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Michèle Albaret-Maatsch (Traducteur)
EAN : 9782743613112
313 pages
Payot et Rivages (01/10/2004)
3.74/5   80 notes
Résumé :

Au soir de ses quatorze ans, dans une boutique désaffectée de Harlem, au milieu des prières et des trépignements cadencés de ses frères, au rythme hallucinant des tambourins, John Grimes traverse sa " nuit noire ". Tourmenté par l'idée de péché, après être allé jusqu'aux racines de sa culpabilité, il lui semble à l'aube du dimanche avoir connu son moment de vérité. Dans c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
3,74

sur 80 notes
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Annette55
  16 février 2018
"La conversion"est un roman partiellement autobiographique paru en 1953.
A travers les multiples réflexions , les portraits décrits , les nombreux retours en arrière, les souvenirs des protagonistes où chacun renoue avec sa mémoire, cet ouvrage pose les graves difficultés des Noirs Américains au XX ° siècle .......
Il raconte "l'examen de conscience "de John, fils de prédicateur, en ce mois de mars 1935, le jour de ses quatorze ans , au destin scellé d'avance par sa famille : il sera prédicateur ........
La famille Cimes vit à Harlem, dans la crasse : " la crasse était enchâssée dans les murs et les planchers, elle triomphait sous l'évier où les cafards se multipliaient "alors que la mère de famille Elizabeth, s'acharne à tenir propre un taudis dont la poussière s'infiltre partout et que son fils , John, l'aide beaucoup .
Aux Etats - Unis , dans ces années - là , être noir est une faute qui interdit de vivre normalement , sereinement et convenablement ......
La société raciste condamne et John, à quatorze ans commence à en prendre pleinement conscience .
L'intrigue du roman se déroule pendant sa journée d'anniversaire .il reçoit une révélation mystique, la religion apparaît comme seul recours à le sauver du monde corrompu dans lequel il évolue .
Dans ce premier ouvrage , l'auteur se pose en défenseur de la cause des noirs, de leur lutte pour l'égalité .
Il met en avant la place occupée par la religion catholique , notamment évangéliste ........
Peut- être l'ensemble des questions qui se posent l'ont - elles assailli au même âge ?
Une phase spirituelle et morale nourrie de mille hontes ------être noir , bâtard,faible, être homme donc pêcheur------précipite John dans une tentative de rébellion ......je n'en dirai pas plus .
C'est un roman étrange et tourmenté, émaillé et construit surtout autour de l'histoire de la communauté américaine noire sur plusieurs générations .
Il sensibilise , avec une sincérité douloureuse à la question noire , aux victimes de la violence et de la ségrégation.
Il fait penser au prélude de l'écriture d'une certaine grande dame sur le même thème : Toni-Morrison, dont j'ai lu nombre d'oeuvres .
Mais il peut ne pas plaire à tout le monde à cause de la mention des questions religieuses qui nourrissent ce texte :sectes, pêchés, prières, appels au Seigneur , miséricorde de Dieu , glorification du Verbe, Phrases de Cantiques , Voies du Seigneur , Rédempteur , Prophéties Etc.....
Ce n'est que mon avis bien sûr !
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PrettyYoungCat
  30 octobre 2019
Est-on enchaîné à une destinée ?
A celle que l'histoire familiale vous lègue ?
A celle que la société vous impose par la place qu'elle vous laisse ?
Ou a-t-on le choix ?
James Baldwin utilise le roman autobiographique, son premier, pour nous dessiner le portrait d'une famille noire américaine sur deux générations. Par les embranchements de la vie de chacun, il aborde finement les traits qui se profilent et rejoignent la vie des autres membres de la famille dans une complexe toile aux fils souvent douloureux et amers.
La conversion, du fait que l'un des protagonistes soit prédicateur, évoque beaucoup les croyances religieuses, la notion de péchés, et c'est l'aspect qui m'a passablement déplu dans ce livre.
Néanmoins, l'écriture habile de James Baldwin donne vraiment corps aux personnages tout en reliefs, en profondeur et en blessures. J'aime beaucoup la grande sensibilité de cet auteur qui met à nu l'âme humaine pour lui tendre un miroir universel.
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Bazart
  21 janvier 2020
La conversion" est le premier roman de James Baldwin, un grand auteur américain revenu sur le devant la scène littéraire en France il y a quelques années seulement, depuis le succès du documentaire de Raoul Peck qui lui était consacré.
Par le truchement du récit autobiographique, "La Conversion " récrit en 1952 raconte l'examen de conscience de John, le jour de ses 14 ans, en attente d'une révélation mystique.
Dès ce premier roman, James Baldwin plaide la cause des Noirs et de leur lutte pour l'égalitéUn grand premier roman dans lequel on ressent les promesses du grand romancier en devenir!

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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croquignol
  03 mai 2021
Peu friand d'essais, j'ai préféré découvrir James Baldwin au travers d'un de ses romans, ici partiellement autobiographique, tant mieux, c'est ce que je voulais. Ai-je bien fait ? L'avenir me le dira.
Je connaissais l'engagement de l'homme contre le racisme, contre l'homophobie, je découvre aussi sa dénonciation du sexisme. Respect.
J'ai ressenti ce texte comme un long prêche. J'ai entendu la même voix forte, hypnotique, impérieuse, que celle que j'ai entendue un jour de la bouche d'un prédicateur dans une rue de New-York. Je ne comprenais pas ses paroles, mais j'étais subjugué. Ici la barrière de la langue est levée, mais la magie du flot de pensée reste identique, avec toutefois des répétitions, des boucles, certainement voulues, mais qui sont venues ternir le plaisir de lecture.
C'est un roman fouillé, riche, qui creuse profond dans les thèmes de la religion et de la famille. Sensation rare pour moi, je sens qu'un seul passage ne m'a pas suffi pour tout absorber. Baldwin m'a fait toucher du doigt les limites de ma réflexion humaniste : une vie ne suffit pas pour espérer atteindre la maturité...
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ManouB
  03 juin 2020
Ce premier roman, devenu un classique aujourd'hui, écrit en 1952 (titre original "Go tell it on the moutain= "Va le dire sur la montagne" en traduction littérale) est paru en France pour la première fois en 1957 sous le titre "Les Elus du Seigneur" et publié à La Table Ronde. C'est un des premiers livres parus sur la condition des Noirs et le plus connu de l'auteur.
Il vient d'être réédité en 2017, chez Rivages avec un nouveau titre "La conversion" et une nouvelle traduction.
C'est un roman qui présente un grand intérêt sociologique, car il est en partie autobiographique. Il est d'ailleurs considéré comme un texte fondateur pour des auteurs plus jeunes, comme Tony Morrison et Maya Angelou.
L'auteur nous raconte à travers l'histoire de John Grimmes, un ado de 14 ans, la vie d'une petite communauté noire de Harlem au tout début du XXe siècle. Cette vie est rythmée par les sermons, les prières et les chants de Gospel. Rien à voir avec les pratiques des catholiques en Europe.
La noirceur est partout, d'abord tous les personnages sont noirs, et même leur logement misérable est envahi en permanence d'une poussière noire impossible à supprimer, et qui semble toujours se déposer sans fin sur le sol et les tapis, malgré les heures passées à nettoyer les maisons.
John réalise le jour de ses 14 ans que son destin est fixé par avance : il sera prédicateur comme Gabriel, son père. C'est ainsi, quand on est issu d'une communauté si pieuse, mais le père voudrait que ce soit son jeune fils Roy qui le devienne. le lecteur comprendra pourquoi au cours de la lecture.
John vit donc une véritable crise de conscience : il rêve d'être libre, de mener sa vie selon ses propres désirs. Mais il va devoir accepter le déterminisme social, tenter de se rebeller, puis durant une longue nuit de prières collectives, trouver sa propre voie...
Mon avis...
L'auteur s'interroge sur la religion et les non-dits familiaux sur fond de ségrégation raciale en Amérique du Nord dans les années 30. Il décrit une Amérique qui ressemble encore beaucoup à celle d'aujourd'hui et où les gens sont finalement très seuls. le roman retrace la lutte intérieure de John qui découvre qu'il ne pourra jamais avoir la vie d'un Blanc.
La famille de John apparaît comme une famille tourmentée par son passé, par des non-dits mais aussi par la crainte réelle que leurs enfants tombent dans la délinquance (ce qui est le cas de Roy).
Le roman se déroule principalement dans une église de Harlem le jour des 14 ans de John. Il vient d'être battu par son père, qui frappe aussi la mère. Il s'interroge sur sa vie comme l'a fait à cet âge Baldwin, sur la sincérité de sa foi, sur ses attirances sexuelles particulières (il est attiré comme l'auteur par les garçons), sur sa relation aux Blancs, sur le péché et la rédemption. Il est en effet tenaillé par la culpabilité et poursuivi par le poids de ce qu'il pense être un péché.
Le roman est découpé en plusieurs parties distinctes. C'est un roman choral qui donne tour à tour la parole aux différents personnages.
John occupe la première partie (et la dernière). L'auteur campe l'ambiance de la petite communauté et présente les différents personnages du livre.
Dans la seconde partie, le lecteur découvre le passé de la famille grâce à de nombreux retours en arrière.
C'est d'abord Florence, la soeur de Gabriel, qui nous parle de sa jeunesse, puis Gabriel qui se justifie sur sa vie, et enfin Elisabeth, la mère de John...
Le lecteur apprend ainsi que le père devenu prédicateur, a mené une vie dissolue dans sa jeunesse et a commis des erreurs irrémédiables. Il a effet abandonné Esther, sa jeune copine, en apprenant qu'elle était enceinte. Il s'est ensuite marié avec Deborah qui n'a jamais pu avoir d'enfants, ayant été violée par une bande de Blancs durant son adolescence. Enfin, lorsqu'il quitte le sud, Florence sa soeur, qui a quitté très tôt la famille car elle était révoltée par l'attitude de Gabriel et son côté dépravé, lui présente Elisabeth avec qui il se mariera, espérant ainsi racheter ses fautes passées...
'ai aimé le personnage de John et ses tourments de jeune ado..quand on sait que Baldwin est devenu prédicateur à 14 ans, et ce durant près de trois ans, on voit tout de suite le lien entre lui et son personnage. Et on comprend aussi mieux pourquoi il est plein de contradictions en ce qui concerne la religion.
J'ai aimé la façon dont l'auteur mêle le passé et le présent, la vie communautaire et personnelle mais aussi les réflexions sur la condition des Noirs et la condition de la femme au sein du peuple Noirs, mais aussi face au racisme des Blancs.
La religion a bien entendu un très grand rôle dans ce roman.
L'auteur parle de la foi de cette famille à chaque page. Un certain mysticisme traverse le roman, qui est entrecoupé par de nombreuses références bibliques et cela m'a souvent dérangée. Cependant cela permet au lecteur d'entrer dans l'ambiance de cette petite communauté évangéliste. Les noirs étaient très croyants et pensaient tous que leur sauveur ne pouvait être que Dieu.
J'ai cependant trouvé un peu longue la toute fin, quasiment onirique, durant la nuit où John découvre quel sera son destin.
Lien : http://www.bulledemanou.com/..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   16 février 2018
"Ce n'était pas chez John une conviction susceptible de disparaître ou de se modifier, ni même un espoir susceptible d'être détruit: c'était sa personne et, donc, une part de cette scélératesse pour laquelle son père le "battait "et à laquelle il "se cramponnait" afin de lui résister.Car John chérissait en lui- même quelque chose auquel son père n'avait pas accès.
C'était sa "haine "et son "intelligence "qu'il chérissait , l'une nourrissant l'autre ........
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croquignolcroquignol   29 avril 2021
Oui, s’écria Roy, on sait pas quelle chance qu’on a d’avoir un père qui veut pas qu’on aille au ciné, qui veut pas qu’on joue dans la rue, qui veut pas qu’on a des amis, qui veut pas ci, qui veut pas ça, et qui veut pas qu’on fasse quoi que ce soye. Quelle chance qu’on a d’avoir un père qui veut jusse qu’on aille à l’église, qu’on lise la Bible, qu’on beugle comme un demeuré devant l’autel et qu’on reste à la maison, tout doux tout tranquille comme une petite souris. Tu parles d’une chance, ça oui. Sais pas ce que j’ai fait pour mériter une chance pareille.
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croquignolcroquignol   01 mai 2021
Il y avait eu des violences en ville ce jour-là. La nuit précédente, un grand nombre d’hommes blancs avaient emmené Deborah, leur voisine de seize ans – trois de plus que Florence –, dans les champs où ils lui avaient fait des choses et elle avait pleuré et saigné. Dans la journée, le père de Deborah s’était rendu chez l’un de ces Blancs et lui avait dit qu’il le tuerait, lui et tous les autres Blancs qu’il trouverait. Ils l’avaient battu et laissé pour mort. À présent, derrière les portes fermées, tout le monde priait et attendait, car le bruit courait que les Blancs allaient venir mettre le feu à toutes les maisons, ce soir même, comme ils l’avaient déjà fait.
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ManouBManouB   03 juin 2020
Leur église s'appelait le "Temple du baptême par le feu". Ce n'était pas la plus grande église de Harlem, ni même la plus petite, mais John avait été élevé dans l'idée que c'était la plus sainte et la meilleure.
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lecottageauxlivresFannylecottageauxlivresFanny   22 avril 2021
Il s'efforça de fuir ces ténèbres, ces gens pour gagner la terre des vivants, là-haut, si loin. La peur était sur lui, une peur plus dévastatrice que tout ce qu'il avait connu jusque-là, tandis qu'il se tournait et se retournait dans les ténèbres, tandis qu'il se lamentait, chancelait et rampait à travers les ténèbres sans trouver la moindre main, la moindre voix, la moindre porte. Qu'est-ce que c'est que ça ? Qui sont ces gens ? C'étaient les méprisés, les réprouvés, les misérables, les pestiférés, les parias de la terre; et il était l'un des leurs, ils allaient absorber son âme.
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Videos de James Baldwin (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Baldwin
Au programme :
Nominé aux Oscars et César du meilleur documentaire, en 2018, pour « I am not your negro », le cinéaste Raoul Peck a largement oeuvré à ce que le monde redécouvre l'oeuvre de l'écrivain noir américain James Baldwin. Il vient présenter sa série documentaire, « Exterminez toutes ces brutes », une somme en quatre parties qu'on peut voir sur le site arte.tv jusqu'au 31 mai.
#RaoulPeck #IAmNotYourNegro
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