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Par Seraphita, le 26/04/2009
Une promesse - Prix Médicis 2006 de
Sorj Chalandon
Et marchant à la mort il meurt à chaque pas.
Il meurt dans ses amis, dans son fils, dans son père.
Il meurt dans ce qu’il pleure et dans ce qu’il espère
Et sans parler des corps qu’il faut ensevelir
Qu’est-ce donc oublier, si ce n’est pas mourir.
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Par Mouna, le 02/08/2009
La légende de nos pères de
Sorj Chalandon
Je voyais ces hommes assembler leurs pauvres mots. Je relisais leurs phrases sans plainte, sans douleur, sans le moindre remords offert à leurs bourreaux. Je me demandais comment ces mots avaient pu survivre à ces hommes, continuer leur chemin de mots, revenir plus tard sous nos plumes, dans nos lettres, sur nos lèvres en paix. Je me demandais comment nous avions pu après eux encore écrire "adieux", "amitié" ou "chagrin". Je me demandais ce que seraient devenus nos mots sans les leurs.
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Par chanig55, le 21/03/2008
Une promesse - Prix Médicis 2006 de
Sorj Chalandon
"Il regardait un à un ces enfants de la terre, il les aimait, il en était. Pour eux, il tournait chaque page comme on ouvre un rideau et quand il était temps, lorsqu'il était trop soir, ou qu'il allait pleuvoir, ou qu'il fallait rentrer, il murmurait un mot, un dernier,comme une voix qui s'éteint d'avoir été brûlante."
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Par AireLibre, le 30/01/2008
Mon traître de
Sorj Chalandon
Nous étions au début de la nuit. Les bières revenaient encore et encore. Mes yeux brûlaient de leurs cigarettes. J'étais ivre. Le choc des pintes. Le rire de Jim et tous les rires autour. L'éclat brut des voix, le tumulte en vagues qui bousculait les tables. Le regard de Cathy, qui cherchait son reflet dans son verre levé. Et puis cette musique.
- Une chanson rebelle, m'a soufflé Jim.
J'ai tourné la tête vers la scène.
O, then tell me, Shawn O'Farrell, where the gath'rin is to be ?
Je me souviens d'avoir fermé les yeux. J'avais mon verre en main, et deux verres pleins encore, sur la table mouillée.
Les musiciens chantaient la guerre.
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Par AireLibre, le 30/01/2008
Mon traître de
Sorj Chalandon
La première fois que j'ai vu mon traître, il m'a appris à pisser. C'était à Belfast, au Thomas Ashe, un club réservé aux anciens prisonniers républicains. J'étais près de la porte, à côté de la grande cheminée, assis à une table couverte de verres vides et de bouteilles mortes. C'était la place préférée de Jim et de Cathy O'Leary, qui m'ouvraient un lit quand je venais en Irlande du Nord. Jim O'Leary était un ami. Il avait fait de la prison pour transport d'armes. Il était menuisier mais catholique. Et donc chômeur, comme sa femme. Et il a été chômeur jusqu'à la fin.