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Par ECaminade, le 26/09/2010
Où j'ai laissé mon âme de
Jérôme Ferrari
Vous le savez bien, ni votre épouse, ni le garçon que vous avez élevé, ni la fille que vous avez si inconsidérément engendrée ne vous connaissent et je suis sûr que vous vous êtes souvent demandé ce qu'il resterait de leur amour s'ils pouvaient entrevoir, ne serait-ce qu'une seconde, l'homme que vous êtes réellement et que vous vous êtes ingénié à leur dissimuler pendant toutes ces années en ayant constamment peur qu'ils ne finissent quand même par le découvrir et je jurerais, mon capitaine, que vous avez préféré vivre dans la peur et le silence plutôt que de vous risquer à affronter la fragilité de leur amour.
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Par noa, le 08/10/2010
Où j'ai laissé mon âme de
Jérôme Ferrari
Le monde est vieux, il est si vieux mon capitaine, et les hommes ont si peu de mémoire.
Nous disparaissons comme des générations de fourmis et tout doit être recommencé.
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Par litolff, le 16/12/2010
Où j'ai laissé mon âme de
Jérôme Ferrari
Vous vous demandez encore comment il est possible que vous soyez devenu un bourreau, un assassin. Oh, mon capitaine, c'est pourtant la vérité, il n'y a rien d'impossible : vous êtes un bourreau et un assassin. Vous n'y pouvez plus rien, même si vous êtes encore incapable de l'accepter. Le passé disparaît dans l'oubli, mon capitaine, mais rien ne peut le racheter.
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Par ECaminade, le 26/09/2010
Aleph zéro de
Jérôme Ferrari
Peu de temps après l'avoir rencontré, nous dicutions dans le bar où nous nous retrouvons d'habitude, et puis j'ai soudain eu envie de faire un geste que je ne fais jamais; je voyais ses mains sur la table, comme des objets encombrants et inutiles, et il y avait là soudain une telle puissance émotive, non pas triste mais simplement émotive, que j'ai posé mes deux mains sur les siennes, bien à plat, comme pour recouvrir le plus de surface possible. C'est un geste que je fais tout le temps, maintenant, un geste qui fait partie de moi, qui émane de moi, non, mais du point d'intersection où nous nous rencontrons. Ce jour-là, comme presque tous les jours, il semblait complètement à côté de la plaque, mais quand je l'ai touché, il en fut comme saisi par la grâce, la joie même ( et c'était terriblement délicieux de voir ce qu'un de mes gestes, un seul geste simple et bêtement spontané pouvait bouleverser comme ça ) et il me demanda :
« Tu sais ce que ça veut dire, kaïros ?
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Où j'ai laissé mon âme de
Jérôme Ferrari
Messieurs, dit-il, la souffrance et la peur ne sont pas les seules clés pour ouvrir l'âme humaine. Elles sont parfois inefficaces. N'oubliez pas qu'il en existe d'autres. La nostalgie. L'orgueil. La tristesse. La honte. L'amour. Soyez attentifs à celui qui est en face de vous. Ne vous obstinez pas inutilement. Trouvez la clé. Il y a toujours une clé.
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Par r1, le 09/09/2010
Où j'ai laissé mon âme de
Jérôme Ferrari
Car j’ai aussi appris que le mal n’est pas l’opposé du bien : les frontières du bien et du mal sont brouillées, ils se mêlent l’un à l’autre et deviennent indiscernables dans la morne grisaille qui recouvre tout et c’est cela, le mal.
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Par litolff, le 16/12/2010
Où j'ai laissé mon âme de
Jérôme Ferrari
Aucune victime n'a jamais eu le moindre mal à se transformer en bourreau, au plus petit changement de circonstances
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Où j'ai laissé mon âme de
Jérôme Ferrari
Il a le pouvoir (…) de décider qui doit rester nu et combien de temps, il peut ordonner que le jour et la nuit ne franchissent pas les portes des cellules, il est le maître de l’eau et du feu, le maître des supplices, il dirige une machine, énorme et compliquée, pleine de tuyaux, de fils électriques, de bourdonnements et de chair, presque vivante, il lui fournit inlassablement le carburant organique que réclame son insatiable voracité, il la fait fonctionner mais c’est elle qui régit son existence et, contre elle, il ne peut rien. Il a toujours méprisé le pouvoir, l’incommensurable impuissance que son exercice dissimule, et jamais il ne s’est senti aussi impuissant. (Partie II, “28 mars 1957 : deuxième jour”, p. 93-94).
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Par ECaminade, le 01/01/2011
Dans le secret de
Jérôme Ferrari
- Eh bien, ils étaient quatre à chanter mais j'ai entendu, et tous les chrétiens réunis ce jour-là l'ont entendu comme moi, une cinquième voix ...
- Est-ce possible ?
- Je l'ai entendue. Tu as confiance en ma parole ?
- Oui, oui, bien sûr.
- C'était une cinquième voix qui planait bien haut au-dessus des autres. Les confrères la nomment sa quintina. C'est une voix d'une pureté bien au-delà des capacité de l'homme, déchu et cependant pas tout à fait abandonné. Et pourtant, sais-tu ce que raconte le psaume ?
- Non, je ne m'en souviens pas.
- C'est le chant du roi David qui demande pardon à Dieu pour un très grand péché qu'il commit lorsque son âme fut ensorcelée à la vue d'une femme nue se baignant sur un toit dans la nuit de Jérusalem et qu'il la convoita au point d'envoyer son époux légitime à la mort, afin de s'unir à elle. C'est de cela qu'il demande pardon dans ce psaume, c'est pour cela qu'il implore la pitié de Notre-Seigneur et c'est une telle confession qui fut, ce jour-là en Sardaigne, comme agréée par la voix angélique dont je te parle. Comme si Dieu demandait pardon avec lui.
- Et moi, je ne pourrai pas l'entendre ?
Guido se mit à rire en caressant les cheveux de l'enfant. Il s'accroupit près de lui.
- Quand un accord est parfait, cette voix se fait entendre.Si nous réparons cet orgue comme il le faut, si nous travaillons bien, alors, quand je poserai mes mains sur ces quatre touches, là, tu entendras toi aussi la cinquième voix. Mais il faut que tout soit parfait, veux-tu que nous essayions ?
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Par ECaminade, le 26/09/2010
Balco Atlantico de
Jérôme Ferrari
Après m'avoir laissée pour toujours, sans le savoir, tu es allé boire un thé avec Ryad. Puis, vous êtes partis travailler. Dans la cuisine, vous étiez de bonne humeur et vous avez beaucoup ri. La soirée était calme et vous avez pu vous coucher tôt. Vous étiez allongés, chacun sur votre lit. Ryad pensait à son voeu, au soulagement de sa mère, et c'est ainsi qu'il pouvait sourire.Toi, si tu me permets de le croire, tu rêvais que tu te promenais avec moi sur Balco Atlantico, et que nous regardions le coucher de soleil le plus somptueux que Dieu ait fait descendre sur la terre depuis la création du monde. Et c'était une telle merveille que tu cessais de voir des murs partout. Pour la première fois, tu voyais les chalutier silencieux, tout en bas, qui rentraient au port, l'horizon flamboyant, la douce lumière du phare qui s'allumait. Tu rêvais. Le monde était plein de beauté et moi, j'étais ta soeur aimante.
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