-
Par Kittiwake, le 21/12/2011
La maison qui glissait de
Jean-Pierre Andrevon
Quand l'impossible devient norme, tout est possible
-
Par gill, le 20/04/2012
Neutron de
Jean-Pierre Andrevon
Cette longue cassure, ce coup de sabre dans la peau brune de la plaine, c'était une rivière : je m'y étais baigné avant, gosse, mais plus en aval il est vrai, non loin de l'embouchure sur l'océan. Mais aujourd'hui, ce n'est plus qu'une cicatrice sèche, comme il doit y en avoir beaucoup de par la terre.
Depuis que nous sommes arrivés à l'abri, et que j'ai retrouvé ce cours vide de son eau, je suis obsédé par le désir stupide de le remonter jusqu'à sa source, vers ces montagnes que l'on distingue très loin à l'est, quand le temps est pur, comme un léger coup de pinceau d'un bleu à peine plus soutenu que celui du ciel, pour découvrir la cause de ce tarissement, bien que je sois certain de trouver à l'endroit où l'eau jaillissait du sol un amoncellement de roches vitrifiées, découpées en parallélépipèdes, en prismes multiformes, et si miroitant au soleil, se renvoyant de face en face un crépitement incessant de couleur, de l'or, de l'argent, du bleu, du rouge, tout un kaléidoscope merveilleux et de si horrible signification, comme celui que nous avions traversé déjà, entre le premier abri et celui-là...
(extrait de "Manger !")
-
Par gill, le 20/04/2012
Cela se produira bientôt de
Jean-Pierre Andrevon
Majestueuse, la fusée Titan s'éleva sur son socle tremblant de lumière solaire. Des échafaudages s'écroulèrent, de mystérieux éléments rectangulaires de bois ou de métal volèrent à travers le ciel d'un bleu très pâle, tantôt minces bâtonnets d'un noir d'encre, tantôt particules étincelantes, suivant que leur orbe tournoyante faisait coïncider ou non leur surface avec les rayons du soleil matinal. La fusée continua de percer lentement l'azur creux, s'amenuisant peu à peu sans changer d'inclinaison dans sa perspective fixe, sans avoir réellement de monter.
Steve McEnnery saisit dans sa main aux doigts trapus et aux ongles noirs une moitié de brique qui traînait dans le caniveau, balança son bras d'avant en arrière. La brique fusa dans un éclair orangé, traversa la vitre qui s'étoila dans un rire étranglé, vint s'encastrer juste au centre de l'écran de télévision...
(extrait de "Dans les mines de Mars")
-
Par gill, le 19/04/2012
Retour a la terre. collection presence du futur n° 189. de
Jean-Pierre Andrevon
Le recueil que vous avez entre les mains est né avec la grande spontanéité que donne l'absorption massive d'alcool : deux des auteurs y figurant se trouvaient réunis un soir dans un estaminet, rempli de verres et de bouteilles, en la digne compagnie de Henri Baudin, universitaire bien connu pour son ouvrage d'étude sur lace-fiction. Fort de ce compagnonnage qui donnait à nos libations une allure officielle, l'un d'entre nous demanda à Baudin de nous délivrer un sujet de dissertation que nous nous faisions une obligation de traiter sur le champ, sur le vif.
Après un instant d'intenses réflexions, au cours duquel le professeur, saisissant à pleines mains son front qu'il a vaste et qui couvre une multitude de rouages en action, le sujet nous fut servi par petites doses, entrecoupées d'ingestions glougloutantes de certains liquides ambrés et miroitant sous les néons...
(extrait de la préface)
-
La maison qui glissait de
Jean-Pierre Andrevon
Sans autre mot superflu, les trois hommes se mirent en marche vers la scintillante frontière de brume. Derrière eux, Roger Vincenzini avait empoigné l'extrémité de la corde nouée au piton. L'appréhension au ventre, il se mit à compter mentalement. Un, deux, trois… Nicolas Falcoz, qui avait pris la tête de la cordée, fut le premier, au onzième pas exactement, à disparaître dans le pan de mercure. Un soupir collectif souligna l'exploit. Le gardien, respiration retenue, vit Nazik et Antoine suivre le même chemin. Ces disparitions successives présentaient un aspect surréaliste, magique, comme des effets spéciaux de cinéma. Les silhouettes humaines se détachaient en ombre chinoise sur les volutes figées, à l'incandescence de métal au plus haut degré de fusion. Et puis, en l'espace d'une seconde, le temps que les explorateurs de l'inconnu fassent un pas en avant, elles disparurent,effacées purement et simplement, sans même laisser la trace d'une ombre qui aurait pu surnager un instant. Antoine avalé, Vincenzini se crispa, en attente d'un triple hurlement. Qui ne vint pas. Il put enfin ingurgiter une intense gorgée d'un air qui lui brûla la trachée. Ils étaient passés !
-
Par aturnins, le 01/07/2011
Le Monde enfin de
Jean-Pierre Andrevon
Certains animaux supérieurs,extrêmement menacés,ont échappé in extremis à la disparition. A insi le rorqual bleu l'éléphant d'Afrique,le tigre indien,et de nombreux autres. Au milieu du xxi eme siècle;une seule espèce supérieure a atteint son seuil d'extinction : l'Homme
-
Par Nothing, le 03/04/2011
Un horizon de cendres de
Jean-Pierre Andrevon
Il y avait des choses plus rigolotes, naturellement. Le summum venait des Etats-Unis mais ça n'a mis que quelques jours pour débarquer chez nous. En V.O. , on appelait ça The Dead Show. On y présentait un podium de non-vivants ayant appartenu au monde du spectacle - de préférence confrontés à des gens dont ils avaient été proches, veuves, maîtresses, enfants. Par hasard, je suis tombé sur une émission où Ardisson réunissait sur son plateau Serge Gainsbourg et Jane Birkin , Yves Montand et sa petite dernière, Carole quelque chose, qui s'efforçait de sourire mais avait l'air de se tenir à quatre pour ne par hurler ou éclater en sanglots. On n'avait pas encore localisé Signoret, bien qu'on eût la preuve qu'elle était sortie. Mais on cherchait.
-
La maison qui glissait de
Jean-Pierre Andrevon
Sa main tenant la montre inerte retomba lentement vers son flanc, il jeta l’objet sur le lit d’un geste presque rageur. Et, dans son cerveau en ébullition, la réponse, ou une réponse possible se condensa. Il n’existe que deux phénomènes au monde capables d’interrompre les échanges électriques. Deux phénomènes induisant un champ électromagnétique gigantesque. Un orage d’une intensité phénoménale ou… – allez, dis-le ! – ou une explosion nucléaire.
-
Par Kittiwake, le 21/12/2011
La maison qui glissait de
Jean-Pierre Andrevon
Ce n'était pas l'ampoule. Il n'y avait pas-il n'y avait plus d'électricité. Avec l'évidence tranquille des catastrophes rampantes mais inéluctables, l'idée s'imposa à Pierre que cette coupure de courant avait un rapport direct avec la brume