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PhVl
  27 septembre 2021
Les Rougon-Macquart, tome 3 : Le Ventre de Paris de Émile Zola
Le Ventre de Paris est le troisième volume du cycle des Rougon-Macquart. Je m'étais jeté sur ce livre une première fois à l'adolescence, en pleine période Zola, dans la foulée de Nana, L'assomoir, La curée, La bête humaine, et j'en passe... pour en lire deux ou trois fois les cinquante premières pages... et qu'il me tombe des mains à chaque fois. Fin brutale de ma période Zola des années lycée. Pourtant, Le Ventre de Paris se retrouva, peu après, dans la petite bibliothèque de ma chambre d'étudiant, d'où un ami me l'emprunta durant notre première année et me le rendit quatre ans après, et peut-être même un peu plus, sans être parvenu non plus à le lire.

Pour ma part, j'ai fini par lire et apprécier Le Ventre de Paris plus de vingt ans après mes premières tentatives (c'était aussi le premier livre de Zola que je lisais depuis le lycée, reprenant en quelque sorte le chemin à l'endroit même où je l'avais quitté). Et c'est sans doute grâce à cette lecture que je me décidai fermement à ne pas mourir idiot, en reprenant une bonne fois pour toutes, depuis le début et dans l'ordre, le cycle des Rougon-Macquart. C'était peut-être en 2013, peu avant, guère après. J'avalai, l'un après l'autre, La Fortune des Rougon et La curée, puis je pris connaissance du troisième roman sur la liste : Le ventre de Paris. Et ça m'a mis un coup. Tous mes déboires avec ce livre sont remontés à la surface, et c'est ainsi, encore une fois, tout le cycle des Rougon-Macquart que j'ai refermé et reposé pendant quelques mois. Jusqu'à ce que, fin 2016, apaisé, serein, confiant, je reprenne enfin Le ventre de Paris et en lise les deux-tiers sans coup férir. J'aurais d'ailleurs continué si quelques autres lectures impératives, du théâtre en l'occurrence, n'étaient venues s'intercaler, jusqu'à ce que je me ressaisisse pour de bon du livre et le finisse en deux jours début mars 2017.

Cette dernière partie de la lecture, c'était un précipité du livre : il y a certes un dernier passage obligé sur les produits du marché, en forme d'allégorie sur les commères bavardant sans gloire dans la puanteur des fromages soulignant la saleté de leur propos. L'idée n'est d'ailleurs pas mauvaise en soi. Le problème est que Zola enfonce le clou avec un acharnement maladif, sans qu'on réussisse à savoir si c'est qu'il s'enivre seul de son écriture ou s'il prend ses lecteurs pour des imbéciles et se croit obligé d'insister sur la parabole pour qu'elle soit comprise. Et comme pour les obligatos sur les légumes, les poissons, les fleurs, les viandes, que sais-je encore, plus tôt dans le livre, il y a cette impression que la passe d'armes fromagère obéit à un stupide cahier des charges qui commanderait de citer touuuutes les variétés de fromage avec la qualité de leur croûte au fil de cette litanie, de cette épuisante succession d'effets de manches, de cette dispensable composition de concours général, et voilà presque que je m'y mets à mon tour...

Et puis, pour être honnête, il n'est pas impossible qu'à ma première lecture (complète) du Ventre de Paris, je me sois fait avoir et que ces passages m'aient impressionné plus favorablement. Il me semble m'en souvenir.

Bref, il y a un peu de balourdise, au fil du livre, dans cette volonté forcenée d'animer à tout prix et sans nuance les choses inertes. Mais là où le talent éclate, c'est quand Zola fait vivre et parler ses personnages, et sa férocité, sa justesse, son acuité culminent dans cette dernière partie du livre, quand le monde des Halles, un moment ébranlé, jusqu'au bord de la fracture, par la présence en son sein d'un insurgé supposé, finit par prendre peur et se ranger avec bestialité sous la bannière de l'ordre, du pouvoir, du plus fort. Cette ironie amère et dévastatrice dans le traitement de l'épisode final autour de la chute de Florent, c'est à la fois un sommet de satire par l'absurde et le rappel de l'étroitesse, de la médiocrité et de l'absence d'honneur des petits-bourgeois, constantes de Napoléon III jusqu'à Sarkozy, et jamais si redoutables que quand elles sont protégées et encouragées par le pouvoir. Des pages délectables et salutaires.
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Lutopie
  27 septembre 2021
Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck
L'Oiseau bleu a su m'attendrir en mettant en scène des enfants qui s'envolent vers un monde merveilleux. Le parcours initiatique des enfants dans leur quête de conjurer (ou de trouver) la mort m'a paru plus complexe à déchiffrer que la trame de Pelléas et Mélisande qui reprend de manière plus conventionnelle les contes de fée. En effet, Mélisande apparaît telle une fée ou telle une jeune nymphe près d'une source lors d'une partie de chasse, et elle a l'air surnaturel d'un être aux longs cheveux qui ne ferme jamais les yeux. Et Goland qui n'a rien d'un galant la conduit dans un château de conte de fée qui pourrait bien convenir à Barbe bleue avec ses tours et surtout ses grottes, idéales pour y attacher pieds et poings liés les belles épousées ( Ne vous inquiétez pas, Goland ne décapite personne). Mais voilà que Mélisande rencontre Pelléas ce qui ne surprend personne vu le titre de la pièce. Malheureusement pour moi, l'histoire d'amour ne m'a pas séduite, peut-être parce qu'elle est tellement pure que je l'ai trouvée pour parler joliment, un peu trop fleur bleue. Je comprend mieux pourquoi le myosotis nous supplie de ne pas l'oublier, c'est parce qu'il s'oublie bien volontiers.

Morale de l'histoire : N'oubliez pas votre alliance au fond d'une fontaine, ça ne porte pas bonheur ! Jetez-y plutôt quelques pièces.
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rezkilarras
  26 septembre 2021
Une vie de Guy de Maupassant
Challenge Solidaire2021 Gwen21# lecture 21



L’histoire se déroule au début du 19eme siècle, dans la région de Rouen.

Jeanne, une jeune aristocrate de 17 ans, vient de sortir du couvent où elle a passé 5 ans ; ses parents viennent la chercher pour la ramener dans le manoir familial. Elle est prête à saisir tous les bonheurs de la vie, à rêver d’amour.

Le désir d’aimer Julien ne tardera pas à l’envahir. Dés leur première rencontre, une subtile tendresse flottera entre eux, ils se sentent heureux l’un près de l’autre. Julien est jeune, élégant, n’a plus de famille. Le fait d’être moins riche ne gène pas le père de Jeanne:’ Tu es beaucoup plus riche que lui, mais, quand il s’agit du bonheur d’une vie, on ne doit pas se préoccuper de l’argent’.

3 mois plus tard, Jeanne et Julien se marient.

La nuit de noces fut plutôt un traumatisme répugnant que l’ivresse et la félicité dont elle avait rêvées.

Le retour du voyage de noces sonnera le début des désillusions, du désenchantement et des trahisons. Julien change complètement, il perd son vernis et son élégance de fiancé.

Le sentiment tragique de solitude ne quittera plus jamais Jeanne : ‘Elle sentait entre elle et lui comme un voile, un obstacle, s’apercevant pour la première fois que deux personnes ne se pénètrent jamais jusqu’à l’âme, jusqu’au fond des pensées, qu’elles marchent côte à côte, enlacées parfois, mais non mêlées.



Ce roman triste mais beau , décrit le manque de choix, le fatalisme d'une femme dans la société du 19eme siècle.



Les rebondissements de l'histoire, les sentiments et les pensées, le portrait des lieux et des paysages, tout est décrit avec une plume exquise, infiniment raffinée.

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