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Par Carosand, le 19/12/2012
Julius Winsome de
Gerard Donovan
Etrangement, je me revoyais en train d'écrire ces mots en particulier, me rappelais l'odeur de la pièce, les objets aperçus au moment où je les traçais, la sensation éprouvée en formant les lettres, les vêtements portés, l'étroitesse et la sécurité du monde d'alors, la chaleur du feu, la tranquille affirmation de la part de mon père qu'il était important de posséder des livres mais qu'il importait encore plus de les lire. A présent que ce monde était parti au diable pour ne plus jamais revenir, ces souvenirs semblaient compter d'autant plus. Tout se trouve dans les livres, regarde tous ces livres, une existence entière anime ces murs.
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Par Carosand, le 18/12/2012
Julius Winsome de
Gerard Donovan
Je suis resté quelques instants devant la tombe de Hobbes, ne sachant que penser ou dire. J'aurais donné tous les livres du chalet, tout mon argent jusqu'au dernier penny pour le voir resurgir du trou. Je me serais débrouillé pour oublier toute l'affaire. Mais il n'a pas resurgi. On en était donc là.
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Par latina, le 23/04/2012
Julius Winsome de
Gerard Donovan
Quelle tristesse de jeter cette première pelletée de terre sur sa tête, de voir cette découpure effectuée dans ce corps qui avait si souvent couru après des jouets que j'avais lancés ou frissonné sur le sol au cours de rêves dans lesquels il galopait en aboyant.
La pelle entrait et sortait du faisceau lumineux tandis que la terre heurtait son ventre, son dos, pénétrait dans ses oreilles, dans ses yeux, et que je l'ensevelissais, ainsi que tout ce qui avait contribué à faire de lui ce qu'il était : ses promenades, ses moments de repos, ses repas quand il avait faim, les étoiles qu'il contemplait parfois, le jour où je l'avais amené à la maison, la première fois où il avait vu la neige, et chaque seconde de son amitié, tout ce qu'il a emporté avec lui dans le silence et l'immobilité.
J'ai jeté sur mon ami le monde entier à coups de pelle et en ai ressenti le poids, comme si j'étais étendu à ses côtés dans ces ténèbres.
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Par MurielT, le 05/05/2013
Julius Winsome de
Gerard Donovan
Aucun motif logique, aucune raison précise, aucun rêve ne m'avait poussé à agir ou n'avait fait naître un autre homme en moi. J'étais seul responsable de tous mes actes, de tout ce que j'avais fait ou n'avais pas fait, à chaque instant de ces derniers jours. Il était mon ami et je l'aimais. Un point c'est tout.
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Par MurielT, le 05/05/2013
Julius Winsome de
Gerard Donovan
L'absence d'un être arrive comme un nouvelle saison. Elle se manifeste d'abord par bribes et on la perçoit longtemps avant l'éloignement définitif
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Par Carosand, le 20/12/2012
Julius Winsome de
Gerard Donovan
Les gens sont incapables de vivre leur vie sans déranger les autres, pas moyen d'éviter tout le boucan qu'ils font partout où l'on va.
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Par Carosand, le 17/12/2012
Julius Winsome de
Gerard Donovan
Si bien que les arbres paraissaient reculer et battre en retraite, morceau par morceau, au fur et à mesure que leurs feuilles prenaient des teintes jauanes et rouille soutenu, comme s'ils muaient et semaient des lambeaux de peau morte, au début de septembre, jaunes et craquant sous les pas en octobre, avant d'être emportées par le vent en novembre.
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Par Carosand, le 18/12/2012
Julius Winsome de
Gerard Donovan
Si je devais en une phrase résumer ma vie jusque-là, je dirais qu'à un certain moment j'ai vécu dans un chalet durant cinquante et un ans.
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Par saphoo, le 19/03/2010
Julius Winsome de
Gerard Donovan
le Maine, étoile blanche qui scintille à partir de novembre et domine un coin de ciel glacial. Seules les phrases courtes et les longues pensées peuvent survivre en ce lieu. Si vous n’êtes pas septentrional des pieds à la tête et habitué à passer de longs moments tout seul, ne vous aventurez plus alors dans cette contrée. Les distances s’effondrent, le temps vole en éclats. Les enfants inscrivent leur nom en patinant sur les lacs, des luges tirent des chiens devant elles. On combat l’hiver en lisant toute la nuit, tournant les pages cent fois plus vite que tournent les aiguilles, de petites roues en actionnant une plus grande pendant tous ces mois. Un hiver dure cinquante livres et vous fixe au silence tel un insecte épinglé, vos phrases se replient en un seul mot, le temps suspend son vol, midi ou minuit c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Chaque pas s’enfonce vers le nord. Voilà l’heure du Maine, l’heure blanche.”
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Par thirdlake, le 08/09/2012
Julius Winsome de
Gerard Donovan
Si la neige est tardive ,l'hiver arrive porté par une tempete de vent qui chasse toutes les couleurs sauf le blanc,transforme les lacs en crachats gelés,tandis que les arbres dénudés éclatent et se fendent et que les forets s'étendent jusqu'à la peau illuminée et frémissante des aurores boréales.