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Par Christw, le 06/12/2012
En vivant, en écrivant de
Annie Dillard
Chaque année le photographe en herbe soumettait une pile de ses meilleurs tirages à un vieux photographe célèbre dont il attendait ensuite le verdict. Chaque année le vieillard examinait ces tirages, puis les classait conscienceusement en deux piles, les bons et les mauvais. Chaque année le vieillard classait certaines photos de paysage dans la pile des mauvais tirages. Il finit par se retourner vers le jeune-homme pour lui dire:
- Vous me soumettez ce paysage chaque année, et chaque année je le pose sur la pile des mauvaises photos. Pourquoi l'aimez-vous tant ?
Le jeune photographe répondit:
- Parce que, pour prendre cette photo, il m'a fallu gravir une montagne.
(....)
Combine de livres lisons-nous, dont l'auteur n'a pas eu le courage de couper le cordon ombilical ? Combien de cadeaux ouvrons-nous où l'écrivain a négligé de retirer l'étiquette du prix ? Est-il nécessaire, est-il courtois que nous apprenions ce que cela a coûté personnellement à l'auteur ?
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Pèlerinage à Tinker Creek de
Annie Dillard
L’oiseau moqueur qui, chaque année niche dans le sapin de la cour de devant, a l’habitude de pousser sa chanson depuis les lieux les plus élevés, et parmi ces lieux-là, il y a ma cheminée. Quand il chante de là-haut, le conduit de la cheminée fait caisse de résonance, comme le vide soigneusement dosé à l’intérieur d’un violoncelle ou d’un violon, et les accents de la mélodie y gagnent une plénitude qui se réverbère dans toute la maison.
Il chante d’abord une phrase, et la répète exactement ; puis, il en invente une autre, et la répète de la même façon, puis une troisième. L’inventivité du moqueur est sans limites ; il répand la nouveauté autour de lui, avec la désinvolture d’un dieu.
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Par keisha, le 28/11/2010
Pèlerinage à Tinker Creek de
Annie Dillard
"Il semble qu'il existe une chose qui s'appelle la beauté, une grâce infiniment gratuite. Il y a de cela cinq ou six ans, j'ai vu un oiseau moquer exécuter, depuis la gouttière d'un immeuble de quatre étages, une descente parfaitement verticale. C'était un acte aussi insouciant, aussi spontané que la courbe d'une tige ou une étoile qui s'allume dans le ciel.
L'oiseau fit un grand pas dans le vide et se laissa tomber. Il avait encore les ailes repliées contre ses flancs comme s'il chantait sur la branche d'une arbre, et pas du tout comme s'il était en train de tomber dans le vide, accélérant sa chute à raison de dix mètres par seconde. Un souffle, un rien avant de s'écraser à terre, il éploya ses ailes avec une précision exacte et réfléchie, révélant ses larges bandes blanches, déplia l'élégant éventail de sa queue barrée de blanc, et ainsi, tout léger, se posa sur l'herbe. Je venais de tourner le coin d'une rue, au moment où son pas insouciant avait accroché mon regard; il n'y avait personne d'autre en vue. Le fait même de sa chute libre faisait songer à la vieille énigme philosophique de l'arbre qui tombe dans la forêt. la seule réponse, probablement, c'est que la beauté et la grâce se manifestent, que l'on soit là ou non pour les vouloir ou en sentir instinctivement la présence. Le moins que l'on puisse faire, c'est de s'en souvenir."
"Mais il existe une autre manière de voir qui implique qu'il faille s'abandonner. Quand je vois de cette manière là, je vacille, transpercé, vidée de toute substance. La différence entre ces deux façons de voir, c'est comme celle qui existe entre se promener avec ou sans appareil photographique. Lorsque j'emporte mon appareil, je vais de cliché en cliché, et je lis la lumière sur un posemètre gradué. Quand je n'ai pas pris mon appareil, c'est mon propre obturateur qui s'ouvre, et la lumière du moment s'inscrit sur l'argent de mes propres entrailles. Quand je vois ainsi , je suis avant tout une observatrice sans scrupules."
"La vieille règle classique pour bien traquer, c'est 'arrête-toi souvent et ne bouge pas d'un poil' ".
"Pour je ne sais quelle raison, il n'est pas encore venu aux oreilles de l'homme de la rue, que certains physiciens d'aujourd'hui ne sont qu'une bande de mystiques à l'air hagard, qui nagent en plein délire. Car ils ont perfectionné leurs instruments et leurs méthodes, juste assez pour écarter prestement le dernier voile, et tout ce qu'ils ont vu, c'est le sourire du Chat du Cheshire. (.....) L'électron est un rat musqué; on n'arrive pas à le traquer convenablement. (...) Les physiciens disent qu'ils ne peuvent pas étudier la nature per se, mais seulement leurs propres investigations sur la nature. Et moi, je ne peux voir des ouïes-bleues que dans le champ de ma propre ombre bleue, dont elles s'enfuient aussitôt."
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Par Theoma, le 20/09/2012
L'amour des Maytree de
Annie Dillard
Certes, il avait pensé qu’il aimerait Lou et resterait avec elle pour toujours. Une vie entière, s’était-il imaginé, ne serait pas assez longue. (Pourquoi se donnait-il tant de mal et pour entraîner sa mémoire si elle ne devait que le tarabuster?) Mais, bien sûr, durant presque toute l’histoire de l’espère humaine, l’espérance de vie avait tourné autour de dix-huit ans. Les quatorze années où il avait honoré son mariage avec Lou auraient naguère probablement constitué un record du monde d’endurance. Il avait déjà passé avec une seule et unique personne l’équivalent de plusieurs vies monogames d’autrefois. Il avait quarante-quatre ans. Il n’avait jamais vraiment aimé Lou, il s’en apercevait maintenant. Il s’était seulement aimé lui-même à travers ses yeux. Son silence était du papier blanc sur lequel il écrivait. Elle aimait plus que tout le rendre heureux. Dans ces conditions, s’appartenait-il lui-même, ou non?
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Apprendre à parler à une pierre de
Annie Dillard
UNE FOUINE EST SAUVAGE. Qui sait ce qu'elle pense ? Elle dort dans sa tanière souterraine, la queue drapée sur le nez. Parfois, elle passe deux jours dans son terrier sans sortir. Quand elle est dehors, elle traque des lapins, des souris, des rats musqués et des oiseaux ; comme elle tue plus de corps qu'elle ne peut en manger tant qu'ils sont encore chauds, elle ramène souvent les carcasses jusque chez elle. Obéissant à l'instinct, elle mord sa proie à la nuque, perfore la veine jugulaire au niveau de la gorge, ou écrase le cerveau à la base du crâne. Elle ne lâche jamais prise. Un naturaliste refusa de tuer une fouine qui lui avait planté les dents dans la main aussi profondément qu'un serpent à sonnettes. Il n'arrivait absolument pas à se débarrasser de la petite intruse et dut faire un kilomètre à pied, la fouine accrochée à sa main, pour trouver de l'eau et s'en débarrasser en la trempant dans le courant, comme on fait partir une étiquette qui s'obstine à coller.
Un jour, raconte Ernest Thompson Seton, un homme abattit un aigle en plein vol. Il examina l'aigle et trouva le crâne desséché d'une fouine fixé par les mâchoires à la gorge de l'oiseau. Il émit l'hypothèse que l'aigle avait bondi sur la fouine, celle-ci s'était retournée et, fidèle à l'instinct, l'avait mordu au cou ; la fouine avait failli remporter le combat. J'aurais aimé voir voler l'aigle quelques semaines ou quelques mois avant qu'il ne soit abattu : la fouine tout entière était-elle encore attachée à sa gorge emplumée comme un pendant de fourrure ? Avait-il mangé ce qu'il pouvait en atteindre, étripant sur sa poitrine et à coups de serre la fouine encore vivante, inclinant le bec pour nettoyer sa belle ossature aéroportée ?
Je me suis mise à lire sur les fouines parce que j'en ai vu une la semaine dernière. J'ai surpris une fouine qui m'avait surprise et nous avons échangé un long regard.
A vingt minutes de chez moi quand on traverse les bois, qu'on passe près de la clairière et franchit l'autoroute, il y a l'étang de Hollins, un plan d'eau remarquable par sa faible profondeur, au bord duquel j'aime aller m'asseoir au crépuscule sur un tronc d'arbre. L'étang de Hollins est aussi appelé étang de Murray ; il couvre à peu près un hectare au fond d'un vallon près de Tinker Creek, il n'a pas plus de quinze centimètres de profondeur, et six mille feuilles de nénuphars en recouvrent la surface. En hiver, des bœufs brun et blanc pataugent au milieu de l'étang et y trempent leurs sabots ; de la rive lointaine, ce spectacle paraît miraculeux, il a cet air de nonchalance propre aux miracles. Mais en ce moment, c'est l'été et les bœufs sont partis. Les nénuphars ont fleuri et se sont répandus en une pellicule verte et horizontale, qui est pour les merles patauds une terra firma, et un plafond vibrant pour les sangsues noires, les écrevisses et les carpes.
Nous sommes, notez-le bien, en banlieue. Dans trois directions différentes, il suffit de marcher cinq minutes pour atteindre des rangées de maisons, pourtant invisibles de l'étang. Il y a une autoroute à un bout de l'étang et un couple de canards sauvages qui a fait son nid à l'autre. Sous chaque buisson, il y a un terrier de rat musqué ou une canette de bière. La rive opposée de l'étang est couverte d'une alternance de champs et de bois, que sillonnent des traces de moto — et c'est dans cette argile nue que pondent les tortues sauvages.
Bon. J'avais traversé l'autoroute, enjambé deux clôtures de fil de fer barbelé assez basses, et suivi en toute gratitude le chemin tracé par les motos à travers les églantines et le sumac vénéneux qui couvrent la berge de l'étang, avant d'atteindre les champs d'herbes hautes. Puis j'avais coupé à travers bois pour rejoindre l'arbre abattu et couvert de mousse sur lequel j'ai l'habitude de m'asseoir. L'arbre est parfait. Il constitue un banc sec et rembourré à l'extrémité supérieure et marécageuse de l'étang, une jetée en peluche qui s'avance de la berge épineuse entre le bleu pâle de l'eau et le bleu profond du ciel.
Le soleil venait de se coucher. Je me délassais sur le tronc d'arbre, bien calée dans son giron de lichen, et regardais à mes pieds les feuilles des nénuphars trembler et s'écarter rêveusement au passage d'une carpe. Un oiseau jaune apparut à ma droite et s'envola derrière moi. Il attira mon regard ; je pivotai et, l'instant d'après, sans comprendre comment, je me trouvai nez à nez avec une fouine.
Une fouine ! Je n'en avais jamais vu à l'état sauvage. Celle-là mesurait trente centimètres de long, elle était mince comme une courbe, comme un ruban de muscles, brune comme du bois d'arbre fruitier, couverte de douce fourrure, alerte. Son visage était féroce, petit et pointu comme celui d'un lézard ; il aurait fait une bonne pointe de flèche. Elle n'avait qu'un point en guise de menton, deux poils bruns tout au plus, d'où naissait la fourrure d'un blanc pur qui s'étendait sur son ventre. Elle avait deux yeux noirs que je ne voyais pas, pas plus qu'on ne voit une fenêtre.
La fouine fut frappée de stupeur alors qu'elle émergeait d'un énorme buisson d'églantines broussailleux, à un mètre de là. Je fus moi-même stupéfaite, retournée sur mon tronc d'arbre. Nos regards se verrouillèrent l'un à l'autre et quelqu'un jeta la clef.
Notre regard était celui de deux amants, ou de deux ennemis mortels, qui se rencontrent à l'improviste sur un chemin envahi par l'herbe, à un moment où chacun pensait à autre chose : une décharge à l'estomac. C'était aussi une décharge au cerveau, un soudain battement du cerveau, avec toute la force et le crissement d'un ballon de baudruche qui se dégonfle. Le choc nous vida les poumons. Il abattit la forêt, déplaça les champs, assécha l'étang ; le monde se démantela et dégringola dans le trou noir de nos yeux. Si vous et moi nous regardions de la sorte, nos crânes éclateraient et tomberaient sur nos épaules. Mais nous n'en faisons rien. Nous gardons nos crânes. Bon.
La fouine disparut. Cela s'est produit il n'y a même pas une semaine et j'ai déjà oublié ce qui brisa l'enchantement. Je pense que j'ai sans doute cligné de l'œil, débranché mon cerveau de celui de la fouine et tenté de mémoriser le spectacle qui s'offrait à moi ; la fouine a dû sentir le coup sec de la séparation, la retombée décapante dans la vie réelle, la poussée urgente de l'instinct. Elle s'évanouit dans le buisson d'églantines. J'attendis sans bouger, l'esprit soudain rempli de faits et le cœur plein de prières, mais elle ne revint pas.
Je vous en prie, ne me parlez pas de « manœuvres d'approche et de fuite ». Je vous dis que j'ai été dans le cerveau de cette fouine pendant soixante secondes, et qu'elle était dans le mien. Les cerveaux sont des lieux privés, dont les circuits, uniques et secrets, produisent quelques grommellements. Mais nous étions, la fouine et moi, simultanément branchées sur nos circuits respectifs, l'espace d'un instant doux et choquant. Qu'y puis-je s'ils étaient vides ?
Que se passe-t-il dans son cerveau le reste du temps ? A quoi pense une fouine ? Elle ne le dira pas. Son journal de bord est fait de traces dans l'argile, de plumes arrachées, de sang et d'os de souris : traces dispersées, sans lien, éparses, semées à tous vents.
J'aimerais apprendre à vivre — ou me remémorer comment on doit vivre. Mais pour être franche, je vais moins à l'étang de Hollins pour apprendre à vivre que pour l'oublier. Autrement dit, je ne crois pas qu'il soit possible d'apprendre d'un animal sauvage des règles de vie particulières — dois-je boire du sang chaud, tenir ma queue bien droite, marcher en mettant mes pattes de derrière dans les traces de celles de devant ? — mais j'ai peut-être quelque chose à apprendre de l'insouciance, de la pureté d'une vie qui se déroule entièrement dans le monde des sens, sans parti pris ni justifications. La fouine vit dans la nécessité, alors que nous vivons dans le choix ; nous haïssons la nécessité mais nous mourons finalement dans ses griffes de la manière la plus ignoble. J'aimerais vivre comme je le dois, de même que la fouine vit comme elle le doit. Et je soupçonne que ma voie est la sienne : ouverte sans douleur au temps et à la mort, percevant tout, oubliant tout, prenant le parti de ce qui nous échoit avec une volonté féroce et pointue.
J'ai manqué ma chance. J'aurais dû chercher la gorge. J'aurais dû m'en prendre à cette bande blanche sous son menton et tenir bon, tenir bon dans la boue et le buisson d'églantines, tenir bon pour accéder à une vie plus précieuse. Nous pourrions vivre comme les fouines sous le buisson d'églantines, muets et dépourvus d'entendement. Je pourrais très calmement devenir sauvage. Je pourrais passer deux jours dans un terrier, roulée en boule, allongée sur de la fourrure de souris, reniflant des os d'oiseaux, clignant des yeux, léchant et respirant du musc, les cheveux emmêlés dans les racines des herbes. Sous terre : c'est là qu'il faut aller, là que l'esprit est seul. Sous terre : vous êtes dehors, hors de votre esprit et de son sempiternel amour, revenus auprès de vos sens insoucieux. Je me rappelle avoir fait l'expérience du mutisme comme d'un jeûne prolongé et étourdissant, où chaque instant est une fête de messages reçus. Le temps et les événements sont simplement versés, ils passent inaperçus et sont directement absorbés, comme le sang pulsé dans mes entrailles par la veine jugulaire. Deux personnes pourraient-elles vivre de la sorte ? Deux êtres pourraient-ils vivre sous le buisson d'églantines et explorer les abords de l'étang, de manière que l'esprit lisse de chacun d'entre eux soit aussi complètement présent à l'esprit de l'autre, aussi facilement reçu et aussi peu mis en question que la neige qui tombe ?
Nous le pourrions, vous savez. Nous pouvons vivre comme nous le voulons. Des gens font bien vœu de pauvreté, chasteté et obéissance — et même de silence — en toute liberté. Toute la difficulté est de
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L'amour des Maytree de
Annie Dillard
Ces Ti'Paul, ces Paulo, tous, sans exception, avaient aujourd'hui disparu. C'est eux qui lui manquaient, ces garçons dont chaque nouvelle version venait recouvrir la précédente. (…) Ah, si seulement elle pouvait les revoir une fois encore, tous ces Ti'Pol, ces Paulo désormais remplacés par d'autres ! Elle s'imaginait en train d'installer des tables de pique-nique côte à côte, sur la plage, et de mettre le couvert pour vingt-deux Ti'Pol et Paulo, ou cent vingt-deux – ou plus, en fonction de l'humeur du jour et du nombre de fractions en lesquelles Paulo se laisserait diviser. Ici rassemblés, du premier au dernier, tous les fils, un de chaque âge et de chaque taille – avec son odeur : couches mouillées, lait sucré perlant sur la tétine du biberon, sable imbibé de sel, graisse de vélo, papier kraft des sacs, huile de moteur, poisson – tous attendaient qu'on serve le dîner. Qui d'autre mieux qu'elle connaissait les goûts de chacun d'eux ? C'était une sacrée longue tablée. Elle s'accorda une minute pour les passer en revue – un Ti'Pol après l'autre, assis, pieds nus, entre son moi d'avant et son moi encore à venir. Ils n'arrêtaient pas de se pincer, de se taquiner, de se donner des bourrades. Aucun n'avait le moindre regard pour ses versions en bas-âge, sauf les tout-petits eux-mêmes. Quelle mère ne voudrait pas revoir ses enfants enfants ?
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Par agnesca, le 17/04/2011
En vivant, en écrivant de
Annie Dillard
On ne s'étonnera pas que la vie d'un écrivain - telle qu'elle est - soit d'une fadeur qui frise l'isolation sensorielle. Beaucoup d'écrivains accomplissent fort peu de choses hormis rester assis dans de petites pièces en évoquant le monde réel. Voilà pourquoi tant de livres décrivent l'enfance de l'auteur. L'enfance de l'écrivain a peut-être été l'occasion de sa seule expérience de première main. Les écrivains lisent des biographies littéraires et s'entourent d'autres écrivains, pour se convaincre obstinément de cette notion ridicule : une occupation raisonnable et digne de durer pendant tout notre séjour sur cette planète consiste à passer ce temps assis dans une petite pièce, en compagnie de bouts de papier.
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Par Theoma, le 20/09/2012
L'amour des Maytree de
Annie Dillard
L’amour lui avait si soudainement bondi dessus qu’elle pensait sérieusement que personne n’avait jamais analysé d’un peu près ce phénomène. Où en était-il question dans la littérature? Quelqu’un avait bien dû écrire quelque chose à ce sujet? Ça avait dû lui échapper. Il était temps de tout relire.
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Par Theoma, le 20/09/2012
L'amour des Maytree de
Annie Dillard
Un jour, il y a longtemps, les Maytree furent jeunes. Ils vivaient sur ce qui semble, encore aujourd'hui, la surface même de l'Antiquité : tout au bout du cap Cod, le « cap aux morues », cette sablonnière minérale exposée aux intempéries. La péninsule en cet endroit était plus qu'étroite entre deux plans d'eaux. Son altitude en moyenne était de quelques pieds au-dessus du zéro des cartes.
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Par line70, le 19/03/2011
L'amour des Maytree de
Annie Dillard
...Si je ne dis rien de tes cheveux, de tes yeux, de tes lèvres;
ton visage pourtant reste gravé dans mon âme,
et le son de ta voix à l'intérieur de mon cerveau,
et ces jours de septembre qui montent dans mes rêves
donnent forme et couleur à mes mots, à mes phrases,
quel que soit le thème que j'aborde ou la pensée que j'exprime.
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