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Par lanard, le 08/08/2010
Petit traite a l'usage de ceux qui veulent toujours avoir raison de
Georges Picard
De la fidélité aux idées
Personne n'est obligé d'être fidèle à une idée. Basta des donneurs de leçons qui vous fustigent parce que vous refusez de vous lier aux rets d'une théorie particulière, ignorant que, sous toute idée, se cache un complexe de raisons orientées dans le même sens et nouées entre elles. Il n'y a pas d'idée solitaire: la plus simple traîne derrière elle un réseau théorique. Rester fidèle à une idée, c'est donc accepter un dogme, plus ou moins consciemment, et se mettre en situation de la bétonner à chaque échange.
Pourtant, l'incontance intellectuelle a très mauvaise presse. Elle est généralement assimilée à de la faiblesse d'esprit ou à de l'opportunisme. Méfiance bizarre car, enfant, comment peut-on convaincre quelqu'un, ou se laisser convaincre par lui, si l'on accepte pas le principe de la "trahison des idées"? On dira qu'il y a une différence entre changer fréquemment d'idées - caractéristique d'un intellect volage - et se convertir exceptionnellement au point de vue d'un autre lorsque ses raisons apraissent meilleures. C'est avouer une certaine incapacité à polémiquer avec soi-même, à se départir seul de ses idées trop familières. Quel mérite y a-t-il à changer d'opinion, quand il y nécessité à le faire sous la presion d'autrui? En revanche, secouer son propre cocotier pour décrocher les idées qui ont fait leur temps, voilà ce que j'appelle la liberté d'esprit - laquelle, pour être vraiment crédible, devrait commencer par être appliquée à soi-même.
Quelqu'un a défini l'intelligence comme la faculté de comprendre les raisons qu sont opposées aux nôtrs, donc d'être capable, au moins en théorie, de les défendre avec une certaine sincérité (pour autant qu'elles sont à un niveau acceptable). Eh bien, il faut admettre que cette forme d'intelligence ne court pas les rues! La plupart des gens préféreraient couler avec leurs propres idées plutôt que d'être sauver avec celles des autres. Chaque discussion polémique les enferme un peu plus dans leur bungker. Et l'on appelle ces débats des échanges!
Un tel état des lieux n'est pas fait pour donner confiance. la rue est donc nécessaire. Par prudence, il vaut mieux entrer dans une discussion en donnant à entendre que rien, ni personne, ne nous fera admettre que l'on peut avoir tort. Même si l'on y défend une opinion fraîche de la veille, on la fera passer pour ancienne, et déjà mille fois exposée au feu. Ainsi inspirera-t-on le respect dû à la fidélité aux idées, cette vieille lune dogmatique qui excuse tout, notamment la paresse de penser.
pp. 67-69
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Par guika, le 16/05/2010
Tout le monde devraitécrire de
Georges Picard
Si un sismographe retransmettait les moindres soubresauts mentaux de celui qui cherche ses pensées par ses mots, nul doute que l'on disposerait d'un tracé erratique et serré, à peine lisible mais qui, parfois, de façon inattendue, donnerait un trait net avant de reprendre sa configuration cahoteuse. Cela pour le rythme, et ceci pour la forme: un bombardement discontinu de mots suscité par une activité cérébrale affluant irrégulièrement, avec des poches denses d'intuitions, des pointes imaginatives préverbales, des décrochages brutaux d'attention, relayés par de nouvelles cadences, tourbillonnements de la pensée, parfois fusante et féconde, parfois tâtonnante et synclinale, souvent tirée vers l'avant par les mots eux-mêmes dont les connexions s'enchaînent rapidement, s'emballent au gré de mécanismes profonds d'appel basés sur une mémoire en partie inconsciente.
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Par guika, le 17/05/2010
Tout le monde devraitécrire de
Georges Picard
J'ai connu de ces périodes découragées et décourageantes où le journal ou la télévision ont plus d'attrait qu'un livre. Alors, étant au plus bas de moi-même, l'angoisse enlevait toute saveur à ma vie. C'est que j'avais goûté auparavant à des substances intellectuelles prodigieusement roboratives, notamment à ces livres qui obligent le lecteur à poser sur l'existence un regard métamorphosé. Pour les personnes n'ayant jamais connu cette expérience bouleversante, lire un livre n'est rien de plus qu'un moyen de passer le temps ou de se changer les idées. Comment leur suggérer que la littérature possède des pouvoirs bien plus déterminants sans leur donner l'impression qu'on agite de façon grandiloquente des idées théâtrales?
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Par brigetoun, le 25/04/2010
De la connerie de
Georges Picard
J'ai parlé des cons tourmentés ; je parlerai des cons bruts de décoffrage, sans fissure apparente ou cachée, ces sortes de blocs humains de connerie qui vous font regretter d'appartenir à l'espèce. La rigidification du con par l'intérieur fournit des spécimens dangereux, non tant parce qu'ils sont cons que parce qu'ils vivent dans la certitude de ne pas l'être. Ces cons ont, en outre, la risible habitude de juger de tout. Rien de pire qu'un con fonçant droit devant lui avec la témérité du taureau et la balourdise de la vache normande.
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Par guika, le 15/05/2010
Tout le monde devraitécrire de
Georges Picard
Je retrouve dans ce leurre, par lequel nous opérons la transmutation du Réel en Idéologie, la tendance bien connue de la plupart des gens à masquer des traits de caractère derrière des raisonnements. Cette stratégie plus ou moins consciente est un bon aliment pour la chaudière littéraire.
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Par guika, le 12/05/2010
Tout le monde devraitécrire de
Georges Picard
Le plus beau de l'écriture, c'est cette tension entre ce qui est écrit et ce qui est à écrire, c'est l'usage d'une liberté qui prend ses risques en laissant ses traces.
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Par guika, le 15/05/2010
Tout le monde devraitécrire de
Georges Picard
Aujourd'hui, précisément parce que la pression extérieure a atteint un niveau presque insupportable, la sauvegarde personnelle réside dans le repliement créateur, superbement indifférent à l'indifférence générale.
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Par guika, le 12/05/2010
Tout le monde devraitécrire de
Georges Picard
Nous avons besoin de croire à une sorte d'éternité dans le temps symbolisant la réconciliation de l'homme et du réel dans la même transparence d'être.