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Par le_Bison, le 12/04/2013
Falconer de
John Cheever
Vous serez dans le bâtiment cellulaire F, dit-il. F comme foutre, le bâtiment des phénomènes, des cinglés, des tarés, des bleus et des gros cons comme moi, des fantômes et des pédés, sans oublier les fanatiques, les receleurs, les trouillards et les chiasseux. La liste est longue, mais j’ai oublié la suite. Le type qui l’avait dressé est mort.
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Par le_Bison, le 15/04/2013
Falconer de
John Cheever
Vous savez ce qu’on dit des opinions ?
- Oui, dit Farragut. Les opinions c’est comme les trous du cul. Tout le monde en a et ça pue.
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Par le_Bison, le 25/04/2013
Falconer de
John Cheever
- Tu n’as besoin de rien ? demanda-t-elle, d’une voix qui laisse percer des instincts homicides.
- J’aurai besoin d’un peu de gentillesse.
- De la gentillesse ? Et tu attends sans doute de moi que je sois gentille dans un moment pareil ? D’ailleurs, qu’as-tu fait pour mériter qu’on soit gentil avec toi ? Que m’as-tu donné ? Des corvées. Une vie superficielle et sans intérêt. La poussière et les toiles d’araignée. Des voitures et des briquets qui ne marchent pas. Des cernes de crasse dans les baignoires, des cabinets où l’on a oublié de tirer la chasse d’eau, une réputation internationale de dépravation sexuelle, un alcoolisme chronique suivi d’intoxication, des bras et des jambes cassés, des contusions cérébrales, et puis maintenant, l’apothéose : la maladie du cœur. Voilà ce que tu m’as donné dans la vie, et maintenant, il faudrait que je sois gentille.
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Par le_Bison, le 22/04/2013
Falconer de
John Cheever
Ferragut était un drogué et il pensait que la conscience d’un mangeur d’opium est plus profonde, plus vaste et plus représentative de la condition humaine que la conscience de celui qui n’a jamais usé des drogues. La drogue dont il avait besoin était le produit de la distillation de la terre, de l’air, de l’eau et du feu. Mortel, son intoxication lui fournissait une magnifique illustration des limites de son existence mortelle.
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Par le_Bison, le 28/04/2013
Falconer de
John Cheever
Ce n’est pas ce soir-là mais un peu plus tard que le Cocu parla de la Vallée à Farragut. Cette vallée, c’était une pièce en longueur qui donnait sur le tunnel à gauche du réfectoire. Un des murs était bordé d’une auge de fonte qui servait d’urinoir. Il faisait très sombre. Le mur au-dessus de l’urinoir était revêtu de carrelage blanc qui réfléchissait mal la lumière. On pouvait distinguer la couleur et la taille de son voisin. C’était tout. La vallée c’était l’endroit où, après la bouffe, on allait se branler. Seuls de rares pisse-froid n’y allaient que pour cela, pisser. Il y avait des règles très strictes. On pouvait toucher les hanches ou les épaules d’un autre, c’était tout. Vingt hommes pouvaient se tenir côte à côte le long de cette auge à se branler, à différents degrés d’érection. Quand on avait fini son affaire, si l’on voulait recommencer, il fallait repartir à l’autre bout, à la queue – il y avait les plaisanteries habituelles : « Alors, Charlie, combien de fois ? – Cinq, mais je commence à avoir mal aux pieds.
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Par grisette, le 19/06/2010
Déjeuner de famille de
John Cheever
Elle ne sortit jamais de l'aéroport. Elle prit l'avion suivant pour Orly et rejoignit les centaines, les milliers d'Américains qui sillonnent l'Europe, gais ou tristes, comme s'ils n'avaient pas véritablement de maison. Ils tournent au coin d'une rue à Innsbruck, au nombre de trente, et se volatilisent. Ils traversent en masse un pont à Venise et disparaissent. On les entend demander du ketchup dans une Gästehaus au-dessus des nuages sur les flancs du grand massif, et on les voit explorer les grottes sous-marines, avec masque et tuba, dans les eaux profondes de Porto San Stefano. Elle passa l'automne à Paris au moment du concours hippique et à Sienne au moment du Palio. Elle voyageait sans cesse, en rêvant de sandwiches bacon-laitue-et-tomate.
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Par Zazette97, le 17/01/2011
On dirait vraiment le paradis de
John Cheever
Pourquoi célébrer une décharge, pourquoi s'efforcer de décrire une telle aberration? Gisaient là les rebuts d'une société encline au nomadisme, mais qui avait renoncé à son goût pour les objets que l'on porte. La plupart des gens qui errent de par le monde développent une culture de tentes et de selles, mais il s'agissait là de nomades doués d'une passion pour les châlits gigantesques et les énormes réfrigérateurs.
Il y avait un conflit entre la mobilité - l'errance- et l'amour de la permanence qui avait abouti au chaos dans l'étang de Beasley. p.20
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Par Alice5, le 25/06/2012
On dirait vraiment le paradis de
John Cheever
Le ciel était pur ce matin-là, et il y avait peut-être encore des étoiles, même s'il n'en voyait aucune. Penser aux étoiles renforçait ses sentiments. Ce qui l'émouvait, c'était la sensation de ces univers présents tout autour de nous, malgré notre connaissance imparfaite de la nature, notre impression qu'ils recèlent un grain de notre passé et de nos vies à venir. Le sentiment très fort d'être en vie sur cette planète. Ce sentiment très puissant de notre singularité, dans l'immensité de la création, de la richesse de nos possibilités. Vivre cette heure-là était un privilège exquis, le bonheur de vivre là et maintenant et de se régénérer avec l'amour. On aurait vraiment dit le paradis!
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Les lumières de Bullet Park de
John Cheever
...il remarqua que Mrs Trenchman pratiquait la dévotion empreinte de compétitivité qui lui était chère. Mrs Trenchman s'était récemment convertie (elle appartenait auparavant à l'Eglise unitarienne) et elle était plus que fière de la façon dont elle maîtrisait les réponses et les signes de croix pendant le service : elle était combative. A peine la voix du prêtre retentissait-elle dans la sacristie qu'elle bondissait sur ses pieds et lançait ses Amen et ses Gloria d'une voix sévère et résonnante, bien avant le reste des paroissiens, comme si elle était engagée dans quelque course à pied ecclésiastique. Ses génuflexion étaient profondes et gracieuses, son Credo et sa profession de foi étaient récités selon les règles de l'art, son Agneau de Dieu était inspiré, et si elle se heurtait à quelques compétition, comme c'était parfois le cas, elle s'empressait d'ajouter quelques signes de croix comme preuve e la supériorité de sa dévotion. Mrs Trenchman avait l'esprit d'une gagnante.
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Les lumières de Bullet Park de
John Cheever
S'éloignant de l'église au volant de son véhicule, Nailles mis ses essuie-glaces en marche bien que la pluie se soit arrêtée. La raison en était que (à l'époque dont je vous parle) la société était devenue si mécanisée et nomade que des signaux ou des moyens de communication nomades avaient été établis grâce à l'utilisation des phares, des feux de positions, des clignotants et des essuie-glaces. Le journal du soir exposait les sujets traités et les signaux adéquats. Pendez les assassins d'enfants (phares). Réduisez les impôts sur le revenu (feux de position). Abolissez les services secrets (feux de détresse). L'évêque diocésain avait suggéré aux paroissiens de mettre leurs essuie-glaces pour exprimer leur foi en la résurrection des morts et la vie du monde à venir.
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