-
Un week-end dans le Michigan de
Richard Ford
L'humanité ne perd rien lorsqu'un écrivain décide de se taire. Quand un arbre tombe dans la forêt, qui s'en préoccupe sinon les singes ?
-
Par le_Bison, le 31/01/2012
Un week-end dans le Michigan de
Richard Ford
Il n’y a rien de plus encourageant que de savoir que, quelque part, une femme que vous aimez ne pense qu’à vous. A l’inverse, rien n’est plus déprimant que de savoir qu’aucune femme ne pense à vous nulle part. Ou pis encore : qu’à cause d’une bêtise, on a quitté cette femme qui vous aimait. C’est comme regarder par le hublot d’un avion et découvrir que la terre a disparu. Aucune solitude n’est plus douloureuse que celle-là. Et le New Jersey, discret et feutré, est le paysage idéal de cette solitude-là, malgré tous ses autres agréments. Le Michigan le talonne, avec ses immensités tristes, ses couchers de soleil désolés au-dessus des maisons trapues, ses forêts de reboisement, ses autoroutes plates, ses villes sinistres comme Dowagiac ou Munising. Mais le Michigan ne surpasse pas le New Jersey, qui détient le record absolu de la solitude la plus pure.
> lire la suite
-
Par le_Bison, le 21/03/2012
Rock Springs de
Richard Ford
Le train traversa sans ralentir une petite ville du Montana - deux passages à niveau avec une sonnerie et des lanternes rouges, une rangée de magasins obscurs, un corral de rodéo vide où deux vaches solitaires se tenaient sous la lumière éblouissante d’un projecteur. Une seule voiture attendait de passer, ses codes allumés. Puis tout disparut très vite. Sim entendit un train siffler au loin.
-
Par Alice5, le 12/02/2012
Un week-end dans le Michigan de
Richard Ford
Parfois, les gens deviennent haineux lorsqu’ils découvrent que les journalistes sportifs sont des hommes ou des femmes tout ce qu’il y a de plus banal. (Les gens tiennent souvent à ce que les autres soient meilleurs qu’eux).
-
Independance de
Richard Ford
Sa conviction a elle était inébranlable, simplement et candidement établie : nous étions ridiculement inadaptés l’un à l’autre et nos relations n’iraient pas au bout de la saison ; en même temps, cette liaison erronée lui fut utile en lui permettant de surmonter une mauvaise passe où ses finances étaient précaires, son affectivité en pleine confusion, où elle ne connaissait personne à Haddam et avait trop d’amour propre pour retourner en Alabama. (Le Dr Stopler dirait sans doute qu’elle avait en elle une blessure à cautériser et que je lui ai servi d’instrument chauffé à blanc.) Tandis que pour moi, une fois écarté comme elle l’exigeait le fantasme de permanence, Claire avait mille façons grisantes de donner de l’intérêt, du charme et un exotisme attirant à ma vie de célibataire, elle suscitait mon admiration et préservait mon entrain, pendant que je m’acclimatais à la profession d’agent immobilier et à l’absence de mes enfants.
> lire la suite
-
Par Alice5, le 12/02/2012
Un week-end dans le Michigan de
Richard Ford
Tout le monde devrait vivre seul à un moment ou un autre de l’existence. Cela n’a rien à voir avec la solitude d’un enfant, ou celle qu’on connaît dans la chambre d’un dortoir d’une école miteuse. Il faut d’abord grandir. Et ensuite vivre seul. C’est tout à fait supportable. On peut y gagner une intimité avec soi, (…).
-
Par line70, le 20/03/2011
Un week-end dans le Michigan de
Richard Ford
Ce que moi je défends, c'est l'oubli. Oublier les rêves, les griefs, les vieux défauts de caractère - les miens comme ceux des autres. Pour moi, la vie est sans espoir si nous ne parvenons pas à oublier ce qui a été dit et fait, à oublier et à pardonner.
-
Par le_Bison, le 23/03/2012
Rock Springs de
Richard Ford
Au bout d’une semaine, j’ai donc déménagé en ville dans un appartement sordide et exigu, en faces des chemins de fer de la Burlington Northern, et l’attente a commencé. Je n’avais rien à faire. Regarder la télé. S’arrêter dans un bar. Descendre pêcher à la Clark Fork, où ils avaient construit un petit parc. Trouver un moyen de tuer le temps. On se dit parfois qu’on aimerait avoir tout le temps devant soi, mais c’est une illusion. Je me sentais alors le dos au mur, je ne savais pas ce qui m’arriverait la semaine suivante ; c’est un état d’esprit qui s’incruste en vous et dissipe toute gaieté. Personne ne saurait aimer ça.
> lire la suite
-
Par line70, le 20/03/2011
Une saison ardente de
Richard Ford
Et il y en a, des mots, des mots qui veulent dire quelque chose, mais qu'on ne veut pas dire, des mots qui sont responsables de vies brisées, des mots qui voudraient réparer quelque chose de brisé, mais qui n'aurait jamais dû être brisé, quelque chose que personne ne voulait voir briser et que, de toute façon, ils n'arriveront pas à réparer.
-
Par Alice5, le 05/02/2012
Independance de
Richard Ford
Tu sais, Paul, il ne faudrait pas que tu croies que tu n’es pas fait pour être heureux. Tu comprends ? Il ne faudrait pas que tu t’habitues à être malheureux simplement parce que tu ne parviens pas à tout faire coïncider parfaitement. Tout ne coïncide jamais parfaitement. Il y a des choses auxquelles on finit par être obligé de renoncer.