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"La conversion"est un roman partiellement autobiographique paru en 1953.
A travers les multiples réflexions , les portraits décrits , les nombreux retours en arrière, les souvenirs des protagonistes où chacun renoue avec sa mémoire, cet ouvrage pose les graves difficultés des Noirs Américains au XX ° siècle .......
Il raconte "l'examen de conscience "de John, fils de prédicateur, en ce mois de mars 1935, le jour de ses quatorze ans , au destin scellé d'avance par sa famille : il sera prédicateur ........
La famille Cimes vit à Harlem, dans la crasse : " la crasse était enchâssée dans les murs et les planchers, elle triomphait sous l'évier où les cafards se multipliaient "alors que la mère de famille Elizabeth, s'acharne à tenir propre un taudis dont la poussière s'infiltre partout et que son fils , John, l'aide beaucoup .
Aux Etats - Unis , dans ces années - là , être noir est une faute qui interdit de vivre normalement , sereinement et convenablement ......
La société raciste condamne et John, à quatorze ans commence à en prendre pleinement conscience .
L'intrigue du roman se déroule pendant sa journée d'anniversaire .il reçoit une révélation mystique, la religion apparaît comme seul recours à le sauver du monde corrompu dans lequel il évolue .
Dans ce premier ouvrage , l'auteur se pose en défenseur de la cause des noirs, de leur lutte pour l'égalité .
Il met en avant la place occupée par la religion catholique , notamment évangéliste ........
Peut- être l'ensemble des questions qui se posent l'ont - elles assailli au même âge ?
Une phase spirituelle et morale nourrie de mille hontes ------être noir , bâtard,faible, être homme donc pêcheur------précipite John dans une tentative de rébellion ......je n'en dirai pas plus .
C'est un roman étrange et tourmenté, émaillé et construit surtout autour de l'histoire de la communauté américaine noire sur plusieurs générations .
Il sensibilise , avec une sincérité douloureuse à la question noire , aux victimes de la violence et de la ségrégation.
Il fait penser au prélude de l'écriture d'une certaine grande dame sur le même thème : Toni-Morrison, dont j'ai lu nombre d'oeuvres .
Mais il peut ne pas plaire à tout le monde à cause de la mention des questions religieuses qui nourrissent ce texte :sectes, pêchés, prières, appels au Seigneur , miséricorde de Dieu , glorification du Verbe, Phrases de Cantiques , Voies du Seigneur , Rédempteur , Prophéties Etc.....
Ce n'est que mon avis bien sûr !
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La conversion" est le premier roman de James Baldwin, un grand auteur américain revenu sur le devant la scène littéraire en France il y a quelques années seulement, depuis le succès du documentaire de Raoul Peck qui lui était consacré.

Par le truchement du récit autobiographique, "La Conversion " récrit en 1952 raconte l'examen de conscience de John, le jour de ses 14 ans, en attente d'une révélation mystique.

Dès ce premier roman, James Baldwin plaide la cause des Noirs et de leur lutte pour l'égalitéUn grand premier roman dans lequel on ressent les promesses du grand romancier en devenir!


Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Est-on enchaîné à une destinée ?
A celle que l'histoire familiale vous lègue ?
A celle que la société vous impose par la place qu'elle vous laisse ?
Ou a-t-on le choix ?

James Baldwin utilise le roman autobiographique, son premier, pour nous dessiner le portrait d'une famille noire américaine sur deux générations. Par les embranchements de la vie de chacun, il aborde finement les traits qui se profilent et rejoignent la vie des autres membres de la famille dans une complexe toile aux fils souvent douloureux et amers.

La conversion, du fait que l'un des protagonistes soit prédicateur, évoque beaucoup les croyances religieuses, la notion de péchés, et c'est l'aspect qui m'a passablement déplu dans ce livre.

Néanmoins, l'écriture habile de James Baldwin donne vraiment corps aux personnages tout en reliefs, en profondeur et en blessures. J'aime beaucoup la grande sensibilité de cet auteur qui met à nu l'âme humaine pour lui tendre un miroir universel.
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Ce roman m'a créé de vraies montagnes russes d'émotions. de l'enthousiasme à la frustration, de l'espoir au découragement, j'ai espéré jusqu'à la fin ressentir un wow unilatéral qui ne s'est pas présenté. Pourtant, il y a des moments de grâce dans ce livre qui font que ma quête de cet auteur n'en restera pas là.
Ce premier roman de James Baldwin s'inspire fortement de sa propre vie. Il met en scène un jeune garçon, comme lui, noir et illégitime; élevé par un pasteur illuminé, rempli de colère, qui prône un Dieu inspirant la crainte plutôt que l'amour. Ce pasteur, Gabriel Grimes, s'empêtre dans les racines du mal, de la haine, «  l'arbre le plus puissant qui fût dans tout le pays de John » John étant son fils aîné, enfant de la seconde femme de Gabriel, Elizabeth, qui était tombé enceinte de Richard, décédé de façon violente après une arrestation arbitraire et musclée. John est un enfant de la honte.

« la honte, à moins que le miracle d'un amour humain ne l'en délivre, était tout ce qu'elle avait à offrir. »

Le roman se passe en 1935, lors de la journée d'anniversaire de John, il a 14 ans. L'auteur raconte le combat spirituel et l'éveil à la vie et à la société raciste du jeune adolescent avec, et en parallèle, l'histoire raciale de ses parents et grands-parents qui a forgé cette vie misérable à Harlem, après le Sud et Chicago. le Nord, le supposé Eldorado, n'apporte que crasse, tentation et danger, situations envenimées par des discours de pasteurs tous aussi profiteurs les uns que les autres.

«  ils plaisantaient en comparant le nombre d'âmes qu'ils avaient sauvées, comme s'ils avaient compté leurs points dans une salle de billard. »

Le pasteur Grimes est l'acteur principal de ce roman, plus encore que John. Par lui et ses deux vies, les excès amour haine se confondent et les femmes de sa vie en subissent les conséquences. Même si sa mère et le Sud sont précurseurs de sa foi et son combat spirituel, l'esclavage révélant le prophète qui déclame sur l'enfer, Gabriel brûle d'un feu soutenu et inspire la crainte dans une attitude bienveillante.

« …les yeux de sa mère ne le quittaient pas un instant; sa main, pareille à des pinces brûlantes, agrippait la braise tiède de son coeur et suscitait chez lui, à la perspective de la mort, une autre terreur, plus glacée encore. »

J'ai un profond respect pour cette écriture dense et catastrophique. La vie de ces noirs qui ont en tête des images dures et des inégalités dramatiques m'émeut beaucoup. J'ai plus de difficultés avec la prédication et la manipulation divine. Les sermons m'exaspèrent et suivre la voie de Dieu, très peu pour moi. Donc, la conversion de John ne pas pas convaincu mais…
« …mais y a des choses, on dirait, on peut pas les oublier comme le vent. »
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Ce premier roman, devenu un classique aujourd'hui, écrit en 1952 (titre original "Go tell it on the moutain= "Va le dire sur la montagne" en traduction littérale) est paru en France pour la première fois en 1957 sous le titre "Les Elus du Seigneur" et publié à La Table Ronde. C'est un des premiers livres parus sur la condition des Noirs et le plus connu de l'auteur.
Il vient d'être réédité en 2017, chez Rivages avec un nouveau titre "La conversion" et une nouvelle traduction.
C'est un roman qui présente un grand intérêt sociologique, car il est en partie autobiographique. Il est d'ailleurs considéré comme un texte fondateur pour des auteurs plus jeunes, comme Tony Morrison et Maya Angelou.

L'auteur nous raconte à travers l'histoire de John Grimmes, un ado de 14 ans, la vie d'une petite communauté noire de Harlem au tout début du XXe siècle. Cette vie est rythmée par les sermons, les prières et les chants de Gospel. Rien à voir avec les pratiques des catholiques en Europe.
La noirceur est partout, d'abord tous les personnages sont noirs, et même leur logement misérable est envahi en permanence d'une poussière noire impossible à supprimer, et qui semble toujours se déposer sans fin sur le sol et les tapis, malgré les heures passées à nettoyer les maisons.
John réalise le jour de ses 14 ans que son destin est fixé par avance : il sera prédicateur comme Gabriel, son père. C'est ainsi, quand on est issu d'une communauté si pieuse, mais le père voudrait que ce soit son jeune fils Roy qui le devienne. le lecteur comprendra pourquoi au cours de la lecture.
John vit donc une véritable crise de conscience : il rêve d'être libre, de mener sa vie selon ses propres désirs. Mais il va devoir accepter le déterminisme social, tenter de se rebeller, puis durant une longue nuit de prières collectives, trouver sa propre voie...

Mon avis...
L'auteur s'interroge sur la religion et les non-dits familiaux sur fond de ségrégation raciale en Amérique du Nord dans les années 30. Il décrit une Amérique qui ressemble encore beaucoup à celle d'aujourd'hui et où les gens sont finalement très seuls. le roman retrace la lutte intérieure de John qui découvre qu'il ne pourra jamais avoir la vie d'un Blanc.
La famille de John apparaît comme une famille tourmentée par son passé, par des non-dits mais aussi par la crainte réelle que leurs enfants tombent dans la délinquance (ce qui est le cas de Roy).

Le roman se déroule principalement dans une église de Harlem le jour des 14 ans de John. Il vient d'être battu par son père, qui frappe aussi la mère. Il s'interroge sur sa vie comme l'a fait à cet âge Baldwin, sur la sincérité de sa foi, sur ses attirances sexuelles particulières (il est attiré comme l'auteur par les garçons), sur sa relation aux Blancs, sur le péché et la rédemption. Il est en effet tenaillé par la culpabilité et poursuivi par le poids de ce qu'il pense être un péché.

Le roman est découpé en plusieurs parties distinctes. C'est un roman choral qui donne tour à tour la parole aux différents personnages.
John occupe la première partie (et la dernière). L'auteur campe l'ambiance de la petite communauté et présente les différents personnages du livre.

Dans la seconde partie, le lecteur découvre le passé de la famille grâce à de nombreux retours en arrière.
C'est d'abord Florence, la soeur de Gabriel, qui nous parle de sa jeunesse, puis Gabriel qui se justifie sur sa vie, et enfin Elisabeth, la mère de John...
Le lecteur apprend ainsi que le père devenu prédicateur, a mené une vie dissolue dans sa jeunesse et a commis des erreurs irrémédiables. Il a effet abandonné Esther, sa jeune copine, en apprenant qu'elle était enceinte. Il s'est ensuite marié avec Deborah qui n'a jamais pu avoir d'enfants, ayant été violée par une bande de Blancs durant son adolescence. Enfin, lorsqu'il quitte le sud, Florence sa soeur, qui a quitté très tôt la famille car elle était révoltée par l'attitude de Gabriel et son côté dépravé, lui présente Elisabeth avec qui il se mariera, espérant ainsi racheter ses fautes passées...

'ai aimé le personnage de John et ses tourments de jeune ado..quand on sait que Baldwin est devenu prédicateur à 14 ans, et ce durant près de trois ans, on voit tout de suite le lien entre lui et son personnage. Et on comprend aussi mieux pourquoi il est plein de contradictions en ce qui concerne la religion.

J'ai aimé la façon dont l'auteur mêle le passé et le présent, la vie communautaire et personnelle mais aussi les réflexions sur la condition des Noirs et la condition de la femme au sein du peuple Noirs, mais aussi face au racisme des Blancs.
La religion a bien entendu un très grand rôle dans ce roman.
L'auteur parle de la foi de cette famille à chaque page. Un certain mysticisme traverse le roman, qui est entrecoupé par de nombreuses références bibliques et cela m'a souvent dérangée. Cependant cela permet au lecteur d'entrer dans l'ambiance de cette petite communauté évangéliste. Les noirs étaient très croyants et pensaient tous que leur sauveur ne pouvait être que Dieu.
J'ai cependant trouvé un peu longue la toute fin, quasiment onirique, durant la nuit où John découvre quel sera son destin.
Lien : http://www.bulledemanou.com/..
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LA CONVERSION de JAMES BALDWIN
John a 14 ans, il vit avec Roy son frère aîné, Sarah sa soeur, Elizabeth sa mère, Gabriel son père et tante Florence, soeur de Gabriel. La famille est très croyante, la religion tient une place centrale chez les parents. John est perçu comme un prédicateur en puissance, comme le fut son père, pour Roy on a abandonné tout espoir, d'ailleurs le jour des 14 ans de John il revient à la maison le visage entaillé d'un coup de couteau. Gabriel utilise souvent sa ceinture comme outil d'éducation avec les garçons, Elizabeth appelant à prier pour calmer les esprits. Ils vont souvent tous ensemble à l'église où officie Elisha, Florence réalise qu'elle ne sait plus prier, se souvient de Gabriel quand il était jeune avant de devenir prédicateur et se dit que, si lui est »l'oint de Dieu », elle préfère mourir, car si aujourd'hui c'est un homme exigeant pour ses enfants en terme de morale, il eut une vie dissolue qui gâcha celle de bien des personnes et elle ne se prive pas de le lui rappeler. L'ambiance est souvent tendue, Roy traite souvent son père de »salopard de nègre » et John déteste aussi Gabriel voyant dans son prochain baptême un lien direct avec Dieu lui permettant de lui échapper!
C'est le premier roman de Baldwin, celui qui l'a fait connaître et il est à forte connotation autobiographique. L'histoire du père, Gabriel, qui passera de mauvais garçon à prédicateur, quittera le Sud pour New York, essayant d'oublier son passé, malgré les rappels de sa soeur qui le déteste, est passionnante et laissera des traces profondes chez John qui subira ses brimades, le tout sur un fond de ségrégation ultra présent. C'est loin des meilleurs romans de Baldwin mais c'est un indispensable si on s'intéresse à l'écrivain en tant qu'homme.
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Il y a des romans qui laissent une empreinte indélébile. "La Conversion" de James Baldwin en est l'un des plus prestigieux représentants. Dans ce premier roman autobiographique, écrit à Paris, James Baldwin livre sa colère, sa rage, sa souffrance face à un père qu'il ne comprends pas, qui ne lui parle pas, à une religion importée des blancs, à un pays où le noir est un citoyen de seconde zone. L'édition originale "Go Tell It On The Mountain" date de 1953. Les lois Jim Crow mises en place pour entraver l'exercice des droits constitutionnels acquis par les Afro-Américains au lendemain de la guerre de Sécession ne seront abrogées qu'en 1964.
John a 14 ans. Il vit avec son père Gabriel, prédicateur à Harlem, au Temple du baptême par le feu, sa mère Elisabeth, son frère Roy et ses deux soeurs Sarah et Ruth. Les relations entre le père et le fils sont extrêmement tendues. Une haine féroce immobilise l'adolescent. Il a honte de ce sentiment destructeur qui l'éloigne de sa famille et de la communauté. Deux scènes décisives déclenche la narration. Celle où John va au cinéma. le film retrace l'existence du femme de mauvaise vie, une femme violente et malheureuse qui chute éloignée de Dieu et de ses bienfaits. John "avait envie de lui ressembler, mais seulement en plus puissant, en plus cruel afin de faire souffrir." La seconde scène est celle de Roy blessé par une arme blanche. Sont réunis dans ce passage, Gabriel le père, Elisabeth la mère et Florence la soeur de Gabriel. John est témoin des propos venimeux de son frère : "Gifle pas ma mère, c'est ma mère. Si tu recommences à la gifler, espèce de salopard de nègre, je jure devant Dieu que je te tuerais". Toutes les haines, toutes les rancoeurs explosent dans cette scène. On devine dans ce passage toutes la révolte, les traumatismes de l'auteur.
Puis, James Baldwin égrène la vie de chacun des trois adultes, de leur existence dans le Sud ségrégationniste des Etats-Unis. La vie malmenée les a conduit à se réfugier dans le Nord misérable représenté par le ghetto de Harlem. Il y a un feu qui consume de l'intérieur dans ce roman aux dialogues coup de poing. Il y a la parole de Dieu qui cherche la lumière comme les réflexions des protagonistes. Il y a le péché, la luxure. Il y a le conflit dans le ciel, la confusion, le désespoir. Pourtant la lumière car les ténèbres existent. L'enfer se décompose lentement et la rédemption surgit.
J'ai emprunté ce roman à la médiathèque du centre ville. Je me suis empressée de l'acheter chez mon libraire préféré car je sais qu'il sera un livre de chevet très souvent consulté.
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John est un jeune adolescent noir, vivant à Harlem dans les années 30. En tant que fils aîné, il est prédestiné à devenir un homme de Dieu, comme son père.

Cependant, John ne veut pas de cet avenir. Il ne veut pas reprendre le flambeau de son père, cet homme saint, respecté de sa communauté, qui bat sa femme et ses enfants.

John voudrait autre chose, loin de Harlem, loin du poids pesant des secrets de famille.

Ce roman, le premier de James Baldwin, est un vrai coup de coeur. J'avais eu envie de découvrir cet auteur en lisant l'essai de Melikah Abdelmoumen, Baldwin, Styron et moi, et mon choix s'est porté sur ce premier roman.

J'ai découvert un récit très riche qui aborde tant la question du racisme que de la foi.

En effet, à travers les différents personnages, James Baldwin aborde le racisme et la violence subie par les noirs américains.

Cette violence qui conduit à courber le dos lorsque l'on croise des blancs dans la rue, pour éviter de se faire lyncher. de la pauvreté des quartiers de Harlem, du manque de perspective.

Le jeune John sait que certaines boutiques ne lui sont pas accessibles de par sa couleur de peau ; et que si jamais il réussissait d'une façon ou d'une autre dans la vie, il serait coincé entre deux mondes : plus jamais compris des siens et pas accepté par les autres.

Cependant à travers les pages c'est aussi la question de la foi qui se pose, de la rédemption des péchés commis. Chacun des personnages abordés bataille avec ses limites et ses démons, condamné néanmoins à faire souffrir les autres.

Un auteur qui m'a ébloui par son histoire et par sa plume et dont je vais certainement lire le reste des oeuvres.
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Communauté Noire de Harlem au seuil des années 30. A partir du portrait d'individus d'une même famille et de leur itinéraire rétrospectif , James Baldwin par le biais d'une Ecriture simple mais précise et soutenue, utilise la pratique religieuse et sa place dans la communauté comme fil rouge d'un récit dans lequel il illustre magistralement comment celle ci est à la fois un puissant vecteur de consolidation sociale et identitaire, un ferment de solidarité mais également un puissant frein à une certaine forme d'émancipation individuelle couplé à une acceptation de sa condition de dominé ou l'autodiscipline comportementale ne semble être rien d'autre qu'une violence sociale que l'on retourne contre soi et le siens.
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Roman assez étrange et fascinant qui se passe dans une communauté noire de New York dans les années 30. le roman se déroule principalement lors d'un culte qui dure toute une nuit et va s'attarder tour à tour sur l'histoire de différents personnages.

John est un adolescent de 14 ans qui vit dans une famille très pieuse. le père est prédicateur, c'est un homme dur qui ne sourit jamais, bat facilement sa femme et n'a de tendresse que pour Roy, le cadet qui tourne mal. John a une grande admiration pour son camarade de culte Elisha mais doute car la haine de son père lui fait rejeter Dieu.

La tante de John, Florence ; son père, Gabriel, et sa mère, Elizabeth, vont se remémorer leur histoire tout au long du roman. Ces vies de Noirs du Sud au tout début du XXe siècle est la partie la plus intéressante du livre. Chacun a sa part d'ombre, de souffrances, et le révérend Grimes se révèle un personnage assez méprisable et peu chrétien, tout accroché à sa respectabilité quitte à abandonner son prochain.

J'ai beaucoup moins accroché à toutes les bondieuseries de la secte « évangélique » et au récit des hallucinations pieuses des membres de la communauté. Les « saints » et les « frères » se mettent à parler « en langues », sont appelés par Dieu lors de transes… Je suis sans doute un mécréant mais je n'ai vu qu'un récit clinique d'hystérie collective et la fameuse conversion de John me parait assez proche du lavage de cerveau, de l'autohypnose, propre à tous les fanatiques.
Lien : http://jimpee.free.fr/index...
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