Critiques de Dino Buzzati


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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 20/02/2012


    Le K Le K de Dino Buzzati

    J'ai lu ce livre au collège, en tant que lecture imposée, mais je m'en rappelle très bien car, bien que moi, j'adorais lire, mes camarades de classe, eux, ne partageaient pas tous la même passion que moi. Et pourtant, ce livre leur a plu, à tel point que ce n'était pas un calvaire pour eux que d'avoir à le lire...bien au contraire.
    Je suis d'accord avec la plupart des critiques qui ont déjà été faites sur ce livre, aussi ne vais-je pas répéter une fois encore ce qui a déjà été dit.

    A travers des différentes nouvelles, qui ne se ressemblent en rien, il y en a pour tous les goûts, passant du réalisme au fantastique...quoi de mieux pour faire découvrir la lecture aux ados sans pour autant leur infliger un pavé de cinq-cents pages d'un coup ? Ici, ils peuvent voguer selon leur bon loisir, sauter une nouvelle si leur titre ne leur plaît pas et y revenir par la suite, sans pour autant perdre le fil de l'histoire. A découvrir et à faire découvrir !

    Critique de qualité ? (25 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Pasdel, le 24/03/2012


    L'Ecroulement de la Baliverna L'Ecroulement de la Baliverna de Dino Buzzati

    Comme toujours dans l’œuvre de Buzzati, on n’échappe aux thèmes récurrents de l’angoisse, de l’absurdité et de l’irréel. Ces courtes nouvelles (hormis le Chien qui a vu Dieu) n’échappent pas à la règle. Elles se regroupent autour d’un sentiment de mélancolie, mélancolie face à la décrépitude, face au temps qui déforme ses corps…

    La nouvelle éponyme donne de suite le ton à ce livre : absurdité et religion seront omniprésentes. Dans cette œuvre l’auteur fait plein de référence à la Bible (tour de Babel, David et Goliath…), à la religion et à Satan qui apparaît dans plusieurs nouvelles.

    A cela vient se greffer l’angoisse de l’homme face à la mort, face à son jugement, face à son existence, face à son impuissance à contrôler son destin. L’homme moderne qui pense dominer sa vie mais qui finit toujours par se perdre, par se damner. Quand les plus humbles arrivent, il y a toujours une sortie en forme de labyrinthe, labyrinthe du monde moderne, surréaliste et absurde.

    Les nouvelles sont comme souvent dans ce genre d’œuvre de qualité inégale, certaine sont de véritables pépites, révélant des mondes oniriques, voire de véritable allégories, comme l’histoire du lépreux qui veut sortir de son lazaret.
    Encore une fois un bon Buzzati à savourer à tous les degrés.


    Lien : http://leslecturesdepasdel.over-blog.com/article-l-ecroulement-de-la-balivern...

    Critique de qualité ? (23 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par johaylex, le 19/11/2011


    Le Désert des Tartares Le Désert des Tartares de Dino Buzzati

    Avec "le désert des tartares", son 1er roman, Dino Buzzatti livre un texte simple, angoissant et, en définitive, puissant sur la condition humaine.

    "Il ne se passe rien" m'avait dit mon père en me parlant de l'adaptation de ce roman en film. Et pourtant, la violence des métaphores hurle leur signification.
    Dès les premiers chapitres, l'opposition entre l'immensité des paysages décrits et la petitesse du personnage, montre l'abandon de l'homme dans le Monde.
    Avec les chapitres suivants qui étirent le temps, le vident et ne le décrivent jamais rempli, l'homme se retrouve perdu au long de sa vie.
    Pire, le désert qui, géographiquement immense, semble réduit à une ligne, à un espace invisible, vibre de paradoxes puisque les évènements tendent à le réduire de plus en plus.

    Jamais la mort n'avait été si belle allégorie, jamais la vie n'avait été décrite dans toute son absurdité apparente.

    Angoissant mais indispensable.

    Critique de qualité ? (16 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 03/07/2009


    Le Désert des Tartares Le Désert des Tartares de Dino Buzzati

    Roman de Dino Buzzati.

    Giovanni Drogo est nouvellement sorti de l'école des officiers. Sa première affectation est au fort Bastiani, à la frontière nord du pays. Ambitieux, Drogo refuse d'enterrer sa jeunesse et sa carrière dans ce bastion reculé, face à un désert immobile. Mais les années passent, et Drogo reste. Devenu capitaine, et comme tant d'autres avant lui, Drogo attend la guerre, convaincu que l'ennemi viendra du Nord, et que le fort Bastiani sera le théâtre d'affrontements glorieux. Mais rien jamais ne se passe, sauf quelques incidents et fausses alertes. Néanmoins, Giovanni Drogo se tient prêt, plein d'espoir, tendu dans l'attente de moments sublimes qui justifieront son existence sacrifiée au fort Bastiani et au désert des Tartares.

    D'abord inquiète à la lecture des premières pages, j'ai été séduite par la narration lente et désabusée. Le caractère du héros se dessine lentement, se détache et s'impose, magnifique, héros du néant. J'ai retrouvé dans ce texte certains échos du Rivages des Syrtes de Julien Graqc.

    Critique de qualité ? (12 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Marc21, le 19/06/2011


    Le Désert des Tartares Le Désert des Tartares de Dino Buzzati

    Ce livre est beau, simplement beau. Une quête réduite à néant, le temps qui passe pour cette vaine attente.
    Tout est effacé, rien ne se passe, rien ne reste.

    Critique de qualité ? (11 votes positifs)


    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 20/12/2009


    Le Désert des Tartares Le Désert des Tartares de Dino Buzzati

    Fraîchement sorti de l'académie militaire, le jeune lieutenant Drogo est affecté au Fort Bastiani, une bastille frontalière isolée dans la montagne, où vit toute une garnison. Au Nord une plaine désertique où l'on scrute, inquiet, l'horizon. Dans l'attente de l'ennemi. Des tartares.

    Il a 20 ans, le torse bombé par l'espoir et l'ambition, la vie entière s'offre à lui, avec ses promesses de grandeurs et de gloire.

    L'arrivée à Bastiani le fait déchanter. Une seule envie en arrivant: repartir. Le fort est en fait une bastide austère et modeste, curieusement fascinante. Curieusement, quelques temps plus tard, lorsque l'occasion se présentera de partir, il ne la saisira pas, comme captivé par cette endroit et cette atmosphere si particulière.

    Il se dit qu'il a tout le temp, qu'à son âge il trouvera d'autres occasions de repartir en ville et d'y mener une brillante carrière d'officier.

    Le temps passe, lent, très lent, rythmé par l'attente de l'ennemi, les fausses alertes, les parties de cartes et les tours de garde. Et Drogo est pris au piège - celui du temps et celui du fort. Il ne voit pas que le temps file à toute vitesse et que comme beaucoup d'autres, il passera des décennies ici.

    Et cet ennemi, pour lequel il est resté, et dont l'attente le fait littéralement vivre, espérer, qui ne vient toujours pas !

    Jusqu'à la chute, dramatique, et teintant l'ensemble de l'existence de Drogo d'une absurdité au sens littéral du terme: déplacé, privé de sens. Comme le manteau de dandy qu'il ressort à certaines occasions.

    Tout se rattache au temps qui passe. Pensez vous aussi au rivage des Syrtes?

    Ce roman a de multiples sens de lecture et d'analogies possibles (finalement les tartares ne symbolisent-ils pas la mort dont l'attente donne à l'existence tout son sens?) Le rythme du récit, très lent, reflète à merveille la façon dont le temps est subi par Drogo (notion de "présent perpétuel" et interminable). L'attente de l'ennemi, son invisibilité, évoque énormément La forteresse de Robert Hasz (qui a néanmoins une dimension plus kafkaienne), ainsi qu'Au Diable Vauvert de Zamiatine (qui est moins existentialiste)

    Critique de qualité ? (11 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Corboland78, le 26/03/2012


    Le Désert des Tartares Le Désert des Tartares de Dino Buzzati

    Le désert des Tartares paru en 1940 est certainement le roman le plus célèbre de l’écrivain italien Dino Buzzati (1906-1972) qui à cette époque était journaliste chroniqueur au Corriere della Sera.
    Le jeune lieutenant Drogo pour sa première affectation est envoyé à la frontière, au fort Bastiani. Le roman se déroule en un lieu qui n’est jamais cité, tout au plus sait-on que nous sommes dans « le royaume » et qu’au-delà du fort il y a « l’état du Nord ». La garnison a pour mission de surveiller le désert qui s’étend à perte de vue, dans la crainte d’une éventuelle attaque des Tartares. La vie au fort est faite de rituels et de routines, de relèves de la garde et d’échanges de mots de passe. Le temps passe inexorablement, chaque jour n’est pas un autre jour et le lieutenant Drogo qui pensait ne pas séjourner au fort longtemps avant d’être muté constate qu’il n’en est rien. Tous les officiers ne rêvent que d’une chose, une attaque des Tartares qui leur permettrait de montrer leur courage et donc d’obtenir honneurs et promotions. Le temps qui s’écoule devient un marécage dans lequel s’enlisent les esprits, paralysant les envies, et même Drogo finira par préférer rester au fort plutôt que de s’en éloigner alors qu’une ouverture s’offre à lui. Les années se succèdent, les promotions ne s’obtiennent que par l’ancienneté, bientôt Drogo devenu commandant s’aperçoit à l’aube de sa vie, qu’il est arrivé à la fin de sa carrière et que son existence s’est écoulée sans qu’il en fasse rien, si ce n’est attendre indéfiniment ces Tartares. Le destin s’avèrera cruel car c’est lorsque devenu trop vieux, trop faible et qu’on le poussera à quitter ce fort pour se reposer, que ces maudits Tartares apparaîtront à l’horizon.
    Je connaissais ce livre de réputation depuis bien longtemps mais j’en différais la lecture car je m’imaginais qu’il serait – passez-moi l’expression – chiant ! Des types coincés dans un fort et qui attendent, attendent, interminablement… résumé ainsi ça peut laisser perplexe. Heureusement il en faut plus que ça pour m’empêcher de me lancer dans une lecture, si en plus le hasard d’une brocante me met en présence de l’ouvrage pour une somme dérisoire, là je n’hésite plus. Alors, ne faites pas comme moi, n’attendez pas – le temps passe trop vite, c’est un des thèmes du bouquin – et lisez ce roman.

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    • Livres 3.00/5
    Par melusine1701, le 05/08/2010


    Le K Le K de Dino Buzzati

    La première impression qui s'est dégagée de ces nouvelles est celle d'un art consommé de la chute et de l'ironie. Le K est un monstrueux squale, redouté de tous les marins, qui s'acharne à poursuivre Stefano jusqu'à la fin de sa vie, et lorsqu'enfin il le rattrape, c'est pour lui apporter fortune et amour. Le Défunt par erreur est un peintre qui append dans les journaux sa propre mort: son entourage lui conseille de ne pas démentir, attendu qu'un artiste n'a jamais autant de succès que lorsqu'il est trépassé. Mais difficile de revenir ensuite à sa vie. Quand au Général inconnu, pourquoi ne suscite-t-il pas la même émotion, le même culte que le soldat inconnu? Non, lui, on le laissera pourrir sur le champ de bataille.
    Vision pessimiste du monde? Je pencherai plutôt pour un malin plaisir à jouer avec les attentes et les sentiments du lecteur. L'héroïne du Petit Ballon, une petite fille qui n'a pas grand chose, qui obtient à force de supplique que sa mère lui achète un beau ballon de baudruche, est une véritable aubaine pour montrer comme la cruauté des hommes peut être gratuite. Mais le chef-d'oeuvre du genre reste le célèbre Pauvre Petit Garçon!, piège mesquin pour lecteur compatissant qui abat son couperet au tout dernier mot en révélant l'identité de la maman.
    Buzzati est enfin un maître du fantastique moderne, pas celui de la terreur, de l'horreur, mais bien de l'inquiétude, de cette chose qui ne saurait s'expliquer et qui crée une histoire en modifiant très légèrement le réel. Vous avez peut-être déjà croisé Le veston ensorcelé, dans les poches duquel apparaissent des billets alors que celui qui le porte voit son entourage ruiné. Plus loin, dans L'oeuf, c'est lors d'une chasse aux oeufs de Pâques organisée pour les enfants des riches et dont la femme de chambre n'a pas pu payer le billet que l'étrange se produit: la mère menace ceux qui oseraient faire sortir sa fille, et ils s'effondrent tous les uns après les autres. On croisera encore cette Petite Circé, qui traite d'abord ses amants comme des chiens, et finit par appeler ses chiens comme ses amants... coïncidence?
    Toutes les nouvelles ne m'ont pourtant pas enchanté, j'ai trouvé quelques longueurs (dans des nouvelles, tout de même) et j'ai même parfois été un peu perplexe. Il faut croire que le monde de Buzzati doit parfois rester hermétique.

    Critique de qualité ? (10 votes positifs)


    • Livres 3.00/5
    Par fleurdusoleil, le 15/08/2010


    Le K Le K de Dino Buzzati

    Dino Buzzati ( 1908-1972), écrivain et journaliste italien, est l’auteur de ce recueil fantastique. Il fut publié la première fois en 1966 en Italie et en 1967 en France. Son titre original est “ Il Colombre”.
    Composé de 50 nouvelles toutes plus étranges les unes que les autres, ce livre peut se lire soit comme un roman classique, soit que un recueil de poème. A chacun son envie…

    Dino Buzzati décline ici l’homme au travers de mises en situation angoissantes et drolatiques. De l’étrange au sombre, il décortique l’âme humaine ( jalousie, trahison, haine, envie, peur de la mort…) Mais c’est surtout la Mort qui est omniprésente dans l’univers de Dino.
    Pour donner du corps à ses petits récits, il use intelligemment d’allégories et de métaphores. Et il n’hésite pas à ce mettre en scène et se moquer de lui-même.

    Pour vous donner un aperçu du génie de Buzzati et en essayant de vous en dire le moins possible pour ne pas vous gâcher votre lecture, voici le résumé de quelques histoires :

    Le K : Nouvelle qui donne son nom au recueil.
    Stefano va fuir toute sa vie un monstrueux squale prénommé le K par les marins. Ce géant des mers doit, selon la légende, le dévorer. Mais est-ce bien son but ?

    La Création : Celle-ci est ma préférée.
    Des architectes célestes proposent à Dieu de Créer une planète nommée Terre. Pour ce faire ils lui montrent toutes les créatures vivantes ( micro-organismes, végétaux, minéraux, animaux…) qui la peupleront. Lorsqu’on lui propose l’Homme, Dieu ne veut pas de cette chose sur sa Terre, mais fini par ce laisser convaincre. Pourtant….

    Pauvre petit garçon ! :
    Dolphi est un enfant petit et malingre. Les autres ne l’aiment pas et lui montrent bien.
    D’indifférence en humiliation, Dolphi va nourrir une haine telle qu’il deviendra le plus grand dictateur de l’histoire.

    Et bien d’autres encore, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir !

    Lu dans le cadre d’une lecture commune organisée par Mélusine. Retrouvez son avis ici.



    Lien : http://ecritureetpoesie.canalblog.com/archives/2010/08/15/18815886.html

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    • Livres 3.00/5
    Par Lyra, le 08/12/2008


    Le K Le K de Dino Buzzati


    "Le K", c'est le nom de la première nouvelles. Ca parle d'un enfant qui part un jour en mer avec son père et qui aperçoit un K (plus connu sous le nom de squale), animal réputé pour ne pouvoir être vu que par la personne que ce K a choisi de dévorer, et par sa famille... Et donc l'histoire qui en découle.
    J'aime beaucoup ce recueil parce que les histoires sont assez différentes les unes des autres, pas toutes dans le même style. La première parle du monde "marin et bateau", une autre parle d'auteur et de journalisme, une autre de la guerre, une autre d'une espèce de punition divine,...
    Certaines histoires se basent sur des faits réels, modifiés par la suite, d'autres ont une petite touche de fantastique, d'autres pourraient être le quotidien de n'importe qui. Elles peuvent être surprenantes, drôle, émouvantes. Il y en a un peu pour tous les goûts, c'est agréable.

    On peut prendre le bouquin, comme ça, n'importe quand, l'ouvrir un peu au hasard, lire une nouvelle et le refermer et passer à autre chose. D'autant plus que les nouvelles font à peine quelques pages, 8 ou 10, parfois moins.

    Critique de qualité ? (7 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Persepolis, le 08/02/2012


    Le Désert des Tartares Le Désert des Tartares de Dino Buzzati

    Dès les premières pages, j'ai été hapée par ce roman. J'ai tout de suite su que je me délecterais tout au long de ma lecture. J'ai donc préféré prendre mon temps pour savourer cette découverte, page par page. Avec le nombre de page qui diminue, on assiste impuissant à la fuite du temps qui scelle le sort de l'officier Giovanni Drogo. Alors, on ralentit la lecture, mais le temps s'égrène tout de même...

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    • Livres 5.00/5
    Par zorazur, le 13/11/2011


    Le Désert des Tartares Le Désert des Tartares de Dino Buzzati

    Le livre est très court, finalement, pour une action qui se passe sur trente ans. Il est court et il n'en est pas moins fabuleux : l'attente, attendre toujours et attendre quoi. C'est tout le sens de sa vie qui est ici en question : que fait-on de sa vie et pourquoi vivre. Et au final un retour sur soi-même et sa propre remise en cause, mais n'est-ce pas ce qu'on attend d'un livre, et n'est-ce pas en cela qu'on peut dire que le livre a atteint son but ?

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    • Livres 5.00/5
    Par jsgandalf, le 27/04/2012


    Le K Le K de Dino Buzzati

    Le « K » ça c’est un titre énigmatique. C’est vrai et l’on s’en rend compte à la sortie de ce recueil de 50 nouvelles à peut près.
    C’est encore un livre de souvenir de lycéen. Certaines histoires, c’est bizarre, sont resté, le « K » bien sur et sa fuite éperdu, mais aussi « suicide au parc » ou encore celle d’un petit garçon brimé, il me semble par sa nourrice.
    Le genre va du fantastique, à l’humour, à l’absurde en passant par un mélange des trois. Dit comme ça cela fait peur. Mais Buzzati c’est aussi quelqu’un de marqué par la guerre, la dictature et la modernité : tout ce qui broie l’âme humaine. Le ton permet d’émettre une critique acerbe de notre société que cela soit celle de notre passé proche ou notre présent. Tous ça sur fond d’écriture des années 60. Un livre conseillé dans cette période ou une certaine politique laisse un étrange goût amère, de déjà vue.

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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 24/12/2007


    Le K Le K de Dino Buzzati

    Il Colombre

    Traduction : Jacqueline Rémillet



    Eh ! bien, j'ai trouvé ce volume très inégal, chose banale, me direz-vous, et presque immanquable quand il est question de nouvelles. "Le K", qui donne son titre au recueil, est d'une excellente facture. Idem pour, entre autres, "L'Arme Secrète" (les dirigeants internationaux décèdent un à un dans des circonstances énigmatiques dès lors qu'ils commencent à parler de guerre ...), "Le Défunt par erreur" (déclaré mort suite à une erreur dans un journal, un peintre joue le jeu et voit avec stupeur la cote de ses oeuvres atteindre des hauteurs inespérées ...) ou "Pauvre petit garçon !" (vision très particulière de la jeunesse d'un certain petit Adolf ...)

    Mais d'autres, notamment le final : "Voyages aux Enfers du Siècle", ne m'ont vraiment pas "accrochée." D'autant que Buzzati fait parfois preuve d'un pessimisme - voire même d'un mépris de la femme - qui me consternent.

    Mais le plus ennuyeux, je pense, c'est que Buzzati mêle, à un sens réel du fantastique et à un jouissif humour noir, un surréalisme qui n'a jamais été ma tasse de thé. Le surréalisme me semble ici trop présent, trop absurde, perdant ainsi son authentictité. Peut-être, utilisé à doses plus réduites ...

    Enfin, cela ne m'empêchera pas de lire "Le Désert des Tartares" dont j'ai toujours trouvé l'intrigue fascinante. ;o)

    Critique de qualité ? (5 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Stemilou, le 07/01/2010


    Nouvelles Oubliees Nouvelles Oubliees de Dino Buzzati

    Quatrième de couverture

    Par un dimanche après-midi, Lord Amigon, grand propriétaire foncier à la tête du journal " The Horizon ", âgé d’environ soixante ans, rentrait à Londres après un week-end dans son château de Ghaven, quand sa voiture, dans la périphérie ouest de la ville, tomba en panne…

    Dans sa maison à l'écart de la ville, le substitut du procureur de la République, Giovanni Auer travaillait un soir au réquisitoire du procès Oleari, de demandant s'il allait ou non requérir la peine de mort, lorsqu'il entendit des bruits dans le salon attenant, vide à cette heure-ci…
    Alors qu'il filait à toute allure dans sa voiture pour la rejoindre, sur la route tortueuse qui longe le littoral, Antonio Izorni entendit derrière lui un long grincement sinistre. Il tourna la tête sans ralentir...



    Commentaire
    Voici un libre qui ne laissera pas intact tant la noirceur de la vie et les doutes s’en dégagent. J’ai été très surprise par l’écriture fluide de l’auteur, un livre de nouvelles se lit généralement très rapidement et laisse parfois un manque mais Dino Buzzati nous emporte dans son monde et ses peurs notamment la guerre que l’on retrouve au tout début du livre dans Elégance militaire puis la mort, la vie après la mort avec De nouveaux amis bien étranges où il est question d’une ville où tout le monde est en apparence très heureux mais est-ce vraiment le cas ? Est-il au paradis ?!

    On retrouve également mentionné des messagers de la mort de toute sorte que l’on retrouve dans plusieurs nouvelles comme dans Le cas Aziz Maio où il s’agit d’un pli, « il fixait d’un air effaré le soldat qui lui tendait une lettre », une lettre signifiant qu’il est l’heure de partir, puis il nous décrit la douleur (Le miracle du roi Ignazio). L’auteur nous dépeint également le péché (Le grenier) et la damnation. Tous ces sujets sont sombres, nous révèlent nos craintes et nos doutes. Mais Dino Buzzati n’écrit pas que « des choses mélancoliques et sombres » (Le retour du croquemitaine) il nous entraine aussi dans une réalité qui peut paraître fantastique et magique, il nous le démontre dans Nuit après nuit en parlant des étoiles: « … elles n’habitaient pas la nuit sous leur forme astronomique, […] ce soir il ressemblait davantage à l’espace inexploré des mages de l’Antiquité. » Un espace inexploré comme l’âme humaine dont il essaie de nous faire visiter les recoins.



    Merci à Blog-O-Book et aux Editions Robert Laffont pour l'envoi.


    Lien : http://www.stemilou-books.com/article-33984946.html

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    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 19/08/2008


    Le Désert des Tartares Le Désert des Tartares de Dino Buzzati

    En savoir plus sur Dino Buzzati :

    Dino Buzzati, né le 16 octobre 1906 à Belluno, dans la région de la Vénétie, et décédé le 28 janvier 1972 à Milan d'un cancer, est un journaliste et un écrivain italien dont l'œuvre la plus célèbre est le roman intitulé Le Désert des Tartares.

    Dino Buzzati, de son vrai nom Dino Buzzati Traverso, est le deuxième d'une famille de quatre enfants.
    Pour répondre au souhait de son père, professeur de droit, il entreprend des études de droit.

    Après son service militaire, partiellement en école d'officiers, il entre en 1928 comme stagiaire à la rédaction du grand quotidien de Milan le Corriere della Sera. Il y reste comme journaliste jusqu'à sa mort, excepté pendant la Seconde Guerre mondiale, où il sert comme officier dans la marine italienne puis comme correspondant de guerre en Afrique du Nord et en Sicile.

    Parallèlement à sa carrière professionnelle Dino Buzzati s'essaie à différentes formes d'arts comme la peinture, la gravure ou la création de décors pour la scène.

    C'est cependant son abondante œuvre littéraire qui retient l'attention par sa variété : du théâtre (Un Cas intéressant traduit en français par Albert Camus en 1956) aux recueils de nouvelles, comme Le K (en italien : Il Colombre - 1966), en passant par les contes et les romans pour la jeunesse (par exemple La fameuse invasion de la Sicile par les ours) jusqu'aux romans, dont le plus abouti et le plus célèbre est Le Désert des Tartares, publié en italien en 1940, qui se révèle une allégorie puissante de la condition humaine.

    Dino Buzzati meurt d'un cancer à Milan, en 1972.

    Les thèmes principaux de ses nouvelles sont les attitudes adoptées face à la vie, face à la mort.

    Ses nouvelles soulèvent de nombreuses interrogations sur l'humain dans la modernité à travers des histoires courtes, parfois drôles, parfois tragiques, mais qui offrent souvent un message assez clair pour qui veut y attacher un peu d'attention.

    Deux de ses romans retiennent particulièrement l'attention :

    Un Amour (1963), qui décrit la passion dévorante d'un quadragénaire (ou quinquagénaire?) pour une jeune prostituée, et ses tourments savamment entretenus par elle, ainsi que par son caractère propre (la nouvelle Iago dans Le K procède il est vrai d'une inspiration analogue).

    Et surtout Le Désert des Tartares (1949 en traduction française) : ce roman traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec dans le cadre d'un vieux fort isolé à la frontière où le lieutenant Drogo attend la gloire dont le privera la maladie.

    L'œuvre littéraire de Dino Buzzati renvoie pour une part à l'influence de Kafka par l'esprit de dérision et l'expression de l'impuissance humaine face au labyrinthe d'un monde incompréhensible mais aussi au Surréalisme, comme dans ses contes où la connotation onirique est très présente.

    Le plus convaincant des rapprochements est cependant sans doute à rechercher du côté du courant existentialiste des années 1940-1950 et de Jean-Paul Sartre avec La Nausée (1938) ou d'Albert Camus avec L'Étranger (1942), pour ne citer que des œuvres majeures contemporaines du Désert des Tartares.

    Par ailleurs ce roman, qui a œuvré à la notoriété de l'auteur et a connu un succès mondial, n'est pas dénué de rapport dans sa description d'un « présent perpétuel et interminable » avec deux autres grands classiques : Les Choses, de Georges Perec et La Montagne magique de Thomas Mann.

    Bizarrement, Buzzati n'a jamais accepté d'être considéré comme un écrivain. Il se définissait comme un simple journaliste écrivant de temps en temps des nouvelles, auxquelles il ne trouvait pas de grande valeur. Le jugement de la postérité, et même de ses contemporains, l'a largement contredit sur ce point.

    Note :
    Encore un livre que j'ai particulièrement aimé.
    Noté également le lien vers les poches, pour en lire d'autres à l'occasion.
    *
    Voir autres titres en poche : http://www.livrenpoche.com/auteur-8363.html
    *
    voir article intéressant :
    http://www.alalettre.com/international/buzzati-intro.htm

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    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 19/08/2008


    Le Désert des Tartares Le Désert des Tartares de Dino Buzzati

    souvenir de lecture... encore un...
    roman italien - une allégorie puissante de la condition humaine.
    *
    Le roman traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec dans le cadre d'un vieux fort isolé à la frontière où le lieutenant Drogo attend la gloire dont le privera la maladie.

    En effet après une longue carrière ritualisée par les activités routinières de la garnison du vieux fort Bastiani, il voit se préciser enfin l'attaque des Tartares dont l'existence apparaissait de plus en plus mythique ; mais évacué pour des raisons médicales, Drogo ne peut participer au combat et se rend compte, au seuil de sa mort, que son seul adversaire n'est pas les Tartares, mais la mort.

    Ainsi, il se rend compte que les Tartares n'étaient qu'un divertissement, une occupation, qui lui permettait d'oublier la mort, lui qui en avait extrêmement peur.


    Cette oeuvre est, avant tout, un procès au temps.

    Tout le roman est axé sur la fuite du temps.

    On peut tout rattacher à ce thème. Par exemple, le découpage du livre en trente chapitres courts et de même taille donne l'illusion d'une régularité dans l'avancée du roman.

    De même, les habitants du fort sont des malades du temps.

    C'est-à-dire qu'ils font partie des malchanceux qui, selon Buzzati, sont soumis à une terrible conscience du temps qui passe et de la mort qui approche.

    Ainsi, les deux groupes, les civils contre les militaires, sont deux groupes que tout tend à éloigner.

    Dès le chapitre 1, Drogo et son ami se séparent et ne se reparleront plus, dans l'avenir, comme avant. De même, ils ne veulent aller au château que pour la gloire, mais quand ils y arrivent, ils veulent en repartir avant de ne pouvoir et vouloir le quitter, ce qui montre leur attachement à leur déshumanisation :

    en faisant toujours les mêmes tâches (ce qui transforme le temps qui passe en un présent perpétuel, Drogo est très surpris le jour où il découvre qu'il est un vieillard et qu'il n'a rien fait de sa vie);

    en voyant toujours les mêmes personnes (ce qui aboutit à un mode de vie très sécurisant), ils ne pensent plus à la mort et ont donc gagné leur pari.

    Ces soldats, qui ont donc très peur de la mort, ont l'espoir de participer à un grand évènement, c'est-à-dire triompher des Tartares, ce qui leur permettrait d'être éternels, la postérité les retenant.

    Le règlement absurde du fort leur permet d'occuper leur esprit. La plaine, toujours remplie de brouillard, est favorable à leur imagination, au rêve, à l'espoir.

    L'interdiction d'instruments optiques pour scruter la plaine peut être perçue pour maintenir le mystère.

    Enfin, la construction de la route peut être perçue comme une métaphore de la vie : la vie se construit, et quand l'ennemi, à savoir la mort, attaque, il n'y a rien à faire face à cette force surhumaine. Les habitants sont vaincus par les Tartares, donc par la mort.

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 0.00/5
    Par Leonidas, le 04/04/2012


    Le Désert des Tartares Le Désert des Tartares de Dino Buzzati

    L'histoire de Giovanni Drogo, un homme faible envoyé par hasard au fort Bastiani, un lieu d'ennui et d'oubli où personne ne veut vraiment rester.

    On lit sa déchéance, son incapacité à s'arracher à la torpeur de ses illusions pour saisir quelque chose de valable, de réel et s'arracher à son sentiment de solitude.

    De quoi avait-il peur ? Pourquoi a-t-il consenti à ne pas vivre ?

    Critique de qualité ? (3 votes positifs)


    • Livres 0.00/5
    Par LecottagedeMyrtille, le 29/03/2012


    Le reve de l'escalier : nouvelles Le reve de l'escalier : nouvelles de Dino Buzzati

    Dino Buzzati a publié ce recueil en 1973 et s'il est moins connu que Le K, il mérite largement d'être découvert. Les nouvelles sont assez différentes les unes des autres, parfois cyniques, parfois effrayantes, souvent pessimistes.

    Buzzati renouvelle la veine fantastique en revisitant des thèmes classiques du genre (l'objet magique, le cauchemar) mais en leur instillant davantage d'angoisse et d'absurde. Il nous dépeint un univers inquiétant, en mutation, souvent lié au progrès scientifique et à l'apparition de nouvelles technologies. Journaliste de formation, il a l'art de situer l'action en quelques mots et de nous embarquer immédiatement dans un cadre en apparence réaliste qui va bientôt basculer dans l'inconnu et l'incontrôlable.

    Dans Le Rêve de l'escalier, un curieux narrateur-personnage nous dévoile sa méthode de production des rêves. Il nous emmène chez le joailler M. Minervini pour nous faire une démonstration : il l'appelle, fait du bruit, l'attire dans les escaliers pour en faire ensuite disparaître les marches une à une... Bref, le récit diabolique d'un cauchemar de plus en plus angoissant, orchestré par une sorte de mauvais génie « très demandé » dans son milieu.

    L'éléphantiasis : un procédé révolutionnaire, nouvel assemblage de molécules, permet de produire de nouveaux matériaux synthétiques, résistants et malléables à la fois, s'adaptant aux besoins de chacun. Mais cette découverte ne va pas sans quelques problèmes... de taille.
    « Imaginez qu'une poupée d'enfant croisse sans mesure, et atteigne la stature d'un éléphant. Et dans la même proportion gonflent les chaises, la télévision, le frigo, les châssis des fenêtres, la cabine de l'ascenseur. »

    Dans Les Vieux clandestins : des lunettes magiques permettent de s'adonner à un passe-temps macabre : elles permettent de voir ceux qui vont mourir à courte échéance.
    « Mais ce sont tous des vieux clandestins, invisibles, indéchiffrables, ignorants de leur sort... Des cryptovieux. Personne ne sait les reconnaître. »

    Crescendo : cette nouvelle repose sur le procédé littéraire de l'amplification, qui consiste à reprendre successivement la même histoire en la développant et en l'enrichissant, voire en lui donnant un sens nouveau. C'est ainsi que d'une histoire banale – Annie Motleri entend frapper à la porte et va accueillir un vieil ami notaire -, l'auteur imagine d'autres fragments à tonalité policière, ou plus ou moins réaliste, pour sombrer ensuite dans l'horreur et le fantastique.

    Le papillon : le sous-secrétaire à l'Ordre Public, surnommé « Le Grand bourreau » est sur le point d'être agressé par deux malfrats. Il formule alors le souhait d'échanger sa place avec une chauve-souris qu'il vient d'apercevoir dans le ciel. Devenu chauve-souris, il tente de se faire une place sans succès parmi ses nouveaux congénères. Au matin, il décide qu'il vaut mieux être un papillon mais c'est alors que...

    Mosaïque : une nouvelle originale, une juxtaposition de petits éclats de vie, sans rapport les uns avec les autres. Pensées des uns, tranches de vie des autres, dont le fantastique et le cynisme ne sont évidemment pas exclus.


    Vergetures du temps : diverses anecdotes où présent et passé s'entrecroisent l'espace d'un instant...

    Le sommet de la vague : il s'agit d'une représentation symbolique et musicale de la vie qui accorde arbitrairement la gloire à un homme avant de la lui reprendre brutalement. Le destin est figuré sous les traits d'un orchestre installé à bord d'un grand radeau tandis que la foule des hommes, au rythme de la musique, tente d'atteindre le sommet de cette vague qui promet gloire, richesse et bonheur éphémères.

    Critique de qualité ? (3 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Anassete, le 23/03/2012


    Le K Le K de Dino Buzzati

    Un découverte fantastique (dans les deux sens) avec un livre qui propose une version bilingue. L'italien est très accessible pour qui a déjà étudié un minimum la langue, et la traduction rend bien le texte italien. Plus on parcourt le livre, plus on oscille toujours entre l'angoisse et le rêve.

    Critique de qualité ? (3 votes positifs)




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