ISBN : 2742781080
Éditeur : Actes Sud (2009)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Un jeune homme a pris la décision de quitter son village natal pour aller, revêtu du treillis des mercenaires, à la rencontre du désert qu'investirent tant d'armées, sous des uniformes divers, après le 11 septembre 2001. De retour du checktpoint où la mort n'a pas voulu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lilyetseslivres, le 23 mai 2009

    lilyetseslivres
    Une très belle couverture, un volume dense sans être épais, deux premières pages absolument magnifiques qui vous scotchent et vous happent… Il n'en fallait pas plus pour que mon choix s'oriente sans hésitation sur ce roman, le premier des six livres en lice pour le Prix Landerneau que je découvre...
    Et quelle découverte ! « Un dieu un animal » fait partie de ces livres qui marquent indéniablement son lecteur au fer rouge. Impossible d'en sortir indemne…
    Un jeune homme, mercenaire engagé dans les pays que ravage la guerre post 11 septembre, retourne dans son village natal, dans la maison de ses parents que d'une certaine manière il avait fui, fatigué de sa vie et du peu d'espérances qu'elle semblait lui promettre.
    Là-bas, il découvre le désert et toute la folie, toute la violence des hommes, crue, impitoyable, inexplicable si ce n'est peut-être de Dieu, ce Dieu sans visage ni langage, impitoyable autant qu'aimant. Peut-être… La question, cette question hante le récit « Comment pourrait-il faire ? Comment nous dirait-il son amour ? ». Peut-on encore connaître l'amour après avoir vu et connu le pire, des corps suppliciés, des enfants torturés par leur propre père avant d'être cajolés par ce même bourreau. La violence et l'amour en un même mouvement, une folie incroyable, inhumaine et pourtant si atrocement humaine, à l'image de Dieu
    En l'homme cohabitent un dieu et un animal… le meilleur et le pire mêlés, indissociables.
    Et pourtant en rentrant dans son village où tout lui semble désormais étranger, désincarné, le jeune homme tente de retrouver le seul souvenir qui lui semble rescapé de cette déshérence. Un souvenir doux, un souvenir enfantin, une enfant devenue jeune fille, une jeune femme très certainement à présent, elle s'appelle Magali. Il décide de lui écrire, ultime message comme lancé à la mer.
    La lettre arrive ou n'arrive pas, mais il la suit désormais dans son parcours tandis qu'il replonge au cœur de ses souffrances, de ses visions cauchemardesques, lui le pâle fantôme de son passé.
    Magali, la Magali rêvée ou réelle, sa sœur en souffrances, une autre mercenaire au service corps et âme de son entreprise. L'Entreprise, cet « être supérieur », dont elle n'est qu'un organe condamné à n'être plus qu'un déchet le jour où elle tenterait de lui échapper.
    Mais il y a la lettre et ce qu'elle évoque, un instant peut-être d'éternité, une étreinte au bord d'une fontaine, un instant où la vérité de leurs êtres se tapit pour toujours. La rédemption ?
    « Elle reprend la lettre. le papier de mauvaise qualité commence à se déchirer là où il a été plié. Magali voudrait arrêter de la relire pour rien, sa patience s'épuise, elle voudrait pouvoir finalement décider de ce qu'est cette lettre, le signe d'une nostalgie puérile qui ne la concerne en rien ou une brèche miraculeusement ouverte dans les murs de sa vie. Elle la relit encore et ce soir, vois-tu, tes mots gonflent et se craquellent comme la terre féconde d'un jardin, ils débordent de toute la vérité que tu aurais voulu y mettre, qui t'a échappé et qui les fait maintenant éclater et elle lit, elle lit d'abord son prénom, Magali, Magali, et elle pourrait presque entendre ta voix qui l'appelle depuis les ruelles nocturnes du village de sa mère, il y fait si froid et tu n'as pour te réchauffer que l'amitié muette d'un chien et le souvenir d'une toute jeune fille dans laquelle elle se reconnaît avec émotion, car il existe maintenant une image d'elle-même dans laquelle elle peut se reconnaître avec émotion, une image bénie qui t'attendait pour apparaître, et elle lit que les mondes meurent aussi comme votre monde commun est en train de mourir, tu en es certain, car tu as senti les soubresauts obscènes de son agonie voluptueuse, et elle te croit, même si elle ne comprend pas comment vous pourriez avoir un monde en commun, et elle lit que votre village annonce cette mort depuis si longtemps que plus personne ne se rappelle à quel moment vos maisons sont devenues des tombeaux, dressés dans le silence de leur beauté austère et maléfique, et Magali revoit les maisons du village dans la transparence de l'été, pleines de rires éphémères, tous les hivers qu'elle n'a pas connus lui livrent leur secret humide et froid et elle sait que tu ne lui mens pas, elle mesure combien il est difficile de s'acquitter du prix exorbitant de la beauté et elle sent passer dans son cœur le frisson d'une aurore de brume glaciale. Mais au beau milieu des cimetières, lit-elle encore, certaines choses demeurent vivantes à jamais et continuent à exister quand meurent les hommes et les mondes qui les ont fait naître, elles continuent à exister, obscures et indestructibles, blotties dans les tremblements fragiles de l'air, comme des parcelles infimes de réalité dispersées dans l'immensité d'un songe. »
    La structure du récit est magnifique, entrecroisant les temps, les points de vue, le "tu" de la narration et le « elle » de Magali, un « elle » qui pourrait être aussi bien réel qu'imaginaire, comme si le récit s'envolait hors de toute limite de temps et d'espace.
    Il faut lire Jérôme Ferrari plutôt que d'en parler et tomber sous le charme de son écriture dense et ramassée, poétique, violente.
    Un livre qui prend aux tripes.
    Un vrai grand coup de coeur !
    Je ne peux guère finir sans évoquer ce dernier extrait. Bien sûr…
    « En septembre, tu es allé au cinéma et tu as pris un cachet une demi-heure avant le début de la séance en espérant que la montée te clouerait dans ton fauteuil. Tu as regardé la jungle brûler pendant que Martin Sheen fumait une cigarette et tu as remonté le fleuve à ses côtés jusqu'à ce qu'il s'estompe et disparaisse pour te laisser prendre sa place. C'était à toi qu'Aurore Clément tendait une pipe d'opium en te caressant la joue, et c'était à toi qu'elle parlait de son mari défunt et des incurables blessures de son cœur, c'était à toi qu'elle confiait qu'il ne savait plus s'il était un animal ou un dieu et tu as ouvert des yeux immenses quand elle s'est penchée vers toi pour te confier, mais vous êtes les deux, capitaine, vous êtes les deux, et tu as tendu les doigts pour toucher ses seins à travers les voiles transparents et tu t'es retrouvé, seul et halluciné, dans les rues où passaient encore quelques touristes, avec ta colère intacte au milieu des débris de toutes les promesses trahies. »

    Lien : http://lily-et-ses-livres.blogspot.com/2009/05/un-dieu-un-animal-jer..
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    • Livres 5.00/5
    Par smiroux, le 27 janvier 2012

    smiroux
    Une voix extérieure mais prisonnière, voix féminine (c'est ma lecture qui le dit), s'adresse directement au héros de notre récit et, avec l'impudeur de ce tutoiement, lui raconte sa propre vie, et celle de Magali, son amour de jeunesse, sa seule pause dans ce monde fou.
    Mercenaire, tueur professionnel froid et désabusé, le héros parcourt le monde en guerre, y joue son sinistre rôle et l'observe, de ses yeux vidés d'émotions.
    En quête d'un idéal innaccessible, parce qu'inexistant, impossible, le héros du récit subit la malédiction énoncée dès les premières lignes du roman :
    "Bien sûr, les choses tournent mal, pourtant, tu serais parti et, quand l'étreinte du monde serait devenue trop puissante, tu serais rentré chez toi. Mais ça ne s'est pas passé comme ça, car les choses tournent mal à leur manière mystérieuse et cruelle de choses et font se briser contre elles toutes les illusions de lucidité. Tu es parti, le monde ne t'a pas étreint et, quand tu es rentré, il n'y avait plus de chez toi."
    Condamné d'avance, et conscient de cette condamnation,, il baisse les bras et refuse les alternatives qu'il imagine ; alternatives qui n'en sont pas puisqu'elles ne modifient pas le monde dans lequel nous vivons ; un monde dans lequel un homme finit par être interrogé sur ce qui le constitue : toi que je regarde, es-tu un dieu, un animal ?
    "Tu n'as plus ni courage ni compassion. Tu as abandonné le monde à l'ennui de sa mort lente."
    Obsédé, dans son aveuglant désespoir, par une image qu'il pense salutaire ; porté par le souvenir d'un amour d'été lumineux, le héros écrit une mystérieuse déclaration à cette image : Magali.
    Elle aussi, prisonnière de son monde, à la fois victime et bourreau de travail, entame une longue introspection, à partir de la lecture de cette lettre.
    "Elle a fait de son mieux. Elle a suivi toutes les règles. Les règles visibles, les règles cachées. Les règles de la réussite professionnelle, les règles de l'épanouissement individuel. Il n'est pas possible de désigner un coupable. Les choses tournent mal. Car les hommes ont besoin, pour vivre, de quelque chose de plus grand qu'eux et, en désignant ce qui est grand, ils ne donnent que leur propre mesure."
    Toi aussi, Magali, es-tu Un dieu un animal ?
    Vouées à l'echec, leurs retrouvailles ne feront qu'exacerber leur consciente de leur inadaptation au monde et leur refus de s'investir pour le changer.
    "Une jeune femme te demande si tu as eu peur de la mort. le manager dit que ça a dû être dur pour toi et laisse échapper un petit soupir de sympathie. Tu repousses ton assiette à moitié pleine et tu commandes un double whisky. Je buvais déjà avant, ne vous inquietez pas. Tu leur souris aimablement et ils te rendent ton sourire et Magali comprend subitement en vous voyant qu'ils se situent au plus bas de ton échelle de valeurs, comme tu es tout en bas de la leur, et que tout le monde, sauf elle, s'en est clairemement rendu compte depuis le début [...]"
    Hommes, qui lisez ce livre, êtes-vous dieu, animal ? "Les deux mon Capitaine", c'est l'ultime certitude, inacceptable, ingérable, du héros de ce livre.
    Qu'est-on, finalement, dans ce monde inhumain qui nous broie ?
    est-il possible d'être, d'exister, de revendiquer cette existence ?
    Ce livre, sec, ardu, violent, est un poème désanchanté sur la condition humaine.
    Point de salut possible. Ni par l'amour, ni par la haine.
    Point de salut possible. Même dans la mort.
    Ne reste que cette solution, substitution : il faut dire, que l'histoire s'invente sous nos yeux, que l'on nous insuffle comme une vérité ce chant désespéré.
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    Le jeune homme sans nom de Un dieu un animal est de retour dans ce village corse qu'il a fui quelques années auparavant pour devenir mercenaire dans ces guerres qui éclatent chaque jour aux quatre coins d'un monde à l'équilibre fragile.
    A cette époque de son existence, marquée par le désœuvrement, l'errance, la drogue et la violence, l'armée et la guerre lui sont apparues comme la meilleure échappatoire à son mal de vivre, l'occasion rêvée de (re)donner un sens à sa vie.
    L'illusion ne durera qu'un temps. Très vite, il se prend les horreurs de la guerre de plein fouet, assiste à des scènes d'une cruauté difficilement soutenable, échappe de peu à un attentat kamikaze dans lequel il perdra son ami d'enfance.
    Pendant son absence, rien n'a vraiment changé ; ni son village, ni ses parents. Et pourtant, à son retour, le jeune homme ne reconnaît pas vraiment ni l'un, ni les autres. Il se sent un étranger chez lui. Au plus fort de son malaise, il se souvient d'une amourette d'adolescence, Magali, une jeune fille qui venait en vacances au village. Comme un naufragé lancerait une bouteille à la mer, il lui envoie une lettre.
    Qu'est-elle devenue cette Magali, cette « âme sœur » fantasmée qu'il se convainc de n'avoir jamais oubliée ? Il ignore tout de la jeune femme qu'elle est aujourd'hui.
    Comme lui, Magali est un bon petit soldat, chasseuse de tête au service de son entreprise, mercenaire à la recherche de nouveaux contrats, ciblant ses proies, jonglant avec les objectifs et les tactiques, touchant des primes au rendement…
    Que ce soit le jeune homme ou Magali, tous deux s'interrogent sur le sens de la vie, tous deux peinent à trouver leur place dans le monde : lui, à l'armée ou dans sa famille, elle, dans son entreprise, et les deux, au sein même du couple qu'ils vont finir par former, sans réussir à se trouver, ni à se comprendre.
    Bien évidemment, dans ce roman, il est également question de Dieu, ou plus exactement de l'existence et de la place d'un dieu quels que soient la forme qu'on lui prête et le nom qu'on lui donne. Jérôme Ferrari questionne l'image de Dieu dans le monde actuel, montre la difficulté de concilier l'idée d'un dieu et la réalité du monde.
    A travers l'évocation du martyr du grand mystique soufi Hussein Ibn Mansûr Al-Halla, il soutient qu'en chaque homme résident un dieu et un animal, un côté lumineux et un côté sombre (le jeune homme, animal guerrier, deviendra un dieu pour son animal, ce chien errant qu'il recueille sur lequel il a droit de vie et de mort). Dieu lui-même peut faire indifféremment preuve d'une grande mansuétude ou de la pire des cruautés, distribuant ses bontés pour finir par tout anéantir en faisant s'abattre les pires châtiments.
    Avec Un dieu un animal, Jérôme Ferrari livre un récit dense, malgré ses cent et quelques pages, aux accents poétiques. Un texte ininterrompu, sans chapitres, sans pauses ni respirations, livré dans un souffle comme si la délivrance ne pouvait venir qu'une fois l'histoire achevée, comme si la vie en dépendait…
    « Bien sûr, les choses tournent mal » Bien que profondément sombre et désespéré, Un dieu un animal est un roman captivant et bouleversant.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Un%20dieu%20un%20animal
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    • Livres 5.00/5
    Par lethee, le 04 mars 2009

    lethee
    D'un ailleurs l'autre... l'exil au bout du fusil.
    C'est ainsi. Chacun à leur manière, aux quatre coins du monde les hommes et les femmes font la guerre. Ainsi, tandis que les uns vont chercher Dieu ou la mort dans le désert, les autres le trouvent dans le dollar. Tandis que d'autres encore assouvissent leur besoin de violence près des martyrs du sable, à l'opposé des assemblées de cols cravatés et de mains manucurées le comblent dans l'ivresse et l'écoeurement. Cependant, il est des combats qui assemblent et d'autres qui détruisent et lorsque deux personnes s'unissent dans cette parenthèse entre deux mondes, ce ne peut être pour bien longtemps, juste le temps de réaliser que l'exil vous engloutit partout où vous revenez, même chez vous, et que l'ailleurs n'appartient qu'à ceux qui lui sont fidèles.
    Un jeune homme part à la guerre, en entraînant son ami au combat. Lorsqu'il revient, seul, dans son village, plus rien ne ressemble au pays qu'il a connu. Son regard ne peut plus épouser le berceau de son enfance comme auparavant. Les lieux n'ont pas changé, mais lorsqu'on les regarde avec un autre coeur, tout est différent. Alors justement, le jeune homme s'attarde sur le souvenir d'une jeune femme, Magali, qui doit être la même, puisqu'originaire d'ailleurs. Autrefois l'objet d'un amour innocent et chaste, Magali sera convoitée à nouveau, et sa peau épousée. Malheureusement, ce corps devenu soudain si familier, après tant d'années, ne fera que repousser le jeune homme en terrain étranger.
    Elle, si attachée à ce combat de la performance. Lui, si empreint de violence, perdu dans sa quête éternelle de l'absolue simplicité, impossible et donc agaçante. Aucun des deux ne pourra rattraper l'autre, le sauver. Chacun retournera à sa manière dans le monde qui le perd peu à peu.
    Ce livre parle de l'impossible quête de Dieu. Il traite aussi de l'exil, et de cette faculté de l'humain à dévaster le monde pour un idéal tout subjectif, que nul autre peut comprendre. Chacun voit le monde à sa manière, d'un oeil de cyclope endolori et saoul. Chacun voudrait imposer son dessein comme le chemin à suivre par tous : tout cela au prix de l'illusion, des désillusions. Autant d'aveuglements qui font de ce père meurtri une victime consentante et cruelle, lui qui perd son fils sans avoir pu le prévoir. La voix de Dieu semble dire au narrateur : « Au catéchisme, on te parlait de l'amour de Dieu comme d'une chose simple ». L'homme oublie parfois qu'il n'est pas nécessaire de chercher Dieu pour trouver l'amour.
    En tout cas, le lecteur trouvera son compte dans cet ouvrage d'une grande qualité, où deux voix se mêlent et se relayent d'une façon étonnante pour raconter l'explosion d'une rencontre. Jérôme Ferrari semble avoir définitivement trouvé le ton : son livre laisse des ecchymoses plusieurs jours après la lecture. Comme une démangeaison inconsciente qui vous accompagne et vous titille. Oui, Un dieu un animal laisse des traces : n'est-ce pas le but de la littérature ?
    Article paru dans le magazine des livres n° 14


    Lien : http://lethee.over-blog.com/article-28338900.html
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    • Livres 3.00/5
    Par Chouchane, le 19 avril 2012

    Chouchane
    C'est une voix off qui parle, elle s'adresse à un homme pour lui raconter sa propre vie. Une vie qui s'ennuie qui glisse vers la violence, vers la guerre et la mort. Cela pourrait être Dieu qui parle car dans ce livre il est question de miséricorde de celle que l'on cherche quand on est au cœur des massacres. Il est question de la puissance de Dieu et de son amour sans langage qui ressemble à la mort. La description presque poétique de la mort donnée est parfois gênante car elle esthétise les images d'horreur. Cet homme qui revient vivre dans son village après avoir traversé la guerre d'Irak en tant que mercenaire, replonge dans son passé. Il essaie de renouer avec son premier amour mais privé d'avenir à cause de ce passé traumatisant, il vit avec l'insignifiance de la mort qui lui oblitère son futur. C'est un livre triste car il n'y a pas de résilience possible.
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Citations et extraits

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  • Par ECaminade, le 01 janvier 2011

    Elle regarde à nouveau ton écriture ronde et maladroite d'enfant illettré, les phrases surchargées et incohérentes où se bousculent des oiseaux morts et des maisons qui sont comme des tombeaux, une chose étrange qu'on ne peut pas perdre mais qu'on finit par perdre quand même, des guerres perdues depuis mille ans, des jambes fragiles, brisées par l'impitoyable intégrité de l'amour, et la fraîcheur d'une fontaine dans la lumière de l'été qui ne finit pas. Elle relit tout avec attention et elle pense qu'elle devra relire encore, autant qu'il le faudra, jusqu'à ce qu'apparaisse la vérité de ce que tu as voulu lui dire et qu'elle finisse par se rappeler ton visage comme tu te rappelles maintenant le sien en regardant le feuillage sombre des oliviers onduler dans la dernière clarté du ciel.
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  • Par Chouchane, le 19 avril 2012

    Si durement qu'on juge le monde, on n'en est jamais qu'une partie et il faut l'accepter car, hors du monde, il n'y a rien, nul repos, nulle bonté, nulle échappatoire, et on ne peut pas s'enfuir hors du monde.
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Car les hommes ont besoin, pour vivre, de quelque chose de plus grand qu’eux et, en désignant ce qui est grand, ils ne donnent que leur propre mesure.
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