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Jeffrey Eugenides
Les livres m'ont affecté, m'ont changé, m'ont fait prendre des décisions, m'ont fait faire des choses qui ont eu des conséquences énormes. Lire peut être dangereux, comme une révélation.
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Par Aela, le 19/01/2013
Le roman du mariage de
Jeffrey Eugenides
Selon Saunders, le roman avait connu son apogée avec le roman matrimonial et ne s'était jamais remis de sa disparition. A l'époque où la réussite sociale reposait sur le mariage, et où le mariage reposait sur l'argent, les romanciers tenaient un vrai sujet d'écriture.
Les grandes épopées étaient consacrées à la guerre, le roman au mariage.
L'égalité des sexes, une bonne chose pour les femmes, s'était révélée désastreuse pour le roman. Et le divorce lui avait donné le coup de grâce.
De l'avis de Saunders, le mariage ne signifiait plus grand-chose, et il en allait de même pour le roman.
Qui utilisait encore le mariage comme ressort dramatique? Personne.
On n'en trouvait plus trace que dans les fictions historiques.
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Par Megelio, le 21/02/2012
Virgin suicides de
Jeffrey Eugenides
Elle gardait le visage baissé, se déplaçant dans son oubli du monde, les tournesols de ses yeux fixés sur le drame de sa vie que nous ne comprendrions jamais.
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Par Orphea, le 29/10/2011
Virgin suicides de
Jeffrey Eugenides
Nous prîmes conscience que la version du monde qu'ils nous donnaient n'était pas le monde auquel ils croyaient vraiment, et qu'en dépit de toute la peine qu'ils prenaient à traquer les mauvaises herbes ils n'avaient rien à foutre de leurs pelouses.
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Middlesex de
Jeffrey Eugenides
Les émotions, d'après mon expérience, ne sont pas recouvertes par de simples mots. Je ne crois pas en la "tristesse", la "joie" ou le "regret". Peut-être la meilleure preuve de la nature patriarcale du langage est le fait qu'il simplifie les sentiments. J'aimerais avoir à ma disposition des émotions hybrides compliquées, des constructions germaniques, comme par exemple "Le bonheur qui accompagne le désastre". Ou : "La déception de coucher avec son fantasme". J'aimerais montrer comment " La conscience de la mort suscitée par des parents vieillissants" est liée à "La haine des miroirs qui commence à l'âge mûr".
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Par MissG, le 20/04/2013
Le roman du mariage de
Jeffrey Eugenides
Tu crois que les choses ont changé, qu'on est arrivé à une sorte d'égalité des sexes, que les hommes ne sont plus les mêmes, mais j'ai une mauvaise nouvelle pour toi : c'est faux. Les hommes sont toujours aussi salauds et égoïstes que l'était papa. Que l'est papa.
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Par Elenore, le 24/06/2010
Virgin suicides de
Jeffrey Eugenides
A ce moment, Mr Lisbon eut le sentiment qu'il ne savait pas qui elle était, que les enfants n'étaient que des étrangers avec lesquels on vivait d'un accord tacite, et il tendit la main afin de faire connaissance avec elle pour la première fois.
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Par Celine___, le 06/12/2010
Virgin suicides de
Jeffrey Eugenides
Nous savions que les filles étaient nos jumelles, que nous existions tous dans l'espace comme des animaux qui avaient la même peau, et qu'elles savaient tout de nous alors que nous étions incapables de percer leur mystère. Nous savions, enfin, que les filles étaient en réalité des femmes déguisées, qu'elles comprenaient l'amour et même la mort, et que notre boulot se bornait à créer le bruit qui semblait tant les fasciner.
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Le roman du mariage de
Jeffrey Eugenides
Voyons d'abord les livres. Il y avait là ses romans d'Edith Wharton, rangés non pas par ordre alphabétique mais par date de publication ; là, les oeuvres complètes d'Henry James chez Modem Library, un cadeau de son père pour son vingt et unième anniversaire ; là, les poche écornés des oeuvres étudiées en cours, beaucoup de Dickens, un soupçon de Trollope, de copieuses portions d'Austen, de George Eliot et des redoutables soeurs Brontë. Là, les New Directions aux couvertures souples noir et blanc, essentiellement de la poésie, des auteurs comme H. D. ou Denise Levertov. Là, les Colette savourés secrètement. Là, le Couples de sa mère, la première édition, que Madeleine avait parcouru en cachette à l'âge de onze ans et où elle trouvait aujourd'hui de quoi étayer son mémoire sur le roman matrimonial. Bref, une bibliothèque bien fournie quoique encore transportable, qui rassemblait à peu près tout ce que Madeleine avait lu à l'université, un ensemble de textes à première vue choisis au hasard mais dont le fil conducteur se dessinait peu à peu, comme ces tests de personnalité dans les magazines féminins, ceux auxquels, lasse de chercher à deviner le sens caché des questions, on finissait par se résoudre à répondre honnêtement avant d'attendre le résultat. Et alors que, prête à s'accommoder de «Sensible», redoutant «Narcissique» et «Pantouflarde», on espérait se voir qualifiée d'«Artiste» ou de «Passionnée», on écopait de cette étiquette en demi-teinte, différemment connotée suivant le jour, l'heure ou son petit ami du moment : «Incurable romantique».
Tels étaient les livres présents dans la chambre où Madeleine était couchée, la tête enfouie sous un oreiller, le matin de la remise des diplômes. Elle avait lu chacun d'entre eux, souvent à plusieurs reprises et en soulignant certains passages, mais, dans l'immédiat, ils ne lui étaient d'aucun secours. Madeleine s'efforçait d'oublier la chambre et son contenu. Elle cherchait à retrouver la sécurité du néant où elle était restée retranchée ces trois dernières heures. Tout autre niveau supérieur de conscience l'obligerait à affronter certaines réalités désagréables, comme la quantité et les formes variées d'alcool qu'elle avait absorbées la veille, ou le fait qu'elle avait dormi avec ses lentilles. De là, elle en viendrait inévitablement à se pencher sur les raisons qui l'avaient poussée à boire autant au départ, et ça, elle n'en avait vraiment pas envie. Aussi, repositionnant son oreiller pour se cacher de la lumière du petit matin, Madeleine tenta-t-elle de se rendormir.
Mais c'était peine perdue. Car à cet instant même, à l'autre bout de l'appartement, l'interphone se mit à sonner.
Début juin, Providence, Rhode Island. Le soleil, levé depuis déjà près de deux heures, éclairait la baie pâle et les cheminées de la centrale de Narragansett Electric, pareil à celui du blason de Brown University présent sur tous les fanions et banderoles pavoisant le campus, un soleil au visage clairvoyant, symbole de la connaissance. Mais ce soleil-ci - celui qui brillait sur Providence - faisait mieux que son double métaphorique, car les fondateurs de l'université, soucieux, dans leur pessimisme baptiste, de souligner que l'espèce humaine ne s'était pas totalement défaite de l'ignorance, avaient choisi de représenter la lumière de la connaissance enchapeautée d'épais nuages, alors que le vrai soleil commençait à transpercer ceux qui le voilaient, laissant espérer aux escouades de parents trempés et frigorifiés depuis le début du week-end que ces intempéries hors de saison épargneraient les festivités de la journée.
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Par Elenore, le 24/06/2010
Virgin suicides de
Jeffrey Eugenides
Trip Fontaine ne perçut aucun signe d'anormalité chez les filles, mais plus tard il dit quand même : " Vous vous seriez tués juste pour avoir quelque chose à faire."