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Par rolandm1, le 05/02/2012
Le véritable amour de
Jacqueline Harpman
Il riait de mon impatience et me soulevait, me portait jusqu'au lit, je découvrais ma soif et je ne voulait pas qu'il s'écartât un instant de moi car on ne quitte pas l'oasis qu'and on a traversé le désert et que l'on se penche enfin vers la source, alors je m'étais couchée sur lui pour dégraffer ma jupe sans que nos lèvres se séparassent et il l'avait fait glisser le long de mes hanches, j'avais déboutonné mon vilain chemisier et tenté, maladroitement, d'ouvrir la ceinture de son pantalon, mais j'étais si avide de lui que mes mains étaient parties à sa recherche et je caressais, par-dessus le tissu, ce sexe auquel je n'avais jamais osé penser, il avait gémi, il avait enfoncé les doigts dans mes épaules et je riais, j'enserrais sa cuisse entre mes jambes, alors il s'était dégagé et je l'avais attendu mais si peu de temps que je m'étais à peine rendu compte et tout à coup il était là, il entrait dans le royaume, je le prenais, pourquoi dit-on toujours que c'est l'homme qui prend ? moi je sentais bien que je l'absorbait, que je l'engloutissait, il s'enfonçait en moi.
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Par MALIKA, le 09/07/2010
Du côté d'Ostende de
Jacqueline Harpman
comme si la solitude etait affaire de compagnie
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L'Orage rompu de
Jacqueline Harpman
Nous allons, vulnérables, de chute en chute, nous rattrapant sans cesse avant de toucher le sol et de nous briser le cou, funambules plus habiles que nous ne pensons à condition de ne jamais quitter des yeux la mince corde de bon sens qui soutient nos pas.
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Par Eloah, le 09/05/2010
Du côté d'Ostende de
Jacqueline Harpman
Chacun d'entre nous, pauvre fol, se donne sans même y penser le premier rôle dans sa vie. Il est troublant de se retrouver au second plan - que dis-je ? au troisième ! - dans celle des autres. Un personnage entre en scène, on ne sait pas d'où il vient, il dit sa réplique et repart, on ne sait pas où il va. Je me prenais pour un homme modeste : dès que je voyais mon nom sur la page, quelque chose s'éveillait en moi, une attente obscure qui me déplaisait, une tension toujours déçue car je n'étais, pour Emilienne, que le figurant fidèle qui remplit proprement son office. Elle ne s'arrête pour se questionner sur moi qu'une fois, et il me semble qu'elle se trompe. Mais que sait-on de soi ?
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La vieille dame et moi de
Jacqueline Harpman
- Ou bien on donne à connaître son extrême originalité : Je ne supporte pas le nylon. Il est dur de consentir qu’on ait l’esprit fait comme tout le monde : l’étrange est que l’on parle de son estomac ou de son urticaire pour décrire son âme. Personne ne dit : Je suis malade d’envie ou de jalousie dix fois par jour, cela me gâte le teint que j’avais si joli à dix ans – mais : Ma générosité me perdra, je ne tiens jamais compte de moi-même, c’est un véritable handicap. Nous vivons entourés d’êtres exquis aux prises avec leurs sentiments délicats et tentons de nous conformer à de si beaux modèles. On ne nomme pas volontiers ce que l’on n’aime pas en soi, même à soi, dans le secret de cet éternel bavardage qui nous mange le dedans, on espère toujours, si l’on n’y pense pas, que cela disparaisse. J’avais un défaut, je le sais bien, je crois que je l’ai rangé dans le tiroir du fond, à droite, mais qu’était-ce donc ? c’est bien étrange : voilà qu’il n’y a plus de tiroir ! Vous avez, comme tout le monde, passé le début de votre vie à vous construire de travers, puis travaillé quarante ans à dominer vos imperfections qui étaient plus vigoureuses que vos bonnes intentions. Et vous comptez bien arriver à la vieillesse en vous trouvant à votre goût.
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Jusqu'au dernier jour de mes jours de
Jacqueline Harpman
Oh ! là ! là ! Toujours saint Georges! toujours le dragon! l'ange et la bête, les vertus et les vices, la victoire du bon droit! Et moi? Qui pense à moi? Ces messieurs se disputent entre eux, le meilleur l'emporte, c'est la moindre des choses, et aussi que le pape accourt et sanctifie le sauveteur des vierges, mais, par le Dieu des chrétiens et tous les Dieux des païens, qu'on oublie un peu trop, ne pourrait-on penser à moi? C'est que j'existe, dans cette histoire, j'en suis même le noeud, l'objet de l'intérêt général, tout a tourné autour moi, dont on ne parle jamais.
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La vieille dame et moi de
Jacqueline Harpman
- Vous savez pourtant que…
J’eus des oreilles pour ne point entendre.
- Que…
J’ai une plume pour ne point écrire.
- Et que…
Ma mémoire n’enregistre rien.
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La vieille dame et moi de
Jacqueline Harpman
Tout à coup je voyais au loin scintiller quelques mots, j’étais comme un enfant qui pleure son jouet, on lui en montre un autre et il se précipite, un verbe et un adjectif s’entrevoient, se sourient, se rapprochent tendrement, ils cherchent le substantif qui peut les réunir, ils se tâtent, hésitent, changent de place et puis s’accordent, les voilà légers qui dansent, s’entrelacent en formant les figures les plus exquisément complexes et j’étais de nouveau emportée par le flot jusqu’au prochain désespoir. Les mots font l’amour ensemble, ils engendrent des phrases, des paragraphes, des livres. Evidemment, il y a les temps de chasteté, quand la peur du péché l’emporte sur la jouissance et que l’on a la plume sèche, ovaires épuisés, testicules morts, tête en déshérence, les montres fatigués se reposent et construisent en silence leurs futurs crimes.
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Du côté d'Ostende de
Jacqueline Harpman
"Je crois que l'on perd sa délicatesse au moment de se tuer, et que le suicide est toujours un manque de tact."
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Par rolandm1, le 10/10/2011
L'Orage rompu de
Jacqueline Harpman
Ces filles étaient idiotes, ma culotte était aussi parfaitement décente que le maillot de bain dont elles n'avaient jamais critiqué qu'il se vit, et je ne voulais rien entendre de ce qu'elles insinuaient. J'espérais décider de continuer à me balancer aussi haut que je pouvais et à montrer ma culotte, je n'y parvins pas.
Il était ravi.
-Quand je disais que vous n'êtes pas une femme convenable! J'en suis sûr, vous ne m'en ferez pas démordre : les femmes convenables ne parlent jamais de leur culotte !