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Par isallysun, le 17/08/2011
Et si c'était ça, le bonheur? de
Francine Ruel
Près d'une petite église anglicane à la belle architecture, j'ai constaté avec une certaine tristesse qu'un très gros érable s'était amusé à jouer les effeuilleuses. Le sol était jonché de feuilles. Une mer d'ocre, d'orangé et de rouge feu. L'érable géant avait fait son grand strip-tease durant la nuit - « Show time, show time ! » Je me suis demandé quelle était cette hâte à se retrouver tout nu. Bon! Oui, je sais... Ce n'est pas parce que je ne pratique plus la mise à nu que je ne me rappelle pas comment ça se passe. Mais il y a la manière. Pourquoi ne pas faire durer le plaisir d'un spectacle haut en couleur, une feuille à la fois, au lieu d'une mise à nu en une seule nuit? La manière rapide a tout pour tuer le mystère et le désir. Il faudrait plutôt une séance d'effeuillage de type mille et une nuits. Du grand art à la Lili Saint-Cyr. J'aurais aimé assister à une danse des sept voiles lascive qui n'en finit plus de finir. Tout autour, les arbres s'en donnaient à coeur joie dans un strip-tease langoureux et sensuel en se dénudant d'une bonne partie de leurs feuilles, Le vent doux de cette fin de septembre les y aidait. J'avais envie d'arrêter le spectacle. « On ferme, on ferme! La représentation est terminée. Gardez-vous-en pour demain et pour les jours suivants.» J'avais vraiment la hantise que l'hiver arrive trop tôt, n'ayant pas eu le plaisir de jouir des jours d'été et encore moins de ceux de l'automne.
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Par isallysun, le 17/08/2011
Et si c'était ça, le bonheur? de
Francine Ruel
Une fois débarrassée des angoisses de la nuit, je me suis séchée vigoureusement pour me donner un peu de courage. [...]Ce matin-là, la rugosité de la serviette allait agir comme un gant de crin. Toutes les filles savent qu'une peau frottée avec ardeur redonne de la vitalité. [...]J'avais tout à fait besoin d'être fortement revigorée, J'y allais donc avec fougue en me passant la serviette rugueuse sur le corps. Je n'y allais pas de main morte, je courais après mon souffle.
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Par Elianthe, le 02/07/2010
coeur trouvé aux objets perdus de
Francine Ruel
«Dylan était littéralement tombée dans la lecture lorsqu’elle avait huit ou neuf ans. Et heureusement pour elle, elle n’en était jamais sortie. Un ouvrage lu était aussitôt remplacé par un autre. Elle avait fait de ses livres sa forteresse, sa grotte mystérieuse, son jardin secret. Elle lisait tout le temps, au coucher, au lever, durant ses pauses, et partout. Les banquettes du métro étaient ses lieux de prédilection ; son lit lui servait de radeau flottant sur une mer de littérature et préparait ses rêves les plus fous. Elle lisait à table, debout dans les transports en commun, quelquefois en marchant dans la rue. Elle lisait également dans son bain, où elle avait noyé quelques livres en les laissant échapper dans l’eau. Sa patience avait alors été mise à rude épreuve ; elle avait dû attendre que les pages sèchent avant de poursuivre l’histoire. La lecture était son pays de prédilection, les bras qui bercent, consolent ou poussent vers l’avant.» (P. 53-54)
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Par isallysun, le 17/08/2011
Et si c'était ça, le bonheur? de
Francine Ruel
Les hommes sont-ils inconscients au point de croire que les femmes vont les attendre au cas où ils auraient envie de revenir? Ou jusqu'à ce qu'ils soient enfin libres? Je ne suis pas en manque à ce point. Je préfère encore vivre seule jusqu'à la fin des temps plutôt que de me retrouver dans cette valse-hésitation qui m'avait laissée en petits morceaux.
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Par isallysun, le 17/08/2011
Et si c'était ça, le bonheur? de
Francine Ruel
Mais à défaut de pouvoir déguster ce banquet des dieux, si rare et si délicieux, à deux dans un lit, je faisais l'inventaire de mes nappes en prévision d'un autre genre de festin. J'ai toujours trouvé qu'on pouvait établir un parallèle entre la table et le lit. Entre les nappes et les draps. Ne dit-on pas: « Tu es belle à croquer», «Je ne ferais de toi qu'une bouchée», «Tu me plais tellement que je te mangerais!» Et certaines expressions culinaires ne font-elles pas panser aux ébats amoureux, comme «allonger la sauce», «faire monter les blancs d'oeufs», «étendre la pâte», «faire suer», «verser une larme»?
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Par isallysun, le 09/08/2011
Et si c'était ça, le bonheur? de
Francine Ruel
Un homme qui a l'air confortable, quoi! Un homme heureux d'exister. Et puis, il y a ce rire toujours sous-jacent, comme une fontainequi ne demande qu'à déborder et à éclabousser tout autour, la gourmandise des êtres, des objets, des mets et des découvertes faisant partie intégrante de sa vie.
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Par isallysun, le 09/08/2011
Et si c'était ça, le bonheur? de
Francine Ruel
Une grande paix s'installait tranquillement en moi, un calme que je ne me connaissais pas, et c'est ce qui m'effrayait au fond. Je sentais qu'il me faudrait glisser vers ce bien-être qu'il m'appelait si fort. En même temps, j'étais morte de peur devant cette évidence.
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Par isallysun, le 17/08/2011
Et si c'était ça, le bonheur? de
Francine Ruel
Il y a des matins comme ça, où tout arrive en même temps. Parfois, ce sont les tuiles qui vous tombent dessus, l'une après l'autre. À la première, on se dit que c'est le hasard. À la deuxième, on commence à se poser de sérieuses questions. À la troisième, on demande tout haut, et au Très-Haut, ce qu'on a bien pu faire ici-bas pour mériter tout cela. Et si ça se poursuit jusque tard dans la nuit, on se dit que notre vie est finie, et on supplie, à genoux et les mains jointes. tous les saints du ciel, tous les dieux existants - on ne regarde pas à la religion - de faire cesser cette pluie de malheurs. Et tant qu'à y être, pourquoi ne pas trouver une autre victime. On a même une liste à leur proposer.
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Par isallysun, le 17/08/2011
Et si c'était ça, le bonheur? de
Francine Ruel
Dans la vie, il n'y a pas que les malheurs qui vous tombent dessus. Parfois aussi - mais assez rarement, il faut dire -, les petits miracles s'empilent les uns par-dessus les autres, pour faire de votre journée un jour d'exception. Une première surprise c'est bien, deux c'est franchement mieux. À la troisième surprise agréable, on n'en croit pas ses yeux, mais quand le quatrième cadeau fait son apparition, et ce, la même journée, on se demande ce qu'on a bien pu faire pour mériter autant de bonnes choses du même coup et l'on tombe à genoux, excité et reconnaissant de tant de bonheur.
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Par isallysun, le 17/08/2011
Et si c'était ça, le bonheur? de
Francine Ruel
Une fois débarrassée des angoisses de la nuit, je me suis séchée vigoureusement pour me donner un peu de courage. [...]Ce matin-là, la rugosité de la serviette allait agir comme un gant de crin. Toutes les filles savent qu'une peau frottée avec ardeur redonne de la vitalité. [...]J'avais tout à fait besoin d'être fortement revigorée, J'y allais donc avec fougue en me passant la serviette rugueuse sur le corps. Je n'y allais pas de main morte, je courais après mon souffle.