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Par vllc, le 29/03/2012
Oreiller d'herbes de
Natsumé Soseki
Tout artiste est précieux car il apaise le monde humain et enrichit le cœur des hommes.
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Par EMOTION, le 09/05/2012
Je suis un chat de
Natsumé Soseki
On voit ainsi que les hommes ont beaucoup plus de temps à perdre que les chats, et on comprend pourquoi ils aiment à inventer toutes ces sottises pour tromper leur ennui. Le plus drôle est que ces désoeuvrés circulent de côté et d'autre pour se dire à tout bout de champ combien ils sont occupés, et ils passent leur temps à des bagatelles au point qu'ils ont réellement l'air occupés, si occupés qu'on redoute de les voir succomber sous leurs charges.
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Oreiller d'herbes de
Natsumé Soseki
Assis seul en silence
J'aperçois une lueur au fond de mon cœur
Il se passe trop de choses chez les hommes
Comment pourrais-je oublier ce monde intérieur ?
J'ai par hasard obtenu une journée de sérénité
J'ai compris cent ans d'agitation
Où pourrais-je garder cette nostalgie lointaine ?
Sinon dans le ciel vaste où règnent les nuages blancs
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Par EMOTION, le 18/03/2012
Et puis de
Natsumé Soseki
Ainsi, Hiraoka s'était finalement éloigné de lui. Chaque fois que Daisuke le rencontrait, il avait le sentiment que c'était comme si l'entretien se déroulait à distance. À vrai dire, cette impression ne concernait pas seulement Hiraoka . Il ressentait la même chose avec n'importe lequel de ses interlocuteurs. La société moderne n'était rien d'autre qu'un agrégat d'êtres humains isolés. La terre avait beau ne pas connaître de limites naturelles, dès que l'on y bâtissait des maisons, s'installait la fragmentation. Les hommes qui habitaient l'intérieur de ces maisons devenaient à leur tour totalement fragmentés. La civilisation avait fait d'un « nous » une série d'êtres isolés. Telle était l'interprétation de Daisuke.
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Une journée de début d?automne de
Natsumé Soseki
Un jour, tandis que j'étais dans mon bureau, occupé comme d'habitude à confier au papier des choses mélancoliques, un bruit étrange est parvenu à mon oreille.
La véranda bruissait. On aurait d'abord pu croire qu'une femme avançait en retenant le bas de son kimono de soie, mais le froissement de l'étoffe sur le plancher était par trop vif pour un simple bas de robe. J'ai alors comparé ce bruit au crissement des plis de l'ample pantalon que porte le chambellan, lors de la fête des poupées, évoquant le glissement de la soie sur les marches du palais fictif. Laissant mon roman, je sortis sur la véranda, le stylo entre les doigts : le moineau de Chine prenait son bain.
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Oreiller d'herbes de
Natsumé Soseki
J'ai heureusement dépassé le domaine terre à terre de sentiments tels que l'amour ou la passion et,
en aurais-je envie, je ne pourrais plus éprouver
ce genre de souffrance
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Par EMOTION, le 08/05/2012
Je suis un chat de
Natsumé Soseki
C'est un imbécile et un malade, mais c'est mon maître. Il y a des poêtes qui font grand cas de la reconnaissance due à celui qui leur permet de manger; même un chat peut alors penser à son maître.
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Oreiller d'herbes de
Natsumé Soseki
La civilisation, de nos jours, consiste à offrir quelques mètres carrés de terrain à chacun et à dire: "Faites ce que vous voulez sur ce terrain, que vous dormiez ou que vous restiez éveillé". Elle entoure de grillages ces quelques mètres carrés en vous interdisant, sous la menace, de faire un pas de plus, mais il est normal que ceux qui jouissaient de la liberté sur ces quelques mètres carrés désirent en jouir aussi au-delà de ces grillages. Les malheureux habitants de ces pays civilisés, du matin au soir, aboient en s'agrippant aux grillages. La civilisation, après avoir fait de chaque individu un tigre féroce en lui rendant la liberté, maintient la paix civile en le jetant dans une cage. Cette paix n'est pas la paix véritable. C'est celle d'un tigre au zoo, qui fixe les visiteurs, le corps tapi. Il suffirait qu'une seule barre de la cage cédât... et le monde serait sans dessus dessous.
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Oreiller d'herbes de
Natsumé Soseki
Si l'on songe que c'est la terre que l'on foule, on finit par veiller à ce qu'elle ne s'entrouvre pas. Il suffit de penser que le ciel nous surplombe pour craindre que la foudre ne s'abatte sur nous. La société exige que l'on affronte les autres pour sauver son honneur, si bien que l'on n'échappe pas aux souffrances du monde d'ici-bas. Pour quiconque vit sur la terre orientée par l'est et par l'ouest et doit marcher sur la corde raide des avantages et des désavantages, vain est l'amour. La richesse qui s'offre à vos yeux n'est que fange. [...] Ce qu'on appelle le plaisir se produit par arrachement aux choses et implique toutes sortes de peines : seuls les poètes et les peintres atteignent la pureté absolue en saisissant sans détour l'essence de ce monde d'oppositions. Ils savourent la brume, s'abreuvent de rosée, ils apprécient le pourpre et ils discutent l'incarnat, sans jamais se plaindre d'en mourir. Leur plaisir ne s'attache pas aux choses. Ils s'assimilent à elles et deviennent eux-mêmes ces choses. Et lorsqu'ils s'y sont totalement identifiés, ils ne trouvent plus d'espace pour y ériger leur soi, dussent-ils passer au crible le vaste monde.
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Je suis un chat de
Natsumé Soseki
On dit que selon un livre appelé Bible ou quelque chose de ce genre, la creation procède de dieu, et qu'ainsi l'homme est également une créature de Dieu. L'homme a donc accumulé ses observations pendant plusieurs millénaires et en même temps qu'il a tendance à trouver du mystère et de l'émerveillement partout, il est de plus en plus enclin à reconnaître l'omniscience et l'omnipotence de Dieu. La raison en est qu'il y a des foules et des masses d'hommes en ce monde, mais il n'y a pas deux qui aient le même visage. Les composants d'un visage sont bien sûr limités, et les dimenssions en sont à peu près les mêmes partout. En d'autres termes, tous les hommes sont faits des mêmes ingrédients, mais le résultat n'est identique nulle part. On ne peut qu'admirer la technique du Créateur qui peut imaginer tant de visages différents avec d'aussi simples matériaux. Cette énorme variété ne peut s'expliquer que par une imagination très originale. Si on considère qu'un peintre, durant toute sa vie, ne pourrait composer en y mettant tous ses efforts que douze ou treize sortes de visages différents, on ne peut s'empêcher d'admirer l'adresse extraordinaire du Créateur qui a entrepris seul la réalisation des hommes. C'est une technique qu'on ne peut en aucun cas trouver dans les sociétés humaines, et on peut sans inconvénient la tenir pour toute-puissante. Sur ce point, l'homme semble se faire petit devant Dieu, et si on se met à sa place, on comprend sa modestie. Toutefois, du point de vue d'un chat, ces faits eux-mêmes peuvent être interprétés omme une preuve de l'incompétence de Dieu. On peut affirmer que s'il n'est pas totalement incompétent, il n'est certainement pas supérieur à l'homme en ce domaine. Car on peut en effet dire que Dieu a créé autant de visages que d'hommes, mais cette infinie diversité faisait-elle partie de son idée de la création, ou bien a-t-il commencé sa création en voulant faire tous les visages identiques, et cela s'est-il soldé par un échec à chaque essai, produisant ainsi la confusion actuelle? Personne n'en sait rien. Si on peut considérer la création de tous ces visages comme un monument du succès de Dieu, ne peut-on pas également penser qu'elle représente les ruines de son échec? Ainsi, il est légitime de parler de toute-puissance, mais rien n'empêche de porter au contraire un jugement d'incapacité.
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