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La recherche de la couleur de
Jean-Marc Parisis
Tout était affaire de regard. Ceux à qui il restait des yeux pour voir se passaient très bien de caméras de surveillance. Le spectacle était bestial. Les politiques dansaient sur le fumier. La pensée pendait à des crocs de boucher. Les ouvriers étaient dissous dans l'acide financier. Les enfants cognaient leurs parents. L'amour était l'autre nom de la vanité. L'hystérie avait pris corps. La poésie avait valeur de regret. Le temps, celui qui donnait une chance, une petite chance, au jeu, à la liberté, s'était compressé, réduit à une peau de chagrin. Les jeunes étaient vieux. Les vieux étaient morts. Les morts étaient oubliés. Des colonnes de fantômes défilaient de l'infirmerie psy aux poubelles de la Toile. On fabriquerait bientôt de nouveaux vaccins contre la modestie, la mémoire, le secret. Sur les Champs, Baudelaire m'avait repris en écharpe : "Je demande à tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie."
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Les aimants de
Jean-Marc Parisis
Elle est arrivée, et pour moi le monde en fut changé. Elle est partie, le monde bascule encore.../... Marqués autant par ce que nous fûmes que par ce que nous ne fûmes pas l'un pour l'autre... Comme toute histoire incomplète, elle ne s'achèvera pas. Cela me donne du temps, le temps qu'il me reste, pour réfléchir au sens de l'amour.
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Les aimants de
Jean-Marc Parisis
En général, il n'y a pas d'amour heureux. L'amour est inquiet, mendiant, il devient vite un droit à tyranniser l'autre.
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La recherche de la couleur de
Jean-Marc Parisis
Vertigineux de penser que je n'ai jamais eu l'idée de toi...
...que je n'ai jamais pensé à toi...
d'une manière ou d'une autre...
Les hommes que j'ai imaginés selon mon désir ou ma volonté...
les hommes de mes rêves ne te ressemblaient pas...
Tu étais inimaginable...
Avec toi, je suis sortie de ma pensée...
j'en suis tombée...
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Les aimants de
Jean-Marc Parisis
Je ne la reverrai plus, je ne l'entendrai plus ici-bas. Elle a quitté la salle des pas perdus. Mais le vent subtil qu'elle levait partout où elle passait n'a pas fini de me réveiller. Il traverse encore ses pages, y souffle sans s'arrêter. Il continuera de courir, attisant la question qu'elle se posait et à laquelle elle tenait tant : comment vivre ?
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Les aimants de
Jean-Marc Parisis
nos noms débutaient par la même lettre, nous étions réunis par l'alphabet.
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Les aimants de
Jean-Marc Parisis
Ava ne rejoindra jamais le cortège des disparus dont on s'arrange de l'absence en se disant que c'est la vie. Pas plus qu'elle ne rentrera dans le rang du souvenir, dans l'ordre figé de la mémoire. Elle a toujours trop bougé, refusé les places, les rôles... Elle était si humble et si orgueilleuse qu'elle ne postulait à rien, pas même au souvenir.Et elle avait raison, car le souvenir ne dit rien qui vaille et ne parle que d'oubli. Ce que je ne lui ai pas dit, ce que je n'ai pas fait pour elle, je m'en chargerai d'une autre façon....
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Avant, pendant, après de
Jean-Marc Parisis
Accoudée au balcon, elle fumait en passant une main dans ses cheveux.
La première fois que je l’ai vue, je ne l’ai pas vue, je l’ai aimée de dos. Je savais que lorsqu’elle se retournerait, ce serait pire. Blonde avec des traits de brune. Ses yeux brillaient d’une lumière mystérieuse et familière qui semblait venir du fond de l’enfance...
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Les aimants de
Jean-Marc Parisis
La vie est un rêve dont on se réveille mort.
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Avant, pendant, après de
Jean-Marc Parisis
En temps de paix, la douleur d'amour est la seule peine considérable. Celle que l'on ne soupçonnait pas, qui vous étonne, vous perd, vous épouvante par son pouvoir de déportation, d'avancement, de transcendance.... Et l'angoisse qui vous étreint n'est pas celle de mourir, mais d'accepter la nouvelle vie que vous fait la douleur...