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Par LydiaB, le 10/01/2013
Le Désert des Tartares de
Dino Buzzati
Le soir même le lieutenant Morel conduisit en cachette Drogo sur le chemin de ronde pour lui permettre de voir le désert. Et Drogo pu contempler le monde du septentrion, la lande inhabitée à travers laquelle, disait-on, les hommes n'étaient jamais passés. Jamais, de par-là, n'était venu l'ennemi, jamais on n'y avait combattu, jamais rien n'y était arrivé.
Plus tard, seul dans sa chambre, Drogo comprenait ce qu'était la solitude et il pensait aux factionnaires qui, à quelques mètres de lui, marchaient de long en large, tels des automates, sans s'arrêter jamais pour reprendre haleine. Ils étaient des dizaines et des dizaines à être réveillés, ces hommes, tandis que lui était étendu sur son lit, tandis que tout semblait plongé dans le sommeil. Des dizaines et des dizaines, se disait Drogo, mais pour qui, pour quoi ?
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Par Lyra, le 11/03/2008
Le K de
Dino Buzzati
Nous sommes ici pour votre perte, pour vous faire damner. Nous sommes les pensées, les idées mauvaises, les tentations, les manies, les peurs, les soupçons.
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Par Blur, le 17/06/2010
Le Désert des Tartares de
Dino Buzzati
Il parut à Drogo que la fuite du temps s'était arrêtée. C'était comme si un charme venait d'être rompu. Les derniers temps, le tourbillon s'était fait toujours plus intense, puis, brusquement, plus rien, le monde stagnait dans une apathie horizontale et les horloges fonctionnaient inutilement.
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Par Rafaell3, le 31/03/2012
Le Désert des Tartares de
Dino Buzzati
Le temps passait, toujours plus rapide ; son rythme silencieux scande la vie, on ne peut s' arrêter même un seul instant, même pas pour jeter un coup d'oeil en arrière. " Arrête ! Arrête ! " voudrait-on crier, mais on se rend compte que c'est inutile. Tout s'enfuit, les hommes, les saisons, les nuages ; et il est inutile de s'agripper aux pierres, de se cramponner au sommet d'un quelconque rocher, les doigts fatigués se desserrent, les bras retombent inertes, on est toujours entraîné dans ce fleuve qui semble lent, mais qui ne s'arrête jamais
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Par ballad, le 13/07/2012
Nouvelles inquiètes de
Dino Buzzati
Je crois qu'il serait étrange que nos meubles, nos objets, nos habits, une fois que nous sommes partis pour le grand voyage, soient soudainement dépouillés de tout cet amour que, même sans y penser, nous leur avons porté si longtemps. Et qu'ils ne le fassent pas rayonner autour d'eux, surtout lorsqu'ils se trouvent seuls et que la présence des étrangers ne s'oppose pas à ce modeste enchantement.
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Par Lyra, le 11/03/2008
Le K de
Dino Buzzati
Il est toujours téméraire de juger le cœur des autres.
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Par ballad, le 04/07/2012
Nouvelles inquiètes de
Dino Buzzati
A une certaine heure, en effet, les désirs exacerbés languissent, une à une les automobiles semblables à des cachalots d'onyx partent en glissant dans la nuit, les cris et les rires s'éteignent, les groupes se dispersent, la piscine devenue noire a été désertée, seule demeure la lueur blême de la lune, la nue rousse du vingt-deuxième jour.
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Par ballad, le 15/07/2012
Nouvelles inquiètes de
Dino Buzzati
« Quelles sont les pensées qui fermentent en vous, alors que vous vous trouvez ici depuis moins de cinq minutes seulement ?
- Effectivement, fit l’un des jurés populaires, en toussotant.
- Effectivement quoi ? demanda l’avocat de la partie civile, alarmé.
- Effectivement, moi… là, là, et de sa main droite il montrait le canal noyé d’obscurité.
- Là, quoi ?
- Me jeter dans le fossé, expliqua le juré populaire d’une voix hagarde. La tête la première. Plouf. Et qu’on n’en parle plus.
- Oui, moi aussi, dit un autre juré populaire.
- Pas moi, fit un troisième. Moi, j’irais vers cette espèce d’arbre. Il a une bonne grosse branche sur le côté. On pourrait y attacher une corde.
- Et y pendouiller, approuva le quatrième juré populaire.
- Et se balancer de-ci, de-là, ajouta le cinquième.
- Pour se balancer, fit observer le sixième, il faudrait qu’il y ait du vent. Et j’ai l’impression qu’ici, le vent, on ne sait pas ce que c’est.
(…)
Ils se turent. Sur leur tête, pesaient des nuages d’un gris de plomb, lourds de pluie, chargés de mazout, amoncelés les uns par-dessus les autres pour mieux priver d’étoiles la rue Celeora.
Le magistrat poussa un soupir.
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Par strummer, le 17/02/2013
Le Désert des Tartares de
Dino Buzzati
Hélas ! il ne ressent pas de grands changements, le temps a fui si rapidement que son âme n'a pas réussi à vieillir. Et l'angoisse obscure des heures qui passent a beau se faire chaque jour plus grande, Drogo s'obstine dans l'illusion que ce qui est important n'est pas encore commencé.
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Par strummer, le 07/02/2013
Le Désert des Tartares de
Dino Buzzati
Jusqu'alors, il avait avancé avec l'insouciance de la première jeunesse, sur une route qui, quand on est enfant, semble infinie, où les années s'écoulent lentes et légères, si bien que nul ne s'aperçoit de leur fuite.