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Armand Colin [corriger]

Armand Colin est une maison d`édition française. Elle a été créée en 1870 par Auguste Armand Colin , et s`est spécialisée dans les ouvrages scolaires et le milieu universitaire. Ses collections les plus renommées sont la collection "U" créée en 1968, la collection "Cursus" ou encore la collection "128".

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Comprendre Saussure: D'après les manuscrits

Défi non fiction 2024



Un minutieux travail de philologue que cet ouvrage. Il s'inscrit dans une collection "comprendre + penseur" (ex. Spinoza, Freud). L'objectif donné dans la conclusion est de "contribuer à faire comprendre la pensée de Saussure" dans toute sa cohérence et dans toute sa portée". En feuilletant notes d'étudiants et manuscrits, l'auteur nous éclaire au sujet de la pensée saussurienne. On la connaît via son Cours de linguistique générale issu de notes d'étudiants et posthume. Comme il faut faire les choses dans l'ordre, je conseille de le lire après avoir lu et digéré Saussure : le présent livre analyse par exemple ce qu'il entendait par tel ou tel terme. Par exemple : la dualité de la langue (son et pensée sont comme recto et verso), l'exclusion du domaine purement matériel, (en l'occurrence, la phonétique) , la réfutation de la langue comme nomenclature... La dualité individus/société ou les interactions entre linguistique et d'autres domaines (ex. psychologie), ainsi que le caractère conventionnel du langage sont analysés. Des perspectives sont données.



Six thématiques sont abordées : l'évolution des langues (pourquoi ne pas les considérer comme des êtres vivants),le système de valeur, (son fameux "structuralisme" quoique le terme n'apparaisse pas), l'arbitraire du signe, les aspects psychologiques, sociaux (langue et parole), et enfin l'inscription de la linguistique dans la sémiologie. C'est très rigoureux, clair quoique destiné à des gens un minimum spécialistes, et l'ouvrage revient sur une image parfois faussée que l'on peut avoir de la linguistique de Saussure (contradictions internes, pas d'aspect social...) si l'on a lu le Cours uniquement.

Benveniste lui-même n'avait pas lu les manuscrits, non accessibles à son époque, lorsqu'il avait critiqué Saussure dans ses Problèmes de Linguistique Générale. Fort respectueusement, il avait nuancé l'arbitraire du signe, cependant qu'il n'avait pu voir que les manuscrits disaient autre chose que le livre.



On a donc ici un ouvrage de réhabilitation, qui nous démontre la justesse de la pensée saussurienne. Même si je conçois que ce n'est pas l'objet, je trouve que l'ouvrage manque sinon de critique, du moins de mise en perspective. Certes, Saussure a révolutionné la façon de faire de la linguistique, d'un point de vue de l'histoire des sciences. En revanche, du temps s'est écoulé entre 1916 (cours, posthume) et 2024, et certaines affirmations de Saussure (exclusion de la phonétique du champ de la linguistique) ne semblent plus d'actualité. Impossible de hocher la tête à tout ce que dit Saussure.



Attention : quand je parle de critique, je parle d'une critique respectueuse (telle celle de Benveniste, comme il le dit lui même). Je ne l'ai pas lu pour le clash, le débunkage ou que sais je.



Ce livre théorique fourmille d'explications intéressantes, même pour un public restreint, et c'est un travail de fourmi. Chaque mot raturé ou réécrit ou chaque formulation est décortiqué. L'ouvrage, qui m'a plu, rempli ainsi l'objectif qu'il s'est donné.
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Le choix de la défaite. Les élites françaises dan..

Nouvel épisode de l'inépuisable feuilleton "Y-a-t-il un pilote dans l'avion?" dont nous régale l'université française. Après les relaps de la grammaire (La Grande Grammaire du français, d'Anne Abeillé), les champions du copier-coller (Le roman noir, une histoire française, de Natacha Levet), voici le Choix de la défaite, d'Annie Lacroix-Riz.

Avouons-le immédiatement, il va être très difficile de faire mieux. L'ouvrage est en effet magistral sur tous les plans. On doute cependant qu'il fasse un tabac.

Sur le fond, il s'agit d'un texte (ou plutôt de citations) caricaturalement et ridiculement militant (genre marxisme-léninisme pariétal) qui perd toute crédibilité dès les premières pages. On y assène que toutes les "élites" sont pourries et responsables: la banque (ouh!), le personnel politique (ouh, ouh!ouh!), même Blum (ouh!, La Pause, ouh, ouh!), les journaux (ouh, ouh, ouh!), les intellectuels (beurk!). Rien sur les animaux, pourtant complices avérés, surtout les bovins, dont le syndicat n'a pas levé le sabot contre la synarchie (version Lacroix-Riz du complot des lémuriens rosicruciens). En bonne historienne, Mme Lacroix-Riz appuie toutes ses affirmations sur des sources (archives) dûment et pesamment répertoriées, gage de sérieux (même si ce n'est jamais très clair, le manque de clarté constituant un trait distinctif des travaux de Mme Lacroix-Riz). Le problème, c'est que beaucoup proviennent des RG et de la Préfecture de police. Y accorder une foi aveugle relève de la plus grande naïveté. Dans une profession qui ne brille généralement pas par ses capacités intellectuelles, les RG ont toujours été un repaire de bras cassés et de personnages louches (lorsqu'ils existaient encore, on y trouvait les derniers reçus aux concours). Idem pour la PP. Les productions de ces services (dont les notes blanches, florilèges de cancans récoltés dans des arrière-salles interlopes) devraient être maniées avec la plus extrême circonspection, voire laissées de côté.

Sur la forme, je défie quiconque d'arriver au terme de ces 900 pages illisibles, où le propos de l'auteur n'est identifiable qu'au prix d'immenses efforts, car noyé au milieu de citations (pas toujours identifiables non plus), coupé par des crochets, des parenthèses, des incidentes, d'ailleurs non exclusifs les uns des autres (exemple page 23, avec crochets ET parenthèses à la suite). Mais même quand Mme Lacroix-Riz parle en son nom propre, ce n'est pas beaucoup plus clair: ponctuation inexistante ou mal placée, groupes nominaux postposés ou antéposés n'importe comment, notamment. Et ces gens ont fait l'ENS, sont docteurs ès lettres. Il y a longtemps, certes, mais ce n'est pas une excuse. Saluons le courage des relecteurs Dunod à qui on a imposé cette corvée.

Avis à ceux qui voudraient se rabattre sur YouTube pour avoir une idée à peu près claire de la thèse défendue. Mauvaise idée, les vidéos font une heure trente en moyenne et participent de la même logorrhée. Seul intérêt, Mme Annie Lacroix-Riz y arbore fièrement et curieusement le collier de perlouzes, habituellement associé à la vêture de la social-traîtresse.

Que faut-il penser de tout ce galimatias? Que Mme Lacroix-Riz est complètement perchée? C'est l'évidence à la lecture (incomplète et en diagonale, je dois l'avouer) de ce pensum. Inutile pour s'en convaincre définitivement de jeter un œil sur les nombreuses polémiques suscitées par ses travaux.

La barre a été placée très haut. Mandarins, encore un effort. À vos plumes!



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Mécaniques des foules

Qui ne le voit ? Les mouvements de foule investissent à intervalles réguliers la scène de notre présent. Elles ne sont pas nouvelles, elles remontent à loin. Elles apparaissent sous des formes changeantes, mais à vrai dire, elles ne font l’objet de recherches, d’études, de réflexions que depuis le XIXème et le vingtième siècle. Grâce soit rendue à Elena Bovo, enseignante de philosophie et de littérature italienne à l’Université de Besançon, qui à travers une enquête passionnante, a tenté d’éclaircir ce concept en le resituant dans l’histoire des idées
Lien : https://www.transfuge.fr/202..
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