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Camille et Paul - La passion Claudel de
Dominique Bona
(Les doigts) Ils laissent leurs traces non seulement dans les esquisses ou lors du travail en cours mais dans les oeuvres les plus achevées. Il suffit de regarder de près n’importe qu’elle sculpture de Camille : l’empreinte des doigts y est toujours visible. Avant même la signature, avant toute impression d’ensemble, et bien qu’elle aime polir et lisser ses terres, ce sont eux que l’on voit d’abord, ces doigts agiles et sensuels, ces doigts puissants de Camille.
Pour modeler la terre, tous les doigts sont requis, surtout le pouce droit, mais le reste de la main travaille aussi. La paume lisse ou aplatit ; quant au coussinet, à la naissance du poignet, il permet de tasser, de compacter. Et puis, les ongles que les sculpteurs gardent aussi effilés que ceux des guitaristes ; ils tracent le sillon à la commissure des lèvres ou la ride au coin des paupières. Il y a, bien sûr, d’autres outils ; l’ébauchoir, principalement, mais aussi les mirettes, le fil d’acier, les râpes et l’os de mouton... Camille y aura recours pour compléter le travail des mains, qui restent l’outil premier, l’outil essentiel.
Après les mains de l’artiste, le corps.
Sculpter suppose de la force et une bonne santé. Les muscles des bras, dont Valéry admirait la beauté chez Camille, sont révélateurs. Pas de bras mous chez les sculpteurs.
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Par nadejda, le 05/07/2012
Berthe Morisot : Le Secret de la femme en noir de
Dominique Bona
Le noir de Manet, l'emblème de son style, c'est un noir qui brille et s'irise des autres couleur de sa palette ; ni funèbre ni sinistre, un noir dynamique et joyeux. Ardent, comme les yeux de Berthe --- la femme qui illustre le mieux la couleur qu'il préfère. p 93
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Camille et Paul - La passion Claudel de
Dominique Bona
Tel un amant délaissé, il souffre de l’abandon de Camille, il souffre de son silence. Paul est jaloux de Rodin.
D’où sa violence, l’excès sans nuance de son ressentiment.
Car l’éloignement de Camille, dès cette année 1883, s’apparente bel et bien à une trahison./.../
L’oeuvre a enchâssé le mot (trahison), ainsi que le drame personnel qu’il recouvre. Tous les drames claudéliens seront des histoires de trahison. L’amour, quel qu’il soit, ne sera qu’un mirage, «la promesse qui ne peut pas être tenue». Interdit ou coupable, jamais réciproque en tous cas, il sera invariablement voué à l’échec ou au malheur./.../
Camille la dure. L’infidèle. La sans-coeur. Elle restera le grand modèle de ces femmes, qui, dans l’oeuvre de son frère, se montrent capables d’abandonner leur propre enfant./.../
Dans leur yeux d’encre passe l’éclat fascinant et un peu effrayant de ceux de Camille.
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Claudel à propos de Rodin.
Son oeuvre ? un «carnaval de croupions» : «Il ne voit dans la nature que ce qu’elle a de plus gros»
Et le symbole de l’oeuvre ? «Un pauvre diable de derrière tout bête avec ses deux grosses joues pathétiques qui essaye de s’arracher du limon, et se travaille, et se trémousse, et demande des ailes !»
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Camille et Paul - La passion Claudel de
Dominique Bona
À propos de Camille :
L'habitante des lieux ressemble à son logis : même laisser-aller. Elle porte un vieux manteau de velours gris qui lui donne une allure de reine déchue.
[...] À 40 ans, elle ressemble à une vieille femme. Seul demeure l'éclat de des yeux.
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Par Ode, le 07/07/2012
Le manuscrit de Port-Ebène de
Dominique Bona
Il n'y a rien de plus dangereux que les rêves. Les miens tenaient une grande place dans ma vie. Ils venaient tout à coup de trouver, par une grâce du hasard ou de la chance, une occasion de s'enflammer. Les contes nourrissaient mes chimères. Ils m'entraînaient au-delà de mes désirs naïfs, au-delà des sphères de ma pauvre imagination, au-delà de moi-même et des miens, dans un royaume inconnu, sans limites et sans garde-fous, qui me semblait aussi vaste que l'univers, aussi profond que la mer.
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Par Carosand, le 02/05/2013
Stefan Zweig de
Dominique Bona
La vie est l'essentiel, le bien unique et suprême, et que l'unique et suprême péché contre l'esprit est d'y attenter.
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Par Tampopo, le 28/09/2010
Stefan Zweig de
Dominique Bona
Avec sa vue merveilleuse sur la ville et les eaux de la Salzach, avec son silence et son charme ancien, la maison de Stefan Zweig à Salzbourg, comme la villa d’Axel Munthe à Capri, bâtie sur un promontoire, à l’écart de la foule, assez vaste pour constituer un monde, sans luxe et sans confort mais avec son imposante bibliothèque, n’est pas un nid d’amour ou une demeure bourgeoise, mais un refuge d’écrivain.
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Par Tampopo, le 28/09/2010
Stefan Zweig de
Dominique Bona
Le jour où j’ai perdu mon passeport, écrira Zweig, j’ai découvert qu’en perdant son pays, on perd plus qu’un coin de terre entouré de frontières.
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Par Carosand, le 30/04/2013
Stefan Zweig de
Dominique Bona
Ce que Zweig a appris de meilleur au contact du grand poète belge Verhaeren, c'est à laisser parler cette sensibilité dont on dirait qu'il a honte, et qui sera l'un des traits les plus forts et les plus attirants de sa personnalité.
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Romain Gary de
Dominique Bona
Il a l'angoisse à fleur de peau et le démon du doute attaché à ses bottes.
"Chaque fois, je tombe dans le piège. J'oublie que vous êtes un gorille [Zanuck]. Donc je place cette banane devant moi pour me rappeler à qui j'ai l'honneur ..."
Sur le plateau, il appelle Jean "Seberg", elle répond invariablement "oui, darling"...
"La différence d'âge c'est terrible, lorsque vous avez épousé une jeune femme qui a quelques siècles de moins que vous ... Sans compter que j'ai Voltaire et La Rochefoucault sur le dos"
"J'ai toujours l'impression qu'il y a quelques chose ailleurs. Je ne sais pas. Quelque chose, quelqu'un. Que ça existe et qu'il suffit de chercher. "
Le regard d'un homme "tombé à l'intérieur de lui-même à la suite de quelque trop douloureuse collision avec la vie."
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