> Georges-Michel Sarotte (Traducteur)

ISBN : 2020959135
Éditeur : Editions du Seuil (2009)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 52 notes) Ajouter à mes livres
Julius Winsome, quinquagénaire, vit solitaire dans un chalet au coeur de la forêt du Maine. Fils et petit-fils d'anciens combattants qui lui ont transmis leur horreur de la violence, Julius ne chasse pas, contrairement aux hommes virils de la région. Il préfère chérir c... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Corboland78, le 28 mars 2012

    Corboland78
    Julius Winsome est un homme solitaire habitant un chalet isolé dans les forêts du Maine. Il mène une vie simple entouré de ses trois milles livres hérités de son père et de son chien Hobbes. Dans cette contrée rude et sauvage, Julius fait figure d'exception car il ne chasse pas, non violent par tradition familiale. Un jour cet homme calme et cultivé est touché par le doigt tragique du destin, son chien est abattu à bout portant par un chasseur anonyme. A partir de ce jour Julius Winsome qui a ressorti d'une armoire le fusil Enfield que lui a légué son père, va se lancer méthodiquement dans une vengeance terrible et abattre tous les chasseurs qui séviront dans son secteur.
    Le roman est remarquablement écrit, les évènements s'enchaînent mécaniquement et c'est le coup de génie de l'auteur, Julius nous semble toujours sympathique quelque soient ses actions abominables. L'écriture posée déroule l'histoire sans à-coup, la neige tombe et recouvre la région de son lourd manteau, étouffant le drame qui se noue ; nous sommes loin d'un scénario à la Rambo dans la forme, même si le fond n'en est pas si éloigné. Il faut d'ailleurs noter que si Julius Winsome est non violent, il est particulièrement calé en armes à feu et techniques de camouflage, un vrai pro à l'égal de Rambo cité précédemment. Un excellent livre à ne rater sous aucun prétexte. Gerard Donovan est un écrivain Irlandais vivant aux Etats-Unis et c'est son premier roman traduit en France, j'attends le prochain avec impatience.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 11 janvier 2012

    encoredunoir
    « Si je devais en une phrase résumer ma vie jusque-là, je dirais qu'à un certain moment j'ai vécu dans un chalet durant cinquante et un ans ».
    Bref, c'est toute sa vie que Julius Winsome a passé dans ce chalet au milieu des bois, dans le nord du Maine, près de la frontière canadienne. D'abord avec ses parents, puis seul, puis avec son chien, Hobbes. Et ses livres. Plus de trois mille volumes hérités de son père qui tapissent les murs de ce chalet. Jusqu'au jour où il retrouve Hobbes agonisant après qu'un chasseur lui a tiré dessus à bout portant. C'est là que tout bascule. Julius veut trouver le coupable. Il sort le fusil de sniper que son grand-père a ramené de la Grande Guerre et part à la chasse aux chasseurs, supputant qu'un complot a été ourdi contre lui depuis plusieurs années. Julius sombre peu à peu dans une folie meurtrière.
    Il est vrai que, dit ainsi, on s'attendrait à un thriller relativement classique, une espèce de Rambo du troisième âge (toutes nos excuses à nos lecteurs quinquagénaires, mais cela sonnait mieux que « Rambo de l'âge mûr »). On en est loin. Car Gerard Donovan joue plutôt la carte de l'introspection dans ce récit à la première personne. Il en ressort l'extrême solitude de cet homme tranquille qui, pour ne jamais quitter la quiétude de son chalet familial a sacrifié toute vie sociale jusqu'à ce qu'il fasse deux rencontres : une femme et un chien. Une femme qui l'a abandonné, un chien fidèle mais qui se fait donc tuer. Dans ce coin perdu des États-Unis, aux abords d'une petite ville où tout le monde se connaît plus ou moins et où rien ne semble s'oublier, Julius ressasse, cherche les traces d'un complot et passe du statut d'homme solitaire et tranquille à celui de tueur impitoyable. Lui qui a été élevé dans le respect de toute vie mais aussi dans les récits de guerre de son père et de son grand-père devient un assassin de sang-froid.
    Voici donc un roman plutôt original avec quelques jolies trouvailles, en particulier l'utilisation du lexique shakespearien par Julius, qui se lit avec une certaine curiosité et, parfois, fascination. On y trouvera peut-être certaines longueurs, des développements dont on ne perçoit pas forcément le sens et même quelques éléments qui peuvent sembler incohérents (comment cet homme qui n'a quasiment jamais touché un fusil – dans son adolescence qui plus est – peut-il devenir ce tireur à la précision diabolique ?).
    Il n'en demeure pas moins que la poésie qu'arrive à y instiller Donovan, l'empathie qu'il réussit à susciter chez le lecteur, donnent une force certaine à son récit. Une curiosité qui vaut le coup d'œil en attendant confirmation de ce talent que l'on découvre là.



    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-julius-winsome-de-gerard-d..
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Horsdutemps, le 06 septembre 2011

    Horsdutemps
    Vous savez ce que c'est quand vous êtes fâché avec quelqu'un et que la situation vous pèse. Tout ce que vous faites est habité par cette fâcherie. C'est là. Toujours. Un poids sur la nuque. Une veilleuse infatiguable. Ca abîme vos jours. Ca habite vos nuits.
    Et puis l'un des deux fait le premier pas. Et tout s'envole. Ca ne révolutionne pas la vie mais, au moins, on n'a plus l'impression d'être cloué au fond. Les choses reprennent leur cours. Plus légèrement.
    Voilà. J'ai vécu ça. J'ai été fâchée avec la lecture pendant plus d'un mois. L'envie de lire m'a lâchée pendant plus d'un mois. Et j'ai eu peur que ça ne revienne jamais. Pendant plus d'un mois, j'ai cogité, analysé, ruminé, j'ai maudit et envié ceux qui, sur leurs blogs, rendaient compte de leurs extases répétées.
    Pendant plus d'un mois, j'ai hanté les rayons de la Fnac. Dans un premier temps, j'ai lu toutes les quatrièmes de couverture, sans qu'aucune ne fasse tilt. Ensuite, j'ai juste tripoté les bouquins, regardé les couvertures. Après, je me suis contentée de ranger ce qui dépassait, juste intéressée par le fait que ce soit bien géométrique tout ça. Je précise que je ne travaille pas à la Fnac. J'y ai juste fait le ménage au mois de mars, par désespoir (y'en a qui se droguent par désespoir, moi je range... chez les autres!).
    Et puis, j'ai arrêté d'y aller. J'ai arrêté d'espérer. J'ai tiré un trait. Je me suis déclarée veuve.
    J'ai commencé à lire Courrier International avant de dormir... Et je suis (très vite) passée aux prospectus Leclerc... Et la honte s'est ajoutée au désespoir.
    Samedi, en passant devant la Fnac, je me suis dit qu'il fallait que j'aille ranger un peu parce que , vu le monde, ça devait être un joyeux bordel au rayon littérature.
    Sur une tête de gondole, la lecture a fait le premier pas vers une réconciliation.
    Une couverture : un chalet, des arbres, un homme seul dans la neige. Elle sait qu'avec l'âge, j'ai des envies d'isolement, des envies de nature, des envies de vie simple (j'ai aussi des envies de cachemire et sacs à main par dizaines mais bon...)
    Autre approche, le titre : Julius Winsome. Julius et son pote Minucius Felix m'ont offert un 17 en littérature latine à la fac. Je crois que je leur dois ma licence... (je crois aussi aux signes et à l'art de se la péter sans avoir l'air d'y toucher!)
    Et pour être sûre de me ferrer : la quatrième de couv'...


    Julius Winsome vit seul avec son chien, Hobbes, au fin fond du Maine le plus sauvage. Eduqué dans le refus de la violence et l'amour des mots, ce doux quinquagénaire ne chasse pas, contrairement aux hommes virils de la région. Il se contente de chérir les milliers de livres qui tapissent son chalet. La vision de Hobbes ensanglanté et mourant le changera en tueur fou... La folie, la violence, la frontière entre civilisation et barbarie au cœur d'une très belle fiction, tout ensemble poétique et allégorique.



    J'ai ouvert, lu l'incipit et j'ai su. J'ai filé vers la caisse avec mon butin.
    Aimerez-vous ce livre ? Une seule question se pose : "Vous aimez les chiens?" (Michel Drucker, si tu nous regardes...). Moi j'aime les chats mais c'est pareil, ça marche aussi. Je n'ai jamais lu de pages aussi belles sur la relation entre un homme et sa bête. Julius parle de son chien, de son caractère, de ses attitudes, du manque ( le chien se fait buter dès la page 2... Les filles, démaquillez-vous avant de lire et préparez les mouchoirs; les gars... pareil). C'est ce qui m'a le plus touchée, le manque dans le quotidien. La façon dont notre animal est associé à notre routine.
    Julius est un homme de peu de mots mais c'est un homme qui aime les mots, les murs de son chalet sont tapissés de livres, il lit et "parle" Shakespeare depuis sa plus tendre enfance. Il est lettré, il est fin, mais la perte de son chien et l'indifférence voire le mépris du monde face à ce fait va lui faire perdre la boule. La mort de son chien signe la fin de toute pensée rationnelle. Ce traumatisme ouvre-t-il la brèche pour qu'une folie existante monte à la surface ? La confrontation de Julius à la cruauté des hommes (à la réalité, quoi) provoque-t-elle cette folie ? Je ne sais pas.
    J'ai aimé. Un bémol cependant : je pense qu'il faut le lire d'une traite. J'ai coupé et malheureusement j'ai eu du mal à être embarquée à la reprise. Peut-être faut-il être sous le coup du meurtre de Hobbes pour se sentir concerné par la folie de Julius.
    Voilà, c'était une belle réconciliation.
    La joie des retrouvailles n'aura que peu duré vu que là, on s'engueule déjà sur "la solitude des nombres premiers"...



    Lien : http://horsdutemps.hautetfort.com/archive/2010/04/12/2b363dccf2ed0e3..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par latina, le 23 avril 2012

    latina
    Ne vous aventurez jamais aux confins septentrionaux du Maine...vous risqueriez de croiser le regard de Julius Winsome et de ne pas en ressortir vivant !
    Ce roman noir m'a complètement et totalement captivée, amusée, effrayée.
    Cette obsession si prégnante ("Qui a tué mon chien?"), cette folie si shakespearienne (ne voilà-t-il pas qu'il se met à employer le vocabulaire inusité de Shakespeare), cette solitude si profonde qui l'empêche de communiquer facilement avec ses semblables, le conduisent à commettre l'irréparable, une série de meurtres. Pour mon plus grand bonheur... Car il agit en toute bonne foi et avec naïveté ! Comme on dit, on "lui donnerait le bon Dieu sans confession".
    Surtout qu'il est un fou de livres, et rien que pour cela, je lui pardonne tout.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie, le 07 mars 2010

    Folfaerie
    L'histoire est d'une parfaite simplicité : un homme d'une cinquantaire d'années vit seul dans son petit chalet au milieu de la forêt, quelque part dans le Maine. Son seul compagnon est son chien Hobbes. Ses journées s'étirent, immuables et paisibles : lire au coin du feu (Julius possède 3282 livres), s'occuper de Hobbes, nourrir les oiseaux du jardin, planter des fleurs... bref, une petite vie qui semblerait monotone mais qui lui convient parfaitement. Sans la présence des chasseurs qui envahissent les bois à chaque saison, ce serait presque le paradis.
    Un jour d'hiver, Julius entend des coups de fusil bien près de sa maison. Et quelques heures plus tard, il trouve le cadavre de son chien. Abattu à bout portant.
    Que se passe-t-il dans la tête de cet homme si paisible ? La mort de son chien le fait vaciller, c'est son petit univers qui s'écroule, c'est à nouveau la solitude qui va s'installer... Un tel crime peut-il rester impuni ? Sûrement pas. Pour Julius l'heure de la vengeance à sonné...
    J'ai lu ici et là, notamment de la part de critiques professionnels que Julius se transforme en tueur fou. Je ne suis pas tout à fait d'accord...
    Curieusement, et malgré les actes de Julius, une sorte de connivence s'installe avec le lecteur. J'ai fini par me mettre à la place de Julius et comprendre son geste. Une empathie certaine. Y a-t-il de la folie dans sa décision ? Je n'en suis pas certaine... La fin du roman, qui m'a un peu dérangée, me conforte dans ma pensée. C'est là d'ailleurs la grande force du roman. car si l'auteur nous livre quelques éléments de la vie de Julius, et notamment ses rapports avec son père, le spectre des guerres passées, la rencontre avec Claire, il évite de tomber dans le piège de l'explication psychologique. La vengeance de Julius est simplement décrite, l'écrivain ne juge pas son personnage, il se borne à nous le montrer agissant en accord avec ses propres principes et sa logique. L'homme et la nature se confondent, glacé et hostile mais empreint d'une certaine pureté.
    L'atmosphère du roman rappelle à la fois Rick Bass (dans Winter) car la nature y est merveilleusement décrite ainsi que le quotidien de Julius, qui vit en harmonie avec la forêt et les saisons. Et puis j'ai évidemment pensé à Edward Abbey car la décision de Julius, excessive et lourde de conséquences, n'est pas sans évoquer certains passages de romans d'Abbey.
    Le wilderness contre la civilisation ? Ce qui est certain, c'est que par delà les actes de cet homme solitaire, c'est ce constat qui s'impose. Dans une interview, Jim Harrison a dit, en parlant de sa magnifique nouvelle, Légendes d'automne, que si on gratte un tout petit peu le vernis de la civilisation d'un homme, on retrouve rapidement le primitif qui sommeille. Julius lit beaucoup, surtout de la poésie, mais aussi Shakespeare. Dans les oeuvres du grand écrivain anglais, la vengeance est omniprésente. Et n'oublions pas que le nom du chien, Hobbes, est celui du philosophe à qui l'on doit cette affirmation : "l'homme est un loup pour l'homme". le choix du nom n'est donc pas innocent... Car à bien y réfléchir, et si l'on se place du point de vue de Julius, ce n'est pas lui le barbare, mais bien ces envahisseurs, ces chasseurs assoiffés de sang, qui imposent leur loi et bouleversent sa vie.
    Voilà, que dire de plus ? C'est un beau roman qui donne à réfléchir sur la nature humaine, et dans lequel on sent passer le souffle du vent et l'âpreté de l'hiver.


    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-julius-winsome-..
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Citations et extraits

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  • Par latina, le 23 avril 2012

    Quelle tristesse de jeter cette première pelletée de terre sur sa tête, de voir cette découpure effectuée dans ce corps qui avait si souvent couru après des jouets que j'avais lancés ou frissonné sur le sol au cours de rêves dans lesquels il galopait en aboyant.
    La pelle entrait et sortait du faisceau lumineux tandis que la terre heurtait son ventre, son dos, pénétrait dans ses oreilles, dans ses yeux, et que je l'ensevelissais, ainsi que tout ce qui avait contribué à faire de lui ce qu'il était : ses promenades, ses moments de repos, ses repas quand il avait faim, les étoiles qu'il contemplait parfois, le jour où je l'avais amené à la maison, la première fois où il avait vu la neige, et chaque seconde de son amitié, tout ce qu'il a emporté avec lui dans le silence et l'immobilité.
    J'ai jeté sur mon ami le monde entier à coups de pelle et en ai ressenti le poids, comme si j'étais étendu à ses côtés dans ces ténèbres.
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  • Par saphoo, le 19 mars 2010

    le Maine, étoile blanche qui scintille à partir de novembre et domine un coin de ciel glacial. Seules les phrases courtes et les longues pensées peuvent survivre en ce lieu. Si vous n’êtes pas septentrional des pieds à la tête et habitué à passer de longs moments tout seul, ne vous aventurez plus alors dans cette contrée. Les distances s’effondrent, le temps vole en éclats. Les enfants inscrivent leur nom en patinant sur les lacs, des luges tirent des chiens devant elles. On combat l’hiver en lisant toute la nuit, tournant les pages cent fois plus vite que tournent les aiguilles, de petites roues en actionnant une plus grande pendant tous ces mois. Un hiver dure cinquante livres et vous fixe au silence tel un insecte épinglé, vos phrases se replient en un seul mot, le temps suspend son vol, midi ou minuit c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Chaque pas s’enfonce vers le nord. Voilà l’heure du Maine, l’heure blanche.”
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  • Par ivredelivres, le 10 février 2009

    « Novembre arrive dans le Maine du nord porté par un vent cinglant qui souffle du Canada. Il traverse sans entrave la forêt clairsemée, drape de neige les berges des rivières et les flancs des coteaux. Le lieu est solitaire, non seulement en automne et en hiver, mais d’un bout de l’année à l’autre. Le temps est gris et rude, les espaces sont vastes et désolés, et le vent du nord balaie tout sans pitié, vous arrachant même parfois certaines syllabes de la bouche ».

    « je n’attendais rien et rien n’est arrivé. Une épaisse couche de glace s’est glissée dans mon coeur. Je l’ai sentie s’installer, gripper les soupapes et apaiser le vent qui soufflait dans ma carcasse. je l’ai entendue se plaquer sur mes os, insérant du silence dans les endroits fragiles, dans tout ce qui était brisé. Mon coeur a alors connu la paix du froid ».
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  • Par Corboland78, le 28 mars 2012

    « Et je l’ai perdue à l’instant même. Je ne savais pas qui était l’autre type, mais j’ai eu l’impression qu’elle l’avait en fait fréquenté tout ce temps et qu’entre elle et moi c’était fini. Tout cela s’est passé il y a des années, mais aujourd’hui encore je garde un œil sur les arbres, parfois blancs, parfois verts, dans l’espoir qu’un beau soir elle va émerger pour me rejoindre, et puis je comprends que ce n’est qu’un rêve et que de toute façon je serais incapable de l’accueillir à nouveau. Elle a choisi sa vie, le moindre détail, la moindre parcelle. Peut-être que les évènements n’ont pas de cause, que les choses se passent ainsi uniquement parce que les gens les font.
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  • Par latina, le 23 avril 2012

    J'ai du mal à croire à la malchance qu'a eue ton grand-père d'être ainsi rattrapé, m'avait dit mon père.
    Rattrapé? avais-je répété.
    Oui. Ils (les nombreux soldats sur lesquels il avait tiré en tant que tireur d'élite) l'ont rattrapé. Ca arrive après la bataille.
    Voilà. Un fusil quitte le champ de bataille chargé de morts. Ton grand-père avait dû souvent voir leur visage dans la lunette de visée, la mine surprise de l'homme touché, qui se demande pourquoi c'est lui qui a été blessé et non pas son voisin ou un homme à l'autre bout du rang, voire un soldat sur un autre champ de bataille.
    Ils avaient été tellement stupéfaits, ces hommes, qu'ils ont rampé sur les mains durant 20 ans, et quand ils ont fini par l'atteindre il dormait dans son lit. Ils ont alors appuyé le bout de leurs doigts sur ses rêves et les ont crevés comme si c'était de la gelée, y ont pénétré, puis se sont redressés. Il les a vus dans cette gelée, absolument tous, vêtus de leur uniforme, les pieds en capilotade dans leurs brodequins, après le long voyage pour envahir ses rêves. Ils ont pointé un doigt sur lui en disant : Tu te souviens de moi? Tu m'as tué.
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