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LouiseA_hc19
  21 mars 2019
Anonyme de Luc Fivet
UNE HISTOIRE ENTRE LA REALITE ET L'ABSURDE:



Ce roman est écrit par Luc Fivet, auteur contemporain qui a publié "Anonyme" en 2018.

C'est l'histoire du calvaire improbable que vit le personnage principal. Un homme ordinaire qui se trouve dans une situation particulière: il doit payer un euro pour rentrer chez lui, un euro qu'il va devoir donner à un homme mystérieux... et c'est ici que commence la descente aux enfers.



UN CONTEXTE PARTICULIER...



En effet, cette histoire est peu banale, et je trouve même qu'on a du mal à y croire, le personnage principal est vulnérable et impuissant, il incarne parfaitement l'inutilité, et c'est cela qui fait que ce roman tourne autour de l'absurde.

Ce livre m'a donc permis de me rendre compte que l'absurdité dans la littérature ne me permet pas d'apprécier ma lecture malheureusement...

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ManouB
  21 mars 2019
No home de Yaa Gyasi
Prix des Lecteurs

Ce roman retrace l'histoire de l'esclavage de 1770 à nos jours, à travers sept générations d'une même famille noire et deux lignées séparées par l'histoire. Une lignée restera en Afrique, l'autre se perpétuera en Amérique.



C'est la visite du fort de Cape Coast qui a donné envie à l'auteur, alors étudiante, d'en savoir plus. Elle apprend en effet qu'au XVIIIe siècle, des jeunes femmes noires de la Côte-de-l'Or (ainsi appelait-on le Ghana) étaient contraintes d'épouser des marchands d'esclaves anglais, alors éloignés de leur famille, pour sceller les accords entre esclavagistes.

Là, sous leurs pieds, dans le fort où elles vivaient avec leurs maris blancs, et où elles élevaient leurs enfants métis, leurs époux entassaient leurs frères et sœurs noirs, en attendant de les embarquer sur leurs navires pour travailler dans les champs de coton, de tabac ou de cannes à sucre.



L'histoire est à la fois terrible et toute simple...

Effia et Esi ne se connaissent pas... Elles sont nées pourtant de la même mère, dans deux villages rivaux du Ghana. Effia, grâce à sa beauté, va épouser un blanc, le capitaine du fort, tandis que Esi, dans le cachot attend de partir définitivement pour l'Amérique.

La lignée d'Effia perpétuera le commerce triangulaire...mais devra faire face à la guerre contre les anglais et à la colonisation.

Celle d'Esi travaillera dans les champs et n'aura de cesse que de tenter de conquérir sa liberté. Elle connaîtra le travail forcé, la ségrégation raciale, la pauvreté et la violence.

Le roman se présente sous forme de courts chapitres qui alternent entre les lieux, Amérique et Afrique et les générations. Le lecteur saute donc d'une génération à l'autre, et d'une ambiance à une autre... et il faut parfois quelques lignes pour se retrouver dans l'espace et le temps.



Heureusement, l'auteur a pensé à placer un arbre généalogique des deux lignées en début d'ouvrage. Et ce qui est rare chez moi, j'ai été obligé de m'y référer plusieurs fois.

L'histoire de l'esclavage est ainsi raconté à travers les deux branches de la famille.

C'est passionnant, édifiant, instructif...et terriblement émouvant.

Les stigmates laissés par les ancêtres passent de génération en génération, et chaque individu porte le poids du passé familial... mais heureusement la fin se termine sur une note d'espoir en l'humanité.

Les jeunes vont réussir à s'accepter et à construire leur vie sans occulter ni le passé, ni leurs origines.



Mon seul regret

J'aurais aimé parfois, rester davantage en compagnie de l'un ou l'autre des personnages, car chaque génération nous offre un roman à part entière, chaque tranche de vie pourrait en effet être lue séparément, mais appartient à un tout, que nous avons la chance de connaître, nous lecteurs, alors que les protagonistes jusqu'à la fin n'en sauront rien.

Un roman à découvrir...
Lien : http://www.bulledemanou.com/..
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de
  21 mars 2019
Un siècle de banlieue japonaise: Au paroxysme de la société de consommation de Cécile Asanuma-Brice
Si la banlieue nous était contée…



Dans son introduction, Cécile Asanuma-Brice aborde la périphérie, lieu de plaisance et de distraction des premiers urbains, l’impact des transports et la fusion de deux mondes « pour donner naissance à un contour de ville, une banlieue, une zone se développant jusqu’au périurbain, et y mêlant ces diverses fonctions », l’industrialisation, les grands ensembles, la « stigmatisation du territoire », les cités d’habitation publiques françaises, « Ces cités auraient entaillé la terre, le territoire, le lieu, telle une blessure dans la chair », les évolutions des lieux et des habitats, les perceptions différentes au Japon et en France « Si ces logements étaient bien présents, il nous fallait déterminer les raisons pour lesquelles ils n’étaient pas retenus dans l’imaginaire collectif comme symboles de l’espace périphérique, tels qu’ils le sont en France ». Je souligne ce point, les mêmes mots ne suffisent pas à faire des mêmes réalités. Il convient à chaque fois de contextualiser, d’historiciser, de faire des comparaisons afin de rendre compte des réalités, de leurs perceptions et des contradictions générées dans chaque situation.



Imaginaire collectif, histoire, lieu et appropriation, représentations valorisantes ou non, « Par ce biais, il s’agira de démontrer que l’image que l’on peut avoir d’un territoire est moins liée au territoire lui-même, à la forme urbaine, qu’aux pratiques qui ont cours ou qui ont eu cours dans ce territoire, constituant la culture du lieu ».



L’autrice aborde les politiques économiques d’après la seconde guerre mondiale, les processus « valorisant un espace imaginaire idéalisé », la réorganisation planifiée des territoires, les mutations profondes des pratiques sociales et communautaires, les politiques au fil des décennies, le renouvellement des problématiques, « une tentative de production d’un nouveau paradigme afin de favoriser les constructions en hauteur dans les cœurs urbains ». Elle explique son enquête du cœur urbain de Tokyo, « Nous avons donc choisi de bafouer la rigueur cartographique pour nous en tenir à des critères qualitatifs, soit nous attacher à la composition du tissu urbain lui-même », la sélection des quartiers de logements publics…



Cécile Asanuma-Brice présente le plan de l’ouvrage, entre autres, les dynamiques internes à la croissance de la ville, l’histoire au XXe siècle et les outils de compréhension des logiques en place, la formation des espaces, les modes d’occupation, le sens des lieux, la nature du rapport à la périphérie, le rôle essentiel des transports, le marché du foncier, le logement ouvrier et le logement public, les influences internationales. Puis, les modèles, les logiques, les expérimentations, l’aménagement des territoires, les impacts spatiaux et sociaux, des études de cas et les fondements des orientations, les apories sociales générées, la rentabilisation économique, la génération des inégalités, les paradoxes nés d’une telle « production de l’espace »…







Le livre est richement illustré, ce qui participe de la qualité des exposés de l’autrice.



Naissance de ville et structuration de l’alentour



Cécile Asanuma-Brice analyse « la coexistence de dynamiques démographiques, sociales, politiques, et économiques spécifiques », le rôle des transports et des lotisseurs, la spécificité de « l’habiter en banlieue », les préoccupations hygiénistes, les promoteurs immobilier,s l’importation d’un modèle d’habitat emprunté à l’occident. Elle détaille l’histoire de l’organisation urbaine d’Edo à Tokyo, la place des temples, les dimensions spirituelles, le rôle de la « nature », les demeures de classe, « La ségrégation stricte de la population dans l’espace matérialise la hiérarchie d’une société divisée en classe guerrière, paysanne, artisane et commerçante », la restauration de Miji, le mouvement d’occidentalisation, la destitution des privilèges, l’ignifugation, les difficultés de circulation et les réponses institutionnelles, le réaménagement de la ville, le bouleversement des formes de la ville, les perceptions entre ville et périphérie, les pathologies urbaines engendrées par l’industrialisation…



Je souligne le chapitre sur le rôle des transports, « l’unité de mesure retenue pour le parcours d’un lieu à l’autre n’est plus la distance kilométrique, mais le temps nécessaire à la desserte du lieu », les voies navigables, l’introduction des pousse-pousses, la diffusion massive et rapide du rail, les cité-jardin…



J’ai été notamment intéressé par le chapitre sur L’ère du bunka, la reconstruction des quartiers centraux, les effets du bunka sur l’habiter, les changements vestimentaires, la modification des lieux et des objets domestiques, la privatisation et l’individualisation des lieux – jusqu’au cœur de la famille « les pièces se fixent et chacune se voit attribuer une fonction particulière », l’introduction du mobilier, la rationalisation des espaces, les rapports de chacun·e au groupe, « L’individu n’existe au Japon que par sa référence, son adhésion à un groupe », la famille moderne…



Formation d’un système de logement public et transformation du mode de vie en périphérie



Cécile Asanuma-Brice détaille les processus subjacents et les opérations à l’origine de la production de logements en nombre, l’émergence de la question du logement ouvrier, la dislocation des familles et les logements en dortoirs, les combinaisons d’intérêts entrepreneuriaux et des services sociaux, l’utilisation du béton armé, les insurrections civiles de 1918, l’amorce de planification urbaine des années 1920, les impacts du grand tremblement de terre du Kanto, les liens communautaires engendrés par l’habitat, les équipements collectifs et les espaces de réunion, la combinaison des styles japonais et occidental…



Quand la banlieue perd son lieu



« La périphérie urbaine des grandes villes des pays industrialisés du monde entier s’uniformise au moment où deux notions fondamentales deviennent globales : la modernité, et la société de consommation de masse ».



Dans l’après seconde guerre mondiale, se met en place des organismes de production et de gestion des logements publics accompagnés d’une évolution du cadre juridique. Cécile Asanuma-Brice aborde les incitations à la propriété foncière, la construction de logements d’urgence, les outils de planification urbaine, les effets des aménagements sur la sociabilité, « Les rencontres de voisinages fortuites ont considérablement diminué, au même titre que la sociabilité qui en découle ». L’autrice discute du concept de modernité, de sa conceptualisation architecturale et urbaine en Europe, « L’aménagement urbain est dorénavant perçu comme un condensateur social », des influences étasuniennes, de « nouvel idéal de vie familial », de fonctionnarisation des espaces, des centres sans habitat, de nouvelle acceptation de la banlieue, de consommateurs/consommatrices en remplacement de travailleurs/travailleuses….



L’organisme public du logement (kôdan jütaku)



Aménagement du territoire, formes de communautés distinctes de celles du passé, lieux standardisés, création d’« espaces-objet dans lesquels les dysfonctionnements sociaux se multiplient ». L’autrice insiste, entre autres, sur la solitude de nombreux individus, les règles de voisinage strictes et impersonnelles, la consommation individuelle de masse au sein d’un même lieu, la vague d’équipement en électroménager, la surconsommation, les modifications des liens sociaux et familiaux, « Pourtant l’occidentalisation des modes de vie, l’importation du modèle de la famille nucléaire, ajoutée à la libération de la femme et son entrée dans la vie active ont eu raison de cette organisation traditionnelle. Il s’agit là d’une véritable révolution, violente et soudaine, puisque cette mutation s’est faite en quelques décennies. Les personnes âgées sont les premières victimes de cette transformation des mœurs, se trouvant projetées dans un système où leur soutien social n’est pas assuré ». Il conviendrait ici de discuter de cette individualisation renvoyant chacun·e à un rôle d’entrepreneur·e de soi – sans rompre par ailleurs avec l’assignation du travail domestique aux femmes (dans la négation des contraintes liées aux rapports sociaux). Il s’agit bien de bien autre chose que l’individuation émancipatrice rompant avec les ordres ou les statuts et qui ne peut-être pensée qu’en lien avec l’émancipation collective.



Les nouvelles formes d’urbanisme engendrent de nouvelles communautés (ni choisies ni auto-organisées), démultiplient les villes, participent à la création de vastes quartiers monotones… L’autrice aborde, entre autres, les chônaikai (associations de voisinage), le vieillissement prématuré des immeubles, le développement de sentiment d’insécurité et les besoins de contrôle engendrés, les mort·es solitaires et les taux de suicide, les nouvelles formes comme les kôdan et leurs évolutions, l’échec des rénovations et les logements inoccupés…



Vagabondage périurbain, du territoire à la chose construite



« les promoteurs ne cessent de densifier une banlieue sans cesse plus lointaine en petits pavillonnaires standardisés ». Cécile Asanuma-Brice discute de la fonctionnalité des lieux, de la nécessité d’avoir un véhicule, de villes trop propres et trop carrées, d’espaces enfermés sur eux-mêmes, de pathologie sociale – renferment sur soi, retrait de la société – des formes spécifiques de violences urbaines, « Les dysfonctionnements s’intériorisent et les individus réagissent par des actions d’autodestruction », de négation du lieu et de négation de l’être, des centres commerciaux, des tours, du revêtement croisant des sols, du 11 mars 2011 (Fukushima) et de ses conséquences, des logements provisoires et de l’isolement de longue durée, des logements publics comme outil de contrainte au retour à vivre dans les zones contaminées, de la communication sur les risques, « Ces sacrifices humains sont acceptés dans le silence d’un monde qui continue de se nucléariser »…



Comme l’indique l’autrice, « Le cloisonnement des domaines de recherche altère considérablement notre capacité d’analyse des événements sociétaux ». Celle-ci aborde aussi le mythe de création de la valeur par les marchés boursiers, la place des individus dans le faire société, les enfants livré·es à elleux-mêmes (laissées seuls·es), les outils de soumission, les conséquences sociales d’événements « naturels » et l’oubli de l’impact de décisions humaines…



Le titre de cette note est emprunté à l’autrice et à son chapitre Annexe. Elle y aborde, entre autres, les mutations constitutives du cycle de la banlieue, les différenciations historiques entre les habitant·es des villages et de la ville, les transformations alimentaires, l’usage des objets, le besoin d’argent pour acheter des marchandises, les surfaces bétonnées, les centres commerciaux et les diktats de la consommation…



Un bel ouvrage. Je regrette cependant la trop faible part aux dimensions genrées des lieux, des circulations. Quoiqu’il en soit, cet ouvrage souligne bien les liens entre une certaine conception de la « modernité », les effets sur et dans l’habitat des réorganisations de l’urbain.
Lien : https://entreleslignesentrel..
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