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Nathan

Nathan est une maison d`édition française créée en 1881 par Fernand Cahen à la fin du XIXe siècle. Elle est spécialisée dans l`enseignement primaire et la production de matériels éducatifs pour les jeunes enfants. Sur de nombreux supports, papier et numérique, Nathan propose chaque année plus de 1200 nouveautés. Au total, 25 millions d’ouvrages et de jeux Nathan sont diffusés en France et à l’étranger chaque année.

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Tachan
  26 juin 2022
Blackout à New York de Dhonielle Clayton
Quand j'ai entendu parler d'un projet d'écriture à 12 mains autour d'une histoire visant à apporter un peu de romance et de douceur dans toute cette littérature jeunesse ne montrant le peuple afro-américain que dans des situations dures de dénonciations et conquête de droit, j'ai de suite été curieuse d'en voir le résultat. Le bilan, ce fut une lecture que j'ai dévoré le sourire aux lèvres en une petite après-midi !



Le constat de la directrice de ce projet est assez juste. On a tendance à n'utiliser des personnages noirs et la culture noire que dans des récits d'oppression et de quête de liberté mais rarement pour des romances et des tranches de vie un peu plus légère faisant du bien au coeur. C'est donc une bien belle idée qu'elle a eu au moment du Covid de convier des amies, écrivaines comme elle pour la jeunesse, dans ce projet.



Je crois que c'est la première fois que je lis une histoire écrite par autant de femmes en même temps. J'avais peur du résultat mais celui-ci fut vraiment savoureux. Me rappelant un peu certaines histoires à plusieurs voix que j'ai adoré lire ou voir, on y suit les romances entremêlées de plusieurs adolescents ou jeunes adultes noirs se trouvant à New York au moment d'un blackout généralisé de la ville. C'est alors le moment propice pour les sentiments de s'échapper pour les aider à voler de leurs propres ailes.



J'ai beaucoup aimé la façon dont les autrices ont su marier leurs histoires dans ce contexte si particulier. L'idée d'avoir une romance principale qui se découpe en plusieurs chapitres, eux-mêmes intercalés d'autres romances avec parfois des amis ou des amis d'amis, est très bonne. Cela rend le récit dynamique et addictif. On a aussi l'impression de s'immiscer dans la vie d'un quartier où chacun se connaît et se croise, un peu comme je l'avais ressenti dans la série coréenne Soulmate ou le film Coup de foudre à Notting Hill, et c'est vraiment charmant.



J'ai surtout adoré la diversité des histoires et des personnages et la grande ouverture des autrices à des romances hétérosexuelles classiques, mais également homosexuelles ou bisexuelles, entre adolescents, jeunes adultes ou personnes plus âgées. Cela m'a fait un bien fou. J'ai aimé suivre des personnages qui étaient autrefois ensemble et se débattent avec leurs sentiments actuels, d'autres qui ont toujours eu un crush et osent enfin l'avouer, des amis de toujours qui réalisent leurs sentiments, un couple installé en crise qui réalise ce qui ne va pas, etc. C'est très divers et toujours crédible et touchant, avec un discours moderne et pertinent sur le consentement, le besoin de dialoguer avec l'autre mais également de s'écouter soi et de prendre soin de soi tout comme des autres.



On n'a vraiment pas le sentiment que les histoires ont été écrites par des autrices différentes car, à de rares exceptions, elles se marient à merveille. Il y a eu je pense un gros travail éditorial pour lisser tout ça. Le fait de les suivre toutes dans un cadre un peu exceptionnel où chacun gravite et où retrouve chacun comme si une caméra volait au-dessus de la ville et choisissait de temps en temps vers qui se tourner et zoomer, est un choix fort judicieux. Cela permet ainsi, si on n'est pas fan d'une histoire, de vite passer à la suivante. Heureusement, pour ma part, j'en ai aimé la plupart. Seule peut-être celle de Nella n'a pas fonctionné pour moi.



Mais j'ai aimé ce portrait de la ville de New York, de ses lieux, de ses habitants et de ses touristes qui est fait. C'était sympathique de traverser les rues du centre vers Brooklyn, le temps de ce black-out pour se rendre à une certaine fête, cela a permis de croiser pas mal de lieux emblématiques : rues, parc, bibliothèque, métro, pont, etc. On a bien voyagé. Et ce petit air de road-trip légèrement post-apocalyptique comme on a pu en voir dans les films catastrophes que les Américains chérissent temps était assez amusant. On sent que les autrices se sont bien amusées à marier leurs histoires dans ces différents lieux avec ces personnages qui ont toujours un lien plus ou moins proche entre eux. J'adore ce sentiment de proximité et de jeu de piste que ça a donné à ma lecture.



Ainsi, même si les romances étaient sur le fond assez classiques et déjà vues et revues pour la plupart, elles ont tout de même su fortement me distraire. J'ai adoré celle de Tammi, celle qu'on suit le plus, qui fait éclater le malentendu qu'il y a eu entre elle et son amour de toujours. J'ai été touchée par celle de JJ qui ose faire en partie son coming-out et sauver celui qui lui plaît depuis toujours. C'était touchant de voir Nella réaliser qui elle était et qui elle aimait. Je me suis reconnue dans Lana, cette fille maladroite qui aime son ami d'enfance mais a tant de mal avec les relations humaines et l'expression de ses sentiments. J'ai trouvé fort moderne l'histoire de Kayla et de Tre, ceux qu'on voit casés à vie, mais qui finit par une envie de s'occuper d'abord de soi. Enfin, l'histoire de Grace et Seymour propose une narration différente des autres qui boucle la boucle. Chacun de ces personnages a un petit quelque chose qui le rend unique et on sent chez les autrices un attachement particulier à ceux qui sont différents de part leur sexualité ou leur mal être ou malaise social. Je valide à 100%.



Blackout porte doublement bien son titre. C'est à la fois l'histoire d'une vaste panne de courant qui va mettre en lumière bien des sentiments mais également celle de personnages noirs à qui on ose proposer autre chose que des rôles dramatiques, ce qui fait un bien fou. Oui, les histoires romantiques sortent peu des sentiers battus mais leur mise en scène charmante fut pétillante à suivre dans une New York très vivante et avec des personnages auxquels on s'attache facilement. Je valide totalement l'expérience !
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Chachoulog
  26 juin 2022
L'Île des esclaves de Marivaux
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Lamifranz
  26 juin 2022
Le Cid de Pierre Corneille
Comme pour la plupart des pièces classiques, c’est au collège que s’est produite la première rencontre. J’étais en quatrième, ce qui nous ramène dans les années… dans une autre vie, quoi, ou pour être plus précis, dans la même vie mais plus tôt dans le temps (je ne sais pas si vous me suivez, mais moi je vous précède).

Donc cette année-là c’était « Le Cid ». Chouette pièce, « Le Cid ». Pleine de belles formules, avec des envolées superbes, une pièce « de cape et d’épée », plus Thierry la Fronde que Zorro, pour citer deux références de l’époque, avec des batailles, de la romance, et comme souvent chez Corneille cet histoire d’honneur à qui il faut tout sacrifier (ça, ça nous paraissait un peu débile, mais il paraît que c’était comme ça à l’époque). C’étaient surtout les tirades qui nous bottaient : « A moi comte, deux mots ! » ou encore « A quatre pattes d’ici je te le fais savoir ! » On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans, disait Rimbaud, à quatorze ans non plus, mon pauvre Arthur…

J’ai eu l’occasion, bien des années plus tard, de relire la pièce, et même de la voir jouer. Et mes impressions de collège, curieusement, sont remontées à la surface, pour se mélanger avec les réflexions, plus posées, de l’adulte que j’étais devenu, et je me suis ainsi rendu compte que non seulement « Le Cid » était une grande et belle pièce de notre répertoire, mais également que l’enseignement que nous avions reçu la concernant était d’excellente qualité.

L’histoire est connue : Rodrigue aime Chimène, Chimène aime Rodrigue ; le père de Chimène, le comte de Gormaz, provoque le père de Rodrigue, Don Diègue. Rodrigue, malgré son amour, (c’est ce qu’on appelle un dilemme cornélien) va, court, vole et venge Don Diègue en estourbissant son futur beau-père. Ce sont des choses qui ne se font pas et sa tête est mise à prix. Heureusement le sombre héros gagne une bataille contre les Maures et devient un sombre héros national. Après bien des péripéties il finit par gagner la main de Chimène (et tout le reste) et le mariage est célébré à la fois dans l’allégresse et dans la cour du palais.

Beaucoup de vers sont passés à la postérité

« O rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie »

« La valeur n’attend pas le nombre des années »

« Cette obscure clarté qui tombait des étoiles »

« Nous partîmes cinq cents mais par un prompt renfort »

Oui vraiment, je peux reprendre à l’identique mon juvénile jugement : chouette pièce le Cid !

Et pour finir, l’hommage le plus frappant est, à mon avis, celui de Georges Fourest qui, dans sa merveilleuse parodie du Cid, résume toute la tragi-comédie dans ce vers sublime déclamé par Chimène :

« Qu’il est joli garçon, l’assassin de papa ! »

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