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Junichirô Tanizaki

Junichirô Tanizaki

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Note moyenne : 3.75/5 (sur 202 notes) Junichirô Tanizaki

Biographie et informations

Nationalité : Japon
Né(e) à : Tôkyô , le 24/07/1886
Mort(e) à : Tôkyô , le 30/07/1965

Biographie :

Tanizaki Jun'ichirō grandit dans une famille aisée de marchands. Il fait de brillantes études à l'Université impériale de Tôkyô, mais en 1910 la ruine de son père le contraint à les interrompre. La même année, il publie son premier texte, une nouvelle cruelle et raffinée, Le Tatouage, dans la revue qu'il a fondée avec quelques amis. L'histoire de la belle courtisane et de son tatouage en forme d'araignée fait scandale et lance sa carrière d'écrivain.

En 1913, il rassemble toutes ses nouvelles dans un recueil intitulé Le Diable et subit les foudres de la censure qui les juge « immorales ». Il publie sans trêve drames, comédies et scénarios à une époque où le cinéma en est encore à ses balbutiements, il traduit également la pièce d'Oscar Wilde L'Eventail de Lady Windermere.

Installé à Yokohama, il fréquente les résidents étrangers et découvre l'image de la femme occidentale. Lorsqu'un terrible tremblement de terre détruit la ville en 1923, il s'installe définitivement dans le Kansai. Le séisme le bouleverse profondément : alors qu'il puisait son inspiration dans un Occident et une Chine exotiques, il revient vers le Japon à partir de 1924, date à laquelle paraît son premier roman, Un amour insensé.

Il consacre la seconde partie de sa vie à traduire en japonais moderne le Genji monogatari, œuvre classique de la romancière du XIe siècle, Murasaki Shikibu. En 1943, la publication en feuilleton de son chef-d'œuvre Quatre sœurs est interdite car jugée inconvenante en temps de guerre.

Après la guerre, Tanizaki publie des romans audacieux au centre desquels il place la vieillesse, l'impuissance et la mort.

Tanizaki meurt en juin 1965, laissant une œuvre importante, unanimement considérée comme majeure, du XXe siècle japonais.
> lire la suite Source : /www.shunkin.net
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roman   journal   récits   nouvelles   autobiographie   littérature étrangère   enfance   couple   esthétique   sexualité   sensualité   geishas   traditions   manipulation   inceste   japonais   japon   littérature japonaise   littérature asiatique   20ème siècle  

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Citations de Junichirô Tanizaki

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  • Par feanora, le 04/02/2012

    Le tatouage et autres recits de Junichirô Tanizaki

    Son vœu secret depuis des années était de trouver une femme d'une incomparable beauté, d'un éclat éblouissant, en qui il pût instiller toute son âme. Pour la nature profonde comme pour la physionomie, elle devait répondre à diverses exigences.......

    Pour un œil aussi pénétrant que le sien, les pieds d'un être humain reflétaient autant que le visage tout un jeu d'expressions complexes.

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  • Par JLM56, le 31/01/2012

    La Clef : La Confession impudique de Junichirô Tanizaki

    TANIZAKI il est avec KAWABATA: l'ensemble de son oeuvre / un Japon à jamais perdu, une narration sans pareil, des personnages inoubliables ( les quatre soeurs)

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  • Par Woland, le 07/11/2010

    Le pont flottant des songes de Junichirô Tanizaki

    [...] ... "Je ne sais pas ce que tu penses de la personne qui est venue jouer du koto mais, après mûre réflexion, en songeant aussi bien à ton avenir qu'au mien, j'aimerais qu'elle m'épouse et vienne habiter avec nous. Tu vas bientôt entrer en troisième année [grosso modo, correspond au CE2 français], alors j'aimerais que tu essaies de bien comprendre ce que je dis. Comme tu le sais, personne ne m'était plus cher que ta maman qui est morte. Si elle était là, bien en vie, ton papa n'aurait besoin de rien de plus. Après que ta maman nous eut quittés de la sorte, je suis resté longtemps sans vraiment savoir ce qu'il serait bon de faire jusqu'à ce que, par hasard, je fasse la connaissance de cette jeune femme. Je crois que tu ne te souviens pas clairement du visage de ta maman, mais je t'assure que tu comprendras un jour que, sur de nombreux plans, cette personne lui ressemble. Quand je parle de ressemblance, je ne veux pas dire être le portrait vivant de l'autre parce que ça, il ne faut pas s'attendre à le trouver chez les hommes - sauf pour les jumeaux ou des cas de ce genre. Non, ressembler à quelqu'un, ce n'est pas cela ! Mais si tu regardes l'expression de son visage, sa manière de parler, de se tenir, et cette nature, douce certes, mais aussi sereine et profonde, alors sur tous ces plans-là, tu verras combien elle ressemble à ta maman. Tu sais, ton papa n'aurait jamais songé à se remarier s'il n'avait rencontré quelqu'un comme elle ! C'est précisément parce qu'une telle personne existe que j'ai pu désirer le faire. Qui sait, c'est peut-être maman qui, pensant à ton avenir et à celui de ton papa, a fait en sorte que cette rencontre se produise ! Si cette personne acceptait de vivre dorénavant avec nous, combien cela t'aiderait à grandir ! De plus, comme nous avons maintenant commémoré le troisième anniversaire ( 1 ) de la disparition de maman, je pense que le moment serait bien choisi. Dis, Tadasu, tu comprends bien ce que je veux dire ?"

    ( 1 ) : le sankai-ki, la troisième célébration qui prend place deux ans après les funérailles. ... [...]
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  • Par JLM56, le 31/01/2012

    Quatre Soeurs de Junichirô Tanizaki

    un chef d'oeuvre de la narration
    elles sont belles
    une vision d'un japon qui se perd
    elles vous accompagneront longtemps

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  • Par Woland, le 05/05/2010

    Quatre Soeurs de Junichirô Tanizaki

    [...] ... Quand ils étaient entrés dans le hall [du restaurant], Satchiko et son mari avaient remarqué, assis seul, un monsieur qu'ils reconnurent pour le personnage de la photo. Il écrasa nerveusement dans le cendrier la cigarette qu'il avait commencé de fumer, et se leva. Il était plus râblé qu'ils ne le supposaient, il avait l'air plus solide, mais, ainsi que Satchiko le craignait, il paraissait plus âgé que sur sa photo ; son visage était terne, couvert de petites rides, il avait l'air d'un vieux mal tenu. On n'avait pas pu en juger d'après sa photo mais, s'il n'était pas chauve, ses cheveux étaient plus qu'à moitié blancs, rares, hérissés, mal peignés. Bien qu'il ne fût que de deux ans plus âgé que Teinosuke, il paraissait dix ans de plus que lui [ce qui revient à dire qu'il fait largement cinquante ans.] Comme Yukiko en revanche avait l'air de sept à huit ans plus jeune que son âge réel, on les aurait pris tous deux pour le père et la fille. Satchiko se sentait coupable d'avoir entraîné sa soeur dans cette entrevue. Les présentations terminées, les six personnes se réunirent sans façons autour d'une table pour boire du thé. La conversation s'établit mal ; il y eut, de temps en temps, des silences ; Nomura [le candidat au mariage] était difficile à pénétrer. Le ménage Jimba, qui faisait office d'intermédiaire, aurait dû intervenir mais ils paraissaient gênés vis-à-vis de Nomura ; ils se sentaient raides devant lui. Sans doute Jimba devait-il témoigner du respect au cousin de Hamada, son vieux bienfaiteur, mais ce sentiment semblait dépasser l'obséquosité. D'ordinaire, Teinosuke et sa femme entretenaient habilement une conversation languissante, mais aujourd'hui, Satchiko manquait d'entrain, et Teinosuke, sous l'influence de sa femme, était taciturne. [Tous deux sont préoccupés car Satchiko relève d'une fausse couche.] ... [...]
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  • Par Malaura, le 17/12/2011

    Le Coupeur de roseaux de Junichirô Tanizaki

    Sans doute n'es-tu pas encore capable de ressentir toute la mélancolie de cette nuit d'automne...mais un jour tu comprendras.

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  • Par Woland, le 23/11/2010

    La vie secrète du seigneur de Musashi de Junichirô Tanizaki

    Extrait de "Le Lierre de Yoshino" :

    [...] ... Dans la région qui s'étend entre les montagnes reculées de Yoshino et Kumano, il n'est pas rare d'apprendre que subsistent d'anciennes légendes et que vivent encore des descendants de vieilles familles historiques, et cela à cause des difficultés de communication [Tanizaki évoque ici le Japon de la première décennie du XXème siècle]. Pour ne citer qu'un exemple, il paraît que la résidence de la famille Hori, à Ano, choisie par l'Empereur Godaigo comme palais temporaire, demeure en partie dans son état d'origine et qu'elle est habitée par les derniers représentants de cette lignée. Takehara Hachirô, ce personnage qui figure dans "Taiheikei", lorsque le prince Daitonomiya s'enfuit à Kumano (ledit prince s'était arrêté quelque temps chez lui et avait même eu un enfant avec sa fille), a laissé une nombreuse descendance. Pour ne pas quitter les anciennes histoires, nous pouvons également évoquer les villageois de Gokitsugu, qui refusent toute alliance étrangère et sont eux-mêmes repoussés par les autres habitants qui voient en eux des graines de démons. Ils s'estiment eux-mêmes rejetons de l'ascète Zenki, aux pouvoirs surnaturels. Quand un tel esprit règne dans le pays, on ne s'étonnera pas que de nombreuses familles soient appelées "gens de sang" et prétendent descendre des vassaux qui servaient à la Cour du Sud : chaque année, le cinq février, près de Kashiwagi, leurs membres célèbrent la "vénérable Cour du Sud", et se rendent au temple de Kongô, site du palais du généralissime, pour organiser une cérémonie solennelle de prière du matin. Ce jour-là, plusieurs dizaines de "gens de sang" sont autorisées à revêtir une robe de cérémonie qui porte l'emblème du chrysanthème et à prendre des places plus honorifiques que le délégué du préfet ou que le chef du canton. ... [...]
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  • Par Woland, le 23/11/2010

    La vie secrète du seigneur de Musashi de Junichirô Tanizaki

    Extrait de "La Vie Secrète du Seigneur de Musashi" :

    [...] ... [Les femmes] étaient au nombre de cinq. Trois d'entre elles avaient posé chacune une tête devant elles, aidées des deux autres. L'une des trois versa de l'eau chaude dans un baquet et lava [l'une des têtes], secondée par une assistante, après quoi elle posa la tête sur un plateau, qu'elle passa à sa voisine. La deuxième se mit à peigner la tête ; la troisième accrocha une étiquette à son tour. C'était dans cet ordre que leur travail se déroulait. A la fin, les têtes étaient alignées sur une longue planche de bois, derrière les trois femmes. Pour les empêcher de tomber, des clous dépassaient, sur lesquels les têtes étaient fichées.

    Entre les trois femmes, deux lampes avaient été posées, qui éclairaient assez bien la pièce : comme il s'agissait d'une mansarde dont on touchait le plafond de la tête, Hôshimaru [nom porté par Terukatsu avant son entrée dans l'âge d'homme] pouvait englober d'un seul regard le spectacle. Il n'était pas choqué outre mesure par les têtes elles-mêmes, mais il éprouvait un mystérieux intérêt pour le contraste qui opposait les têtes et les trois femmes, car les doigts des mains qui manipulaient les têtes paraissaient étonnamment vifs, blancs, séduisants, par rapport à la couleur morte de la peau des têtes. Pour déplacer les têtes, elles formaient un chignon des cheveux qu'elles tiraient à plusieurs reprises : une tête d'homme était relativement lourde pour des mains de femmes et elles devaient enrouler les cheveux en plusieurs cercles autour de leurs poignets. Cela donnait à leurs mains une beauté singulière et un pouvoir de fascination envoûtant à leur visage qui, dans leur activité mécanique, était privé d'expression, froid comme une pierre, et laissait croire qu'elles n'éprouvaient rien, mais qui, par rapport à l'absence réelle de sensation des têtes, créait une impression tout autre. Pour les têtes de morts, l'impassibilité avait quelque chose de grotesque, alors que les visages étaient rendus sublimes par leur impassibilité même. Ces femmes, pour ne pas manquer de respect à des morts, ne traitaient jamais les têtes avec violence. Elles se comportaient avec les gestes les plus courtois, désuets, gracieux.

    Pendant un moment, Hôshimaru s'abandonna à une imprévisible extase. Il ne devait se rendre compte que bien plus tard de quel type d'émotion il s'agissait là car, pour l'heure, il ne s'en doutait pas. Pour le jeune garçon qu'il était, il s'agissait d'un sentiment inouï, d'une excitation indéfinissable. En fait, lorsque la vieille lui avait adressé la parole pour la première fois, deux ou trois soirs plus tôt, ces trois femmes étaient déjà présentes et il se rappelait leurs visages, mais il n'avait alors rien éprouvé de particulier à leur égard. Et maintenant que ces mêmes "visages" se trouvaient face à ces têtes dans une même mansarde, ils le séduisaient singulièrement. Il observait les activités de ces trois femmes tour à tour. Celle qui était située le plus à droite accrochait une ficelle à une plaquette de bois et le nouait au chignon de la tête, mais si, par hasard, elle recevait une tête chauve, surnommée "tête de moine", elle perçait une oreille avec un poinçon et enfilait une ficelle dans le trou. L'aspect de la femme en train de percer l'oreille lui plaisait particulièrement. Mais la femme qui l'enivrait le plus était celle qui, assise au milieu, était chargée de laver les cheveux. C'était la plus jeune des trois, elle devait avoir seize ou dix-sept ans. Elle avait un visage rond et, malgré son inexpressivité, un grand naturel et du charme. Ce qui, en elle, attirait le plus le jeune garçon, c'était son léger sourire, qui se dessinait sur ses lèvres, de manière inconsciente, quand il lui arrivait de fixer la tête. A ce moment-là, une sorte de cruauté ingénue se lisait sur le visage de cette jeune fille. Les gestes de ses mains qui peignaient les cheveux étaient plus souples, plus gracieux que chez ses compagnes. De temps à autre, elle pressait sur une table un encensoir avec lequel elle parfumait les cheveux. Puis, après les avoir rassemblés, elle les nouait avec un fil de papier et elle tapotait le sommet de la tête avec l'arête du peigne, ce qui semblait obéir à un rite. Hôshimaru trouvait que son geste lui donnait une irrésistible beauté. ... [...]
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  • Par Woland, le 23/11/2010

    La vie secrète du seigneur de Musashi de Junichirô Tanizaki

    Extrait de "La Vie Secrète du Seigneur de Musashi" :

    [...] ... C'était la troisième nuit. Une fois qu'il fut arrivé dans la mansarde, Hôshimaru aperçut une étrange tête devant la jeune femme. Il s'agissait de la tête d'un guerrier de vingt-deux ou vingt-trois ans, mais curieusement, le nez manquait. Il n'avait pas des traits déplaisants, mais un teint très clair ; le devant du cuir chevelu avait été récemment rasé, et l'éclat noir de ses cheveux n'était pas moindre que celui de la chevelure de la jeune fille, qui l'avait floue dans le dos. Il avait dû être extraordinairement beau. Ses yeux et sa bouche étaient parfaitement dessinés et le contour de son visage avait une régularité remarquable qui, sous sa virilité, cachait une ligne gracieuse et, s'il y avait eu un nez raffiné au milieu de ce visage, la tête aurait ressemblé à celle d'une poupée signée par un artisan renommé. Mais pour une raison quelconque, le nez avait complètement disparu, sectionné par une lame tranchante, de la jointure des sourcils à la lèvre supérieure. S'il s'était agi d'un nez épaté à l'origine, son absence n'aurait pas semblé aussi ridicule mais, étant donné que ce visage sculptural au milieu duquel aurait dû se dresser une proéminence avait été mutilé de ce qui lui était essentiel, comme si on le lui avait arraché avec une spatule qui aurait laissé une plaie plate et rouge, cela conférait à cette tête un air plus bouffon que n'aurait eu un homme d'une ordinaire laideur. Après avoir peigné scrupuleusement les cheveux noir de jais de cette tête sans nez et après les avoir renoués, [la jeune fille] arborait son sourire coutumier en fixant le vide qu'avait laissé le nez au milieu du visage. Il est inutile de préciser que le garçon fut, comme d'habitude, fasciné par le sourire de la jeune fille mais l'émotion qu'il éprouva alors était plus forte que jamais : disons que le visage de la femme, tout illuminé par la joie et l'orgueil des vivants devant la tête mutilée du mort, incarnait la perfection de la beauté face à l'imperfection même. Ce n'était pas tout, car plus innocent et enfantin était son sourire, plus il pouvait paraître en ce moment empli d'ironique malice. Et cela ne fit qu'entraîner le tourbillon infini de l'imagination du garçon. Hôshimaru savait qu'il ne se repaîtrait jamais d'un tel spectacle et même, les images en faisaient naître d'autres, plus impatientes, conduisant son âme, à son insu, dans le doux pays des rêves. Il y vivait seul avec la femme ; il avait pris l'apparence de cette tête mutilée. Cette image le ravit et l'emplit d'un bonheur qu'il n'avait jamais connu. (...)

    ... l'appellation "tête-de-femme" venait de ce que, avec le nez seulement, il était impossible de distinguer s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme et qu'en effet, une tête sans nez n'était guère attirante, mais qu'un guerrier capable de couper trois ou quatre têtes d'ennemis ne pouvant transporter autant de têtes en même temps, il sectionnait le nez à titre de preuve et, une fois le combat terminé, il allait rechercher le cadavre pour le décapiter. Mais cela n'était permis que dans les cas les plus extrêmes. Il était rare d'avoir affaire à des "têtes-de-femmes" et c'était la première dont [la jeune fille] se fut occupée jusque là ; le garçon ne put [lui] soutirer ces renseignements qu'au prix d'une grande persévérance.

    - "Rien n'est plus obscur que le coeur d'un homme. Si, à cette occasion, je n'avais pas rencontré cette fille, et si je n'avais pas vu cette "tête-de-femme", je ne me serais pas abandonné à ces forfaits abominables. A bien y réfléchir, l'origine de la honte de ma vie tient à ce que le visage de cette fille s'est ancré depuis cette nuit en mon coeur pour ne jamais le quitter," dit [par la suite le Seigneur de Musashi au moine Dôami, son biographe.]

    Il ajouta :

    - "Mais je résolus de lui procurer une autre "tête-de-femme", afin de la revoir sourire, et comme cette idée accaparait mon âme et mon coeur furieux, je me faufilai en secret en pleine nuit dans le camp ennemi." ... [...]
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  • Par Woland, le 05/05/2010

    Quatre Soeurs de Junichirô Tanizaki

    [...] ... Lorsque vint l'époque, on discuta pour savoir quel jour serait le plus convenable pour voir les fleurs dans toute leur beauté. Il fallait choisir un dimanche, à cause de Teinosuke [époux de Satchiko] et d'Etsuko [leur fille]. Les trois soeurs avaient peur de la pluie et du vent, tout comme les anciens, dont Satchiko avait trouvé jadis les craintes tellement vulgaires. Il y avait bien des cerisiers autour d'Ashiya et on pouvait en contempler un grand nombre par les fenêtres du tramway Osaka-Kobe ; ce n'est pas seulement à Kyôtô qu'il s'en trouvait mais, de même que Satchiko estimait qu'il n'y avait pas de daurades supérieures à celles d'Akashi, elle s'imaginait qu'elle n'avait pas vu les fleurs de cerisier si elle n'avait pas contemplé celles de Kyôtô. Au printemps précédent, Teinosuke avait hasardé que, pour changer, on pouvait aller au pont de Brocart ; mais après leur retour, Satchiko avait eu l'air d'avoir oublié quelque chose ; elle avait l'impression que ce printemps-là n'était pas un vrai printemps ; elle avait pressé Teinosuke d'aller à Kyôtô, où ils étaient arrivés encore à temps pour voir les cerisiers d'Omurô. Leur programme habituel était celui-ci : départ le samedi après-midi, dîner de bonne heure au restaurant de la Gourde, puis, après avoir vu les danses auxquelles ils ne manquaient jamais d'assister, en revenant, ils contemplaient les cerisiers de Gion aux lumières ; ils passaient la nuit à l'hôtel ; le lendemain, ils allaient à Arashi-yama ; ils consommaient dans une auberge le repas froid qu'ils avaient apporté et rentraient en ville l'après-midi, pour voir les cerisiers du temple de Heian. Alors, Etsuko s'en retournait avec ses deux jeunes tantes, laissant Teinosuke et Satchiko passer encore une nuit à Kyôtô. Ainsi se terminait l'excursion. Satchiko laissait pour la fin les cerisiers du temple de Heian parce qu'ils étaient les plus beaux de l'ancienne capitale ; leurs fleurs étaient les plus splendides. Le grand cerisier pleureur de Gion était vieux maintenant ; d'année en année, la couleur de ses fleurs s'affaiblissait. En vérité, il n'y avait qu'à le regretter, mais il n'était plus le représentant du printemps de Kyôtô. Alors, quand Satchiko, dans l'après-midi de leur deuxième journée, revenait des environs de Kyôtô, un peu fatiguée par une demi-journée de promenade et n'ayant plus guère la force de marcher, elle choisissait le moment mélancolique où le soleil du printemps va se coucher pour errer sous les branches fleuries du jardin de Heian, et elle contemplait chaque arbre avec amour, celui qui est au bord de l'étang, cet autre à l'entrée du pont et celui qui se trouve au coude du chemin, ceux qui sont devant la galerie. Quand elle serait rentrée à Ashiya, pendant toute une année, jusqu'au printemps prochain, elle n'aurait qu'à fermer les yeux pour revoir la couleur et les formes des branches fleuries. ... [...]
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