> Georges Bonneau (Traducteur)

ISBN : 2253059951
Éditeur : Le Livre de Poche (1992)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
« La femme dormait parfaitement nue.
Dans son champ visuel tout embrumé de pleurs, la femme apparaissait comme une ombre flottante. Elle dormait à même la natte, couchée sur le dos, et, à l’exception du seul visage, le corps entier tout découvert. Le bas-ventre é... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Suna no Onna
    Traduction : Georges Bonneau.
    "La Femme des sables", qui est considéré comme l'un des plus grands romans de la littérature moderne japonaise et qui reçut le Prix Akutagawa en 1962, fait penser irrésistiblement à un Beckett qui aurait délaissé les planches du théâtre pour recréer ses "Beaux Jours" de façon exclusivement romanesque.
    Pourtant, à la différence de l'auteur de "En attendant godot", Kôbô plante ses personnages dans le réel, un réel de cauchemar certes mais un réel suffisamment réaliste pour que le lecteur se dise que, finalement, cette histoire pourrait arriver - et a pu arriver quelque part à quelqu'un ...
    Intrigue de départ extrêmement simple : parti en congé pour trois jours, un instituteur qui consacre ses loisirs à la recherche de nouvelles espèces d'insectes se rend sur la côte japonaise, en quête d'une espèce rare de cicindèles des jardins. Il atteint un village cerné par le sable et, la nuit tombant, demande à un vieillard qui se promène s'il ne pourrait Pas coucher chez l'habitant. Après s'être enquis s'il venait "de la Préfecture", le vieillard semble réfléchir et lui répond que, en définitive, la chose est possible. Par une échelle de corde, il descend dans un trou de sable où se dresse une maison habitée par une femme jeune encore mais veuve. Il y Passe donc la nuit mais le lendemain, il se rend compte que l'échelle de corde a été retirée et qu'il ne peut donc plus s'en aller. Et tout autour, le sable s'entasse, s'entasse, menaçant d'engloutir tout et tous si on ne s'occupe Pas à le déblayer périodiquement ...
    On devine tout ce que l'esprit humain, si prompt à concevoir des angoisses en tous genres, peut tirer de pareille lecture. Ce sable qui dort et qui cependant ne cesse Pas un instant de bouger et de bouger encore, l'ensevelissement programmé de ceux qui y vivent s'ils ne tentent Pas de le contenir, la révolte ressentie à l'idée que cet esclavage présente quelque chose d'éternel, puis, peu à peu, la résignation qui s'installe à un degré tel que, finalement, notre héros refusera sur la fin d'abandonner maison et sable, tout cela peut se lire de bien des manières.
    Le sable et ce qu'il engendre symbolisent-ils l'inanité de l'existence humaine ? ou autre chose encore ? Chaque lecteur est tenu de leur trouver une signification personnelle car, de l'auteur, il n'obtiendra rien de plus qu'un récit à la fois onirique et précis qui se conclut de façon on ne peut plus légale par un document du tribunal déclarant Niki Jumpeï - l'instituteur - comme personne disparue.
    Un roman étrange, aussi irritant que le sable qu'il élève ici à la dignité de dieu-vivant, bourré d'interrogations existentielles, tout à la fois déroutant et percutant et dont il faut saluer l'implacable maîtrise du récit. Un style souple, raffiné, poétique aussi avec des pages d'un érotisme tout à fait particulier et aussi étouffant que le sable lui-même. A lire mais surtout à relire. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Matavem, le 01 juillet 2010

    Matavem
    Un entomologiste amateur se rend sur une plage, à la recherche d'insectes rares, le cicindèle... En contrebas du chemin qui mène à la plage, un étrange village. du fait de l'ensablement progressif du lieu (aucun arbre ou plante pour empêcher le sable d'avancer) les maisons se retrouvent au fond de vastes trous de sable, toujours menacées d'être enfouies. Les habitants sont là, au fond de leurs trous et passent leur temps à désensabler, la nuit de préférence lorsque le sable est humide et facile à pelleter. A la surface, des hommes montent les sacs de sable, apportent de quoi boire et manger et aussi parfois un peu d'alcool ou du tabac. le héros de ce roman descend dans un trou, s'y retrouve enfermé et comprend le piège. Une femme vit là, seule ; le mari et l'enfant sont morts ensablés. Il essaie de fuir, rate son évasion.
    Univers étouffant et affolant, comme une pièce sans issue peu à peu envahie par le sable. Sorte de parabole sur les illusions du monde, sur l'illusion de la liberté, l'enfermement, la condition humaine ; c'est aussi un poème sur le sable, cet élément dont on ne sait s'il est solide ou liquide. L'homme s'interroge, puis il se sent perdu, pris dans un échange affectif et sexuel, brutal. On suit sa pensée sur sa condition, celle de cette femme qui se résigne, tous les soirs, à ramasser le sable, et la fin étonnante de ce récit qui fait penser à Kafka. Il y a dans ce roman un extraordinaire sens du concret : le sable on le sent, il nous colle à la peau, il assèche notre gorge, il pourrait nous rendre fou. A l'absurdité de la situation répond le réalisme de toutes les descriptions. Ouvrage lu et relu au Japon, un grand classique du XXe siècle. Admirable.
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  • Par edwige31, le 20 mai 2012

    edwige31
    Ce roman est ma première lecture de Abe Kobo. Mon avis est mitigé car j'ai trouvé l'intrigue intéressante, surréaliste, avec une réflexion très juste sur la solitude dans notre monde comtemporain. Pourtant, les longues parties de descriptions et de digressions m'ont gâché le plaisir de la lecture.
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    • Livres 3.00/5
    Par clarinette, le 15 janvier 2009

    clarinette
    Un homme arrive dans un curieux petit village à moitié enfoui dans le sable au milieu des dunes. Il est entomologiste et recherche un insecte rare. Comme il a manqué le dernier car, il est hébergé par une femme qui vit dans une maison au fond d'un trou dont on ne peut sortir que par une échelle de corde. Les villageois ont retiré l'échelle, l'homme se retrouve piégé.
    Son emprisonnement inspire à l'homme toute une réflexion sur le sens de son existence et sur la vie en général. Dans de longs monologues intérieurs, il tente de rationnaliser et d'intellectualiser sa situation, puis il cherche à se rebeller et à s'évader, mais au contact de cette femme très fruste, ce citadin intellectuel va évoluer vers une vie très simple et basée sur des gestes répétitifs : chaque jour ils remplisssent des tonneaux de sable à l'aide d'une pelle.
    Un livre assez déprimant et pas toujours évident à lire...
    la suite sur http://leslecturesdeclarinette.over-blog.com/article-11693785.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Dasazi, le 19 septembre 2008

    Dasazi
    L'histoire est déroutante et l'on s'identifie parfaitement au personnage principal, prisonnier dans un trou dans le sable dans un lieu reculé du japon. Il est obligé de repousser le sable (entité à part entière du livre, quasi divine) qui menace de faire écrouler une maison, qui devient de fait la sienne. Une femme est là avec lui, elle était là avant et accepte son sort (difficile de savoir si c'est par habitude, par résignation ou parce que c'est le sens de sa vie).
    Beaucoup de réflexions et de tentatives d'évasion pour apprendre que ce que l'on pensait être la vraie vie est changeante, multiple et incertaine. A l'homme face à lui-même d'en trouver sa propre définition.
    Un roman saisissant qui fouille loin à l'intérieur de l'humain et dévoile ses côtés sombres comme ses plus belles réussites.
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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 15 janvier 2009

    "Maison déjà à demi-morte, se dit-il ; maison saisie par les tentacules du sable qui sans fin continue de couler ; maison aux viscères à demi-déchirés par la morsure du sable... Du sable, de ce rien qui n'a, pour l'ordinaire, qu'un huitième de millimètre, et qui , hors son grain élémentaire, ne possède même pas de forme propre... De ce rien qui s'appelle sable, de ce sans-corps et dont pourtant le pouvoir destructeur est tel que rien n'est capable de lui faire front, rien au monde... A moins que... quisait ?... de ne pas avoir de forme ne soit précisément ici le privilège, l'expression la plus haute de la Force en soi !..."
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  • Par JLM56, le 31 janvier 2012

    Le temps qui passe passe passe passe ......
    le temps qui s'insinue en vous........
    un livre superbe _ un film a voir
    si vous avez le temps
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