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ISBN : B00AQYVRC0
Éditeur : Robert Laffont (2012)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 451 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les rêves de gloire du jeune officier Giovanni Drogo s'arrêtent brusquement au fort Bastiani, dernière sentinelle d'une "frontière morte". Que faire ? Rester et taire les tentations de la jeunesse, ou partir et avouer sa faiblesse devant l'é... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 10 janvier 2013

    LydiaB
    On a souvent comparé le style de Buzzati à celui de Kafka. Pourtant, il existe bien une différence entre les deux. Certes, l'absurde apparaît chez l'un comme chez l'autre. Cependant, là où Kafka enferme ses personnages sans vraiment leur laisser de marge de manoeuvre, Buzzati leur laisse le choix. Et c'est bien ce qui arrive ici à ce jeune militaire, Giovanni Drogo. Affecté au fort Bastiani, Drogo découvre qu'il est loin de tout. Face à l'édifice, se trouve une vaste étendue appelée "le désert des tartares", lieu où est censé se trouver l'ennemi. Mais le règlement très codifié du fort ne lui plaît guère, Pas plus que l'isolement. Drogo cherche à partir de cette espèce de forteresse. Pourtant, elle agit sur lui comme un sortilège et, au moment où on lui donnera l'accès à la liberté, il refusera et décidera finalement de rester, attendant indéfiniment son heure de gloire, comme Vladimir et Estragon espéraient voir arriver Godot dans la pièce de Beckett.

    Roman de l'attente, roman de l'absurde, le désert des tartares est, sans conteste, un véritable chef-d'oeuvre.

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
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    • Livres 5.00/5
    Par strummer, le 18 février 2013

    strummer
    Je viens de finir ce roman et j'ai le merveilleux sentiment d'avoir lu un authentique chef d'œuvre. Ce Désert des Tartares m'a accompagné et hanté par son pessimisme et son côté torturé, puis la fin du livre m'a rassuré tout comme cet aphorisme célèbre de Nietzsche " Tout choix est un renoncement".
    L'histoire est simple : Drogo jeune officier est affecté à un fort non loin du Désert des Tartares, les jours se suivent et se ressemblent, puis deviennent des années etc... (je m'arrête là car sinon je dévoile tout le roman)
    Ce qui m'a frappé (entre autre chose) c'est la maîtrise du récit sur le plan temporel.
    Les personnages sont magnifiques et Drogo pourrait être un cousin germain de Bardamu (la révolte en moins).
    Mais le personnage clé du roman est fait de pierres, de chemin de rondes, de redoutes c'est le fort Bastiani : il parle, il chante, il change et pourtant il est immuable ; sûrement un lointain cousin de l'abbaye du nom de la rose.
    Certains passages rappellent les plus belles heures de "la grande peur dans la montagne". (le ruissellement de l'eau sur les rochers, la course des nuages..)
    Les militaires sont déterminés et en même temps plein de doutes ; ici il n'est pas question d'actes héroïques, de sabre au clair, de champs de bataille, le combat est intérieur et il se livre seul.
    C'est un roman épuré, plein d'aphorismes magnifiques et d'une fantastique sensibilité.

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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 06 septembre 2012

    lecassin
    Giovanni Drogo, fraîchement sorti de l'académie militaire qui forme les officiers reçoit son affectation : la citadelle de Bastiani, dernier rempart avant la frontière d'un territoire ennemi ; au milieu de nulle part, si tant est que le désert puisse être nulle part…
    le désert des tartares , premier roman de Dino Buzzati est l'histoire d'une attente. Celle de l'hypothétique attaque de l'Ennemi. L'officier Drogo est là, il veille… L'ennemi est là, lui aussi, tout près …et Drogo le sait …Même sans le voir, il le sent, il l'attend … il est prêt, il ne pourra pas lui échapper…Et Drogo se couvrira de gloire en le repoussant.

    Chacun selon son vécu pourra trouver matière à interprétation, dans la filiation de Kafka, de Camus, voire de Sartre…"le désert des tartares", un roman pesant, puissant, oppressant qui traite de la solitude de l'Homme traversant le désert de sa vie, du sens (ou du non-sens) de celle-ci, de l'obsédante fuite du temps … Bref, un chef d'œuvre mondialement reconnu comme tel.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ellen-R, le 07 septembre 2012

    Ellen-R
    Drogo Giovanni se voit affecté au Fort Bastiani en tant qu'officier sans aucune raison apparente. Sans le savoir, sa vie (dont on ignore étrangement le passé à part sa carrière) va basculer... sans vraiment le faire.
    Le roman est très fort, d'une puissance à laquelle on ne s'attend pas, car il ne semble rien se passer dans ce fort isolé et relativement destitué de ses fonctions. Et pourtant, on en tire quelque chose de grand. A savoir, une vraie réflexion sur l'existence dans la lignée de celles de Sartre et Camus.
    Je n'avais jamais lu de Buzzati avant de m'attaquer à ce roman, dans lequel, bizarrement, je ne me suis jamais ennuyée. Aucune action, aucune intrigue à part cette attente interminable d'un ennemi qui semble toujours prêt à débarquer, et qui ne vient pourtant jamais. Les personnages perdent totalement la notion du temps, et la très belle écriture de Buzzati nous pousse à en faire de même. le tout est réellement prenant.
    Certains passages sont tout à fait remarquables, je citerai notamment celui de la mort de l'officier Angustina qui, envahi par l'ivresse de l'attente, préfère se geler dehors plutôt que de rater l'ennemi à venir. Sa mort est une véritable sanctification très lyrique, et prodigieusement bien décrite par l'auteur. Epoustouflant et pourtant lent à souhait !
    Le Désert des Tartares est un paradoxe à lui seul. On ne vit en réalité que pour ne rien faire mais avec le désir incommensurable qu'il arrive quelque chose.

    La fin du roman est une magnifique conclusion au récit. L'auteur a subtilement su décrire cet état particulier dans lequel se retrouve son personnage. Incontournable !
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    • Livres 5.00/5
    Par johaylex, le 19 novembre 2011

    johaylex
    Avec "Le Désert des Tartares", son 1er roman, Dino Buzzatti livre un texte simple, angoissant et, en définitive, puissant sur la condition humaine.
    "Il ne se passe rien" m'avait dit mon père en me parlant de l'adaptation de ce roman en film. Et pourtant, la violence des métaphores hurle leur signification.
    Dès les premiers chapitres, l'opposition entre l'immensité des paysages décrits et la petitesse du personnage, montre l'abandon de l'homme dans le Monde.
    Avec les chapitres suivants qui étirent le temps, le vident et ne le décrivent jamais rempli, l'homme se retrouve perdu au long de sa vie.
    Pire, le désert qui, géographiquement immense, semble réduit à une ligne, à un espace invisible, vibre de paradoxes puisque les évènements tendent à le réduire de plus en plus.
    Jamais la mort n'avait été si belle allégorie, jamais la vie n'avait été décrite dans toute son absurdité apparente.
    Angoissant mais indispensable.
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Citations et extraits

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  • Par LydiaB, le 10 janvier 2013

    Le soir même le lieutenant Morel conduisit en cachette Drogo sur le chemin de ronde pour lui permettre de voir le désert. Et Drogo pu contempler le monde du septentrion, la lande inhabitée à travers laquelle, disait-on, les hommes n'étaient jamais passés. Jamais, de par-là, n'était venu l'ennemi, jamais on n'y avait combattu, jamais rien n'y était arrivé.

    Plus tard, seul dans sa chambre, Drogo comprenait ce qu'était la solitude et il pensait aux factionnaires qui, à quelques mètres de lui, marchaient de long en large, tels des automates, sans s'arrêter jamais pour reprendre haleine. Ils étaient des dizaines et des dizaines à être réveillés, ces hommes, tandis que lui était étendu sur son lit, tandis que tout semblait plongé dans le sommeil. Des dizaines et des dizaines, se disait Drogo, mais pour qui, pour quoi ?
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  • Par Rafaell3, le 31 mars 2012

    Le temps passait, toujours plus rapide ; son rythme silencieux scande la vie, on ne peut s' arrêter même un seul instant, même pas pour jeter un coup d'oeil en arrière. " Arrête ! Arrête ! " voudrait-on crier, mais on se rend compte que c'est inutile. Tout s'enfuit, les hommes, les saisons, les nuages ; et il est inutile de s'agripper aux pierres, de se cramponner au sommet d'un quelconque rocher, les doigts fatigués se desserrent, les bras retombent inertes, on est toujours entraîné dans ce fleuve qui semble lent, mais qui ne s'arrête jamais
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  • Par pile, le 27 août 2011

    Jusqu’alors, il avait avancé avec l’insouciance de la première jeunesse, sur une route qui, quand on est enfant, semble infinie, où les années s’écoulent lentes et légères, si bien que nul ne s’aperçoit de leur fuite. On chemine placidement, regardant avec curiosité autour de soi, il n’y a vraiment pas besoin de se hâter, derrière vous personne ne vous presse, et personne ne vous attend, vos camarades aussi avancent sans soucis, s’arrêtant souvent pour jouer. Du seuil de leurs maisons, les grandes personnes vous font des signes amicaux et vous montrent l’horizon avec des sourires complices ; de la sorte, le cœur commence à palpiter de désirs héroïques et tendres, on goûte l’espérance des choses merveilleuses qui vous attendent un peu plus loin ; on ne les voit pas encore, non, mais il est sûr, absolument sûr qu’un jour on les atteindra.

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  • Par Blur, le 17 juin 2010

    Il parut à Drogo que la fuite du temps s'était arrêtée. C'était comme si un charme venait d'être rompu. Les derniers temps, le tourbillon s'était fait toujours plus intense, puis, brusquement, plus rien, le monde stagnait dans une apathie horizontale et les horloges fonctionnaient inutilement.

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  • Par PhilippeMaurice, le 20 juillet 2012

    Au fur et à mesure que s'amassaient l'une sur l'autre les pages grises des jours, les pages noires des nuits, l'angoisse de ne plus avoir le temps augmentait chez Drogo et chez Ortiz (et peut-être aussi chez quelques autres vieux officiers). Insensibles à la fuite des années, les étrangers ne bougeaient jamais, comme s'ils eussent été immortels et qu'il leur fût indifférent de gaspiller par jeu de longues saisons. Le fort, en revanche, contenait de pauvres hommes, sans défense contre les attaques du temps, dont le terme ultime s'approchait. Des dates qui, jadis, avaient paru invraisemblablement reculées, apparaissaient brusquement au proche horizon, rappelant les dures échéances de la vie.
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