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Par mpierre76, le 18/05/2012
Les hommes qui me parlent de
Ananda Devi Nirsimloo
Chaque femme est un rôle.Pas une personne.
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Indian Tango de
Ananda Devi Nirsimloo
Elle ramène d'un geste son sari sur sa tête et sa bouche se pince au point de disparaître dans une multitude de rides furieuses. Subhadra ne tente pas de s'excuser davantage. Elle lève les yeux sur ce visage clos et ressent une sorte d'épouvante à l'idée qu'elle se regarde dans un miroir déformant: dans vingt ans seulement, c'est à cela qu'elle ressemblera. Tant d'inutile laideur, tant de rancunes figées sur ce visage !
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Indian Tango de
Ananda Devi Nirsimloo
C'est peut être tout ce que j'ai été jusqu'à présent.Un accessoire dans une autre histoire. Ou bien l'esprit qui les invente sans jamais en faire partie. Il suffit d'être étranger, et l'on est déjà dit. D'ailleurs, à Delhi, comme dans le monde clos d'un livre, tout le monde est étranger. Tous viennent d'ailleurs. Chacun se croit obligé de citer une longue généalogie géographique pour prouver qu'il existe. En fin de compte, ils ne sont jamais d'ici. Le mouvement incessant parle d'une population toujours en partance, jamais arrivée.
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Soupir de
Ananda Devi Nirsimloo
Noëlla, elle, était condamnée à l'immobilité. Elle était née sans jambes.
Le premier regard qu'elle a porté sur le monde était déjà une mise en demeure. Contre tout ce qui, dans cette île, dansait, ondulait, déambulait. Contre la légereté des feuilles et du vent, et la fuite souple de l'eau et des voiles. Contre l'éternelle dérobade des regards. La fureur de Noëlla était sans limites. Je passais mon temps à fuir ce petit bloc de haine.
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Par rosy, le 05/03/2012
Quand la nuit consent à me parler de
Ananda Devi Nirsimloo
L’œil se grée de rire pour mieux taire
Les larmes des enfants solitaires
Qui laissent sur leur cœur de verre
Des striures pastel.
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Par rosy, le 05/03/2012
Quand la nuit consent à me parler de
Ananda Devi Nirsimloo
Que mon demain soit un hier
Puisque rien n'est plus à faire
A construire ni à détruire
Rien est déjà là : jamais.
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Par Lencreuse, le 26/07/2010
Eve de ses décombres (Prix des cinq continents de la Francophonie 2006) de
Ananda Devi Nirsimloo
Sad :
On me dit que je réussirai. Il faut savoir que réussir, ça ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. C’est un mot à déclinaison variable. Dans mon cas, cela veut simplement dire que les portes fermées pourraient s’entrebâiller et que je pourrais, en rentrant bien le ventre, me glisser entre elles et tromper la vigilance de Troumaron. Tout le monde sait que la pauvreté est le plus féroce des geôliers. Les profs, eux, disent que tout est possible. Ils me racontent qu’eux aussi apprenaient leurs leçons à la lumière de la bougie. Je vois d’ailleurs dans leurs yeux l’obscurité de penser qui en a résulté. Ils me disent, il faut saisir votre chance, vous ne devez pas freiner le développement du pays. C’est qui vous ?
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Les hommes qui me parlent de
Ananda Devi Nirsimloo
[ Incipit ]
Tous ces hommes qui me parlent. Fils, mari, père, amis, écrivains morts et vivants. Une litanie de mots, d'heures effacées et revécues, de bonheurs révolus, de tendresses éclopées. Je suis offerte à la parole des hommes. Parce que je suis femme.
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Par marie-bib, le 04/08/2010
Le Sari Vert de
Ananda Devi Nirsimloo
J'ai vécu une vie exemplaire, mais toutes ces femmes en ont déformé le sens, altéré la droiture. J'avais tant de choses à leur apprendre. Elles n'ont pas compris que j'étais un héros.
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Par alicejo, le 18/06/2010
Le Sari Vert de
Ananda Devi Nirsimloo
Je ne suis pas l'apôtre du poli [...]
Si vous voulez des joyeuseries, passez votre chemin. Si vous pensez sortir d'ici le ventre grouillant de bons sentiments, vous vous êtes trompés de porte.
Gens qui criez fort sans avoir rien à dire, écoutez-moi si vous le voulez ou bien foutez le camp.
Tout cela m'indiffère.