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Par petite, le 01/07/2010
Le livre des choses perdues de
John Connolly
"Tout ce qui peut être imaginé est réel" Pablo Picasso, (188101973) En exergue du roman.
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Le livre des choses perdues de
John Connolly
Il se trouva devant la femme la plus grande et la plus grosse qu'il eût jamais vue. Son visage était couvert d'une épaisse croûte de fond de teint blanc, un bandeau en tissu coloré maintenait ses cheveux noirs en arrière et un vernis pourpre soulignait le dessin de ses lèvres. Elle était vêtue d'une robe rose assez large pour abriter un petit cirque. Dans ses plis était enfoui le camarade n°1 - sans doute pour mieux entendre les bruits curieux provenant du gigantesque estomac. La robe était ornée de tant de boutons et de ruban que David se demandait comme Blanche-Neige s'y prenait pour distinguer ceux qui servaient à fermer le vêtements des autres, purement décoratifs. Ses pieds étaient enfoncés dans une paire de pantoufles de soie trop petites d'au moins trois tailles et ses bagues disparaissaient presque sous les plis de chair de ses doigts.
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Par Katherine, le 21/09/2010
Le livre des choses perdues de
John Connolly
Les histoires sont vivantes [...] Elles se mettent à vivre dès qu'on les raconte. [...] Elles s'enracinent dans l'imagination du lecteur et peuvent le métamorphoser. [...] Elles veulent qu'on leur donne la vie. (page 13)
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Le livre des choses perdues de
John Connolly
"Il était une fois - car c'est ainsi que toutes les histoires devraient débuter - un petit garçon qui avait perdu sa mère.
A vrai dire, il avait commencé à la perdre voilà bien longtemps. La maladie qui la rongeait était une chose terrifiante et sournoise, un mal qui la dévorait de l'intérieur, consumant à petits feux sa lumière de sorte qu'au fil des jours ses yeux perdaient un peu de leur éclat et sa peau devenait un peu plus pâle."
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Par toto, le 13/08/2008
L'Ange noir de
John Connolly
Tout était prêt. Demain, ils apprendraient ce qu'ils avaient besoin de savoir. Il ne restait rien d'autre à faire, Brightwell pouvait s'offrir un petit plaisir.Plus tard cette nuit là, il croisa un jeune homme dans l'obscurité du parc et l'attira à lui en lui promettant de l'argent et d'étranges délices. Puis il fut sur lui, ses mains profondément enfoncées dans son corps, ses ongles découpant des organes, arrachant des veines, son esprit prenant le contrôle de cette machine complexe qu'était la forme humaine, amenant lentement le jeune homme au paroxysme que Brightwell cherchait, jusqu'à ce qu'enfin ils soient rivés l'un à l'autre, lèvre à lèvre, et que la douceur s'échappant du jeune homme coule en Brightwell, pendant qu'une autre voix s'ajoutait au chœur des âmes en lui.
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L'Ange noir de
John Connolly
"Les anges rebelles tombaient, festonnés de feu. Ils dégringolaient dans le vide, aussi maudits que l’est un aveugle de fraîche date car, de même que l’obscurité est plus terrible pour ceux qui ont connu la lumière, l’absence de grâce est ressentie plus intensément par ceux qui ont autrefois vécu dans sa chaleur. Ils hurlaient dans leurs tourments, et les flammes qui les dévoraient éclairaient pour la première fois les ténèbres. Ceux d’entre eux qui churent le plus bas se tapirent dans les profondeurs et s’y créèrent un monde où habiter."
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Par goodgarn, le 12/05/2012
Tout ce qui meurt de
John Connolly
Même dans l'obscurité, je sais où les trouver et elles, de leur côté, peuvent me trouver.
Parfois, elles viennent à moi, dans ce court intervalle qui sépare le sommeil de l'éveil, lorsque les rues livrées à la nuit sont encore silencieuses, ou quand l'aube s'insinue entre les rideaux pour répandre dans la pièce un semblant de clarté. Elles viennent à moi et je distingue leurs silhouettes dans la pénombre, ma femme et ma fille, ensemble, qui m'observent sans un bruit, empourprées du sang de leur mort brutale. Elles viennent à moi, et leur haleine accompagne le vent léger qui glisse sur ma joue, et leurs doigts se mêlent aux branches d'arbres qui frappent à ma fenêtre. Elles viennent à moi, et je ne suis plus seul.
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Par liliba, le 16/08/2011
Le livre des choses perdues de
John Connolly
J'ai beaucoup aimé ce roman, même si j'ai pourtant pas mal de critiques à son encontre. Tout d'abord, je trouve que ce livre classé en Jeunesse n'est à mettre qu'entre les mains de lecteurs très avertis, et pas trop jeunes. En effet, je crois qu'il faut posséder une certaine culture générale pour en apprécier toute la finesse, en tout cas en ce qui concerne les références à la littérature, et aux contes de notre enfance, des contes que nous connaissons tous, certes, mais dont on aurait extirpé seulement la face cachée, noire, mauvaise. De plus, le sujet est grave, parfois violent, et pourrait à mon avis choquer des esprits sensibles. J'ai moi-même frissonné plusieurs fois au cours de ma lecture... Il faut également avoir une capacité certaine à passer d'un monde réel (et qui plus est très réel, puisque nous sommes en temps de guerre) à un monde fantastique, qui parait bien pire !
David est un enfant auquel on s'attache facilement, tant il a l'air malheureux, entre son père plutôt absent et cette nouvelle mère pas très sympathique. Sans compter l'arrivée du bébé, qui lui "vole" sa place d'enfant unique. On comprend aisément qu'il cherche refuge dans la lecture, consolatrice de bien des maux. Il est courageux, ingénieux, curieux et honnête et, avec toute l'innocence de son âge, ne porte pas sur les autres ce regard plein d'a-prioris qu'ont en général les adultes. Il va devoir faire face à des méchants très méchants et trouver le moyen de se sortir de ce monde parallèle, sans que cela ne fasse de mal à sa famille. Et c'est là que la psychologie de cet enfant - et tout le roman - deviennent très intéressant : David apprend qu'on doit faire des choix, mais que nos choix ont toujours des conséquences, à court ou à long terme. Il découvre aussi que la confiance ne doit pas s'accorder selon la bonne mine des interlocuteurs et qu'elle se mérite. Et il va tenter de surmonter ses peurs...
C'est donc un roman d'initiation, dont le suspense vous conduit aisément à la dernière page, avec grand plaisir, mais qui me semble bien difficile pour un jeune lecteur. La barrière entre réalité et fiction est si floue qu'il me semble que cela pourrait perturber ou effrayer. On trouve aussi au fil du texte quelques passages particulièrement gores et violents : sang, torture, mensonges...
Je viens de lire en faisant quelques recherches sur le roman qu'il a été édité sous deux formes : la couverture bleue est une version pour adultes, et la rouge pour ados. J'ai donc lu la rouge... et je n'ose imaginer ce que doit contenir le roman à la couverture bleue : encore plus dur ?
J'ai malgré tout particulièrement aimé l'amour que ce jeune garçon porte aux livres et la façon dont il s'y plonge... J'avais l'impression de me retrouver quelques années en arrière, plongée moi aussi dans les livres pour m'évader du quotidien (mais rassurez-vous, j'ai eu une enfance très heureuse !).
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Le livre des choses perdues de
John Connolly
David avait compris que le Garde Forestier ne parlait pas sauf si on lui adressait d'abord la parole. Il lui revenait donc de poser les questions, auxquelles le Garde Forestier répondait de son mieux. Il essaya de donner à David un aperçu géographique de cette contrée : le château du roi était situé à plusieurs kilomètres vers l'est, et la région qui les en séparait était à peine peuplée, quelques hameaux rompant ça et là la monotonie du paysage. Un profond canyon séparait la forêt du Garde Forestier des territoires de l'est et ils seraient obligés de le franchir pour continuer leur voyage vers le château du roi. Le sud donnait sur une vaste mer noire, mais rares étaient ceux qui osaient s'y aventurer. C'était le domaine des monstres et des dragons marins, où se déchaînaient de prodigieuses tempêtes soulevant des vagues immenses. Le nord et l'ouest étaient bordés par des chaînes de montagnes aux pics couverts de neige, infranchissables durant la majeure partie de l'année.
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Par line70, le 19/03/2011
L'Ange noir de
John Connolly
Dans notre vie secrète, nous prenons l'autre chemin, celui qui s'est offert à nous un jour mais devant lequel nous avons reculé. Nous menons l'existence que nous étions destinés à vivre, celle qui nous est déniée par nos maris et femmes, par les demandes des enfants, les exigences des tyranneaux de bureau. Nous devenons tout ce que nous étions destinés à être.