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Critiques sur Un amour aussi grand que le désert de Gobi vu à travers u.. (24)
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TheWind
  11 octobre 2015
Merci aux éditions Piranha et à Babelio pour l'envoi de ce livre dans le cadre d'une opération Masse Critique. C'est toujours un plaisir de découvrir un nouvel auteur par ce biais, mais entrons tout de suite dans le vif du sujet !
Le moins que je puisse dire c'est que ce livre est déconcertant.
La quatrième page de couverture nous promet « un livre pétillant, truffé de trouvailles hilarantes, qui se referme forcément le sourire aux lèvres. »


Pétillant, certes. Et même légèrement euphorisant comme une coupe de champagne à un apéro mondain. Dès le début du roman, le lecteur s'amuse de ce grand-père excentrique quelque peu envahissant et infatigable, ayant élevé avec une ribambelle de « grands-mères » de plus en plus jeunes, Keith, le héros du livre et ses quatre frères et sœurs.


Truffé de trouvailles, c'est tout aussi vrai. L'originalité de cette histoire tient surtout du rocambolesque et de l'humour absurde. Lorsque la fratrie décide d'offrir pour ses 80 ans un voyage en Chine au patriarche et que Keith se retrouve dans la position du « volontaire désigné d'office », et qu'il tente tout pour échapper à cette corvée, le voilà s'embourbant dans une situation peu banale.
Il laisse son grand-père entêté partir seul, s'enferme chez lui et commence à écrire des lettres à ses frères et sœurs leur racontant leurs péripéties chinoises.
Et c'est avec des yeux de plus en plus exorbités que le lecteur se prend lui aussi au jeu, découvrant des lettres de plus en plus détaillées, de plus en plus débordantes d'imagination, de plus en plus intimes, de plus en plus émouvantes … Des lettres tellement déroutantes qu'on finit même par se demander si Keith n'est pas réellement parti en Chine avec son grand-père !


Truffé de trouvailles hilarantes. Là c'est le mot « hilarantes » qui coince. C'est amusant oui, mais bon, je ne me suis pas non plus roulée par terre. Disons que j'ai trouvé ce livre plutôt étonnant, voire même dérangeant par moments, mais je me suis tout de même surprise à la fin d'un chapitre à dire à voix haute : « Il est fou cet auteur ! »


On peut aussi ajouter un autre qualificatif à ce roman. Touchant. Car il l'est aussi. Elles sont bien sûr pathétiques et même grotesques les relations de Keith avec ce grand-père pas comme les autres mais au fil du roman, elle se révéleront attendrissantes. Touchante également cette histoire d'amour (inventée de toutes pièces par Keith?) , entre le patriarche manchot et Lian, la femme obèse la plus forte du monde. Je ne vous raconterai pas cette histoire d'amour incroyable mais laissez-moi juste vous dire que tout est dans le titre !


Qui se referme forcément le sourire aux lèvres. Euh..oui, peut-être ! Mais surtout avec cette insupportable sensation d'inachevé ! L'auteur est un véritable tortionnaire ! Il pose des bombes dans tous les coins de son roman, et à aucun moment, ne laisse au lecteur la possibilité de trouver le code pour les désamorcer. Mais, ne boudons pas notre plaisir..ça fait aussi partie du jeu !


Merci encore à l'équipe de Babelio de m'avoir donné l'opportunité de lire ce roman qui, certes, ne ressemble guère à ce que je lis d'ordinaire mais qui m'a permis de passer un très bon moment.
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Krout
  29 septembre 2015
Pays de l'enfance, le 29 septembre

Cher tous,

Hier, je suis arrivé à la fin de mon périple au pays de mon enfance. Il y a déjà six jours, comme quoi le temps passe vite, que j'ai décollé avec Un amour aussi grand que le désert de Gobi vu à travers une loupe affrété par les éditions Piranha, piloté par Tilman Rammstedt, co-piloté par Brice Germain qui faisait toutes les annonces en français car le pilote ne parlait qu'allemand et que du Der Kaiser von China. Le voyage a été superbe, comme dans un conte, vous savez Aladdin (qui se passe en Chine d'après ce que j'ai appris par une récente critique), Peter Pan ...

Tout a été merveilleux, je me dois de remercier les éditions Piranha pour leur présentation soignée, le bel aquarium en couverture et leur pagination originale surmontée d'une petite barre qui semble porter le texte (et permettra à Danny Boon de tourner la page à temps quand il le lira), bien sûr il faut remercier le pilote pour les paysages traversés et la brièveté du parcours (198 pages, moi je dis un grand bravo) enfin il faut remercier le co-pilote qui a imprégné son propre style dans la traduction et le choix des mots, mon plaisir lui doit beaucoup. J'avais pris un billet Masse Critique auprès de mon agence Babelio quelques semaines auparavant et je les remercie aussi de m'avoir donné cette opportunité, il y avait bien longtemps que je n'était pas retourné aussi loin dans le pays de mon enfance.

Un conte, en première lecture, je me laisse tellement emporter par l'histoire et ces rebondissements, par les décors fabuleux et par mon propre imaginaire qu'il faudra que je le revive encore pour y découvrir d'autres enchantements plus profonds. Pour cette fois j'ai revu mon grand-père chantant
Nuits de Chine, nuits câlines, nuits d'amour 
Nuits d'ivresse, de tendresse 
Où l'on croit rêver jusqu'au lever du jour ! 
Nuits de Chine, nuits câlines, nuits d'amour ! 
de Benech et Dumont
et c'est déjà extraordinaire.

Je ne pense pas que raconter ma propre enfance soit nécessairement le meilleur moyen pour vous partager le plaisir que j'ai pris. Revenons à l'histoire que je vous laisserai découvrir par vous-mêmes mais sachez donc que l'auteur a écrit un roman dans lequel le héro envoie par lettres des histoires. En le lisant vous apprendrez dans la première partie qu'il reçoit lui-même des cartes postales de son grand-père manchot prétendument en Chine... Elle est très tendrement écrite cette relation entre un petit-fils et son grand-père, et la pudeur entre eux filtre tout en douceur en un bel hommage posthume; tant d'amour retenu apparaît.

« J'ai regardé les billets, le retour est réservé pour demain. Je ne crois pas que je vais le prendre. C'est un peu trop juste pour moi, en effet. Tout est trop juste pour moi en ce moment, et peut-être que je vais simplement continuer ma route, traînant encore un peu, c'est un grand pays après tout.

A bientôt, Je vous embrasse,

K. »
p.198
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livrevie
  19 octobre 2015
Keith Stapperpfenning a été élevé par un grand-père excentrique et une ribambelle de « grand-mères » toutes plus jeunes les unes que les autres. Pour son quatre-vingtième anniversaire, toute la famille se cotise pour offrir au patriarche le voyage de son choix. Quand celui-ci annonce vouloir se rendre en Chine, c'est Keith, à son grand dam, qui est désigné pour l'accompagner.
Bien décidé à ne pas partir, il flambe l'argent du voyage au casino puis se terre chez lui. La situation se complique quand il reçoit un appel lui annonçant le décès de son grand-père. Keith n'entrevoit alors qu'une solution : inventer une histoire qui fera croire à tous que le voyage en Chine a bien eu lieu.

J'ai toujours rêvé d'aller en Chine. Voir la grande muraille, découvrir l'armée de terre-cuite, la Cité interdite... A dire vrai, je rêve aussi d'aller au Pérou pour grimper au Machu Picchu, en Egypte pour m'aventurer les pyramides, aux Etats-Unis pour contempler le Grand Canyon, et j'en passe. Mais je n'ai pas vraiment l'occasion de voyager avec mon rythme à 10 000 à l'heure.

Je m'égare, je parlais de la Chine. J'adorerais aller en Chine, et le grand-père de Keith aussi.

Les histoires familiales sont souvent bien plus complexes que les apparences ne veulent le laisser croire. Les vies s'écrivent au gré des évènements, des actes de chacun des membres et, il faut bien le dire, ces membres voguent rarement dans la même direction. Keith en fait l'expérience. Elevé par un grand-père manchot aux multiples grands-mères qui un jour a décidé qu'à cause de son jeune âge, Keith serait le seul à pouvoir être sauvé et recevrait donc toute son attention, il se voit contraint par un tirage au sort un peu facétieux, d'accompagner le vieil homme dans sa dernière lubie : un voyage en Chine.
Rien de bien insurmontable me direz-vous. La Chine est quand même une destination qui fait rêver ! Oui, c'est vrai. Sauf que le grand-père a un âge avancé et une santé désormais fragile, qu'il n'a pas de passeport, qu'il est légèrement acariâtre et fantasque et que Keith, qui se cherche, n'a pas besoin d'un voyage initiatique avec lui pour trouver sa voie. Il a surtout besoin de mettre des distances avec le grand-père en question qui a la fâcheuse tendance à l'étouffer. Donc non, il ne partira pas.

Mais c'était sans compter l'obstination du vieillard manchot qui décide de partir seul, en voiture. Seul Keith est au courant.

Commence un périple, ou plutôt un non-périple chinois raconté dans des lettres écrites depuis la cabane du fond du jardin du grand-père. Keith raconte à ses frères et soeurs leurs chinoiseries, les attitudes et réactions du grand-père, et surtout ce qu'il n'aurait jamais osé leur dire de vive-voix, ce qui est vraiment important. Les relations de la fratrie, les incompréhensions, les responsabilités, l'essence même de l'amour.

Jusqu'à ce que la morgue appelle. On vient de retrouver son grand-père qui est dans l'incapacité de voyager. A jamais.

Une lecture déconcertante que ce court roman, déconcertante mais agréable. En écrivant cette chronique, je me rends compte combien ce récit est dense malgré son peu de pages. Dense mais débordant d'humour et de légèreté, et aussi emprunt d'une profondeur qui ne m'a pas laissée de marbre. Petit bémol, la fin. Trop ouverte sans doute.

Merci à la Masse Critique Babelio pour cette lecture !
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Epictete
  21 octobre 2015
Encore un livre avec un titre à rallonge ; c'est le moins que l'on puisse dire. On dirait du Annie Barrows au premier abord.
La suite nous montrera qu'il s'agit bien d'un autre auteur. Ce roman est étonnant, tant dans la forme, dans le fond et dans l'idée qui l'a généré que dans les idées, la culture qu'il véhicule.

L'histoire est celle d'une famille vue à travers les aventures (forcément) imaginaires d'un de ses membres, Keith, et de son grand-père.
Un grand-père excentrique, qui a toujours raison, même s'il est évident qu'il a souvent tort. Heureusement, on se rend compte qu'il a élevé ses quatre petits enfants. Cela le rend un peu plus humain, sinon on le laisserait pour imbuvable, sale gosse, insupportable.
Ses petits enfants décident de lui offrir un voyage pour son anniversaire. Mais il faut quelqu'un pour l'accompagner, et comme dans la comptine « Il était un petit navire » c'est le plus jeune, Keith qui fut désigné. Un petit fils un peu lâche, parfois naïf, mais aussi un peu espiègle. Tout le monde est content, s'étant débarrassé de l'encombrant grand-père.
Keith va dépenser l'argent du voyage dans des circonstances peu glorieuses et devra inventer un stratagème basé sur de fausses lettres pour faire croire à ses frères et soeurs que le grand-père et lui sont bien en voyage en Chine. Mais rien ne se passe jamais comme prévu.
Ce roman décrit également derrière une écriture mesurée des relations familiales très dures et pourtant réalistes. (Pas de Bisounours ici) . C'est la relation en apparence sympathique et pourtant très difficile de Keith et de son grand-père et du reste de sa famille.

Pour ceux qui sont déjà allé en Chine et en particulier à Pékin, on appréciera la justesse des descriptions des sites touristiques.
Le style est simple, assez rapide, même s'il s'étire parfois lors de la relation de certains événements.

Bref, c'est une lecture agréable , qui ne provoque pas d'éclats de rires , mais génère certains sourires.
Merci à cette masse critique de nous avoir permis de découvrir un auteur et les éditions Piranha.

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SZRAMOWO
  20 septembre 2015
J'ai reçu ce livre dans le cadre d'une masse critique de Babelio. J'ai découvert à cette occasion l'existence des éditions Piranha spécialisées dans la publication d'oeuvres étrangères, souvent des romans d'auteurs contemporains allemands. Leur catalogue est alléchant.
Un point de typographie : l'élégante façon de présenter la numérotation des pages, c'est la première fois que je vois ce fin tiret au-dessus de chaque numéro de page qui le souligne bien que se trouvant au-dessus de lui.
Le livre de Tilma, Rammstedt est à classer dans la catégorie «ces romans qui nous veulent du bien» je fais référence à l'article de Frédéric Potet paru dans le Monde des livres le 4 juin 2015.
Le titre éloquent et à rallonge, «Un amour aussi grand que le désert de Gobi vu à travers une loupe», est une citation extraite de la page 140 du roman, et n'est pas la traduction littérale du titre allemand beaucoup plus sobre «Der Kayser von China» qui lui faIt référence à une réplique d'un des personnages :
«(...) en tout cas le ton était monté très haut et au bout d'un moment il avait crié : «Et moi, je suis l'empereur de Chine !»
Je ne peux m'empêcher ici d'évoquer ce que nous disait ma mère, à mes trois frères et moi lorsque nous faisions la sourde oreille à ses demandes de rangement de notre chambre ou d'entrain motivé pour débarrasser la table, passer le balai ou essuyer la vaisselle : «Je dois parler chinois» nous disait-elle sur un ton désespéré.
Celui qui crie est le grand-père de Keith (sans rire, d'ailleurs sa copine Franziska l'appelle parfois Mick) ; un grand-père qui l'a élevé, lui, ses deux frères et ses deux soeurs.
Keith est le préféré de son grand-père.
C'est là que commence les difficultés :
«Mais les cartes ne furent pas l'unique raison de ma réputation douteuse de «brave petit» chez mes frères et soeurs. Ils me traitaient de «chouchou de grand-père», d'»héritier», de «prunelle de mes yeux». Même moi, je trouvais désagréable cette préférence qui dur des années.» (Page 32)
«Ce ne fut que quelques années plus tard qu'il me confia pourquoi son choix s'était porté sur moi, sans que je lui ai demandé. Il dit que mes frères et soeurs aînés étaient simplement trop âgés à l'époque pour «pouvoir encore corriger quelque chose sur le fond», et que ma soeur cadette ne lui avait de toute façon jamais inspiré une confiance absolue. «Elle n'est pas faite du même bois», disait-il dans un murmure presque craintif, comme s'il y avait chez nous un seul bois dans lequel nous aurions été taillés.» (Page 33)
Le roman est construit autour de cette relation privilégiée entre le Grand-père et Keith ; relation privilégiée niée par l'un comme par l'autre, malgré les évidences.
L'écriture de Tilman Rammstedt sert admirablement le récit, elle a une dimension universelle, et traite du conflit des générations avec dérision, une dérision à la fois joyeuse nostalgique et triste.
Le grand-père est complètement préoccupé de sa survie, et du maintien d'une énergie et d'un débordement d'activité peu compatible avec son grand âge :
«je suppose qu'il s'accrochait à l'espoir d'être un jour trop vieux pour mourir, d'être un jour oublié par la mort, simplement, comme on espère être oublié par la compagnie téléphonique après avoir ignoré tous les rappels et que la ligne continue de fonctionner comme avant, parce que personne ne sait plus qu'elle est toujours attribuée.» (Page 22)
Il regarde ses contemporains mourir, visite les cimetières en constatant au vu des dates sur les stèles, que beaucoup de morts sont :
« (...)«plus jeune», «beaucoup plus jeune», «quasiment le même âge», et quand il se trouvait malgré tout quelqu'un qui avait osé mourir à un âge avancé, il notait les dates exactes qu'il reportait ensuite sur la liste au-dessus de son bureau.» (Page 21)
Cette boulimie de vie se traduit aussi par la multiplication des relations avec des femmes plus jeunes :
« (...) Autrefois, quand il y avait encore des grand-mères, certaines d'un âge avancé, d'autres qui n'avaient que quelques années de plus que nous, elles n'avaient jamais cessé les unes et les autres et avec quasiment les mêmes mots, de le sommer, par tous les saints, de finir enfin quelque chose, la déclaration d'impôts, la pergola arborant depuis des années et involontairement, deux couleurs différentes, le puzzle sur la table du salon que nous ne remarquions même plus, ou au moins le nom du chat. «Friedrich ou Vincent», voilà ce qui est encore inscrit aujourd'hui sur la croix en bois dans le jardin.» (Page 23)
Cette relation privilégiée que Keith nie, jusqu'à commettre l'irréparable en sortant avec sa dernière «grand-mère» Franziska, se rappelle brutalement à lui lorsque le grand-père meurt.
Il nie cette mort en la refusant, car elle met un terme à des années d'une complicité qui ne disait pas son nom, et ouvre la période des regrets.
Le récit est construit comme une série de cercles concentriques successifs organisés selon une logique inversée. La pierre que l'on jette dans l'eau produit des cercles qui s'éloignent de plus en plus de son point d'impact.
Le récit lui commence par le cercle le plus large et parvient petit à petit au centre commun à Keith et à son grand-père : les raisons du voyage en Chine et la relation imaginaire qu'en fait le petit fils;
De cette façon, l'attention du lecteur est maintenue en éveil, il a envie de savoir et veut continuer.
L'écriture de Tilmann Rammstedt colle à merveille avec la structure du récit, elle est brute de décoffrage, mais les veines du bois qui apparaissent sur le ciment sont choisies avec soin et ressortent avec finesse.
Le lecteur doit par ailleurs rendre hommage au traducteur Brice Germain qui a su restituer en français les formules baroques de l'auteur. Quelques exemples :
(...) au fond je n'avais pas la moindre idée de ce dont un Chinois avait l'air. Ils sont tous pareils, affirmait-on, et je n'imaginais pas un pays qui grouillait uniquement de mon grand-père, dans lequel mon grand-père conduisait chaque voiture, dans lequel mon grand-père sortait le matin de chaque voiture, disait au revoir à mon grand-père pour conduire ses enfants à l'école, cinq très petits grand-pères.» (Page 19)
«Je ne peux donc que supposer que cette femme à l'hôpital était ma mère biologique, et à part ce supposé aspect biologique nous n'avions pas grand chose en commun à l'époque.» (Page 20)
«Dès que nous pûmes atteindre les pédales avec nos pieds, il nous donna des leçons de conduite, toujours de nuit, sur des parkings de supermarchés déserts. «Au fond, c'est comme faire du vélo, nous expliquait-il, à la différence près qu'en voiture on a moins besoin de faire attention.» (Page 58)
«J'étais le suivant et on m'a palpé également à des endroits très différents, le médecin s'est attardé de manière notable sur le lobe de mon oreille. «Impuissance», a-t-il diagnostiqué enfin, «hélas», a-t-il ajouté, et il a écrit de nouveau quelque chose sur un bout de papier.» (Page 73)
«(...) nous étions assis si près les uns des autres que les baguettes de la table voisine se plantaient constamment dans mon dos, les poêles grésillaient, les cuisiniers se criaient dessus, une radio était allumée quelque part avec le volume tourné à fond. «Bien, a dit Dai, ici, nous pouvons enfin parler de tout ça au calme.» (Page 150)
«Hu a insisté pour que nous restions dîner et, bien entendu, pour la nuit; «Peut-on trouver meilleur événement à célébrer, a-t-il dit, que lorsque les vieux amis et des parties d'un même corps se retrouvent ?» (Page 190)



De ce roman, que je n'aurais pas choisi de lire si je ne l'avais reçu dans le cadre d'une masse critique, je peux dire qu'il ne m'a pas ennuyé, bien écrit, il se lit facilement et avec plaisir. On ne peut qu'être ébahi de l'originalité de l'histoire et de l'inventivité de l'auteur. la référence de Kulturspiegel aux films des frères Coen est tout à fait pertinente.
C'est toujours un motif d'étonnement pour un lecteur habitué à des romans très contextualisés, institutionnalisés, (de la comédie humaine aux Rougon-Macquart, aux polars de Doa, de Jo Nesbo, de Khadra ou de Camilleri), dans lesquels des personnages profitent de ou se battent contre l'ineptie l'injustice et l'inertie de la société, cherchant à redéfinir une morale dans un monde qui n'en a plus), dans ce nouveau type de roman les personnages sont réduits à ce qu'ils sont en eux mêmes.
L'émergence de ces nouveaux romans, rédigés par des auteurs souvent jeunes, dans tous les pays européens et aux Etats-Unis, révèle d'une certaine façon la crise des institutions sociales, politiques, syndicales ou économiques.
J'ai personnellement trouvé une certaine similitude entre «Venise n'est pas en Italie» de Ivan Calberac et «Un amour grand comme le désert de Gobi vu à travers une loupe» de Tilman Rammstedt, la même façon de traiter des relations familiales entre un adolescent en train de devenir un adulte et des adultes «confirmés» les parents dans un cas, le grand-père dans l'autre.
On y trouve une vision comparable de la volonté de s'en sortir d'un adolescent plus mature que les adultes censés l'élever et le guider.
Roman à lire.
(J'en ferai un de mes cadeaux de Noël pour des membres de ma famille)

Lien : http://desecrits.blog.lemond..
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fauteuil
  27 septembre 2015
Depuis la lecture de ce roman, je flotte sur le nuage de ma perplexité, mais quel étrange roman, mais quel beau roman, mais enfin je ne m'attendais pas du tout à ça, c'est insensé, mais pourquoi cette fin, mais que s'est-il passé ?

Depuis la lecture de ce roman, un sentiment étrange m'accompagne, cette sensation d'inachevé, comme si on chantait, ou récitait, "do ré mi fa sol la si" et qu'on oubliait le dernier "do" (je vous accorde que c'est une comparaison extrêmement maladroite), il me reste une espèce de goût amer, et je me souviens de tout, j'ai encore dans le tête les senteurs de la Chine, le grand-père, l'amour aussi grand que le désert du Gobi vu à travers une loupe, la sensation mondiale Lian, Keith et Franziska, Shangai, Dai, et toute la famille très floue, toutes les grand-mères plus jeunes les unes que les autres... Mais il me reste cette sensation, cette nostalgie profonde, ce sentiment de non-accompli. Comme c'est étrange...

Depuis la lecture de ce roman, je suis dans tous mes états. Je souris, triste ou nostalgique, amère, heureuse, et parfois même, j'ai la brusque envie de pleurer, mais je ne pleure pas, et cela ne dure que deux secondes, pas plus, mais cela suffit pour faire cette déclaration qui va en étonner plus d'un : ce livre m'a plus émue que Lettre d'une Inconnue de Stefen Sweig et Si Je Reste de Gayle Forman. "Quoi ?! Mais... Comment ?!!" Et oui, mes amis, et je sais maintenant pourquoi. Les deux livres que je viens de citer ne m'ont pas émue parce qu'ils en font trop. J'ai l'impression que certaines scènes visent à être larmoyantes et c'est ce qui ne m'a pas fait larmoyer. C'est "bourrain", si je puis dire, sans véritable subtilité, à chercher des émotions toujours plus complexes. Tandis que pour Un amour aussi grand que le désert du Gobi vu à travers une loupe, les émotions sont très simples, légères, sans en rajouter des tonnes l'auteur arrive à nous faire ressentir quelque chose. Et j'apprécie. Bien sûr, la tristesse n'est pas l'émotion principalement recherché : c'est un livre léger, gai, débordant d'imagination sur et de trouvailles étonnantes, plein d'aventures, d'humour, très poétique, je trouve, dépaysant, une lecture on ne peut plus agréable, en somme !

Depuis la lecture de ce roman, je suis très heureuse d'avoir fait une aussi belle découverte, et c'est ainsi que je vais terminer ma critique, tout en remerciant, bien évidemment, Babelio et les éditions Piranha pour l'envoi de ce très beau livre, que je n'aurais probablement jamais lu de la vie s'ils n'avaient pas été là. Merci !
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mariecloclo
  24 septembre 2015
J'ai reçu ce roman à l'occasion d'une masse critique , merci à Babelio et aux éditions du Piranha.
Un roman original, qui ne ressemble à rien de connu. La couverture est attrayante et le titre drôle.
Keith est un jeune homme très très attaché à son grand-père qui l'a élevé. Celui-ci vieillit et toute la famille se cotise pour lui offrir un voyage de son choix. Il décide d'aller en Chine et d'y emmener Keith, le plus jeune de ses petits-enfants et son préféré. Mais celui-ci n'a pas très envie ; de plus, il se sent mal à l'aise car il sort avec "sa dernière grand-mère", Franzeska.
Il va dépenser l'argent au casino et se cacher. Comme sa famille attend des nouvelles, il va alors rédiger de faux compte-rendus de voyage en Chine, en inventant des anecdotes, des visites ....
Le style est très fluide, ce roman fourmille d'inventivité, de fantaisie.
On passe un très bon moment en le lisant.
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stokely
  29 décembre 2016
Une déception pour ce livre pourtant court, la quatrième de couverture était cependant très attrayante Keith doit voyager avec son grand-père, celui-ci choisi la Chine comme destination. Ses petits-enfants se sont en effet cotiser pour lui offrir un voyage et c'est à Keith que revient l'honneur de l'accompagner.

Mais Keith utilise cette argent d'une autre façon et va donc envoyer de fausses lettres à son entourage pour faire croire que le voyage en Chine a bien lieu.

Ce roman est tout de même très confus et décousu si j'ai bien aimé les lettres que Keith envoi à sa famille, je me suis à plusieurs reprises poser la question si Keith et son grand-père n'y était pas. Et pourtant ce n'est pas avec la taille du livre et ses 197 pages que l'on peut oublier ce genre de chose.

De même la quatrième de couverture vante un pétillant, truffé de trouvailles hilarantes et qui se referme forcément le sourire aux lèvres.

Et bien rien de tout cela dans mon cas, je n'ai pas ri, ni esquissé un sourire durant ma lecture et les 50 dernières pages de lecture on été plus que laborieuse.

Pas d'attachement ou d'empathie envers les personnages ni Keith, ni son grand-père, ni ses "grands-mères".
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ghis38
  20 octobre 2015
Cette lecture me laisse pantoise, complètement abasourdie. On n'est décidément pas à l'abri d'une découverte ou d'un OVNI qui nous tombe dessus sans prévenir, comme c'est le cas avec ce livre. Une histoire désarmante, qui ne ressemble à rien de ce que j'ai lu ces derniers temps. Il faut se laisser aller, lire avec le coeur car c'est une belle histoire d'amour, mais peut être pas celle que l'on croyait. Et d'ailleurs, que croire ? Tout est improblable comme ce voyage en Chine, cet Amour aussi grand que le désert de Gobi vu à travers une loupe. Et pourtant, j'attendais chaque carte avec impatience. Improbable aussi la scène à l'hôpital entre Keith et Franziska devant grand père endormi. Que de questions laissées en suspens. Et, comme Hazel, je me sens frustrée. Alors, je vais le relire, en laissant passer un peu de temps et voir si la magie opère toujours. Pour conclure, ce livre nous offre l'occasion de sortir des sentiers battus avec cette histoire inattendue.
Je remercie vivement la masse critique Babelio, les éditions Piranha et l'auteur Tilman Rammstedt pour ce livre délirant.
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Perlune
  27 septembre 2015
Pour les 80 ans de leur grand-père, ses petits-enfants se cotisent pour lui offrir le voyage de son choix et c'est Keith qui, tiré à la courte paille, l'accompagnera. Pour une raison qui leur échappe c'est en Chine qu'il décide d'aller. Seulement, Keith refuse de partir avec lui, dépense l'argent cotisé au casino et se terre chez lui le temps du voyage afin de faire croire à tous qu'il est bel et bien parti avec son aïeul. Mais, au bout de quelques jours il apprend une bien triste nouvelle : le décès de son grand-père… Entre tristesse, colère, déni et regrets, Keith va, pour s'en sortir et tenter de donner un sens à ce qui s'est passé, inventer auprès de ses frères et soeurs, à travers de fausses lettres, le mensonge idéalisé de ce qu'aurait pu être son voyage en Chine avec son grand-père, comme s'il avait vraiment eu lieu.

C'est une bien belle et originale histoire, drôle tout en étant émouvante, que ce livre. L'auteur alterne le mensonge et la réalité ainsi que le passé et le présent pour nous transporter dans son histoire et même si je m'y suis perdue un peu au début, on s'y habitue très rapidement. On s'attache à Keith, à son grand-père ainsi qu'à tout son beau mensonge et, comme il est dit sur la quatrième de couverture, ce livre « se referme forcément le sourire aux lèvres », tant la fin est magnifique. En bref, un livre sympathique, léger et divertissant qui se lit rapidement pour passer un agréable moment de lecture et nous faire voyager.

Merci aux éditions Piranha et à Babelio pour m'avoir fait connaître ce livre et cet auteur qui m'ont offert un bon moment de lecture.
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