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Par Chrisdu26, le 17/04/2012
Les femmes qui lisent sont dangereuses de
Laure Adler
Dès l'instant où elles envisagent la lecture comme une possibilité de troquer l'étroitesse du monde domestique contre l'espace illimité de la pensée, de l'imagination, mais aussi du savoir, les femmes deviennent dangereuses.
En lisant, elles s'approprient des connaissances et des expériences auxquelles la société ne les avait pas prédestinées
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Les femmes qui lisent sont dangereuses de
Laure Adler
La lettre, comme forme de la conversation écrite, était très en vogue dans les Pays-Bas du XVIIe siècle. A cette époque, aucun autre pays d’Europe ne comptait autant de citoyens qui savaient lire et écrire, et les échanges épistolaires y acquirent une importance sans cesse croissante […]. On vit fleurir sur le marché du livre toutes sortes de manuels de la correspondance et de l’art de la calligraphie. […] La peinture ne tarda pas à s’emparer de ce motif et toute une population écrivant ou lisant des lettres apparut bientôt sur les toiles […] Parmi les tableaux les plus célèbres traitant de ce sujet, on peut nommer ceux de Jan Vermeer, Gerard ter Borch et Pieter De Hooch. Tout en appartenant à cette constellation, le tableau présenté ici [La Requête amoureuse, de J. Ochtervelt] en franchit également les limites. […]
De toute évidence, l’homme peint par Ochtervelt est en train de réitérer verbalement la requête amoureuse qu’il a déjà confiée à la lettre qu’on aperçoit sur la table. Le fait que le sceau rouge en est rompu suggère que la femme a pris connaissance de son message. Sans en être apparemment touchée, elle poursuit cependant sa lecture, qui semble pour l’instant lui importer davantage que tout échange épistolaire, verbal ou autre (on ne saurait omettre la présence du lit à l’arrière-plan du tableau), et ce, alors même que la jeune femme est fort loin de produire une impression d’excessive pruderie.
Quelle que soit l’issue de l’affaire, le tableau nous montre une chose : la femme jouit de l’intérêt et de l’attention qu’on lui accorde, sans avouer cependant le plaisir qu’elle y prend et en s’abîmant dans sa lecture – en tout cas, c’est ce qu’elle fait mine de faire.
[Jacob Ochtervelt (1634/35 – 1708/10) - La Requête amoureuse, 1670 – Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle]
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Par Aela, le 29/12/2011
Les femmes qui lisent sont dangereuses de
Laure Adler
En 1931, le grand peintre américain Edward Hopper peint Hotel Room, une toile de grand format.
Une femme est assise en sous-vêtements sur un lit d'hôtel.
Elle n'a pas encore déballé son sac de voyage ni sa valise.
La femme, dont les traits du visage sont plongés dans l'ombre, est en train de lire un dépliant, probablement une carte routière.
Elle semble indécise, presque désemparée, sans secours.
La mélancolie des gares et des chambres d'hôtel anonymes, du voyage infini et sans destination, enveloppe cette scène figée.
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Par sylvie, le 18/12/2007
Les femmes qui lisent sont dangereuses de
Laure Adler
Car les livres ne sont pas des objets comme les autres pour les femmes; depuis l'aube du christianisme jusqu'à aujourd'hui, entre nous et eux circule un courant chaud, une affinité secrète, une relation étrange et singulière tissée d'interdits,d 'appropriations, de réincorporations"....
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Par Ode, le 13/09/2012
Françoise de
Laure Adler
L'égalité sera acquise lorsqu'il y aura des femmes médiocres à des postes importants.
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Les femmes qui lisent sont dangereuses de
Laure Adler
Au XIVe siècle, les représentations de l’Annonciation ne sont plus une rareté. Pourtant, personne avant lui n’avait figuré l’événement comme le peintre siennois Simone Martini nous le montre dans ce tableau [L’Annonciation, 1333]. Les vêtements et les ailes de l’ange sont plongés dans un or étincelant. L’intercesseur divin donne l’impression d’être tombé du ciel à l’instant. Ses lèvres sont entrouvertes pour délivrer son message […] « … Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce aux yeux de Dieu ». Mais Marie, de quelle façon répond-elle ? […] Dans l’effroi de Marie il y a quelque chose d’une attitude de défense, où l’on croit voir se mêler en outre une curieuse indifférence. On dirait presque qu’elle veut se détourner de ce qui a lieu, en se drapant le corps dans son manteau. Le livre rouge, symbole de sa sagesse, elle le tient ouvert, son pouce glissé entre les pages, afin de ne pas perdre le passage dans lequel elle était justement plongée au moment où l’arrivée de l’ange a interrompu sa lecture. […] Nous assistons donc, dans cette Annonciation, à la naissance de quelque chose de nouveau : la Vierge de Martini est une femme d’esprit, elle n’est plus, loin s’en faut, l’innocente ingénue que les théologiens avaient l’habitude de voir en elle. Elle maîtrise une pratique qui devient courante, à la fin du Moyen Age, chez les gens qui ont reçu une éducation : celle de la lecture en silence, qui permet donc de s’approprier savoir et connaissance en puisant à des sources librement choisies – non par obéissance, mais grâce à l’étude et à la lecture.
[Simone Martini (vers 1280 /85 – 1344) – L’Annonciation, 1333 – Florence, galerie des Offices]
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Par Ode, le 15/09/2012
Françoise de
Laure Adler
Écrire est une occupation bizarre qui vous mange les sangs. Je n'ai jamais rien écrit, pas le moindre article, sans avoir le sentiment de m'arracher la poitrine.
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Par IzaBzh, le 27/04/2010
Les femmes qui lisent sont dangereuses de
Laure Adler
La lecture entre femmes, écrite par des femmes pour des femmes, tisse, en effet, un lien de solidarité qui inquiète bien des hommes - hommes de loi, hommes d'hygiène, hommes de moeurs, hommes d'Eglise. Tous à leur manière, ils vont s'alarmer des femmes qui lisent, avant de les marginaliser, de les désigner comme différentes, atteintes de névroses diverses, affaiblies, exténuées par un excès de désirs artificiels, propres à succomber, proies rêvées d'un monde décadent et déliquescent, mais si vénéneux et si puissant érotiquement qu'il pourrait entraîner un brouillage d'identité sexuelle, une dévalorisation des codes moraux, une destabilisation de la place assignée à chacun dans un monde où le propriétaire est le père, le bourgeois, l'époux.
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Les femmes qui aiment sont dangereuses de
Laure Adler
"Tu me tues, tu me fais du bien", cette litanie de la Française à son amant japonais extraite du scénario de Marguerite Duras pour le film d'Alain Resnais "Hiroshima mon amour", retentit comme un signe annonciateur de la violence du désir qui saisit les femmes lorsqu'elles tombent amoureuses.Elles tombent donc. Sentiment de chute, mais aussi pour rester dans l'univers de Duras, qui fut l'une de celles qui, au XXème siècle, sut le mieux parler des femmes amoureuses, rapt, ravissement et déshabitation de soi.
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Par Ode, le 07/09/2012
Françoise de
Laure Adler
Pour être opérationnelles et pratiques, nous les femmes de la rédaction, nous portions, pendant ce joli moi de mai, des pantalons pour aller manifester. C'était la première fois que nous en portions pour aller travailler...