Même les blogueurs le savent, et pas seulement les romanciers: la première phrase doit accrocher le lecteur et par conséquent être bien soignée. Comme celle-ci, par exemple:
"Dès que je le vis, je sus que Léopold Wiesbeck m'appartiendrait. J'avais onze ans, il en avait vingt-cinq."
C'est l'incipit de
La Plage d'Ostende.
Je viens de le terminer dans son édition en Livre de Poche de 1991.
J'avais déjà eu ce livre en main il y a bien longtemps: j'ai toujours aimé la mer, j'avais épousé un Ostendais, ce livre était fait pour moi, pensai-je en le découvrant un jour à la bibliothèque communale. Je m'étais donc assise sur la banquette de bois qui fait face aux rayonnages et j'en avais immédiatement attaqué la lecture. Mais d'Ostende il n'était pas question, ni de mer, ni de plage. le livre était fort bien écrit, ça oui, mais je l'ai remis à sa place dans les rayons. L'histoire d'amour passion d'une fillette de onze ans ne me convainquait pas.
Quand je l'ai repris en main récemment, vingt ans après, j'ai tout de suite ressenti cette même impression. Et malgré toutes les critiques dithyrambiques que j'avais lues depuis à son propos, j'ai dû par moments me forcer un peu à en poursuivre la lecture.
Tout simplement parce que cette narratrice est si loin de moi. Si sûre d'elle, si calculatrice, si affreusement cynique. Elle m'a paru monstrueuse, mais d'une monstruosité qui ne m'a pas fascinée ni intriguée.
Elle ne m'a rien rappelé de connu, voilà sans doute l'explication?
Lien : http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2011/07/12/j-comme-jacqueline..