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Le fusil à pétales de
André-Marcel Adamek
Le coq à Berluet, de deux choses l’une, ou bien il avait pris une sérieuse angine, ou bien alors les poules avaient profité de lui jusqu’à ses dernières forces. Il est sorti tout chancelant dans le brouillard, il a escaladé le fumier avec peine et il a poussé deux couacs étranglés, lamentables.
Ce n’était plus un chant de coq, c’était une plainte rauque, deux fausses notes désespérées, comme un trompettiste saoul à la fin d’un bal.
Puis, il est reparti dans le refuge du poulailler, la crête plate, l’air coupable.
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Par c.brijs, le 16/08/2012
Randah: la fille aux cheveux rouges de
André-Marcel Adamek
Tandis que notre radeau partait à la dérive, porté par des courants incertains, Laoud Kahn m'apprit tout ce qu'il savait du prince, en vérité pas grand chose, si ce n'est que ce peuple, bien plus avancé que le nôtre, adorait une déesse mère et protectrice. Il connaissait le secret du bronze et pouvait couler de l'or.
- Qu'est-ce que l'or? lui demandai-je.
- Un métal jaune et brillant qui conduira tous les peuples du monde à leur perte.
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Par Reka, le 01/10/2011
L'oiseau des morts de
André-Marcel Adamek
Cette certitude avait fini par s'ancrer dans ma tête d'oiseau : une chose n'existe vraiment que si son nom la porte et survit à son absence, sinon, elle n'est qu'une vision fragile que la multiplicité bientôt désincarne. J'avais été ce reflet furtif à la surface du fleuve, cette croix d'ombre glissant sur les blés d'or ou barrant le ciel de son vol obstiné. J'avais été plaisir et douleur, soumission et colère et maintenant, je m'appelais corneille. Ce simple mot semblait contenir toute ma vie. (p. 51-52)
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Retour au village d'hiver de
André-Marcel Adamek
Nous nous écrirons sans doute des lettres de plus en plus espacées, avant de nous laisser apprivoiser par le silence.
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Par c.brijs, le 16/08/2012
Randah: la fille aux cheveux rouges de
André-Marcel Adamek
Le choix de la guerre est toujours néfaste. La musique, un jour peut-être, libérera nos frères de leurs instincts violents.
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Par Reka, le 03/10/2011
L'oiseau des morts de
André-Marcel Adamek
De mon observatoire, je surplombais les toitures du manoir et les coteaux avoisinants. Ma vision portait au-delà de la vallée, vers les étendues de champs clairs où glissait l’ombre rapide des nuages. Il n’était pas un jour sans que l’envie ne me surprît de m’élancer à la rencontre de cet horizon éclatant. Mais l’infini me rappelait soudain le regard d’eau de Barbelune et le murmure des feuillages portait les échos de sa voix. Ma liberté n’était plus à la traversée des espaces invisibles ni à la découverte de terres inconnues. D’une aile soumise, je regagnais la fenêtre entrebâillée. (p. 60)
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Par Reka, le 03/10/2011
L'oiseau des morts de
André-Marcel Adamek
Quand il passa sous notre arbre, son odeur me parvint et j’y reconnus un mélange infini de parfums familiers : l’eau des pluies, la vase, le lait, la laine de mouton, le bois brûlé… Aucune menace ne sourdait de cet être impassible et s’il n’y avait eu l’épouvante de mes parents, j’aurais été tenté de le suivre, de partager son voyage secret et même de me poser en douceur devant ses pas. (p. 15)