Ce n'est pas un hasard si "
Le Neveu de Rameau" - encore un chef d'œuvre de
Diderot - ne fut mis au grand jour en France que vers la fin du XIXe siècle. Car la France, après les tourments révolutionnaires, connut une longue période de régression en ce qui concerne les libertés individuelles. L'ordre moral bonapartiste ou monarchiste ne goûtait pas les pamphlets et autres satires de notre cher philosophe libertaire. Dans le cas présent,
Diderot règle ses comptes avec le parti des anti-philosophes, un groupe de dévotes, pieuses et saintes personnes, qui s'amusèrent à le contrecarrer dès qu'elles le purent, notamment en censurant ses œuvres.
Sous la forme d'un discours dialogué entre le philosophe et un certain Rameau, neveu fictif du célèbre compositeur,
Diderot épingle et ridiculise ces anti-philosophes lécheurs de bottes, mouches à miel butinant dans les plats des grands, toujours prêts à se rabaisser pour obtenir une quelconque pitance. Incapables d'affirmer leur identité propre, ils ne font que se conformer aux modes dictées par les éminentes personnalités de la haute noblesse…
Ce genre d'individus ne nous ressembleraient-ils pas ?