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Jacques le Fataliste de
Denis Diderot
Mon maître on passe les trois quarts de sa vie à vouloir, sans faire.
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Par Irisa, le 16/06/2009
Jacques le Fataliste de
Denis Diderot
En suivant cette dispute sur laquelle ils auraient pu faire le tour du globe sans déparler un moment et sans s'accorder, ils furent accueillis par un orage qui les contreignit de s'acheminer... -Où ? -Où ? lecteur, vous êtes d'une curiosité bien incommode ! Et que diable cela vous fait-il ? Quand je vous aurai dit que c'est à Pontoise ou à Saint-Germain, à Notre-Dame de Lorette ou à Saint-Jacques de Compostelle, en serez-vous plus avancé ? Si vous insistez, je vous dirai qu'ils s'acheminèrent vers... oui ; pourquoi pas ?... vers un château immense, au frontispice duquel on lisait : " Je n'appartiens à personne et j'appartiens à tout le monde. Vous y étiez avant que d'y entrer, et vous y serez encore quand vous en sortirez." -Entrèrent-ils dans ce château ? -Non, car l'inscription était fausse, ou ils y étaient avant que d'y entrer. Mais du moins ils en sortirent ? -Non, car l'inscription était fausse, ou ils y étaient encore quand ils en furent sortis.
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Par chartel, le 31/08/2007
Jacques le Fataliste de
Denis Diderot
Denise s'offrit à le soulager; elle prit une petite pièce de flanelle; Jacques mit sa jambe hors du lit, et Denise se mit à frotter avec sa flanelle au-dessous de la blessure, d'abord avec un doigt, puis avec deux, avec trois, avec quatre, avec toute la main. Jacques la regardait faire, et s'enivrait d'amour.
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Par ccha, le 22/03/2010
Jacques le Fataliste de
Denis Diderot
Mon maître, on passe les trois quarts de sa vie à vouloir, sans faire. [...] Et à faire sans vouloir.
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Les Bijoux indiscrets de
Denis Diderot
" Vous voyez bien cet anneau, dit-il au sultan ; mettez-le à votre doigt, mon fils.
Toutes les femmes sur lesquelles vous en tournerez le chaton raconteront leurs intrigues à voix haute, claire et intelligible : mais n'allez pas croire au moins que c'est par la bouche qu'elles parleront. -Et par où donc, ventre-saint-gris ! s'écria Mangogul, parleront-elles donc ? -Par la partie la plus franche qui soit en elles, et la mieux instruite des choses que vous désirez savoir, dit Cucufa ; par leurs bijoux. -Par leurs bijoux, reprit le sultan, en éclatant de rire : en voilà bien une autre.
Des bijoux parlants ! cela est d'une extravagance inouïe. -Mon fils, dit le génie, j'ai fait bien d'autres prodiges en faveur de votre grand-père ; comptez donc sur ma parole. Allez, et que Brama vous bénisse. Faites un bon usage de votre secret, et songez qu'il est des curiosités mal placées. " Cela dit, le cafard, hochant de la tête, se raffubla de son capuchon, reprit ses chats-huants par les pattes, et disparut dans les airs.
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Jacques le Fataliste de
Denis Diderot
Comment s'étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ils ? Que vous importe? D'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait où l'on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut.
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Par hema6, le 10/02/2011
Le Neveu de Rameau de
Denis Diderot
C'est qu'ils ne connaissent du bonheur que la partie qui s'émousse le plus vite. Je ne méprise pas les plaisirs des sens. J'ai un palais aussi, et il est flatté d'un met délicat, ou d'un vin délicieux. J'ai un coeur et des yeux ; et j'aime à voir une jolie femme. J'aime à sentir sous ma main la fermeté et la rondeur de sa gorge ; à presser ses lèvres des miennes , à puiser la volupté dans ses regards et à en expirer entre ses bras. Quelques fois avec mes amis, une partie de débauche, même un peu tumultueuse, ne me déplaît pas. Mais je ne vous dissimulerait pas, il m'est infiniment plus doux encore d'avoir secouru le malheureux, d'avoir terminé une affaire épineuse, donné un conseil salutaire, fait une lecture agréable ; une promenade avec un homme ou une femme chère à mon coeur ; passé quelques heures instructives avec mes enfants, écrit une bonne page, rempli les devoirs de mon état, dit à celle que j'aime quelques choses tendres et douces qui amènent ses bras autour de mon col.
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Jacques le Fataliste de
Denis Diderot
MARGUERITE : Et qu'est-ce que c'est qu'une femme ?
JACQUES : Une femme ?
MARGUERITE : Oui, une femme.
JACQUES : Attendez... C'est un homme qui a un cotillon, une cornette et de gros tétons.
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Par chartel, le 19/09/2010
Le Rêve de d'Alembert de
Denis Diderot
D’ALEMBERT : […] Qu’est-ce que cette liberté, qu’est-ce que cette volonté de l’homme qui rêve ?
BORDEU : Qu’est-ce ? c’est la même que celle de l’homme qui veille : la dernière impulsion du désir et de l’aversion ; le dernier résultat de tout ce qu’on a été depuis sa naissance, jusqu’au moment où l’on est ; et je défie l’esprit le plus délié d’y apercevoir la moindre différence.
D’ALEMBERT : Vous croyez ?
BORDEU : Et c’est vous qui me faites cette question ! vous qui, livré à des spéculations profondes, avez passé les deux tiers de votre vie à rêver les yeux ouverts, et à agir sans vouloir. Oui, sans vouloir, bien moins que dans votre rêve. Dans votre rêve, vous commandiez, vous ordonniez, on vous obéissait, vous étiez mécontent ou satisfait, vous éprouviez de la contradiction, vous trouviez des obstacles, vous vous irritiez, vous aimiez, vous haïssiez, vous blâmiez, vous approuviez, vous riiez, vous pleuriez, vous alliez, vous veniez.[…]
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Par hema6, le 12/02/2011
Le Neveu de Rameau de
Denis Diderot
Jeune homme, encore un mot et je te laisse. Garde toujours à l'esprit que la nature n'est pas Dieu ; qu'un homme n'est pas une machine ; qu'une hypothèse n'est pas un fait : et sois sûr que tu n'auras pas bien compris, là où tu croiras découvrir quelque chose de contraire à ces principes.