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> Georges-Michel Sarotte (Traducteur)

ISBN : 2020959135
Éditeur : Editions du Seuil (2009)


Note moyenne : 3.61/5 (sur 96 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Julius Winsome, quinquagénaire, vit solitaire dans un chalet au coeur de la forêt du Maine. Fils et petit-fils d'anciens combattants qui lui ont transmis leur horreur de la violence, Julius ne chasse pas, contrairement aux hommes virils de la région. Il préfère chérir c... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par lehane-fan, le 04 octobre 2012

    lehane-fan
    Lorie , qui dans un texte bouleversant d'émotion faisant l'apologie de la paix dans le monde et de la crêpe beurre-sucre sans OGM , clamait haut et fort : «  moi , j'préfère rester toute seule ! « 
    Julius Winsome valide ! Seul avec ses souvenirs , loin de la violence des hommes .
    Isolé du monde , perdu au fin fonds du Maine dans son chalet antédiluvien , il compose avec la nature hostile , aidé en cela par les 3282 livres - heureux homme - tapissant les murs que son père , dont il chérit la mémoire , lui avait légué avant le grand voyage . Pacifiste dans l'âme , Julius n'aimait pas moins que sa presque seule et unique compagnie qu'il partageait fidèlement avec Hobbes , son inséparable compagnon canin d'infortune .
    Il était comme ça le gars Julius ! Triptyque magique : solitude , bouquin , Hobbes et basta ! La seule chose qu'il souhaitait , que cela perdure jusqu'à ce qu'il ne fasse plus qu'un avec cette terre glacée qu'il foula inlassablement ! Seulement voilà , il est des réveils beaucoup plus douloureux que d'autres ! La vue de son chien ensanglanté , mortellement touché par un obscur chasseur de galinettes cendrées , le fera irrémédiablement basculer dans le coté obscur de la force ! le jeu de massacre pouvait commencer...
    Voilà typiquement le genre de bouquin qui , une fois terminé , me plonge dans les affres de la désolation . Saperlipopette , il s'en est fallu de peu que je le refermasse avec le petit sourire en coin du ravi de la crèche ! Un seul mot : frustration ! Bonne histoire , belle écriture mais il y a toujours ce je ne sais quoi qui vous fait dire qu'on est passé à un cheveu de Kojak de l'excellence ! Et là , deux interrogations majeures s'imposent à l'esprit : Pourquoi ? Et si oui , comment ?
    Pourtant , le menu s'annonçait Gargantuesque ! Une nature sauvage omniprésente ; un style de vie ascétique véritablement passionnant ; un plat de vengeance qui , pour le coup , se mangeait chaud bouillant - attention , ça brûle . Non , vraiment , rien à redire sur le casting !
    Le gros point noir – façon de parler , inutile de me faire parvenir sous 48 h , le cachet de la poste faisant foi , vos tonnes de produits de beauté à fort pouvoir karcherisant sur le gracieux visage de l'ado boutonneux pré-pubère que je ne suis plus – c'est cette invraisemblance narrative qui se fait jour une fois le fidèle toutou expédié ad patres . En effet , comment imaginer qu'un homme érudit comme le Julius se transforme alors en véritable sniper des bois aveugle , irrationnel et multirécidiviste , même que l'Rambo ferait figure de gendarme Cruchot à coté ? Difficilement concevable de la part d'un esprit cartésien comme le sien . le secret , faire fi de ce petit caillou dans la chaussure et déguster cette sombre histoire de folie punitive mettant à jour l'incroyable stupidité du genre humain et glorifiant l'adage : l'homme est un loup pour l'homme !
    Julius Winsome , c'est pas moi qu'ait commencé !
    3.5 / 5
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    • Livres 4.00/5
    Par Corboland78, le 28 mars 2012

    Corboland78
    Julius Winsome est un homme solitaire habitant un chalet isolé dans les forêts du Maine. Il mène une vie simple entouré de ses trois milles livres hérités de son père et de son chien Hobbes. Dans cette contrée rude et sauvage, Julius fait figure d'exception car il ne chasse pas, non violent par tradition familiale. Un jour cet homme calme et cultivé est touché par le doigt tragique du destin, son chien est abattu à bout portant par un chasseur anonyme. A partir de ce jour Julius Winsome qui a ressorti d'une armoire le fusil Enfield que lui a légué son père, va se lancer méthodiquement dans une vengeance terrible et abattre tous les chasseurs qui séviront dans son secteur.
    Le roman est remarquablement écrit, les évènements s'enchaînent mécaniquement et c'est le coup de génie de l'auteur, Julius nous semble toujours sympathique quelque soient ses actions abominables. L'écriture posée déroule l'histoire sans à-coup, la neige tombe et recouvre la région de son lourd manteau, étouffant le drame qui se noue ; nous sommes loin d'un scénario à la Rambo dans la forme, même si le fond n'en est pas si éloigné. Il faut d'ailleurs noter que si Julius Winsome est non violent, il est particulièrement calé en armes à feu et techniques de camouflage, un vrai pro à l'égal de Rambo cité précédemment. Un excellent livre à ne rater sous aucun prétexte. Gerard Donovan est un écrivain Irlandais vivant aux Etats-Unis et c'est son premier roman traduit en France, j'attends le prochain avec impatience.
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    • Livres 5.00/5
    Par latina, le 23 avril 2012

    latina
    Ne vous aventurez jamais aux confins septentrionaux du Maine...vous risqueriez de croiser le regard de Julius Winsome et de ne pas en ressortir vivant !
    Ce roman noir m'a complètement et totalement captivée, amusée, effrayée.
    Cette obsession si prégnante ("Qui a tué mon chien?"), cette folie si shakespearienne (ne voilà-t-il pas qu'il se met à employer le vocabulaire inusité de Shakespeare), cette solitude si profonde qui l'empêche de communiquer facilement avec ses semblables, le conduisent à commettre l'irréparable, une série de meurtres. Pour mon plus grand bonheur... Car il agit en toute bonne foi et avec naïveté ! Comme on dit, on "lui donnerait le bon Dieu sans confession".
    Surtout qu'il est un fou de livres, et rien que pour cela, je lui pardonne tout.
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    • Livres 5.00/5
    Par Fredo_4decouv, le 21 juin 2012

    Fredo_4decouv
    « Si je devais en une phrase résumer ma vie jusque-là, je dirais qu'à un certain moment j'ai vécu dans un chalet durant cinquante et un ans. »
    L'histoire de Julius Winsome, c'est surtout l'histoire d'un lecteur. Un solitaire qui s'isole dans un coin de nature pour vivre sa vie comme on tourne les pages d'un livre : pages après pages, jours après jours. Une bûche au feu, de l'eau bien chaude pour le thé et le voici qui se plonge dans la lecture d'un des livres de la bibliothèque de son père. Il hume le parfum du papier, l'encre qui a servi pour élaborer les fiches des livres, les sens en éveille.
    Julius ne vit pas seul dans ce coin de nature : c'est la nature qui le berce et qui peuple ses journées de mile bruits, saveurs et images. Il ne fait qu'un avec la terre qui l'entoure.
    Il ne faut pas tenter de voir dans cette volonté de vivre seul un choix cachant une amertume particulière contre le genre humain. C'est juste une manière de se préserver. Julius dit que son père lui a appris à être fidèle. Alors quand il hérite du chalet à la mort de celui-ci, il applique le précepte paternel. Fidèle à cette terre, il sera.
    Julius se contente d'un univers peuplé de fleurs colorées qu'il cultive, d'oiseaux qu'il abreuve et nourri, de livres qu'il chérie et de son chien. Il bricole de ci de là, pour gagner de quoi subsister l'hiver venu. C'est le bonheur vu de l'intérieur. Ce n'est pas un hymne à la solitude, c'est juste qu'il vit comme ça et qu'il le fait bien, sans gêner qui que ce soit. La preuve, quand l'amour pointe son nez, il l'accueille et quand il s'en va, il le laisse partir sans rancœur. Un peu comme quand l'hiver pointe son nez emportant avec lui les vestiges des trois saisons qui ont précédé.
    « L'empreinte du Nord disparaît dès que le soleil brille à nouveau, effacée des collines et des arbres du Maine par le chiffon du soleil et par le souffle chaud de l'automne sur le bois. »
    Il vie donc de ce qui l'entoure, il est un humain en harmonie avec son environnement, à l'écoute de cette nature qui l'accueille en son sein. Il nourrie ses cinq sens, il philosophe, il se souvient, il entretien sa culture comme il entretient son feu, il est au diapason avec son monde, sans violence, sans heurt.
    Et le coup de feu annonciateur de ce premier meurtre est la fausse note qui va perturber la partition de Julius. Son chien a été mortellement atteint d'une balle à bout portant. Assimilant ce qui vient de se passer, Julius ne va pas sombrer dans une rage destructrice. Il va rester le même, sans s'embraser, en continuant à raisonner comme il l'a toujours fait, avec calme et parcimonie. Pour rétablir ce déséquilibre, il va chasser le responsable de cet acte, même si pour cela, il doit éliminer quelques innocents… Il va tuer en étant pleinement conscient de ses actes, froid, comme son environnement, sans passion, sans folie incontrôlée.
    C'est intéressant de faire le parallèle entre ce qui arrive à Julius et l'arrivée de l'hiver. Tel la morsure du froid qui va planter ses dents dans la chair des êtres qui oseront s'aventurer dans la forêt sans y être préparer, Julius va incarner ce froid implacable qui va mettre un terme à la vie de ceux qui se croyaient bien « armés » pour l'affronter.
    C'est bien sûr emprunt d'une certaine naïveté mais Julius est en accord avec lui-même. Il sait très bien que pour atteindre le coupable, il va devoir atteindre d'autres personnes. Des dommages collatéraux ? Peut être mais Julius ne le fait pas par sadisme ou par cruauté. Il le fait parce que c'est ce qui lui semble la chose à faire. C'est difficile de trouver une excuse à son geste mais c'est aussi facile de comprendre qu'il n'avait pas autre chose à faire, comme si c'était irrémédiable.
    Du coup, on serait curieux de voir ce donnerait une évaluation psychiatrique du personnage. Comment les influences de son grand père, de son père et son isolement pourraient tenter d'expliquer son geste. Comment sa déception amoureuse pourrait servir de déclencheur et facilement expliquer les évènements en voulant trouver une justification rationnelle. L'amertume par exemple. Alors que nous savons qu'il n'en est rien. La mort du chien l'a juste rendu triste. Un point c'est tout.
    « Lorsqu'un chien lève la tête et aboie tout en vous regardant un peu de biais, cela signifie qu'il est d'humeur joueuse et sait que vous le taquinez. […] Si vous ne comprenez pas son langage, tout ça n'est que du bruit. Ces types qui rodaient dans la forêt ne comprenaient pas mon langage shakespearien, me semble-t-il, même si c'était du pur anglais et que j'articulais avec soin. J'aurais pu tout aussi bien leur aboyer après. Avec le temps on devient tous des chiens. »
    Parce que le roman n'est pas une apologie du meurtre. C'est une fable de la nature. Les actes de Julius sont en fait à l'image de cet extrait. Il y a ce que l'on va se contenter de voir et ce que l'on va chercher à comprendre. C'est un peu le nœud du problème : la compréhension de l'autre. Parce que tenter de comprendre l'autre, c'est tenter de mieux se comprendre soi même. C'est aussi notre quotidien de lecteur, non ?


    Lien : http://www.4decouv.com/2009/10/julius-winsome-de-gerard-donovan.html
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    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 11 janvier 2012

    encoredunoir
    « Si je devais en une phrase résumer ma vie jusque-là, je dirais qu'à un certain moment j'ai vécu dans un chalet durant cinquante et un ans ».
    Bref, c'est toute sa vie que Julius Winsome a passé dans ce chalet au milieu des bois, dans le nord du Maine, près de la frontière canadienne. D'abord avec ses parents, puis seul, puis avec son chien, Hobbes. Et ses livres. Plus de trois mille volumes hérités de son père qui tapissent les murs de ce chalet. Jusqu'au jour où il retrouve Hobbes agonisant après qu'un chasseur lui a tiré dessus à bout portant. C'est là que tout bascule. Julius veut trouver le coupable. Il sort le fusil de sniper que son grand-père a ramené de la Grande Guerre et part à la chasse aux chasseurs, supputant qu'un complot a été ourdi contre lui depuis plusieurs années. Julius sombre peu à peu dans une folie meurtrière.
    Il est vrai que, dit ainsi, on s'attendrait à un thriller relativement classique, une espèce de Rambo du troisième âge (toutes nos excuses à nos lecteurs quinquagénaires, mais cela sonnait mieux que « Rambo de l'âge mûr »). On en est loin. Car Gerard Donovan joue plutôt la carte de l'introspection dans ce récit à la première personne. Il en ressort l'extrême solitude de cet homme tranquille qui, pour ne jamais quitter la quiétude de son chalet familial a sacrifié toute vie sociale jusqu'à ce qu'il fasse deux rencontres : une femme et un chien. Une femme qui l'a abandonné, un chien fidèle mais qui se fait donc tuer. Dans ce coin perdu des États-Unis, aux abords d'une petite ville où tout le monde se connaît plus ou moins et où rien ne semble s'oublier, Julius ressasse, cherche les traces d'un complot et passe du statut d'homme solitaire et tranquille à celui de tueur impitoyable. Lui qui a été élevé dans le respect de toute vie mais aussi dans les récits de guerre de son père et de son grand-père devient un assassin de sang-froid.
    Voici donc un roman plutôt original avec quelques jolies trouvailles, en particulier l'utilisation du lexique shakespearien par Julius, qui se lit avec une certaine curiosité et, parfois, fascination. On y trouvera peut-être certaines longueurs, des développements dont on ne perçoit pas forcément le sens et même quelques éléments qui peuvent sembler incohérents (comment cet homme qui n'a quasiment jamais touché un fusil – dans son adolescence qui plus est – peut-il devenir ce tireur à la précision diabolique ?).
    Il n'en demeure pas moins que la poésie qu'arrive à y instiller Donovan, l'empathie qu'il réussit à susciter chez le lecteur, donnent une force certaine à son récit. Une curiosité qui vaut le coup d'œil en attendant confirmation de ce talent que l'on découvre là.



    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-julius-winsome-de-gerard-d..
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Citations et extraits

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  • Par Carosand, le 19 décembre 2012

    Etrangement, je me revoyais en train d'écrire ces mots en particulier, me rappelais l'odeur de la pièce, les objets aperçus au moment où je les traçais, la sensation éprouvée en formant les lettres, les vêtements portés, l'étroitesse et la sécurité du monde d'alors, la chaleur du feu, la tranquille affirmation de la part de mon père qu'il était important de posséder des livres mais qu'il importait encore plus de les lire. A présent que ce monde était parti au diable pour ne plus jamais revenir, ces souvenirs semblaient compter d'autant plus. Tout se trouve dans les livres, regarde tous ces livres, une existence entière anime ces murs.
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  • Par latina, le 23 avril 2012

    Quelle tristesse de jeter cette première pelletée de terre sur sa tête, de voir cette découpure effectuée dans ce corps qui avait si souvent couru après des jouets que j'avais lancés ou frissonné sur le sol au cours de rêves dans lesquels il galopait en aboyant.
    La pelle entrait et sortait du faisceau lumineux tandis que la terre heurtait son ventre, son dos, pénétrait dans ses oreilles, dans ses yeux, et que je l'ensevelissais, ainsi que tout ce qui avait contribué à faire de lui ce qu'il était : ses promenades, ses moments de repos, ses repas quand il avait faim, les étoiles qu'il contemplait parfois, le jour où je l'avais amené à la maison, la première fois où il avait vu la neige, et chaque seconde de son amitié, tout ce qu'il a emporté avec lui dans le silence et l'immobilité.
    J'ai jeté sur mon ami le monde entier à coups de pelle et en ai ressenti le poids, comme si j'étais étendu à ses côtés dans ces ténèbres.
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  • Par saphoo, le 19 mars 2010

    le Maine, étoile blanche qui scintille à partir de novembre et domine un coin de ciel glacial. Seules les phrases courtes et les longues pensées peuvent survivre en ce lieu. Si vous n’êtes pas septentrional des pieds à la tête et habitué à passer de longs moments tout seul, ne vous aventurez plus alors dans cette contrée. Les distances s’effondrent, le temps vole en éclats. Les enfants inscrivent leur nom en patinant sur les lacs, des luges tirent des chiens devant elles. On combat l’hiver en lisant toute la nuit, tournant les pages cent fois plus vite que tournent les aiguilles, de petites roues en actionnant une plus grande pendant tous ces mois. Un hiver dure cinquante livres et vous fixe au silence tel un insecte épinglé, vos phrases se replient en un seul mot, le temps suspend son vol, midi ou minuit c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Chaque pas s’enfonce vers le nord. Voilà l’heure du Maine, l’heure blanche.”
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  • Par steppe, le 05 mars 2014

    Vrai, je l'avais traité comme un bébé, et d'aucuns trouvent ça anormal de traiter un animal comme un être humain, alors que tant de malheureux crèvent de faim. Commençons par nourrir ceux qui n'ont rien à se mettre sous la dent ! Sans doute ces gens-là nourrissent-ils ces affamés dès qu'ils en ont l'occasion, je n'en ai aucune idée. Grand bien leur fasse ! Libre à eux de faire ce qu'ils veulent dans leur monde, du moment qu'ils ne pénètrent pas dans le mien.
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  • Par Carosand, le 17 décembre 2012

    La maison avait été construite autour d'une aire de silence... Mon père était un grand lecteur, et de longs rayonnages s'étendaient à partir du poêle à bois sur les murs de la salle de séjour jusqu'à la cuisine, ainsi qu'à droite et à gauche jusqu'aux deux chambres à coucher, bibliothèques de quatre étagères contenant tous les livres acquis ou lus par mon père, ce qui revenait au même, car il lisait vraiment tout. J'étais donc entouré de trois mille deux cent quatre-vingt-deux-livres, reliés en cuir, premières éditions ou livres de poche, tous en bon état, rangés par ordre alphabétique et répertoriés sur des listes écrites au stylo. La bibliothèque couvrant les murs de tout le chalet et certaines pièces, plus éloignées du poêle, étant plus sombres et plus froides que d'autres, il y avait donc des romans chauds et des romans froids. Le nom de beaucoup d'auteurs de romans froids commençait par une lettre venant après J et avant M, ainsi, des écrivains comme Johnson, Joyce, Malory et Owen demeuraient au fond, près des chambres à coucher. Mon père appelait le chalet "un avant-poste d'Alexandrie dans le Maine", en hommage à la bibliothèque grecque, et son grand plaisir, au retour du travail, était d'étendre ses chaussettes devant le feu, qui se mettaient bientôt à fumer, puis, vêtu de son épais chandail et après avoir allumé sa pipe, il me demandait d'aller lui chercher tel ou tel livre. Je me rapelle la sensation des pages froides entre mes mains comme je le lui apportais. Je regardais le livre se réchauffer près du feu sous son regard et quand il avait terminé sa lecture j'allais remettre le livre chaud sur son étagère, le reglissais à sa place, un peu plus difficilement, la chaleur l'ayant fait un rien gonfler.
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