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ISBN : 2266149849
Éditeur : Pocket (19/10/2004)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 1272 notes)
Résumé :
Giovanni Drogo a choisi la carrière des armes. Dans une forteresse oubliée, aux confins de la frontière du Nord, il attendra de longues années, face à l'étendue aride, le début d'une guerre improbable. Jusqu'au jour où les mirages du désert s'animeront.
Traduite dans le monde entier, cette vision allégorique saisissante de notre condition, de nos illusions et de nos rêves, est devenue l'un des classiques du XXe siècle.

Les rêves de gloire du je... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
strummer
18 février 2013
  • 5/ 5
Je viens de finir ce roman et j'ai le merveilleux sentiment d'avoir lu un authentique chef d'oeuvre. Ce Désert des Tartares m'a accompagné et hanté par son pessimisme et son côté torturé, puis la fin du livre m'a rassuré tout comme cet aphorisme célèbre de Nietzsche " Tout choix est un renoncement".
L'histoire est simple : Drogo jeune officier est affecté à un fort non loin du Désert des Tartares, les jours se suivent et se ressemblent, puis deviennent des années etc... (je m'arrête là car sinon je dévoile tout le roman)
Ce qui m'a frappé (entre autre chose) c'est la maîtrise du récit sur le plan temporel.
Les personnages sont magnifiques et Drogo pourrait être un cousin germain de Bardamu (la révolte en moins).
Mais le personnage clé du roman est fait de pierres, de chemin de rondes, de redoutes c'est le fort Bastiani : il parle, il chante, il change et pourtant il est immuable ; sûrement un lointain cousin de l'abbaye du nom de la rose.
Certains passages rappellent les plus belles heures de "la grande peur dans la montagne". (le ruissellement de l'eau sur les rochers, la course des nuages..)
Les militaires sont déterminés et en même temps plein de doutes ; ici il n'est pas question d'actes héroïques, de sabre au clair, de champs de bataille, le combat est intérieur et il se livre seul.
C'est un roman épuré, plein d'aphorismes magnifiques et d'une fantastique sensibilité.

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LydiaB
10 janvier 2013
  • 5/ 5
On a souvent comparé le style de Buzzati à celui de Kafka. Pourtant, il existe bien une différence entre les deux. Certes, l'absurde apparaît chez l'un comme chez l'autre. Cependant, là où Kafka enferme ses personnages sans vraiment leur laisser de marge de manoeuvre, Buzzati leur laisse le choix. Et c'est bien ce qui arrive ici à ce jeune militaire, Giovanni Drogo. Affecté au fort Bastiani, Drogo découvre qu'il est loin de tout. Face à l'édifice, se trouve une vaste étendue appelée "le désert des Tartares", lieu où est censé se trouver l'ennemi. Mais le règlement très codifié du fort ne lui plaît guère, pas plus que l'isolement. Drogo cherche à partir de cette espèce de forteresse...
Roman de l'attente, roman de l'absurde, le Désert des Tartares est, sans conteste, un véritable chef-d'oeuvre. On tourne les pages frénétiquement et cela m'a fait le même effet que lorsque j'ai lu pour la première fois du Beckett. On aime ou on n'aime pas, mais il faut avouer que ces auteurs n'ont pas leur pareil pour placer le lecteur dans une position d'attente.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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araucaria
10 janvier 2017
  • 4/ 5
Voici un roman étrange, très particulier, hors normes presque. L'action se passe à une période indéterminée, dans un endroit imaginaire. le livre traite de la fuite du temps, mais aussi de l'ennui, de la solitude, du travail routinier, mais aussi de l'espoir qui fait que l'on accepte l'attente et qu'on espère un autre lendemain. Dino Buzzati y pointe aussi du doigt la lourdeur de l'administration, des tâches répétitives, et dévoilent les rivalités, les mesquineries, l'opportunisme. Il y fait un portrait sans concession de l'homme qui pense à sa carrière prêt à tout pour cela. Drogo, personnage principal de ce roman, être un peu trop naïf et honnête, est victime de ce système. L'action se déroule dans le fort Bastiani, les journées sont monotones, il n'y a que peu d'action dans ce livre, qui est plutôt une introspection, mais cependant la lecture n'est pas ennuyeuse du tout, même plaisante. Et ce roman de Buzzati est un très bon livre qui a bien rapidement trouvé sa place dans les grands classiques du XXe siècle. Belle découverte.
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lecassin
06 septembre 2012
  • 5/ 5
Giovanni Drogo, fraîchement sorti de l'académie militaire qui forme les officiers reçoit son affectation : la citadelle de Bastiani, dernier rempart avant la frontière d'un territoire ennemi ; au milieu de nulle part, si tant est que le désert puisse être nulle part…
Le désert des Tartares , premier roman de Dino Buzzati est l'histoire d'une attente. Celle de l'hypothétique attaque de l'Ennemi. L'officier Drogo est là, il veille… L'ennemi est là, lui aussi, tout près …et Drogo le sait …Même sans le voir, il le sent, il l'attend … il est prêt, il ne pourra pas lui échapper…Et Drogo se couvrira de gloire en le repoussant.

Chacun selon son vécu pourra trouver matière à interprétation, dans la filiation de Kafka, de Camus, voire de Sartre…"Le Désert des Tartares", un roman pesant, puissant, oppressant qui traite de la solitude de l'Homme traversant le désert de sa vie, du sens (ou du non-sens) de celle-ci, de l'obsédante fuite du temps … Bref, un chef d'oeuvre mondialement reconnu comme tel.
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UglyBetty
18 juin 2015
  • 5/ 5

L'idée du "Désert des Tartares" serait venue de l'image de l'attente routinière de l'événement chez les journalistes de "la corriere della serra" dont Buzzati, faisait partie.
Le sergent major Tronk, spécialiste du règlement, est l'incarnation de cet ordre tatillon qui enferme l'individu dans un carcan d'interdits et de devoirs dont il accepte, sans la contester, la règle.
Et au nom de la règle tous les tromperies sont permises.
"Ici,c'est comme en exil, il faut bien trouver une sorte de dérivatif, il faut bien espérer quelque chose. quelqu'un s'est monté la tête; on s'est mis à parler des Tartares. Dieu sait qui a été le premier à en parler...".
Il vaut mieux faire semblant d'y croire, comme bien d'autres...
Comme Prosdocimo, qui s'obstine à présenter son séjour, comme provisoire après 15 années.
Le mirage est trop fort et chacun semble y succomber.
Drogo, plus que les autres, nous donne l'exemple de cette victoire progressive de l'illusion sur la réalité. D'ailleurs, l'illusion de l'héroïsme se confond, pour lui avec l'illusion de départ :
" peut-être pour se prouver à lui-même qu'il était vraiment libre et tranquille".
Il croit ou - feint de croire - que l'ennemi finira par arriver,que quatre mois avaient suffi pour l'engluer...".
Il croit -ou feint de croire- qu'il pourra toujours quitter le fort quand il le voudra.
Un envoûtement insidieux s'est emparé de lui dans la forteresse Bastiani, comme Hans Castorp, le jeune bourgeois de la montagne magique
de Thomas Mann a été pris par l''enchantement du sanatorium de Davos.
Victimes d'une illusion qu'ils contribuent à entretenir, d'un mensonges dont ils sont dupes, d'un malentendu qui brouille la réalité.
Les personnage du désert des Tartares et Giovanni Drogo, plus particulièrement, semblent se débattre dans un mode d'erreurs...
Illustrations métonymiques, d'une erreur essentielle qui est celle de l'homme et de son comportement face à la vie.
Il ne s'agit pas là de glisser en arrière plan des circonstances favorables à l'erreur, mais de recentrer l'intérêt sur la question ontologique de l'identité de l'homme et de sa place dans l'univers.
Selon Dino Buzzati, l'homme "est une créature erronée
Les tartares, un mensonge? le désert, un mirage? L'attaque, un mythe? Qu'importe car ces figures de l'erreur sont indispensables au précaire équilibre qui unit l'homme au monde.
Buzzati rejoint Camus dans l'illustration du thème de l'absurde et exprime son obsession du temps "qui passe et qui dévore" et de la désillusion qui arrive toujours.
Triste consolation, mais c'est bien au moment de la mort que les hommes comprennent les choses, un peu comme "Le K" du pêcheur Stéfano, qui a fui toute sa vie le poisson monstrueux, alors que celui-ci tenait à lui délivrer la clé de l'existence.
Et Brel chanta Zingras...
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Citations & extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria09 janvier 2017
La neige tombait du ciel, très drue, blanchissant les terrasses. En la regardant, Drogo éprouva avec plus d'acuité son angoisse habituelle; en vain cherchait-il à la chasser en pensant à sa jeunesse, aux très nombreuses années qui lui restaient encore à vivre. Inexplicablement, le temps s'était mis à s'enfuir de plus en plus vite, engloutissant un jour après l'autre. Il suffisait de regarder autour de soi et déjà la nuit tombait, le soleil disparaissait à l'horizon et reparaissait de l'autre côté pour éclaircir un monde couvert de neige.
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araucariaaraucaria09 janvier 2017
Cette fois-ci, Drogo cheminait seul et il en profitait pour méditer sur sa vie. Il retournait au fort pour y rester Dieu sait combien de temps encore, au moment précis où beaucoup de ses camarades en partaient pour toujours. Ses camarades avaient été plus malins que lui, pensait Drogo, mais cela n'excluait pas non plus qu'ils eussent plus de valeur que lui : c'était peut-être là l'explication.
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araucariaaraucaria05 janvier 2017
Matti sourit, et Drogo comprit que le moment de prendre congé était venu. Mais avant cela :
- Mon commandant, demanda-t-il d'une voix calme en apparence, est-ce que je puis jeter un coup d'oeil au nord, voir ce qu'il y a par delà ces murs?
- Par delà ces murs? Je ne savais pas que vous vous intéressiez aux panoramas, répondit le commandant.
- Rien qu'un coup d'oeil, mon commandant, par simple curiosité. J'ai entendu dire qu'il y a un désert et, moi, des déserts je n'en ai jamais vu.
- Ca ne vaut pas la peine, lieutenant. Un paysage monotone, vraiment rien de beau. Croyez-moi, n'y pensez pas!
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araucariaaraucaria05 janvier 2017
Tronk, à qui Giovanni avait tout à l'heure demandé des renseignements, lui avait fait comprendre que la bonne règle était de rester éveillé.
Au lieu de cela, Giovanni Drogo, étendu sur le petit lit, hors du halo de la lampe à pétrole, fut, tandis qu'il songeait à sa vie, pris soudain par le sommeil. Et cependant, cette nuit-là justement - oh! s'il l'avait su, peut-être n'eût-il pas eu envie de dormir - cette nuit-là, justement, commençait pour lui l'irréparable fuite du temps.
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araucariaaraucaria04 janvier 2017
Ce fut un matin de septembre que Giovanni Drogo, qui venait d'être promu officier, quitta la ville pour se rendre au fort Bastiani, sa première affectation.
Il faisait encore nuit quand on le réveilla et qu'il endossa pour la première fois son uniforme de lieutenant. Une fois habillé, il se regarda dans la glace, à la lueur d'une lampe à pétrole, mais sans éprouver la joie qu'il avait espérée. Dans la maison régnait un grand silence, rompu seulement par les petits bruits qui venaient de la chambre voisine, où sa mère était en train de se lever pour lui dire adieu.
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"Le Désert des Tartares" de Dino Buzzati (Alchimie d'un roman, épisode n°12)
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