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Bastard Battle de
Céline Minard
Et croyez bien que sur votre charette, vous repartirez les pieds devant et les coilles au bec.
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So Long, Luise de
Céline Minard
"Alors dans la tiédeur d'une nuit parisienne, contre le mur appuyée, tu m'embrasses.
Je passe la main sous tes cheveux, audacieusement, pensant toucher du bout des doigts le tissu de ton soutien-gorge, pensant déjà l'écarter mais tu ne portes rien sous la soie.
Tu as des seins minuscules dont les aréoles sont totalement détendues...
Le contact direct, infiniment doux, me révolte, révolutionne, m'électrise.
Tu dis sssht, dans mon oreille.
Viens..."
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Par ChezLo, le 14/11/2010
Le Dernier Monde de
Céline Minard
La vie était effectivement partout mais pas humaine. Il fit braquer l'oeil du satellite sur ce qu'il voulut. Les villes, les mégapoles, les anciens bouillons, les retraites. Les ermitages. Les forêts tropicales pleines de primitifs en étui pénien et cordes à seins. Les déserts. Tous vides. Grouillants d'une activité parfois débordante mais pas humaine. Rien moins qu'humaine. Les grands centres, les côtes américaines, les côtes australiennes, l'Europe, le Japon, les choses économiquement développées trépignaient d'infections mais pas d'humains. Il fouilla les gorges les plus profondes, les grottes cachées, les montagnes les plus hautes, la moindre cahute, il dut se rendre à l'évidence. La conclusion du rapport d'analyse qu'il demanda à l'ordinateur central fut, l'ultime conclusion, que le major Echampson était le dernier survivant repérable de la race Homo sapiens sapiens. Encore qu'on n'en ait pas d'image et qu'à proprement parler, on ne l'avait pas observé.
Elle s'assit dans sa tête et murmura c'est foutu. Nous sommes foutus. Vous auriez été une femme Stevens, vous auriez pu vous enfiler des éprouvettes de sperme dégelé dans l'utérus. Vous taper ensuite vos fils et vos petits fils comme on fait d'habitude dans ces cas-là et vivre une belle vie, tout reprendre. Mais il se trouve que non. C'est vous le survivant, je vous plains.
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Par Lagagne, le 10/11/2010
Olimpia de
Céline Minard
Mais je ne t'ai pas laissé crever mon Innocent, mon dit X, mon Didi, tout au contraire, je t'ai taillé, je t'ai insufflé, je t'ai porté comme un gant de chair au sommet du pouvoir, comme un masque, comme une forme de ma volonté sur l'estrade du grand cirque. Tu étais laid et je t'ai paré, tu étais pauvre et je t'ai enrichi, tu étais mol et je t'ai bandé. Sans moi, mon autorité, tu serais resté un petit nonce avachi, un monseigneur-je-ne-peux-pas, un plutôt-pas, un prélat-non-merci, une résistance d'inertie, sans moi rien du tout Didi mais avec moi en robe blanche, en pourpre, tragique, poudré à l'os, gonflé de goutte et d'hydropisie par mes oeuvres, animé par mon fluide, mon éclat, tu as été la plus grande reine de l'Etat. Une merveille de potence, un aigle ma grosse colombe, un loup sous sa louve.
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Par Lagagne, le 13/10/2010
Bastard Battle de
Céline Minard
On fit pour l'occasion percer maints tonneaux de vin clairet et vin de Beaune. Furent embrochés et mis à rost quinze moutons et trente gourretz de laict en saulce à beau moust et faicts cent platz de gelée à la Tayllevent comprenant vingt et un poussins, six lapereaux, quatre cochons, trente gigotz de veau, quatre pintes de vinaigre blanc, six aulnes de toille, gingembre, graines de paradis et quatre quarterons de mesche mis dans vingt pots de terre et six jattes. Aussi quelques douzaines de ramiers et oiseaux de rivière et gros poissons mis en leschefricte et arousé de bouyllon de beuf. Et tartes bourbonnaises et tartes de pommes et pastés de poires crues et cerises au sucre.
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Par mercure, le 01/04/2010
Olimpia de
Céline Minard
je t'arrache l'avenir en tout lieu
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Par brigetoun, le 08/03/2010
Olimpia de
Céline Minard
Le pouvoir n'est que de gueule, de la créance d'autrui, le nom qu'on crie dans les rues, rien n'est plus important, quoi qu'on en dise, en mal ou en pis. La colère du peuple n'est rien, se solde avec trois sacs d'or un jour de fête, il est infect. Je n'ai jamais acheté aucun de mes lieutenants, aucun de mes gens, je les ai vendus à eux-mêmes, à leur désir secret, à leur médiocrité, à leur mesure, leur ambition mesurée, et le besoin du maître était dans tous les corps que j'ai rencontrés.
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Les ales de
Céline Minard
C'est par une de ces nuits froides et bruissantes de mille voix basses désincarnées que je vis ma première chasse glisser dans les airs comme dans un tunnel, illuminant les cristaux de gel pendus sous la lune, plus souple, plus frémissante qu'une forêt de trembles, chuintant une musique d'enchantement d'outre-tombe, et c'est cette nuit précisément que je reçus des mains transparentes de Mab mes premières baguettes et le début de ma partition. Parce que j'étais né avec de grandes oreilles au pavillon ourlé et trois points rouge à l'épaule, parce que je me trouvais là surtout, au bord de l'étang étale nappé d'argent mobile, et que j'écoutais sans bouger depuis des heures le mince murmure inaudible d'une procession lointaine dont les filets épars tournaient et viraient mais convergeaient insensiblement vers le miroir souple de l'eau devant lequel je me tenais. Parce que je les vis finalement, dans les cieux et sur les eaux et moi avec eux, sans frémir ni cacher mes yeux, montrer leurs bosses et leurs plaies, leur étoffe et la mienne, et défiler, défiler découverts, déguisés, nus, ouverts, exposés, parce que je battis avec eux cette mesure, parce que j'avais trouvé seul le carrefour du rendez-vous, je reçus mes premières baguettes et la faculté de lever et de transfigurer.
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So Long, Luise de
Céline Minard
La cuisine,l'amour et la littérature ne se font pas seul mais se font sans témoin,il y a bien assez de monde dans ces histoires intimes.
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So Long, Luise de
Céline Minard
On ne sait pas généralement combien il est troublant de clore un livre. De fermer la porte d'une maison aimée dont on a refait la toiture tout l'été, dans laquelle on a vécu jour et nuit et que l'on quitte, soulagé et fourbu, séparé mais pas encore dépris. Ce sentiment complexe, cette fatigue repérée, délicieuse et triste comme le travail accompli, me servira bientôt. Alors, de l'avoir déjà vécu tant de fois, ce rendu, ce don à rebours des dernières feuilles habitées, l'exil me sera plus poignant et plus léger.
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Le Dernier Monde de
Céline Minard
Qu'est-ce qui leur prend ? C'est quoi ça ? Il y a un nouveau virus ? Tout le monde devient dingue en bas ? Ils courent partout les bras en l'air ala alalla, la station va nous tomber sur la tête, faites les descendre, maîtrisez-là, elle nous menace, a nous regarde avec ses petits yeux jaunes d'extraterrestre, a va nous percuter, oscour, oscour ! Mr. Bonx faites quelque chose !
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So Long, Luise de
Céline Minard
On entre à la faculté à peine sevré.Au XIX° les étudiants étaient de petits messieurs portant le costume et la pipe.Il y a cinquante ans,l'attaché-case en droit, le froc en lettres.Maintenant, ils arrivent tous en poussette.Et c'est cela que l'on appelle le vieillissement.
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So Long, Luise de
Céline Minard
Je maintiens, je dis, que pour écrire il faut avoir été ou s’être déshérité.
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Le Dernier Monde de
Céline Minard
Un type qui se tient debout les bras ballants au milieu d'un hall avec une moquette jaune a l'air d'un con.
Surtout si il est décontenancé par un sac-poubelle qu'il ne sait pas où mettre. Ridicule. Tout seul sur un coin de péninsule; le visage glabre et propre, la tête claire et bourrée de bonnes intentions et arrêté net par la première question: qu'est-ce que je fais du sac-poubelle ?
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Par gwen_, le 01/05/2013
Le Dernier Monde de
Céline Minard
Les fenêtres mollissent, mollissent, les fenêtres se balancent. Echampson se balance, la nacelle tangue, les oiseaux délirent. Puis elle incline son parapluie, et les fenêtres explosent. Un dixème de seconde, les oiseaux s'arrêtent en l'air, ils glissent. Alors, le major inspire. Ferme son pébroque et sourit. Comme s'ils n'attendaient qu'un signe, les martinets se jettent en hurlant dans les appartements ouverts.
- Waouh, vandales, j'adore!
Lawson est ravi.
- Tu vois, tu as compris? il faut faire exploser les petites bulles de vide. Rien ne doit être étanche. Le rêve est une réalité.
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Par janemar, le 19/12/2011
So Long, Luise de
Céline Minard
Une autre interprétation de la mémoire :
P42 : « L’art de la mémoire ne peut pas être, n’est pas, une entreprise de rangement de meuble épicier…….
Pour l’écriture et la solitude d’un écrivain :
P76 : « De fermer la porte d’une maison aimée dont on a refait la toiture tout l’été, dans laquelle on a vécu jour et nuit et que l’on quitte soulagé et fourbu, séparé mais pas encore dépris….. Alors de l’avoir vécu tant de fois, ce rendu, ce don à rebours des dernières feuilles habitées, l’exil me sera plus poignant et plus léger.
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Par janemar, le 19/12/2011
So Long, Luise de
Céline Minard
« Evasion fiscale » n’a jamais eu pour moi d’aspect négatif. Dans cet assemblage, le mot fiscal, à priori mal connoté, rigide, se trouve si bien allégé qu’il prend d’intéressantes tonalités vieil or, comme une lune rousse voilée par la chaleur d’un jour brûlant dans un ciel immense et noir d’encre, troué de milliards de coups d’épingles …..
« p. 33 … et ne présentait aucune disposition particulière à fournir de statistiques aux croyants pratiquants du DSM VII …..
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So Long, Luise de
Céline Minard
C e n'est pas philosopher qui est apprendre à mourir.C'est vivre de multiples vies dans des personnages dérobés et surnuméraires.Les vivre et les laisser.
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So Long, Luise de
Céline Minard
Un bon placement palatal c'est le nerf de la guerre voyez vous.
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So Long, Luise de
Céline Minard
La puissance est du côté de l'écrivain,la potentialité du côté de l'éditeur,le pouvoir dans les chiffres.