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Verdier

Les Éditions Verdier ont été fondées en 1979 par Gérard Bobillier et Colette Olive et Michèle Planel. Elle est spécialisée dans la littérature, la poésie, le théâtre, les arts et l`architecture, les sciences humaines, la philosophie et spiritualités. La maison s`est d`abord fondée sur la collection de grands textes de la tradition juive Les Dix Paroles, puis s`est étendue à la littérature, française ou étrangère, avec des auteurs comme Pierre Michon, Varlam Chalamov ou Junichirô Tanizaki.

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Dernières critiques
Desmotsetdesimages
  22 juillet 2021
Les portes de Thèbes de Mathieu Riboulet
Les Portes de Thèbes, Éclats de l’année deux mille quinze, Mathieu Riboulet. Janvier 2020 posthume. Éditions Verdier.



Quand l’intime et le politique se nouent et se lient pour faire état de éclats des corps des morts victimes de l’ingérence des puissants et de l’auteur atteint d’un cancer du foie dont il est mort. Triste prescience sur son cancer qui l'emportera et des morts qui s'amoncelent toujours plus au Moyen-Orient…



« Le corps malade de l'Europe, c’est le mien. Frappez et j’ouvrirai. »



« Je consigne ici la crainte récurrente qui me prend à la gorge : que l’insignifiant drame que constitue, pour moi seul ou presque, l’horizon de ma mort, ici chanté en contrepoint des tragédies tressées qui embrasent le monde où je me suis inscrit, n’incite à la méprise, au vieux soupçon d’orgueil ; car en effet qui suis-je pour poser mon parcours en poids équivalent aux désordres mortels qui broient tant de mes frères ? car qui suis-je en effet pour oser célébrer ces deux naufrages muets en langue densifiée ? C’est que, tout simplement, je ne me résous pas à finir en laideur, autant aurait valu disparaître plus tôt, bien plus tôt, aux jours sombres où pointe la conscience des choses. »



À la fois essai et autobiographie, Riboulet mêle ici les attentats de 2015, les accords franco-britannique de 1916 et sa résignation face à son cancer dont il mourra en 2018. Le titre renvoie évidemment à la tragédie d’Eschyle Les sept contre Thèbes mais pourtant jamais l’auteur ne sombre dans le pathos propre à la tragédie. Et dieu sait qu’il en est question ici…



Le pessimisme est absolu mais il est pourtant question de lumière quand les corps se fondent*. Ajoutez-y ce goût pour les malfrats, cette obsession de la mort et la beauté de la prose poétique et vous y retrouvez du Jean Genet dont Riboulet se fait l’héritier.

En effet, la plume est d’une subtilité et d’une beauté comme j’en ai rarement lue. Le style, poétique, est absolument saisissant. Alexandrins, poème, chant lyrique et faits historiques s’y déploient remarquablement. Il faut plus que de l’audace pour mêler les évènements de 1916 à ceux de 2015 en plus d’un cancer en mêlant tout à la fois le désir et la puissance des corps. Il faut du génie. Ainsi l’horizon de la mort de l’auteur rejoint les douleurs du monde et de tous ces corps sacrifiés.



*Peut-être certaines scènes de fusion homosexuelle dérangeront-elles certains lecteurs.

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Norlane
  21 juillet 2021
Trames de Mario Luzi
Trames... les pas d'un poète ultrasensible dans l'Italie des années 40-50 (à priori), dans Florence, Sienne, la campagne toscane... les pas d'un poète qui réfléchit sur ses ressentis, ses pensées, celles des autres... Lumineux et apaisant au départ, un peu ennuyeux au fur et à mesure dans la partie "journal" qui note des allées et venues au milieu de personnes dont on se fiche un peu, regain d'intérêt dans les "nouvelles" de la fin.

Trames est un livre des éditions Verdier : avec le langage au centre d'une géographie des lieux et des relations, qu'il faut ouvrir au bon moment. Et à relire en morceaux, de temps en temps.
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Charybde2
  20 juillet 2021
Du cap aux grèves de Barbara Stiegler
Comprendre au quotidien ce qui peut aujourd’hui, face à l’impavidité socio-économique de gouvernants se prétendant toujours sûrs de leur unique chemin néo-libéral, pousser à descendre dans la rue – quel que soit notre rôle social par ailleurs.



Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2021/07/20/note-de-lecture-du-cap-aux-greves-barbara-stiegler/



Sous-titré « Récit d’une mobilisation », le temps du récit curieux et intense de « Du cap aux grèves », publié chez Verdier en août 2020, s’étend du 17 novembre 2018 au 17 mars 2020. Le 17 novembre 2018, c’était l’acte 1 des Gilets Jaunes. Le 17 mars 2020, c’était le début du premier confinement décidé par le gouvernement à l’arrache (un terme qui, on le sait hélas, caractérise un peu trop souvent ce gouvernement-là, dans beaucoup trop d’acceptions), pour faire face à la pandémie de Covid-19. Entre les deux, il n’y a pas rien (ce clin d’œil à Mathieu Riboulet s’imposait à plus d’un titre), tout au contraire. Il y a toute la réflexion officieuse, en regard de l’officialité de la publication de « Il faut s’adapter » en janvier 2019, œuvre majeure de la jeune philosophe initialement spécialiste de Nietzsche avant de devenir, dans la lignée de Michel Foucault, une exploratrice déterminée de ce qui, en philosophie, relie le néo-libéralisme collectivement à une mortifère logique ultra-évolutionniste applicable aux individus, à leurs corps et à leurs esprits. Il y a aussi, et c’est ce qui signe la spécificité et la pertinence de ces 130 pages de la Petite Collection de Verdier, toute l’action discrète, tenue d’abord soigneusement secrète vis-à-vis d’une présence publique importante (ou d’un sentiment complexe d’illégitimité voire d’imposture), du fait de la promotion en cours de « Il faut s’adapter », aux côtés des si nombreux manifestants regroupés faute de slogan clair et univoque sous l’appellation de « Gilets Jaunes ». Entrant en apparence sur le terrain de la lutte au quotidien par un angle opposé à celui travaillé par Nathalie Quintane avec son vital « Un œil en moins » de 2018, qui se demandait, a contrario, comment trouver au quotidien la force de continuer à lutter dans la rue après les divers constats d’inefficacité apparente produits entre 2012 et 2017, Barbara Stiegler nous offre un témoignage bien différent, mais également stimulant et bouleversant, d’une logique toujours renouvelée de l’engagement militant de terrain, ou même d’une refondation intime de la nécessité des grèves, réelles et métaphoriques, face à la violence de ce cap, absolu et jamais contournable, plus que jamais sans alternative, quarante années après la brutalité thatchérienne, que prétendent discerner dans n’importe quel brouillard de guerre sociale les dirigeants démocratiques, illuminés de leur aura indistincte.
Lien : https://charybde2.wordpress...
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