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Par saphoo, le 03/04/2010
L'Absence d'oiseaux d'eau de
Emmanuelle Pagano
nos livres ne sont pas des boîtes où nous enfermons les papillons, ils sont les cocons où s’agitent et s’affairent les chenilles, et nos mots, nos phrases, sont faits de soie vivante. Ils sont cet espace étroit dans lequel deux chenilles tissent, chaque jour, chaque heure. elle tapissent les parois par la bouche de baisers de mots, de caresses, de corps à corps. je passe ma main sur l’abdomen doux de la chenille. Quand ce sera fini, qui pourra dire si nous avons été amants ou jumeaux ? “
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Par saphoo, le 03/04/2010
L'Absence d'oiseaux d'eau de
Emmanuelle Pagano
Ce n’est pas simple, parce que, parfois, mes enfants sont ma prison. Ma liberté pourtant. Je me suis battue pour les garder et les élever. ils sont ma force, ma liberté , et mon mur d’enceinte. Ils m’empêchent de partir, de quitter complètement mon mari, qui les a pris dans ses bras sans question. ils m’interdisent parfois d’écrire, de vivre ma vie, et dans le même temps, en même temps ils sont ma vie. “
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Par Lucie16, le 10/07/2010
L'Absence d'oiseaux d'eau de
Emmanuelle Pagano
Le papier cousu de lettres est plus résistant que la peau, que la chair, que les muscles, ce qu'on construit ensemble est fait de mots, le texte, le tissu en est inaltérable puisque les phrases publiées seront indélébiles.
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Par brigetoun, le 29/11/2009
toucher terre de
Emmanuelle Pagano
Et la poésie est à son corps ce que les éléments, les maladies, l’isolement sont au nôtre. « La poésie qui nous chasse, et nous prend à la gorge, elle rase plus près elle blanchit plus noir (…) le seul recours des lisières, des terres, des terres à l’abandon, des fissures dans la eoche, des talus à la dérive butant contre la détresse du monde
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Par brigetoun, le 03/02/2009
Les Mains Gamines de
Emmanuelle Pagano
Comme si mes pas imprimaient les mots quelque part, mais où, je ne sais pas; pas dans la terre des vignes; mais dans une matière invisible autour de moi....Je marche, le vent d'automne remue les rosiers au bout des rangées, je pose mes pensées, elles ne se rembobinent plus, elles sont écrites, inscrites, je me souviens d'elles..."
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Emmanuelle Pagano
Tu sais, ce que je ressens pour toi n'est pas venu comme ça d'un coup, même s'il y a eu un moment de bascule dans les lettres, c'est venu petit à petit, très vite, mais petit à petit, ça n'a jamais cessé de progresser, comme les enfants grandissent, millimètre par millimètre, on ne s'en rend pas compte, et puis soudain, les enfants sont plus grands que soi. Maintenant, mon amour pour toi est comme ça, il me dépasse. Rien à voir avec les grandes pluies qui emportent la rivière en quelques minutes. Je me suis noyée tellement peu à peu que je ne m'en suis pas aperçue. Mais lorsque j'ai ouvert la bouche, elle s'est remplie d'eau."
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Emmanuelle Pagano
L'absence d'oiseaux d'eau, leur silence, m'a aidée à comprendre. Tu n'es pas là, tu n'as jamais été là, et si je me promène, même avec mon petit garçon, le paysage n'existe pas, il est faux. Un lac, deux lacs même, une étendue d'eau sans bruits d'oiseaux, sans canards, sans clac-clac-clac, sans frottements d'ailes, sans ébrouements de plumes, ça n'existe pas. C'est juste une carte postale, juste un décor de livre.