maladie que t'envoie le grand Zeus. Adresse plutôt tes prières à Poséidon, ton père souverain.''
Sur ces mots, ils s'éloignèrent ; et moi je riais en moi-même : ce nom de Personne et ma personne avisée les avaient bien trompés !

Extrait : Chant IX
(Ulysse chez le Cyclope Polyphème)
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Vidéo de  Homère
"Qu’est-ce que l’Iliade et l’Odyssée ?" Un documentaire de François Chayé diffusé sur France 5 en 2003. Présences : Jean-Pierre Vernant, Amélie Nothomb, Alain Rey et Pierre Arditi.
Dans la catégorie : Poésie épiqueVoir plus
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