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Critiques sur Jane Eyre (438)
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MissSherlock
  07 juin 2013
Il a fallu des années avant que je me décide à lire Jane Eyre alors qu'un exemplaire du livre était enfoui dans la malle magique de mes parents (mes parents n'ont pas de bibliothèque mais une grande malle dans laquelle ils entassent leurs livres, je suis sûre que ce détail vous passionne).
Pourquoi me direz-vous ? Parce que j'avais de très mauvais a priori sur ce livre. Je pensais qu'il s'agissait de la version 19ème siècle des romans de la collection Harlequin, autrement dit un livre cucul à souhait.

Mais un soir d'été, totalement esseulée et déprimée (en langage clair, j'étais une ado), j'ai décidé de lire Jane Eyre dans le seul but de la railler. C'est idiot mais j'ai fait pas mal de trucs idiots à cet âge-là.

De mémoire, ce livre a été la plus grande claque que je me suis prise. Non pas que d'autres livres ne m'aient pas autant voire plus émus ou enthousiasmés mais je m'attendais tellement à détester que j'ai été sonnée d'avoir tant aimé.
Non seulement j'ai aimé ma lecture mais en plus j'ai dévoré le livre d'une traite en une nuit. J'étais incapable de le lâcher, je voulais absolument savoir si Jane allait s'en sortir à l'internat, quelle tournure allait prendre sa relation avec Rochester et quel secret tragique celui-ci pouvait bien cacher.

A présent, dès que j'ai des mauvais a priori sur un livre ou un auteur, je pense à Jane Eyre et je les balaie du revers de la main : après tout, il ne faut jurer de rien !
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belette2911
  02 septembre 2012
Si on m'avait demandé, il y a quelques années, de lire un Classique, j'aurais ri et me serais écriée "Un Classique, moi ? Jamais !".

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent jamais d'avis... et puisque, tels les grands vins, je bonifie avec l'âge, j'ai pris la décision de m'atteler à la découverte des Romans Classiques.

Je n'en suis pas déçue, des mes découvertes, et bien souvent, c'est le coup de foudre avec le roman.

D'ailleurs, je participe aussi au challenge "Romans cultes" organisé par Métaphore (voir sur mon site), c'est vous dire si je vais en bouffer, du classique (mais j'avais entamé Jane Eyre trois jours avant de découvrir le challenge de Métaphore).

Mais revenons à notre critique...

"Orgueil et préjugés" m'avait conquis, "Jane Eyre" encore plus !

Pourtant, j'avais une appréhension à l'entame du roman, non pas en raison de ses quelques sept cent pages, mais en raison de l'histoire, qui me faisait craindre une longue suite de brimades envers Jane.

Déjà, dès les premières pages, mon instinct "serial killer" se réveilla, me donnant envie de passer à la moulinette la tante Reed, de pendre ses deux filles et d'écarteler le fils.

Pourquoi tant de haine et de violence envers trois enfants et leur mère ?

Si vous avez lu le roman, vous le comprendrez. Sinon, tout simplement parce qu'ils sont d'une cruauté gratuite et n'assument même pas leurs agressivité. Brutalisant Jane, le fiston est le premier à pleurnicher quand sa cousine se retourne sur lui.

Il a beau la martyriser sous les yeux de sa mère, elle s'en moque, comme si rien n'était trop beau pour lui faire plaisir, à ce gamin de merde. Mais faut surtout pas se défendre ou rendre les coups !

Vous avez sans aucun doute devinez que leur môman, c'est le genre de bonne femme qui ne supporte pas que l'on dérange son petit chou de fils, ne voyant même pas qu'il a tout, et même plus, pour finir pire qu'un voyou. C'est une sorte de petit tyran en culottes courtes...

J'ai eu peur à ce moment là que les sévices ne durent un trop long moment et que cela devienne répétitif, les rendant de ce fait dérangeants dans la lecture.

Mais non, pas d'étalement de douleur inutile car notre petite Jane partira au pensionnat de Lowood, et ma foi, cela se déroule plutôt bien, sauf que là aussi, j'eus des envies de meurtre sur le pasteur. le crucifier au mur aurait été un must. Pourquoi tant de violence envers en homme de Dieu ?

Un homme de Dieu ? Mon oeil, oui ! Vous trouvez que c'est un homme de Dieu celui qui affame des enfants, qui veut que l'on coupe les longs cheveux des filles, car il veut mortifier chez elles les désirs de la chair, parce qu'il veut leur enseigner à se vêtir de manière modeste et sobre,...et patati et patata.

Elle est forte, celle là ! Alors que, à ces côtés, il a ses deux filles, deux espèces de poupées Barbie version grand luxe, avec tous les accessoires de la pétasse fortunée fournis avec : les fourrures, les belles coiffures, les vêtements coûteux et en soie, les beaux chapeaux ou les toques en castor (et tout le monde sait que le castor ne travaille ni avec les mains, ni avec les pieds...).

C'est joli de prêcher pour la chapelle des autres, mais il aurait mieux fait de voir la poutre dans son oeil et pas la paille dans celui des autres. Un bûcher pour cet homme, rien de moins !

Malgré tout, Jane, bien qu'il l'ait descendu en flamme (humour de bûcher), se plaira bien à l'internat, apprendra correctement, ne subira aucune brimades de la part de ses condisciples et se fera une amie véritable en la personne de Helen Burns, qui décèdera malheureusement de la tuberculose, qu'elle doit aux très mauvaises conditions de l'internat. Homme de Dieu, hein ??

Malgré ce moment plus triste, son passage à cette pension sera une vraie bouffée d'air frais ! Je n'aurais pas apprécié qu'elle se fasse vilipender non stop. Elle non plus.

C'est lorsqu'elle quittera Lowood après huit ans (6 ans élève, 2 ans enseignante) pour un poste de gouvernante à Thornfield-Hall que tout changera pour elle.

Si six croix peuvent vous changer la vie, comme le dit la pub pour le Lotto (deux "t", c'est le Lotto Belge), une petite annonce va changer toute la destinée de Jane.

A ce moment là, Guy Marchand entame sa célèbre chanson "Destinée, On était tous les deux destinés, À voir nos chemins se rencontrer, À s'aimer sans demander pourquoi, Toi et moi". Guy, fou moi la paix !

Autant j'ai apprécié le personnage de Jane Eyre, autant j'ai aimé celui de Rochester, sa manière d'être, de tourner autour de Jane sans qu'elle le remarque, sa façon de lui parler, de la traîter, correctement, apprécié aussi les quelques fois où il s'arrête de parler, juste avant de dire un mot tel que "ma chère" ou plus, car affinités.

C'est très agréable à suivre, leur histoire, j'étais dedans, à Thornfield-Hall, et plus sur terre.

Leurs rapports sont assez épiques, les dialogues étonnants, amusants, prenants. C'est un livre que l'on peut nommer : "Tu-Rateras-Ta-Station-De-Métro-Et-Oublieras-De- Descendre".

Je peux comprendre que certains n'aimeront pas la manière de s'exprimer des personnages, fort lyrique, parfois (souvent même), mais moi, je suis entrée dans le roman directement et je l'ai liquidé en très peu de temps (trois jours et quelques heures), dévorant les pages au fur et à mesure, avec l'envie de crier "Mais dis-lui que tu l'aimes, nom de dieu !".

L'histoire ne serait pas aussi bonne sans sa touche "mystère" et le secret de Rochester, caché au troisième étage, en est un grand.

Après m'avoir fait vibrer dans le verger, Rochester lui faisant une déclaration que l'on aimerait entendre dans la bouche de nos hommes (mais je pense que je vérifierais si le mien n'a pas de fièvre, s'il m'en faisait une de la sorte), Jane accepta d'attendre avant que le secret lui soit révélé. Elle aime les risques ? Sans doute...

Leur mariage avorté à cause de la révélation du grand secret m'a fait hurler de dépit, mais ce qui me surpris le plus, ce fut leur conversation ensuite.

Là où une femme sensée aurait hurlé, tempêté, vitupéré, fait une grosse crise, gueulé, envoyé le contenu des armoires à la figure de son futur-ex époux, notre Jane, elle, reste d'un calme olympien.

Là, j'ai craint pour eux deux... Après l'envolée, c'est la chute. Moi, avec un tel discours, je pense que je lui aurait pardonné, à Rochester, mais, autre époque, autres moeurs.

Et lorsque Jane partit, mon coeur avait mal pour elle. J'ai tremblé, espérant qu'elle vienne le retrouver, son aimé.

J'ai eu peur qu'elle ne se laisse prendre dans les filets du pasteur (pas celui du bûcher) un peu zinzin (trop "je suis un serviteur de Dieu") et j'ai souffert lorsqu'elle a retrouvé Rochester, blessé physiquement dans sa chair et dans son coeur.

Diable, que d'émotions en 730 pages !

Les mauvaises langues pourraient dire "En fait, c'est un roman Harlequin de l'époque victorienne ".

Que nenni ! Ce serait insulter le roman et le talent de Charlotte Brontë.

De plus, si les Harlequin étaient de ce niveau, ma foi, j'en aurais des étagères entières.

Jane n'est pas une de ces héroïnes romantique qui chante tous les matins "Un jour mon prince viendra", elle n'est pas jolie et ne se fait pas d'illusion sur sa vie.

Aimant Rochester, elle ne se fait aucune illusion non plus. de plus, contrairement aux Harlequin, les deux protagonistes ne se disputent pas, ne s'engueulent pas, bref, ils ont des rapports normaux.

Là où Harlequin s'enfonce dans le grand n'importe nawak, Jane Eyre s'envole dans les cieux et est aussi loin d'Harlequin qu'on peut l'être.

Jane Eyre, c'est le soleil; Harlequin, c'est Pluton : rayé du système solaire.

Les défauts du livre ? Minimes. J'aurais aimé que sa petite racaille de cousin, John Reed, meure dans de plus horribles conditions, encore. Que Mrs Sarah Reed se repente aussi des tous les torts causés à Jane, lorsqu'elle était enfant. Mais, obnubilé à force de mettre tous les torts sur le dos de Jane, elle ne changera pas son fusil d'épaule. Jane a bien plus de classe qu'elle et que ses enfants !

Non, rien d'autre à reprocher au livre. Trop court ? Oui, j'aurais aimé en lire plus et connaître les prénoms des enfants de Jane.

C'est bien simple, j'ai tellement aimé que lorsque j'eus terminé le roman, accélérant pour découvrir le final, mais râlant qu'il soit déjà terminé, je suis retombée sur terre avec une horrible question : que lire après un roman pareil ?? Dur !

Si vous avez des propositions dans le même genre, je suis ouverte à toutes propositions (propositions littéraires, of course, et rien d'autre !).

Mais pourquoi n'ai-je pas lu ce livre plus tôt, moi ?? Merci Babelio et merci aux critiques avant qui m'ont donné envie de le découvrir.
Lien : http://the-cannibal-lecteur...
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Ellane92
  12 octobre 2014
Jane Eyre est une jeune orpheline recueillie par sa tante, qui la méprise, et par ses cousins, qui la martyrisent. Acquérant rapidement l'étiquette d'enfant rebelle, elle est envoyée, à son plus grand soulagement, en pensionnat. Si sa nouvelle vie n'est pas vraiment facile à Lowood, elle s'y fait rapidement une amie, Helen Burns, enfant douce et tuberculeuse résignée à son triste sort.
Huit ans plus tard, Jane Eyre, devenue enseignante de Lowood, décide de changer de vie et de quitter le pensionnat. C'est ainsi qu'elle devient la préceptrice d'Adèle Varens, dans le manoir de Thornfield, qui semble cacher de bien étranges choses. Jane ne tarde pas à tomber sous le charme du charismatique maitre du manoir, Edouard Rochester, homme tout aussi mystérieux qu'attirant, à la réputation sulfureuse, et qui alterne avec la gouvernante de sa pupille confidences amicales, déclarations à double sens et brusqueries hautaines.

Qu'est-ce qu'il est bien, ce livre de Charlotte Brontë !! Il fait partie de mes romans d'enfance (j'avais tout juste une dizaine d'années la première fois que je l'ai lu), et c'est mon premier livre "adulte" (ou, en tout cas, pas estampillé "jeunesse"). J'aime le caractère droit et entier de Jane Eyre, sa retenue comme sa passion, sa générosité et son intelligence. Elle ne se compromet jamais, ni enfant, ni adulte, ni par amour, ni par haine. de même, l'évocation de Rochester est extrêmement réussie, à la fois viril et sensible, fort et aimant, bien loin de ces pâles princes charmants qui ne savent que chanter "Un chant, je n'ai qu'un seul chant" et embrasser leur belle, et qui pourtant remplissent les écrans de télévision de nos chères têtes blondes.
L'écriture de Charlotte Brontë est fine et élégante, précise, avec quelques envolées poétiques. Les dialogues en particulier sont de petits bijoux, ciselés, intelligents, non exempts d'humour ni de passion, notamment ceux de Jane et d'Edouard.
Au-delà des relations Jane-Edouard, Jane Eyre est aussi le récit d'une époque, d'une société, dans lesquelles les femmes n'avaient finalement que peu le droit de choisir leur vie, peu de métiers qui s'offraient à elle, peu le droit aussi à s'affirmer. C'est aussi une apologie de la valeur de la morale et de l'éducation, du travail et de l'honnêteté, et de l'affirmation du droit des femmes à suivre leurs aspirations.
Vivement ma prochaine relecture !
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juliette2a
  02 septembre 2011
Jane Eyre un merveilleux livre !
C'est l'histoire d'une orpheline, Jane Eyre, recueillie (par promesse avant la mort de son mari) par sa tante Mrs. Reed. Jane est sans cesse maltraitée par sa tante et ses cousins.
Puis un jour, elle est placée dans le pensionnat de Lowood de l'âge de huit ans à dix-huit ans.
Elle décide finalement de poster une annonce dans un journal pour devenir institutrice.
Mrs. Fairfax, la gouvernante de Thornfield Hall, répond finalement à son annonce favorablement. Jane arrive donc à Thornfield où l'amour va naître entre elle et le propriétaire de la demeure, Mr. Rochester.
Malheureusement, plusieurs problèmes vont se poser... Jane Eyre et Edward Rochester réussiront-ils à être heureux ?
Jane Eyre est tout simplement le meilleure livre que j'aie jamais lu !
Un magnifique livre pour une merveilleuse histoire d'amour... (j'adore les scènes de l'incendie et de la réception !)
Tout simplement parfait et inoubliable !
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Nepenthes
  15 juillet 2012
Il y a des livres, comme ça, qui vous touchent en plein coeur. Par la justesse des mots, par la justesse des émotions. Pour moi, Jane Eyre est l'un d'eux (ainsi que Les Hauts de Hurle-Vent, dans la famille Brontë également).
Difficile de dire ce qui m'a le plus subjugué dans ce roman. C'est un tout, une sorte de perfection qui se détache à chaque mot, chaque chapitre… Ce roman m'a transporté, j'ai été bouleversée par cette histoire d'amour apparemment impossible. J'ai été happée par les tourments de Jane, par son parcours et son enfance chaotiques… Ce qui fait la force de ce roman, c'est qu'il n'est pas écrit comme une plate histoire d'amour. Les sentiments prennent peu à peu leur place, sans brusquerie… le puzzle s'emboîte au fur et à mesure. Les personnages ont tous quelque chose d'envoutant, on devine les chaos de la route passée pour chacun d'eux. le mystère, un côté noir et inquiétant est également jeté sur l'intrigue comme un voile noir de mauvais augure.
Charlotte Brontë mène son lecteur avec juste ce qu'il faut de suspense et d'intrigue. Chaque fin de chapitre appelle l'envie de continuer sa lecture, d'en savoir plus… Et toujours cette justesse d'écriture qui vous touche au coeur. Même lorsque l'histoire se termine, on aimerait que cela continue. On referme ce roman avec l'impression d'avoir été soufflée, touchée en plein coeur. Un roman qui donne envie de tomber amoureux !
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palamede
  15 octobre 2015
Poussée par le désir de redécouvrir des oeuvres lues à l'adolescence, après les très beaux, Tess d'Urberville de Thomas Hardy et Les Hauts de Hurle-Vent d'Emily Brontë, je me suis plongée dans Jane Eyre dont j'avais, je dois l'avouer, peu de souvenirs.

Et j'ai été véritablement transportée par l'histoire de cette orpheline pas très jolie qui, d'abord souffre-douleur de cousins dont leur mère finit par la mettre dans une pension - où les conditions insalubres causent la mort de sa meilleure amie - devient ensuite professeur puis gouvernante chez un châtelain, un homme prisonnier d'un secret qu'elle va aimer.

Toute la force de ce roman ne vient pas de l'histoire - qui racontée comme cela fait penser à un récit à l'eau de rose - mais à la qualité de l'écriture de Charlotte Brontë, au réalisme d'une époque et de la personnalité des personnages : la droiture et l'intelligence de Jane, l'ambiguïté de celui qui ne peut l'aimer librement, la bonté de sa meilleure amie, la perversion de sa famille adoptive. Des qualités qui font de Jane Eyre un très grand roman d'amour.
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KATE92
  30 avril 2012
JANE EYRE : c'est (tout simplement) époustouflant, merveilleux. La vie d'une jeune femme d'aujourd'hui en réalité et pourtant la condition humaine à l'époque se préoccupait guère de l'avis et des envies des femmes.
J'ai beaucoup apprécié ce roman que j'emporterais sans hésiter sur une île déserte.
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Eric76
  21 novembre 2015
« Portrait d'une gouvernante, pauvre, laide et sans famille. »
Ainsi se décrivait Jane au coeur ardent dans un de ses grands moments de désespérance.
Jane ! La petite orpheline sans fortune ni soutien. Celle que l'on met de côté. La mauvaise bête. le souffre-douleur de sa famille d'adoption, les Reeds, un tas d'hypocrites, de petits tyranneaux, de coeurs durs. Ils sont riches et elle ne l'est pas. Ou plutôt, elle ne l'est plus. Elle devra donc se faire humble et s'efforcer de leur être agréable. Mais Jane, bien plus forte et intelligente que ses tourmenteurs, ne se laisse pas faire. Elle refuse tout net la place de petite subalterne qu'on veut lui assigner. Virée comme une malpropre et envoyée dans un orphelinat sous la coupe du pernicieux et cafard Brockelhurst, elle devra se montrer héroïque pour survivre aux privations, aux humiliations et à l'accablement.
S'il y a en a une qui mérite un peu de bonheur et de considération, c'est bien Jane. Elle finira par les trouver en devenant la préceptrice d'Adèle, une petite française (forcément frivole) protégée par Edward Rochester, riche propriétaire du manoir gothique de Thornfield. Edward n'a rien d'un bellâtre ou d'un élégant. C'est une âme tourmentée, un lion rugissant au passé tumultueux et funeste. Ils tombent éperdument amoureux l'un de l'autre. Jane est prête à lui donner sa vie. Edward, de peur de la perdre, lui ment abominablement.
Jane, trop honnête, trop fière pour accepter les accommodements et les bassesses quitte Thornfield. Esseulée, anéantie, elle erre dans cette lande recouverte de brume où les fantômes s'amusent à frôler les vivants. A bout de force, elle est accueillie dans la modeste demeure de la famille Rivers. Grâce au hasard ou aux facéties du destin, la petite orpheline y retrouvera sa famille.
Mais Edward est toujours là, planté dans son coeur.
Que de courage, de force de caractère et d'abnégation, il fallut à Jane pour conquérir sa place et vaincre les hypocrites et les bigots.
Et même si à plusieurs reprises on a envie de lui souffler au creux de l'oreille de faire un peu de concessions, de mettre de l'eau dans son vin, c'est Jane au coeur ardent qui gagne au bout du compte.

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sylvaine
  13 mai 2016
COUP DE COEUR,!!!!
Qu'il m' a été difficile de tourner la dernière page de ce roman! qu'il m'est difficile d'aligner deux mots pour vous parler de lui!
Publié en octobre 1847,le roman de Currer Bell fit grand bruit. Quand on apprit que l'auteur en était une jeune fille de 31 ans ce fut l'incrédulité! car bien sûr à cette époque pour envisager d'être publié il ne fallait pas porter jupons ...
Je vous épargnerai le résumé de ce roman foisonnant, sachez seulement qu'arrivée à l'âge adulte Jane Eyre devient l'institutrice de la petite Adèle Varens pupille de Mr Rochester. Après de longues années passées à Lowood ,l' institution caritative où l'avait placée sa tante Mrs Reed,la voilà donc installée à Thornfield. Thornfield sans son maître le redoutable Mr Edward Rochester ne serait pas Thornfield.... comment pourra t'elle résister au charme de ce séducteur,?certes il est loin d'être beau, elle n'est pas bien jolie , mais qu'importe .
Charlotte Bronte nous peint une jeune femme tout à la fois passionnée , aimante, capable de tout pour ceux qu'elle aime qui garde cependant la tête sur les épaules.
La richesse de ce roman ne s'arrête pas à l'histoire de Jane , c'est aussi le regard d'une femme du 19ème sur le monde dans lequel elle vit, sur la pauvreté et sur les conditions de vie des plus modestes, sur la position de la femme dans cette société machiste. Charlotte Bronte se fait porte parole d'une femme indépendante, capable d'agir de réfléchir par elle'même. Bien sûr elle se fait aussi l'écho de cet insularisme typiquement britannique qui exècre le petit français et se réjouit de sa défaite à Waterloo, il ne fait vraiment pas bon être français sous la plume de Charlotte Bronté ....la petite Adèle Varens en sait quelque chose...
Jane Eyre ce sont aussi les personnages du roman surtout Edward Rochester bien sûr St John Rivers ce pasteur presque l'anti-thèse de Rochester et Jane ! Trois figures , trois façons de voir la vie, le monde , une femme deux hommes .
Je savais qu'écrire un commentaire sur ce magnifique roman serait difficile je ne me trompais pas! je n'aurai qu'un mot si vous ne l'avez pas encore lu laissez tomber les préjugés les étiquettes classique de la littérature, 19ème, foncez vous ne serez pas déçus!


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Altervorace
  08 janvier 2013
Sans doute que je ne suis pas capable d'être vraiment objective sur le roman de Charlotte Brontë. A chaque relecture, je m'indigne, je me pâme, je m'émeus aux mêmes endroits. Tout est là. Les paysages sublimes, la passion et le désir, la dénonciation sociale. Toute la partie sur la pension de Lowood fait forcément penser à Dickens -Oliver Twist- et le calvaire de la petite Helen s'inspire du destin de la propre soeur de Charlotte, Maria. On voit comment le tempérament de notre héroïne est brimé, bâillonné par l'institution. Certains, à tort, ont tendance à ne voir en Jane Eyre qu'une romance passionnée dans la lande mais c'est ignorer toute ce qui a pu faire scandale à l'époque. Madame Brontë ne se contente pas de dénonciation sociale, elle met en scène une héroïne passionnée, sujette au désir à une époque où une gouvernante ne devait montrer aucune humanité. Tous les personnages sont en marge de ce que les moeurs de l'époque exigent : Jane et ses désirs, Rochester, Adèle l'enfant illégitime. Tous ont une nature en opposition à leurs devoirs.

Non seulement le roman nous offre des pistes nombreuses de réflexion mais il transcende les genres de son époque. Nous pouvons retrouver le Romantisme avec les merveilles de la lande et les affres émotionnels de Jane et les passages sur Thornfield -avec le mystère, et l'ambiance de la vieille demeure- nous font immanquablement penser aux romans gothiques de Radcliffe.

Malgré cet ancrage dans une époque, Jane Eyre est avant tout un roman qui transcende le temps. Jane est universelle. Son bouillonnement intérieur « Je ne connais pas de milieu ; à aucun moment de ma vie, dans mes façons d'agir envers des caractères durs et sûrs, opposés au mien, je n'ai connu de milieu entre la soumission absolue et la révolte résolue. » Jane a soif de liberté et les humiliations ne la brime qu'extérieurement. Son apparence physique, sans beauté, donne aussi au personnage quelque chose d'unique. C'est d'ailleurs un défi que Charlotte avait décidé de relever. Les soeurs de l'auteur pensaient qu'une héroïne ne pouvait être que belle pour être intéressante. Charlotte leur aurait alors dit qu'elles se trompaient et qu'elle allait le leur prouver. Et quelle preuve !

Que pourrai-je encore te dire ami lecteur pour te persuader de lire Jane Eyre ? Peut-être qu'à chacune de mes lectures, je découvre quelque chose, que je comprends une nouvelle dimension. Ce roman semble comme grandir avec nous, changer en même temps que notre propre regard. Et n'est-ce pas le propre des grands livres ?
Lien : http://altervorace.canalblog..
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