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Par JLM56, le 31/01/2012
La Femme des sables de
Kôbô Abe
Le temps qui passe passe passe passe ......
le temps qui s'insinue en vous........
un livre superbe _ un film a voir
si vous avez le temps
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Par Piling, le 07/08/2008
Première phrase du livre
La Face d'un autre de
Kôbô Abe
incipit :
Enfin tu e slà, après avoir franchi les détours sans nombre du labyrinthe. Tu as pu trouver ce refuge grâce au plan qu'il t'avait donné. Tu as monté l'escalier d'un pas mal assuré, en faisant résonner les marches, comme si tu avais frappé avec tes pieds les pédales d'un orgue. La première porte en haut de l'escalier. Tu as retenu ton haleine en frappant. Pas de réponse. Cependant, une fillette accourut vers toi avec des souplesses de chatte. Elle devait t'ouvrir la porte. Tu lui as adressé la parole, espérant qu'elle avait quelque chose à te dire. Mais sans te répondre, elle s'est enfuie en souriant malicieusement. Alors tu as regardé partout dans la chambre, le cherchant. mais tu ne l'as pas trouvé, ni lui ni son ombre. La chambre t'a parue morte ; y flottait une odeur de ruines. Et tu as tressailli, à ton tour regardée par ces murs qui maintenant ont perdu leur expression. Te sentant mauvaise conscience, tu voulus rebrousser chemin. C'est alors que tes yeux sont tombés sur les trois cahiers et la lettre qui étaient sur la table. Tu eus l'impression d'être tombée dans un piège. Ton coeur était lourd d'angoisse, mais tu ne pus résister à la tentation. Et d'une main qui tremblait un peu, tu as décacheté la lettre que, maintenant, tu es en train de lire.
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La Femme des sables de
Kôbô Abe
"Maison déjà à demi-morte, se dit-il ; maison saisie par les tentacules du sable qui sans fin continue de couler ; maison aux viscères à demi-déchirés par la morsure du sable... Du sable, de ce rien qui n'a, pour l'ordinaire, qu'un huitième de millimètre, et qui , hors son grain élémentaire, ne possède même pas de forme propre... De ce rien qui s'appelle sable, de ce sans-corps et dont pourtant le pouvoir destructeur est tel que rien n'est capable de lui faire front, rien au monde... A moins que... quisait ?... de ne pas avoir de forme ne soit précisément ici le privilège, l'expression la plus haute de la Force en soi !..."
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Rendez-vous secret de
Kôbô Abe
La démangeaison est une sensation qui, lorsqu’un corps physiologique étranger stagne ou s’accumule aux alentours d’un organisme, appelle sa dispersion au moyen d’une friction mécanique (pour parler en termes plus ordinaires : l’acte de se gratter). D’abord, le mécanisme sensoriel dermatologique, qui a été stimulé par ce corps étranger, produit tout autour une matière qui s’appelle ATC (ma mémoire me trompe peut-être) et, en envoyant un signal à l’encéphale, crée la sensation de démangeaison. Médiatisé par cette sensation, naît le désir de se gratter. Egalement dans le cas de pulsions sexuelles, une matière semblable à l’ATC s’accumule sur la muqueuse génitale. Mais ici, la sensation n’est pas aussi nette que la démangeaison, c’est quelque chose de vague comme une « bouffée de chaleur » ou un « élancement ». Par conséquent, le conditionnement du côté de l’encéphale joue beaucoup. Tant que le conditionnement d’inhibition n’est pas levé, cette bouffée de chaleur ou cet élancement ne risquent pas de se transformer concrètement en acte sexuel. Autrement dit, tant que le surveillant qu’est le noyau relationnel n’a pas la gentillesse d’appuyer sur le bouton, en connaissance de cause, on ne peut pas se sentir une quelconque disposition.
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Rendez-vous secret de
Kôbô Abe
Le veilleur lui avait appris comment passer inaperçu dans un hôpital. Naturellement, le costume de ville ne posait aucun problème, mais comme ceux qui le portaient ne pouvaient être que des visiteurs ou des livreurs, cela limitait nécessairement la marge de manœuvre et l’emploi du temps. Tout de même, le plus sûr serait d’enfiler une blouse blanche. Mais il existait de subtiles nuances entre celles des médecins, des ingénieurs, des employés et, paraît-il, on pouvait les subdiviser jusqu’en douze catégories. Ainsi il était malaisé d’en obtenir une. Pour en acheter à un stand, il fallait exhiber sa carte professionnelle. En deuxième lieu, il y avait l’uniforme des malades ou des techniciens. Pour les malades, il n’existait pas de règle fixe. Qu’il s’agît d’une chemise de nuit ou d’un pyjama, il suffisait qu’on pût coucher avec ce vêtement. […] Enfin, pour les techniciens, il était inutile de préciser qu’il était souhaitable de recourir à un vêtement qui eût toutes les apparences d’un habit de travail.
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L'homme-boîte de
Kôbô Abe
La seule erreur de A. était d’être plus conscient qu’un autre de sa condition d’homme-boîte. Vous ne pouvez pas vous moquer de lui. Si vous êtes un de ceux qui ont imaginé dans leurs pensées, même une fois, une ville anonyme qui existerait seulement pour les habitants anonymes, une ville où ce qu’on appelle les portes seraient ouvertes à tous sans discrimination, une ville où, parmi ceux qui vous sont étrangers, vous n’auriez pas besoin d’être sur la défensive, où vous pourriez marcher sur la tête ou dormir dans la rue sans qu’on vous dise rien, où vous pourriez chanter si vous êtes fier de votre talent, et où, quand vous avez fait tout cela, vous pourriez, si vous le désiriez, vous mélanger à la foule anonyme –alors, vous ne devriez pas être indifférent, car vous pouvez toujours être exposé aux mêmes dangers que lui. C’est pourquoi, il ne faut jamais pointer un fusil devant un homme-boîte.
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L'homme-boîte de
Kôbô Abe
Il est certain que l’homme-boîte ne se remarque pas facilement. Il est comme une ordure qui aurait été jetée sous un pont ou bien entre une palissade et des v-c publics. Mais il y a une différence entre ne pas être visible et ne pas être remarqué. Comme il ne s’agit pas d’un être particulièrement remarquable, il y a toutes les chances que tu aies eu l’occasion d’en apercevoir un. Toi, par exemple, il t’a sûrement sauté aux yeux. Mais je conçois bien que, par ton attitude, tu aies refusé de le reconnaître. Tu n’es pas la seule personne à le regarder sans le voir ; tu détournes les yeux instinctivement. C’est comme si, la nuit, tu portais des lunettes très sombres ou un masque, tu ne pourrais éviter que l’on te prenne pour une créature très timide, ou pour quelqu’un qui mijote un mauvais coup.
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Rendez-vous secret de
Kôbô Abe
Sa mère était morte. Elle s’est développée à partir d’un œuf à maturité qu’on a extrait juste après la mort. Son père était un centilitre de sperme mixte qu’on a emprunté à la banque du sperme. Elle manque totalement de sentiment familial. Ce qu’on pourrait appeler le « sens relationnel » entre êtres humains est complètement absent de chez elle. […] Par exemple, il semble que le goût de la solitude soit une sorte d’instinct de retour au nid. Et que finalement les sensations épidermiques soient la source de toutes ses émotions. Puisqu’elle ne possède même pas de source à laquelle vouloir remonter.
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Rendez-vous secret de
Kôbô Abe
Quand la mauvaise conscience prend le masque de la curiosité, l’homme, retourné comme un gant, devient un autre renversé. L’intoxication d’espionnite aiguë. La relation avec le monde extérieur, qui se constituait autour de la perception visuelle, se détruisait et cela causait un vertige pareil à l’ivresse que suscite la crainte des hauteurs. Mosaïque de temps qui peuvent coexister simultanément mais dont on ne peut jamais avoir l’expérience unitaire. Cela ressemble à de l’obscurité.
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Rendez-vous secret de
Kôbô Abe
- J’ai rêvé d’un savon qui pourrissait.
- Un savon ne peut pas pourrir.
- Pourquoi donc ?
- Un savon qui pourrit, ce n’est pas un savon.