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Critiques sur La légèreté (12)
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mollymon
  06 août 2015
Avis de tempête dans un verre d'eau sur l'île de Ré où une toute jeune fille passe des vacances en famille.
Entre narration et introspection, il ne se passe pas grand chose dans ce récit où s'étirent des journées d'été "normales, heureuses et vides à se taper la tête contre les murs " pendant un mois de juillet vibrant de chaleur et d'odeurs. C'est la grande vacance...
Emmanuelle Richard nous donne à lire la description d'un moment bien particulier de la vie de cette jeune fille qui ne sera jamais nommée et qui sera tout le long du roman "elle" ou "je ".
A quatorze ans elle se sent mal dans sa peau, un pied dans l'adolescence, l'autre encore dans l'enfance. Elle se sent tenaillée par la nostalgie d'avant, quand tout était si simple et si pur mais éprouve aussi une sensation d'urgence . Elle voudrait qu'il se passe enfin quelque chose pour se sentir vivante, pour ne pas rater sa vie. Parce qu'après il sera trop tard.... Mais elle ne sait pas quoi faire et même s'il faut faire quelque chose. Alors elle reste dans l'attente, traîne, se languit, rêve, fantasme, se morfond et s'interroge.
Complexée par son physique, elle n'ose pas allers vers les autres ni répondre aux sollicitations des garçons par peur de paraître une fille facile. Elle a honte aussi de modeste condition sociale de ses parents. Ceux ci d'ailleurs ne l'aident pas à traverser cette période délicate, bien au contraire. L'attitude ambiguë de la mère embrouille plutôt les idées de la jeune fille qui ne comprend pas ce qu'on attend d'elle...
Ce roman s'intitule la légèreté car la jeune fille croit savoir qu'elle ne sera jamais légère "parce que rien n'est sublime".
L'écriture de prime abord peut paraître déroutante avec sa syntaxe un peu aléatoire et le passage constant du "je" au "elle". C'est une écriture tantôt chaude, tantôt froide mais jamais tiède en parfaite adéquation avec l'état d'esprit de la narratrice
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claraetlesmots
  26 mars 2014
Elle a quatorze ans et demi, presque quinze, et pourtant, elle a l'impression de passer déjà à côté de sa vie. Avec ce sentiment que ses prochaines années vont se dérouler à toute allure et qu'elle se retrouvera à vingt ans, puis à trente et à quarante ans et que ses rêves, ses espoirs lui auront filé entre le doigts. Ce sont les vacances d'été et elle les passe sur l'île de Ré avec ses parents et son petit frère. Ils ont loué un maison et pourtant elle sait qu'ils en ont en tout juste les moyens. Alors pas de folies, le parents regardent à la dépense. Au restaurant, on ne prend pas de dessert sous prétexte que l'on n'a plus faim et pas à cause du prix. La honte de la classe sociale lui saute au visage, ils ne sont pas à leur place.

Ici comme chez eux, elle est seule alors que des adolescents de son âge se promènent à plusieurs. Fiers, insouciants, riants.

la suite sur : http://fibromaman.blogspot.fr/2014/03/emmanuelle-richard-la-legerete.html
Lien : http://fibromaman.blogspot.f..
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jeandubus
  10 mai 2014
La légèreté

En finir avec Emmanuelle Richard serait une sorte de contrepoint au livre d'Edouard Louis, mais les milieux familiaux ne sont pas comparables et les objectifs de l'héroïne non plus. A Quatorze ans et demi elle veut « faire l'amour » ou mieux « le faire » pour ne pas dire tout simplement baiser, avec n'importe qui du moment qu'il possède les outils nécessaires. En vacances sur l'île de Ré, tout en trouvant ses parents ringards et décidément trop pauvres dans leur maison en location, elle rêve malgré tout de participer au concours de "tétons durs" du camping voisin.

Baisera? tapez 1. Baisera pas? Tapez 2. (sélection par tirage au sort, coût 1.34€ l'appel et 0.34€ la minute)

Rien de grave. Rien à dire de plus de ce livre qui dit-on (chez Elle ou Aujourd'hui le Parisien) est très prometteur. Effectivement il l'est puisque il est si mince qu'une brise pourrait tourner les pages à votre place et si léger qu'on l'oublie jusqu'à son titre bien inspiré.
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Margotmatou
  19 avril 2015
J'ai l'impression qu'Emmanuelle Richard est la seule adulte qui s'est souvenu et qui a compris comment dépeindre l'adolescence. Elle a atteint une telle justesse, c'est incroyable. L'héroïne anonyme, c'est moi, c'est toi, c'est eux tsé quoi c'est un peu de détresse dans le creux de nos voix (oulà je m'égare merci Oldelaf ^^). Sérieusement aucun livre sur l'adolescence n'a été à mon goût aussi poignant, bien qu'il n'ait presque pas d'histoire ; proche de la réalité et bien loin des clichés des films et de la "littérature" young adult. C'est simple, j'avais l'impression que moi, ado, l'auteure m'avait COMPRISE. le roman est écrit dans un style à la fois très bizarre et saisissant qui retranscrit à merveille les émotions soudaines, les associations d'idées et les sentiments de l'héroïne. C'est difficile de décrire ce roman, et cette critique est sans doute très subjective : peut-être qu'elle ne touche que moi, mais je ne peux que vous suggérer de lire La Légèreté !
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andy86
  27 août 2014
Ce roman traite de l'adolescent, des sentiments qui parcourent une jeune fille à cet âge. Ce qui m'a déplut dans ce roman, c'est que notre adolescent n'a pas de nom. Peut-être est-ce un procédé pour faciliter l'appropriation de l'histoire de cette jeune fille, mais j'ai surtout ressorti un manque d'existence, de consistance et de dénaturation de l'individu.

Cette jeune fille va bientôt avoir quinze ans, va entrer en seconde. Ce livre, c'est le récit de ses vacances à l'Île de Ré avec sa famille, son père, sa mère et son petit frère. Ce n'est pas une ado épanouis. Elle est très maigre, peu de forme. Elle a un problème avec l'image que lui renvoi son corps (est-elle anorexique ??). Elle n'assume pas les changements physiologiques, comme la pousse de ses poils sur ses jambes, qu'elle considère comme « des araignées noires ».
Le but de ses vacances : coucher avec un garçon, n'importe lequel. Elle a un rapport à la sexualité complètement déformé, et un rapport avec les autres qui est complètement faussé. Elle s'enferme dans son univers, enviant les autres jeunes filles de son âge, mais n'arrive pas à passer le cap de la sociabilité.

Ce roman est assez creux, même si l'auteur essaye de donner un peu de profondeur avec des consi-dérations pseudo-sociologique, en évoquant Bourdieu, avec le capital culturel, économique, sociale de chaque individu. Ce roman est l'histoire d'une jeune fille mal dans sa peau, qui est torturé par des complexes qui sont un peu futile, et qui ne se sent pas à sa place, et se considère elle et les siens comme des beaufs au milieu de bourgeois.

Au début, le lecteur est tenu en haleine avec l'histoire d'Antoine, se camarade de classe qui s'est suicidé en sautant du pont de Normandie. Pourquoi a-t-il agit de la sorte, comment réagit notre protagoniste… Eh bien, elle en parle très peu, et ‘histoire n'a rien avoir avec Antoine.

Bref, même si l'écriture porte et pousse le lecteur à aller plus en avant le texte et l'histoire, je suis assez déçu de l'intrigue (quelle intrigue !) et de la chute du roman. J'ai un peu eu l'impression, en refermant la dernière page du livre, d'avoir perdu mon temps.
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SophiedesBegons
  01 juin 2014
J'ai eu du mal avec ce livre sur l'adolescence probablement par ce que cette gamine ressemble trop à celle que j'étais à son âge. Difficile de se regarder dans un miroir rétrospectif parfois... l'adolescence est probablement encore bien plus dure à vivre de nos jours où le regard posé sur le corps et sur les filles est un regard, pour moi plus régressif, qu'à mon époque... En tout cas c'est un beau livre, une narration toute durassienne... L'auteure a du lire toute la Marguerite avant d'écrire son roman-journal, car on y retrouve l'Amant et Lol V Stein à toutes les pages...
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profdoc72
  02 août 2014
Je fais le choix dans cette critique de ne pas présenter l'intrigue, assez prétexte finalement, les vacances d'une jeune fille de 14 ans à l'île de Ré avec ses parents.
J'ai trouvé ce récit d'une très forte intensité, tant par les désirs tourmentés qu'il décrit (le faire, ne pas le faire, je plais,je ne plais pas), la quête d'un idéal désiré justement, et surtout ce regard par rapport aux parents. L'envie de plaîre aux parents tout en ne supportant plus de passer ces vacances étouffantes avec eux.
L'écriture m'a paru d'une extrême justesse, comme j'en rencontre rarement. C'est un récit, pour qui a vécu des expériences assez proches vers cet âge, qui hante, longuement.
Je le recommande vivement, en particulier pour sa grande maîtrise en tant que premier roman.
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darcourt
  30 mars 2014
On suit une ado de 14 ans qui est complexée, comme on peut l'être à son âge mais qui a surtout très peu confiance en elle à cause d'une mère indélicate, intrusive et cinglante. Mais l'ado devient jolie, commence à attirer l'oeil des garçons, on lui souhaite de grandir vite et de fuir ses parents.
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nathavh
  02 février 2014
Premier roman pour Emmanuelle Richard qui traite de l'adolescence.

Je trouve qu'il est tout sauf "léger" comme pourrait le laisser entendre le titre. Je l'ai ressenti comme grave et tourmenté.

Quoi de plus normal peut-être car nous allons vivre les vacances de notre héroïne âgée de 14 ans et demi.

Elle, ainsi que son petit frère - qui est pour elle l'être le plus important - et ses parents nous emmènent en vacances à l'île de Ré. D'entrée de jeu, on comprend qu'elle est contrariée, torturée par ses émotions, il y a un vrai mal être en elle.

Antoine 14 ans s'est jeté du Pont de Normandie elle ne le connaissait pas tant que cela mais elle y pense très souvent. J'ai eu le sentiment que parfois elle était à deux doigts de faire pareil, tellement elle se sent incomprise dans sa tête.

Je dis "dans sa tête" car le livre est écrit de 2 façons. En italique, on vit le "je" ce qu'il y a vraiment dans ses réflexions, dans son esprit. Autrement on nous parle à la troisième personne. Les deux écritures se complètent et nous permettent de vraiment cerner notre héroïne.

Elle dépeint le contraste social, sa famille est d'origine modeste, l'argent et les dépenses sont souvent au centre des préoccupations. Ici, nous sommes sur l'île de Ré, dans des quartiers chics, avec une population huppée. Mais que fait-elle là ?? Elle a également un regard acide et critique sur ses parents, particulièrement sur son père qui de tout façon ne la comprend pas.

Ce roman décrit aussi le désir, les désirs secrets de notre protagoniste, ce qui explique peut-être ce mal être : je suis moche, on ne me voit pas, j'aimerais être une femme, être désirée, être prise... Elle est obsédée par son corps trop maigre, son manque de seins, "ses araignées noires".... Elle est obsédée par le sexe, se sent sale, crasseuse mais qu'est-ce qui est bien ?? Pourquoi c'est bien chez les autres et chez moi cela fait vulgaire ???

Elle veut qu'on la remarque, qu'on l'invite, qu'on l'embrasse mais a peur lorsque le moment arrive... elle craint ne pas savoir bien faire, elle fuit.

Elle craint de décevoir, de ne pas avoir le temps, elle met la barre trop haut et n'ose pas.

Un témoignage touchant d'une adolescente à la recherche d'elle-même.

L'écriture est belle, la lecture plaisante mais sans plus.


Ma note 6/10

une chose qui m'a interpellée : le nombre incroyable de fois où est utilisé le mot "nuque"

Lien : http://nathavh49.blogspot.be..
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cathulu
  08 mai 2018
Des vacances estivales, comme une brève parenthèse dans la routine et la volonté farouche de rencontrer un garçon, telle est la trame de ce roman qui dit comme jamais la douleur de vivre ce que Françoise Dolto appelait le complexe du homard, encore plus douloureux peut être pour le corps féminin.
Il aura fallu que ce roman soit dans la bibliographie suggérée pour le thème de BTS "Corps naturel, corps artificiel", pour que je me décide enfin à le lire. Couvert de louanges, à raison, sur la blogosphère et ailleurs, ce roman âpre et cruel brosse l'autoportrait d'une adolescente entravée par le jugement des autres sur son corps, entravée par sa classe sociale modeste et aussi par le suicide d'Antoine.
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