AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

EDHASA


Livres les plus populaires voir plus


Dernières critiques
Hanta
  02 février 2021
Le Bleu des Abeilles de Alcoba Laura
Cette histoire, d’inspiration autobiographique, est celle de l’adaptation d’une enfant de dix ans en France. Exilée politique avec sa mère, un père resté en prison là-bas, elle essaie d’apprivoiser tant bien que mal ce nouveau pays. C’est surtout la langue qui est un frein, avec toutes les subtilités de la langue française : honteuse de son accent, elle écoute sans jamais parler, elle rêve de s’immerger totalement dans cette nouvelle culture mais peine à y arriver.

C’est un récit doux, gentil et sans heurts. Même si le Blanc-Mesnil ne ressemble pas à son rêve, elle y a son petit cocon douillet et protecteur : la présence de sa mère, les correspondances régulières avec son père emprisonné en Argentine, des amies à l’école, des vacances de ski grâce à des familles généreuses etc.

Chaque exil est différent mais ici, il est vu sur un angle positif, presque trop idyllique à mon goût. Bref, malgré un sujet intéressant à traiter, il n’y a pas l’envergure ni la profondeur des romans d’Alice Zeniter comme dans L’art de perdre ou de Maryam Madjidi dans Marx et la poupée.

Le style d’écriture est léger, agréable et fluide. Le livre est court et se lit vite mais ne laisse pas un souvenir impérissable.
Lien : https://leslecturesdehanta.c..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
zazy
  31 janvier 2021
Le Bleu des Abeilles de Alcoba Laura


J’ai eu le plaisir de rencontrer Laura Alcoba au « Salon des dames » de Nevers. J’ai trouvé une personne charmante, souriante qui m’a gentiment dédicacé « Manèges » que j’ai voulu lire avant celui-ci pour suivre l’ordre chronologique.

Dans cet opus, la narratrice arrive en France, retrouver sa mère. En vue de cet exil, la petite fille a suivi des cours de français. Elle rêvait Paris et se retrouve en banlieue. Elle rêvait d’un tête-à-tête avec sa mère et la voici avec une colocataire en plus. Elle pensait maîtriser peu près le français, la voici en face de difficultés.

La voici mise dans le bain. Inscrite à l’école de la république, elle découvre la vie d’immigrée, qui n’est pas une sinécure ; accent, langage, cohabitation, la crainte de la différence, la peur d’être montrée du doigt. Par ailleurs, c’est une plongée dans les années 70 avec ce fameux papier peint « pop’art » qui tapisse les murs de l’appartement, les débats télévisés avec Georges Marchais, les meubles et bibelots suédois…

J’ai beaucoup aimé le passage concernant le e muet. Chose évidente pour nous, mais qui, pour Laura relève du mystère « une voyelle qui est là et qui se tait, ça alors ! ». Il y a « Magnolia for ever » et la tristesse de Nadine lorsqu’elle a compris que Laura est arrivée après la mort de son idole «Ses yeux semblaient une nouvelle fois humides, mais ce qui a rendait triste désormais, c’est que j’aie pu rater cette époque-là, le temps où Claude François était de ce monde. Que je sois venue après, trop tard. »

L’intégration prend des chemins de traverse ou, ici, de montagne. Imaginez Laura goûtant pour la première fois du Reblochon. Un très bon moment que je visualisais en souriant.

Avec une écriture très légère, pleine de pudeur, de délicatesse et d’humour Laura Alcoba parle de l’exil et de ses difficultés, et tout est dit. Ne nous y trompons pas, il y a toujours, en arrière-fond, l’absence du père, le lien qui les unit grâce aux lettres qu’ils s’écrivent, la prison, la difficulté de lui envoyer cette 5ème photo, qu’il voudrait punaiser sur le mur de sa cellule. La construction du livre permet une lecture ludique. Chaque chapitre est comme une saynète, un épisode du film de la vie de Laura.



Un livre aussi délicat que son auteur


Lien : https://zazymut.over-blog.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Tolk
  31 décembre 2020
Le Bleu des Abeilles de Alcoba Laura
En tant que quelqu’un apprenant la langue française juste comme la petite narratrice de ce roman, il était extrêmement facile de m’y plonger. Tous ses efforts m’apparaissaient absolument crédibles – car j’ai eu les mêmes difficultés qu’elle. Malgré tous les obstacles d’une vie dans un pays tellement différent du sien, son ton reste brillamment léger. Ses craintes sont relativement cachées, subtiles.

C’est une fille qui est particulièrement sensible aux subtilités de la langue française et elle reconnait savamment, à quel point la maitrise de cette langue est nécessaire pour être intégré dans son école, dans son quartier.

Elle raconte son histoire avec un ton tellement joyeux et pas de tout terne, qu’il est relativement facile d’oublier les circonstances d’où elle vient, comme la séparation de ses parents à cause de l’emprisonnement de son père.

Et je pouvais reconnaitre le soulagement d’avoir sa première pensée dans une langue étrangère. Quelle joie.

Après avoir vu un entretien avec l’autrice, je sais qu’elle est arrivée là où elle rêvait comme enfant : être accepté comme écrivaine française. Ça m’a donné beaucoup de plaisir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00