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Alain Buisine (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253004240
247 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/07/1979)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 5601 notes)
Résumé :
À dix-sept ans, radieuse, prête à toutes les joies, à tous les hasards, Jeanne quitte enfin le couvent. Dans le désœuvrement des jours et la solitude des espérances, de toutes ses rênes, le plus impatient est celui de l'amour...
Oh ! Elle en sait des choses sur le frémissement des cœurs, l'élan des âmes. Elle les a si souvent pressentis, espérés, ces bonheurs-là. Aussi, lorsqu'il paraît, le reconnaît-elle sans peine. L'être créé pour elle... Julien ! Le même ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (286) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  22 septembre 2020
Avant la lecture de ce livre, je ne connaissais de Guy de Maupassant que les nouvelles (que j'ai quasiment toutes lues). Et, pour ne rien vous cacher, je me sens un peu déçue par cette lecture : eu égard à ce que j'avais trouvé dans ses écrits courts, j'attendais plus de ce roman.
Ce que j'aime dans ses nouvelles, c'est justement l'émotion intense qu'il est capable de susciter en quelques pages ; c'est la profondeur et la permanence des personnages qu'il est capable de générer : je ferme les yeux et je me souviens instantanément d'une foule de ses personnages.
La sublime putain de Boule de Suif, la répugnante avare du Parapluie, la gaité communicative de l'énorme Toine, le sang froid incroyable du Père Milon, l'atroce drame vécu par celle qui se fait surnommer « Madame Baptiste », ou encore celui vécu par le malchanceux paysan de la Ficelle, etc.
Bref, en quelques coups de pinceau, il sait, il a le talent de brosser des personnages incroyablement crédibles et vivants, des personnages marquants, sans caricature excessive, des gens qu'on croirait connaître.
Or, et c'est ce qui me gêne un peu ici, les nouvelles — qui font normalement la part belle aux événements, contrairement au roman, qui lui est plutôt censé être le terrain de jeu favori des personnages — et bien, les nouvelles De Maupassant, dis-je, me semblent souvent plus abouties, quant aux personnages, que ceux de ce roman, ce qui est tout de même un comble. Je redoute d'oublier cette Jeanne beaucoup trop rapidement sitôt que j'aurai fermé les yeux.
Je ne peux pas m'empêcher de voir dans Julien (le mari de l'héroïne) une espèce de caricature du goujat. On sent que l'auteur souhaitait davantage régler ses comptes avec les gens de la haute société plutôt que de mettre sur pied un personnage réellement crédible, non monolithique, touchant par certains aspects.
Selon moi, Jeanne est une naïve naïve ; Julien, un goujat goujat, l'abbé Tolbiac, un fanatique fanatique, etc. J'aurais tellement mieux aimé avoir affaire à des personnages plus complexes, plus nuancés, à une naïve hédoniste, par exemple (comme semblait l'avoir été sa mère), un goujat flambeur (une espèce de Rastignac, pourquoi pas ?), un fanatique généreux (un peu dans le genre des syndicalistes de Steinbeck dans En un combat douteux), etc.
Bien entendu, ce ne sont que des exemples, mais juste pour avoir la sensation que ces personnages avaient différentes facettes ou, mieux encore, voir leur caractère évoluer au cours des années, car le roman s'étale tout de même sur environ vingt-cinq ans : il y avait le temps.
Je reviens (peut-être lourdement et auquel cas je m'en excuse auprès de vous) au parallèle avec les nouvelles du même auteur. Dans celles-ci, il s'efforce de rester assez extérieur (même si l'on se doute à chaque fois de quel côté penchent ses opinions) de nous présenter les choses et de nous laisser relativement libres de nos interprétations.
Ici, c'est tout différent : l'auteur souhaite — un peu trop à mon goût — imposer au lecteur ce qu'il doit penser de ses personnages et, par le fait, cela me séduit moins ; j'y développe moins d'empathie que pour bon nombre de nouvelles.
On ne peut toutefois pas dire que cela soit un roman désagréable à lire, ni même qu'il soit raté, mais je le trouve moins à point que ce que j'aurais espéré. (Notons au passage que Guy de Maupassant a recyclé dans Une Vie un certain nombre de nouvelles déjà publiées ailleurs : j'ai reconnu notamment Voyage de noce, Histoire Corse, Conte de Noël, Vieux Objets, etc.) Nous allons donc suivre, à l'époque de la Restauration, un quart de siècle de la vie d'une jeune noble provinciale.
Élevée chez les soeurs, sortie pleine d'idées hautes sur l'Amour, le Mariage, les Hommes, et, en un mot, la Vie. La demoiselle, devenue promptement dame, va vite déchanter. Contrairement à Emma Bovary, elle ne passe pas des heures à lire des livres en regardant tomber la pluie mais l'on sent tout de même qu'elle s'ennuie ferme dans son manoir normand de bord de Manche.
Et son mari est ce que l'on peut nommer, sans excès de féminisme, un salaud. La malheureuse Jeanne en voit de toutes les couleurs mais, et c'est là que je trouve que le personnage manque cruellement de profondeur, bon sang qu'elle est passive, bon sang qu'elle est résignée ! Jamais une once, une parcelle, un fin liseré de rébellion en elle…
Entre des parents poules qui la couvent de leur éternelle bienveillance, un mari coureur, mesquin, violent des relations de voisinage quasi inexistantes et un cruel manque d'imagination, il ne restait plus à Jeanne qu'à avoir des enfants…
Et on peut dire que là aussi, elle a tiré le bon numéro ! Avortons dans ses jeunes temps puis nullissime ensuite, tout juste bon à croquer la fortune et s'amouracher de la première venue, on peut, là encore sans cynisme excessif, affirmer que la maternité n'a pas comblé toutes les espérances de Jeanne.
Alors que reste-t-il, me direz-vous ? Eh bien ça, ce sera à vous de le découvrir, car c'est, me semble-t-il, tout le fond du roman, ça, le « que reste-t-il ? ». Donc, une impression pas désagréable mais pas non plus franchement enthousiaste me concernant. Cependant, d'autres avis sont très différents du mien et je vous invite à les consulter car ceci n'est, bien entendu, que mon a-vie, c'est-à-dire, pas grand-chose.
P. S. voici une critique qui vient en remplacer une autre, plus ancienne, concernant un autre livre, et qui ne me plaisait plus.
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lecassin
  26 novembre 2013
« Une vie ». Il s'agit bien là de la narration d'une vie : celle de Jeanne le Perthuis des Vauds, fille de bonne famille, de sa sortie du couvent du Sacré-Coeur – elle a dix-sept ans – aux vieux jours, enfin apaisée.
Une vie, certes, mais aussi et surtout, un mariage… raté… Un mariage avec Julien de Lamare , fils d'une noblesse déchue qui s'avèrera un piètre et brutal amant, ainsi qu'un mari infidèle et avare. Et bien pire encore…
Dans cette fin de XIXème siècle si prolixe – « Une vie » a paru en 1883, la même année que « Au bonheur des dames » de Zola Maupassant nous livre son analyse de la noblesse de terre, dans sa Normandie si chère. Une noblesse à l'image du climat de la région, jamais ni chaud ni froid : bon.
Autour du Baron Simon-Jacques le Perthuis des Vauds ; on voit évoluer domestiques, journaliers, paysans, tous croqués avec une grande justesse. Et le Curé ? Peut-être un peu caricatural, mais en même temps tellement vrai !
Enfin, et c'est devenu un lieu commun : la Nature, véritable personnage du roman, magnifiée par la plume si belle de l'auteur.
Je persiste et je signe ( et pas seulement pour faire plaisir à Nastasiabuergo qui partage mes origines normandes et un goût certain pour Maupassant ) : Maupassant, n'est pas du « sous-Zola campagnard » ; c'est du grand ! du très grand !
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isabelleisapure
  30 mai 2016
Tout a déjà été dit, de façon souvent très brillante sur ce roman De Maupassant.
Je ne parlerai donc que de mon ressenti de lectrice.
Lorsque j'ai ouvert ce livre pour la première fois, je devais avoir quinze ou seize ans, un âge où l'on croit qu'amour rime avec toujours et qu' « Une vie » ne peut être que belle.
En découvrant le tragique destin de Jeanne, j'ai versé bien des larmes sur l'injustice de son sort.
Quelques décennies plus tard, je sais que tout n'est pas rose dans « Une vie », mais qu'elle peut-être magnifiée par des romans intemporels à lire et relire.
Maupassant est un ami, il a toujours été auprès de moi tout au long de ma vie.
J'ai une préférence pour ses nouvelles et j'aime m'y plonger régulièrement avec chaque fois le même plaisir.
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scarlett12
  30 novembre 2017
C'est le premier roman que je lis De Maupassant, j'avais déjà lu des nouvelles ("le Horla", "les contes de la bécasse" que j'avais appréciés.
Mais ce roman m'a enveloppée d'une couverture de tendresse et de révolte.
Jeanne, qui a passé 5 ans au couvent en sort avec des rêves de jeune fille : rencontrer le grand amour comme dans les contes de fées, vivre intensément, être choyée par ses parents qui l'adorent. Une jeune fille très sage avec des espoirs et souhaits aussi sages qu'elle.
Lorsqu'elle rencontre le beau Julien de Lamare, elle croit que ses rêves sont désormais réalisés. Dès la nuit de noces, Julien se comporte en goujat et Jeanne n'est pas revenue de ses désillusions, Julien se révélant avare, infidèle, sans coeur et tyrannique ... Jeanne voit s'effondrer tous ces rêves et illusions.
De plus, elle s'ennuie dans la campagne normande où il lui semble désormais vivre sans projet, sans autre avenir qu'une routine perpétuellement recommencée.
Elle ne trouvera un peu de paix qu'au seuil de la vieillesse mais au prix de quels renoncements ! ... Et se remémorera désormais les beaux instants de sa vie passée, oubliant le pire pour ne garder que le meilleur.
Ce roman m'a bien souvent évoqué "Madame Bovary", non pas dans les réactions des personnages, Emma se révolte alors que Jeanne est résignée, Charles est un brave homme un peu balourd alors que Julien est une fripouille sans états d'âme mais dans leurs rêves de jeunes filles qui s'avèrent la déception de leurs vies.
Cela n'est pas très étonnant quand on sait que Flaubert était en quelque sorte le père spirituel De Maupassant.
L'écriture est magnifique et je me suis laissée bercer par cette atmosphère sans hâter ma lecture afin de profiter au maximum de sa beauté.
Un livre qui est donc, à mes yeux, un véritable chef d'oeuvre, tout en douceur, on glisse sur les mots comme sur une barque tranquille.
Et je me demande, nonobstant la différence d'époque et l'évolution des moeurs qui en découle si la plupart des jeunes filles actuelles n'ont pas encore les mêmes rêves, souhaits et aspirations de Jeanne ou d'Emma
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qmike549
  19 avril 2021
Papa, c'est quoi la vie ? ….Euh ! Eh bien, la vie c'est… La vie c'est comme…, c'est lorsque… La vie…, c'est la vie, quoi ! Et pour vous ?...C'est quoi la vie ?….l'auteur Guy de Maupassant nous emmène dans le département de la Seine-Maritime….. en Normandie avec son récit « Une vie »….. Maupassant nous propose de suivre les péripéties d'une jeune fille aristocrate avide de liberté et en quête d'amour….l'amour avec un grand A…..
« Une vie » est une date de parution : 1883
« Une vie » est un titre minimal….sans verbe…sans complément !... « Une vie »…donc…n'importe quelle vie !....une vie !.
« Une vie » est un endroit….Etretat…La jolie ville balnéaire d'Étretat…. cet endroit pittoresque a attiré de nombreux peintres impressionnistes, ils ont cherché à capturer les falaises sur leurs toiles…….
Remercions Dame nature qui a sculpté des formes inhabituelles dans les falaises blanches d'Etretat….Et puis Etretat rappelle aussi le célèbre Gentleman cambrioleur….Arsène Lupin...de l'auteur Maurice Leblanc…..
« Une vie » est un récit qui démarre en l'année courante 1819…nous sommes sous la seconde restauration….Seconde Restauration est le nom donné au régime politique de la France de juin 1815 à juillet 1830……
Elle succède aux Cent Jours de Napoléon …..Jeanne cueillit sur le mur, le petit carton divisé en mois…Elle biffa à coups de crayon le jour de sa sortie….le 2 Mai 1819….Maupassant est né en 1850….Il raconte un monde qu'il n'a pas connu…
« La vie » est la synthèse au rythme des saisons, des rêves, des illusions, des amours, des désillusions d'une jeune aristocrate…
« Une vie » est Jeanne : Une jeune fille innocente, âgée de dix-sept ans…elle est issue d'une famille….Osons le dire…d'aristocrates Normands oh…la chance… !.…Jeanne est sortie la veille du couvent…et elle est enfin libre…pour toujours.
Elle est prête à saisir tous les bonheurs de la vie…Jeanne en a rêvé depuis si longtemps…elle avait été sévèrement cloitrée, enfermée au Sacré-Coeur……Ignorée…...vierge de toute influence mondaine…..ignorante de toutes les choses de la vie…
Mais, elle sortait maintenant du couvent, Jeanne est radieuse….pleine de sèves et d'appétits de bonheur…Jeanne est prête à toutes les joies…..Elle se met à rêver des sentiments…mais pas n'importe quel sentiment…non-non…des sentiments d'amour…..L'amour !...Il l'emplissait pourtant depuis des années…Comment serait-il ?....
Elle ne le savait point….Et elle ne le se demandait même pas…Ce sera lui….Voilà tout !....Elle l'adorerait de tout son âme…et lui,… Il la chérirait de toutes ses forces…..C'est trop beau l'amour !...
« Une vie » est le baron Simon-Jacques le Perthuis des Vauds…En voilà d'un nom ?....un gentil homme d'un autre siècle….un maniaque ….un disciple enthousiaste de J.J. Rousseau…Il a de plus des tendresses pour la nature…les champs…..les bois…les animaux…un écolo…quoi !...
« Une vie » est Adélaïde : Madame la baronne….la maman de Jeanne…une femme obèse…qui gémit geint sans cesse de ses rondeurs….Il est vrai qu'au XIXème siècle…les régimes « Comme j'aime » n'étaient pas de rigueur…..
Sa figure était encadrée de six boudins réguliers de cheveux pendillants ...
.Les trois grandes vagues de son coup se perdaient dans la pleine mer de sa poitrine….Elle appelait ça…son hypertrophie….....Ce mot…dont elle ne comprenait pas la signification…s'était établi dans sa tête !.....
« Une vie » est le domaine familial : la propriété des Peuples, un vieux manoir de famille restauré et planté sur la falaise auprès d'Yport (Yport est aujourd'hui devenu une station balnéaire située entre Etretat et Fécamp)…

Cette bâtisse est l'une de ces hautes et vastes demeures normandes, elle tient de la ferme et du château…bâties en pierres blanches…devenues grises….et spacieuse à y loger….une colonie de vacances….les jolies colonies de vacances…..
Une Vie » est un nouveau paroissien…M le vicomte de Lamare…Est-il de la famille de Lamare de l'Eure ?....Mais oui…le fils…le père est mort l'an dernier…ce fils a donc hérité…oui donc ça en fait un bien joli garçon…
Et puis, un héritage de six mille livres de rentes…cela ne gâche rien….
Guy de Maupassant rappelle que sous l'ancien régime (le…on se mariait pour la transmission… la filiation…on transmettait la fortune…l'amour…ne concerne pas le mariage…
« Une vie » est une rencontre…puis un mariage entre Jeanne et le vicomte de Lamarre….Plus leur coeur se rapprochait…plus leurs regards se souriaient…se mêlaient…Quel est donc votre petit nom ?....Julien…Vous ne le saviez pas ?...Comme je le répéterai souvent ce nom-là !...Dites voulez-vous être ma femme ?....Bonjour la rapidité !....
« Une vie » est naïveté…adultère…trahison…Mais alors…ton…enfant…c'est à lui ?....Oui…Madame…..le premier soir il est v'nu !…vat-t-en…va-t-en…Que voulez-vous…elles sont toutes comma ça…on n'y peut rien…des « Marie couche toi là »….
On dirait d'ailleurs une coutume…d'ailleurs…elles ne se marient jamais sans être enceinte….mais voyons…inutile de se chagriner pour si peu…ce n'est pas raisonnable…c'est la nature….tiens donc…elle a bon dos la nature…c'est comme certains écolos…ils sont prêts à tout et à n'importe quoi comme prétexte de la nature….
« Une vie » est l'histoire d'une série de Deuils…Deuil des illusions de Jeanne…
Le Deuil de l'attente…l'homme espéré……épousé en quelques semaines…C'était fini l'attente…..Elle se marie…découvre le plaisir sexuel…mais découvre aussitôt que son mari la trompe….Elle en fait le Deuil…Elle perd sa mère…son époux….son fils…elle doit démanger…Elle fait le Deuil de son passé….J'arrête là sinon vous allez déprimer…
..
« Une vie » est être confronté au vide existentiel, au vide de la vie, à l'étirement de l'existence, entre l'ennui et le désespoir….
« Une vie » est le premier roman de l'auteur Guy de Maussapant…Il est incontestable que ce récit est sous l'influence flaubertienne. Comment ne pas penser à Madame Bovary en lisant le parcours de Jeanne le Perthuis des Vauds……
Malgré le nombre de d'évènements et de rebondissements, le lecteur peut ressentir tout le long de sa lecture, une sorte d'ennui et angoisse….
Un ennui d'ailleurs annoncé dès les premières pages du roman…l'auteur nous plonge dans une ambiance d'attente… un peu comme si nous étions dans une salle d'attente, impatients du futur rendez-vous….
Jeanne ayant fini ses malles, s'approcha de la fenêtre…mais la pluie n'en finissait pas de tomber …les rues désertes buvaient sans cesse l'humidité….elle est en attente…c'est le temps qui décide de notre sort…..nous sommes esclaves du temps…..
Jeanne s'ennuie…le temps s'écoule dans l'ennui…le lecteur s'aperçoit que lui aussi est dans l'ennui…..l'ennui dans son travail… l'ennui dans la présence de ses beaux-parents le week-end venu….l'ennui dans les tracasseries du quotidien…nous sommes tous dans l'ennui…N'est-ce pas le message diffusé par Guy de Maupassant ?...L'ennui !
Jeanne attend…espère…ne comprend pas…tout le long du récit….Jeanne ne comprend pas ce qui lui arrive…Jeanne ne tire aucune conclusions…aucune leçon de ses déboires…de ses épreuves….de ses échecs….. elle ne comprend pas…..elle continue d'espérer…..jusqu'à la fin….
C'est un roman réaliste…j'ose même dire…le roman réaliste….un roman dit « justesse »…..et pourtant dieu sait que cet oeuvre a été reprochée dès sa parution pour son manque de réalisme…Comme quoi !...
.Il est vrai que comme nous l'avons vu avec la crise de Covid : Les spécialistes – du moins les médias les appellent comme cela – qui ne maitrisent pas toujours le sujet….mais cela ne date pas d'aujourd'hui….
Je retiens de ce roman que Guy de Maupassant tout comme Flaubert a le don…d'intéresser rapidement le lecteur…nous sommes immergés dans cette histoire….Nous vivons aux côtés de Jeanne….
Nous partageons ses désillusions…ses angoisses….sa tristesse….Jeanne tout mon soutien !
Pourquoi j'aime Guy de Maupassant… ?.....Son écriture est simple…avisée…aérée…mais surtout « feuilletonnesse » …..
Contrairement aux autres auteurs du XIXème…les descriptions sont courtes….Le lecteur entre rapidement dans le sujet….
Le lecteur se laisse emporter sans effort….Un peu comme si il regardait une série sur Netflix…..
« Une vie » est un roman de Deuil…d'attente…d'ennui…..C'est pourtant le roman que j'ai adoré……
« La vie…..voyez-vous…ce n'est jamais si bon ni si mauvais…qu'on croit »…Guy de Maussapant… !....
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Citations et extraits (324) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra   22 juillet 2015
page 110 [...] Ses relations avec Julien avaient changé complètement. Il semblait tout autre depuis le retour de leur voyage de noces, comme un acteur qui a fini son rôle et reprend sa figure ordinaire. C'est à peine s'il s'occupait d'elle, s'il lui parlait même ; toute trace d'amour avait subitement disparu ; et les nuits étaient rares où il pénétrait dans sa chambre.
Il avait pris la direction de la fortune et de la maison, révisait les baux, harcelait les paysans, diminuait les dépenses ; et ayant revêtu lui-même des allures de fermier gentilhomme, il avait perdu son vernis et son élégance de fiancé.
Il ne quittait plus, bien qu'il fut tigré de taches, un vieil habit de chasse en velours, garni de boutons de cuivre, retrouvé dans sa garde-robe de jeune homme, et envahi par la négligence des gens qui n'ont plus besoin de plaire, il avait cessé de se raser, de sorte que sa barbe longue, mal coupée, l'enlaidissait incroyablement. Ses mains n'étaient plus soignées ; et il buvait, après chaque repas, quatre ou cinq petits verres de cognac.
Jeanne ayant essayé de lui faire quelques tendres reproches, il avait répondu si brusquement : "Tu vas me laisser tranquille, n'est-ce pas ?" qu'elle ne se hasarda plus à lui donner des conseils.
Elle avait pris son parti de ces changements d'une façon qui l'étonnait elle-même. Il était devenu un étranger pour elle, un étranger dont l'âme et le cœur lui restaient fermés. [...]
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scarlett12scarlett12   30 novembre 2017
L'amour ! Il l'emplissait depuis deux années de l'anxiété croissante de son approche. Maintenant elle était libre d'aimer; elle n'avait plus qu'à le rencontrer, lui !
Comment serait-il ? Elle ne le savait pas au juste et ne se le demandait même pas. Il serait lui, voilà tout.
Elle savait seulement qu'elle l'adorerait de toute son âme et qu'il la chérirait de toute sa force. Ils se promèneraient par les soirs pareils à celui-ci, sous la cendre lumineuse qui tombait des étoiles. Ils iraient, les mains dans les mains, serrés l'un contre l'autre, entendant battre leurs coeurs, sentant la chaleur de leurs épaules, mêlant leur amour à la simplicité suave des nuits d'été, tellement unis qu'ils pénétreraient aisément, par la seule puissance de leur tendresse, jusqu'à leurs plus secrètes pensées.
Et cela continuerait indéfiniment, dans la sérénité d'une affection indescriptible.
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ClairocheClairoche   04 mars 2013
Alors elle s'aperçut qu'elle n'avait plus rien à faire, plus jamais rien à faire. Toute sa jeunesse au couvent avait été préoccupée de l'avenir, affairée de songeries. La continuelle agitation de ses espérances emplissait, en ce temps-là, ses heures sans qu'elle les sentît passer. Puis, à peine sortie des murs austères où ses illusions étaient écloses, son attente d'amour se trouvait tout de suite accomplie. L'homme espéré, rencontré, aimé, épousé en quelques semaines, comme on épouse en ces brusques déterminations, l'emportait dans ses bras sans la laisser réfléchir à rien.
Mais voilà que la douce réalité des premiers jours allait devenir la réalité quotidienne qui fermait la porte aux espoirs indéfinis, aux charmantes inquiétudes de l'inconnu. Oui, c'était fini d'attendre.
Alors plus rien à faire, aujourd'hui, ni demain ni jamais. Elle sentait tout cela vaguement à une certaine désillusion, à un affaissement de ses rêves.
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mandarine43mandarine43   10 février 2012
[Incipit.]

Jeanne, ayant fini ses malles, s'approcha de la fenêtre, mais la pluie ne cessait pas. L'averse, toute la nuit, avait sonné contre les carreaux et les toits. Le ciel bas et chargé d'eau sem­blait crevé, se vidant sur la terre, la délayant en bouillie, la fondant comme du sucre. Des rafales passaient pleines d'une chaleur lourde. Le ronflement des ruisseaux débordés emplissait les rues désertes où les maisons, comme des éponges, buvaient l'humidité qui pénétrait au-dedans et faisait suer les murs de la cave au grenier.
Jeanne, sortie la veille du couvent, libre enfin pour toujours, prête à saisir tous les bonheurs de la vie dont elle rêvait depuis si longtemps, craignait que son père hésitât à partir si le temps ne s'éclaircissait pas ; et pour la centième fois depuis le matin elle interrogeait l'horizon.
Puis elle s'aperçut qu'elle avait oublié de mettre son calendrier dans son sac de voyage. Elle cueillit sur le mur le petit carton divisé par mois, et portant au milieu d'un dessin la date de l'année courante 1819 en chiffres d'or. Puis elle biffa à coups de crayon les quatre premières colonnes, rayant chaque nom de saint jusqu'au 2 mai, jour de sa sortie du couvent.
Une voix, derrière la porte, appela : «Jeannette !»
Jeanne répondit : «Entre, papa.» Et son père parut.
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HevalHeval   16 avril 2012
(...) et elle sentait entre elle et lui comme un voile, un obstacle, s'apercevant pour la première fois que deux personnes ne se pénètrent jamais jusqu'à l'âme, jusqu'au fond des pensées, qu'elles marchent côte à côte, enlacées parfois, mais non mêlées, et que l'être moral de chacun de nous reste éternellement seul par la vie.
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Vidéo de Guy de Maupassant
Nous avons convié Juline Loquin et Ruddy Tonga, étudiants du master management et marketing international par apprentissage de l'Université du Havre, à lire un extrait de la correspondance entre Flaubert et Maupassant, tiré du livre "La terre a des limites mais la bêtise humaine est infinie", préfacé par Véronique Bui, maître de conférences en Littérature française du XIXe siècle à l'Université le Havre Normandie.
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