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Le fusil de chasse de
Yasushi Inoué
Puisque ce poème a un rapport avec l’histoire que je raconte, j’ai décidé de l’insérer ici :
"Sa grosse pipe de marin à la bouche,
Un setter courant devant lui dans l’herbe,
L’homme gravissait à grandes enjambées, en ce début d’hiver,
Le sentier du mont Amagi,
Et la gelée blanche craquait sous ses semelles.
Il avait vint-cinq cartouches à la ceinture,
Un manteau de cuir, marron foncé,
Une carabine Churchill à canons jumelés…
Mais d’où venait son indifférence, malgré son arme de blanc et brillant métal,
A ôter la vie à des créatures ?
Fasciné par le large dos du chasseur,
Je regardais, je regardais.
Depuis ce temps-là,
Dans les gares des grandes villes,
Ou bien la nuit dans les quartiers où l’on s’amuse,
Parfois je rêve,
Je voudrais vivre sa vie…
Paisible, sereine, indifférente.
Par instants change la scène de chasse :
Ce n’est plus le froid début d’hiver sur le mont Amagi,
Mais un lit asséché de torrent, blanc et blême.
Et l’étincelant fusil de chasse,
Pesant de tout son poids sur le corps solitaire,
Sur l’âme solitaire d’un homme entre deux âges,
Irradie une étrange et sévère beauté,
Qu’il ne montra jamais,
Quand il était pointé contre une créature. »
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Le fusil de chasse de
Yasushi Inoué
« Même si la vie enfermée dans cette lettre ne doit durer que quinze ou vingt minutes, oui, même si cette vie doit avoir cette brièveté, je veux te révéler mon « moi » véritable. » (p. 66)
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Par BMR, le 06/08/2007
Le fusil de chasse de
Yasushi Inoué
[...] Ma vie demeurera présente dans cette lettre jusqu'à ce que tu en aies achevé la lecture. Dès l'instant que tu l'auras ouverte, que tu auras commencé à la lire, tu y retrouveras la chaleur de ma vie. Et pendant quinze ou vingt minutes jusqu'à ce que tu en aies lu le mot final, cette chaleur se répandra dans ton corps entier.
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Par DIEGO, le 07/07/2011
Histoire de ma mère de
Yasushi Inoué
Curieusement, ses efforts de mémoire, l'inclinaison de sa tête, son regard baissé vers ses genoux avaient un caractère douloureux et timide qui évoquait une confession. ]e n'avais pas le droit de la contraindre à se rappeler ces temps lointains. L'effort que j'exigeais de sa mémoire malade équivalait à lui demander de dégager une bûche d'une mare gelée sous la neige. Ce devait être un travail pénible et, même si elle arrivait au bout de ses peines, cette bûche dégoulinerait d'eau glacée.
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Shirobamba de
Yasushi Inoué
Quand ils en eurent assez de jouer ainsi, ils allèrent donner l'assaut du gouffre de Kinchaku, où se trouvaient les filles. Pour y aller, ils n'avaient qu'à descendre le courant en sautant de pierre en pierre. Quand elles étaient trop espacées, ils entraient dans l'eau. Il ne leur fallut même pas cinq minutes pour arriver à destination. Les filles avaient une serviette enroulée autour de la tête, qui leur servait à peine à se distinguer des garçons."À l'attaque ! " cria Yukio, debout sur un rocher, et les garçons se mirent à lancer une pluie de cailloux en direction du gouffre. Les filles n'eurent pas l'air particulièrement effrayées. Dès qu'elles aperçurent leurs assaillants, elles surent aussitôt ce qu'il leur restait à faire, mais conscientes du fait qu'elles n'étaient que des filles sans défense, elles semblaient presque y prendre un certain plaisir. Kôsaku aimait les voir, toutes nues, leurs affaires à la main, remonter le petit sentier escarpé qui menait à la route. De grand lis blancs fleurissaient au bord du chemin envahi par des nuages de libellules. Ses amis et lui avaient l'habitude de jouer près du gouffre jusqu'à la tombée de la nuit. Quand le soleil était vraiment couché et qu'ils ne pouvaient plus faire sécher leur carapace, ils savaient que le moment était venu de rentrer chez eux.
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Par sarasvati, le 20/06/2010
Le maître de thé de
Yasushi Inoué
p.152-153/"- Cette route, elle est pour moi seul. Tu ne dois pas t'y engager.
- Pourquoi cela ?
- C'est la route de l'homme de thé Rikyū. Il y a une route différente pour chaque homme de thé : celle de Maître Shōō, celle de Monsieur Sōkyū, celle de Monsieur Tōyōbō, que tu as bien connu...Et Rikyū – est-ce un bien ou un mal ? - a choisi cette route glacée et désolée, en cette époque troublée.
- Jusqu'où continue-t-elle donc ?
- Elle se poursuit sans fin. Toutefois, lorsque viendra la paix, plus personne probablement ne s'en souviendra. Puisque c'est la route du seul Rikyū, c'est bien qu'elle disparaisse avec lui.
- Cette route est pour vous seul, Maître ?
- Oui et non. Un peu plus loin, devant moi, marche Monsieur Sōji Yamanoue ; et s'il y a quelqu'un derrière moi, cela doit être Monsieur Oribe Furuta. Voilà, c'est fini. »
La voix de mon Maître s'interrompit net. Et depuis, je ne l'ai plus entendue.
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Le fusil de chasse de
Yasushi Inoué
« Je veux me dégager des décombres du péché sous lesquels ma mère a été écrasée. » (p. 37)
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Le fusil de chasse de
Yasushi Inoué
« Même à seize ou dix-sept ans, alors que nous ne savons pas tout à fait en quoi consiste « aimer » ou « être aimée », nous autres femmes, nous semblons connaître déjà d’instinct le bonheur d’être aimées. » (p. 83)
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Le Sabre des Takeda de
Yasushi Inoué
Nul ne connaissait les antécédents du rônin aux alentours de la trentaine répondant au nom d’Aoki Taizen. Cela faisait un an que l’homme avait échoué dans la ville massée autour du château de Sunpu où Imagawa Yoshimoto avait sa résidence, mais hors le fait qu’il avait été le vassal des Hôjô, avant que son manque de conduite ne le poussât à quelque bévue de taille qui le priva de son seigneur, personne n’en savait davantage sur son compte.
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Par brigetoun, le 20/02/2011
Le fusil de chasse de
Yasushi Inoué
Je croyais que l'amour était semblable au soleil, éclatant et victorieux, à jamais béni de Dieu et des hommes. Je croyais que l'amour gagnait peu à peu en puissance, tel un cours d'eau limpide qui scintille dans toute sa beauté sous les rayons du soleil, frémissant de mille rides soulevées par le vent et protégé par des rives couvertes d'herbe, d'arbres et de fleurs.